50,000 $ pour un seul Bitcoin: les conséquences bancaires et juridiques pour le marché de la 1ère des cryptomonnaies

Junior Moke Silubwe

« Record: le bitcoin dépasse les 50.000 dollars… Qui sont les milliardaires du bitcoin? (Exclusif)« , c’est le titre en ligne de la Revue Forbes, il y a un mois. Le fait que le prix du btc dépasse le 50.000 $ par btc, n’a pas seulement impacté la fortune des 11 milliardaires en btc, mais entraîné plusieurs bouleversements tant au niveau bancaire, commercial que juridique. On sait dorénavant que le btc n’est qu’une cryptomonnaie sans légalité officielle, bien que toléré politiquement par les gouvernements de la planète, acceptée de fait par les institutions bancaires et leurs clients privés.

En janvier 2021, 10.000 btc équivalaient à maximum 300 millions de $USD. Aujourd’hui en mars 2021, il faut faire des factures des 10.000btc qui frôlent voire dépassent les 500 millions de dollars! La fluctuation permanente du cours du btc est une réalité incontestée par n’importe quel observateur. Depuis la crise mondiale du covid 19, on assiste à une forte attraction des investisseurs et épargnants vers les valeurs refuges comme l’or et le BTC. C’est une réaction instinctive du marché certes mais une conséquence logique de la loi de l’offre et de la demande.

Jamais auparavant, il n’y a eu autant de demandes d’achat des BTC par les ménages et surtout les opérateurs économiques. Les incertitudes légales sur le statut juridique de btc en tant que monnaie privée à cours légal ambigu, n’ont pas découragé les opérateurs privés à reconnaître une simple monnaie privée sans autorité ni autorisation de régulation légale. On ne peut non plus nier l’influence de la limitation originelle de la masse totale de tous les btc à 20 millions, et ce, pour toute la planète. Ce qui est rare étant cher, le btc se raréfie au fur et à mesure de cette ruée vers le btc.

Chaque jour des entreprises et ménages projettent d’ouvrir leur compte btc appelé Wallet. Mais plusieurs demandes d’acheter des BTC ne seront pas satisfaites par le marché. La seule raison du retard accusé par de nombreuses entreprises et particuliers d’exécuter leurs projets de placer leur argent dans le btc, la première cryptomonnaie demeure dans le manque de maîtrise du sujet et dans la lenteur de l’expertise en btc à se mettre en place. La consultance en btc est une professionnelle qui peine à s’imposer à un marché aussi volatile qu’imprévisible.

Nous avons remarqué en tant que professionnels consultants dans l’achat et la revente des BTC que le manque d’accompagnement de certains acheteurs, le tâtonnement du marché à imposer les modèles juridiques d’achat et vente des BTC, sans oublier l’éternel problème de procédure, ont fait perdre à des milliers de gros investisseurs dans le btc, des mois voire des années de mise en œuvre de leurs projets d’investissement dans la première cryptomonnaie. Pendant ce temps, le cours du btc est passé du quitte au quintuple soit une multiplication par 5 puis par 10 entre juin 2019 et mars 2021.

Le test satoshi a vecu, la plupart de vendeurs refusent d’envoyer un Wallet de 1$

Le cas de cet acheteur de btc est instructif. Le malheureux nous exigeait simplement d’effectuer un test satoshi de 5$ du compte wallet du vendeur que nous lui proposions à son compte Wallet. L’objectif du satoshi test est double. Le premier est de permettre à l’acheteur de s’assurer que le Vendeur n’est pas un intermédiaire et que le wallet contenant les btc appartient bien au prétendu propriétaire. Le second est l’économie du temps à perdre en mettant en place des fonds inutilement dans le cas où le prétendu vendeur ne contrôle pas son porte-monnaie dit Wallet.

Mais depuis 2018, ce test satoshi en honneur de l’inventeur du btc est refusé systématiquement par les vendeurs de btc dont certains, très rares, ont été dépouillés de leur portefeuille de btc par de nouveaux types des hackers. Le wallet du vendeur s’est retrouvé vidé de tous les btc après avoir envoyé quelques btc en guise de test.

Pour le cas de notre candidat acheteur, aucun vendeur de btc n’a accepté de lui effectuer le test satoshi. Entre sa demande de satoshi en juin 2019 et mars 2021, le prix du btc est passé de 5.000$ à 50.000$usd! Il a fini par abandonner son projet d’investir son argent dans le btc. Les différentes procédure d’achat des BTC restent donc à l’état embryonnaire de construction. La consultance tant juridique que commerciale spécialisée dans le marché du btc et cryptomonnaies privées se met en place lentement sans moyen de réguler ni implanter de Consultants en btc. À cette incertitude professionnelle s’ajoute le tâtonnement des gouvernements à réguler le phénomène de la cryptomonnaie privée.

Le tâtonnement juridique des gouvernements sur la légalisation du btc: reconnaît ou reconnaît pas le btc?

C’est à Satoshi, un savant chinois mort dans l’indifférence, qu’on attribue sans contestation la paternité de créer des BTC en tant que monnaie privée et immatérielle. Satoshi aurait créé 20 millions de btc considérée comme la masse monétaire totale des BTC dans le monde. Et ce malgré, le chuchotement de certaines spéculateurs qui pensent à l’existence secrète de 45 autres millions des BTC.

L’argent étant le nerf de la guerre, dit-on, il ne faut-il jamais laisser de simples particuliers battre monnaie sans l’intervention monopolistique ni la main souveraine des autorités gouvernementales habilitées à produire la monnaie. À cette époque de la gouvernance mondiale où le retour de l’Etat policier fait reculer les libertés économiques et dogmes néolibéraux, la souveraineté monétaire des États en tant que monopole irréductible, est-il tombé en lambeau face aux ardeurs colbertiste du mondialisé? « Ouvrez vos commerce! », s’écriait Colbert qui aurait trouvé dans le btc, le pendant monétaire de sa mondialisation. Le réalisme aurait-il eu raison de la souveraineté monétaire des États, le seul motif d’inconstitutionnalité de btc et autres cryptomonnaies privée? La rue vers le btc, le silence voire l’indifférence des gouvernements du monde à se prononcer à l’unisson clairement sur la légalité du btc est assourdissant pour le marché qui voie le cours du btc franchir la barre fatidique de 50.000 $us.

Vu la place qu’occupe déjà la valeur total de btc en devises officielles, on ne peut plus parler de légalisation. Ne serait-il pas mieux indiqué de parler de régularisation du btc au lieu de légalisation. Selon les spéculations du marché, l’ascension progressive du cours du btc jusqu’à 200.000 $USD pourrait obliger les autorités gouvernementales de la planète à sortir de leurs tanières pour enfin légiférer et donc se prononcer clairement sur une monnaie d’origine privée reconnue par les opérateurs économiques et ménages en violation flagrante des règles souveraines du monopole monétaire légal des États.

En attendant la régularisation du btc, le marché privé se régule tant bien que mal. L’idée d’une Autorité centrale internationale de régulation du btc et des différentes cryptomonnaies d’origine privée pourrait être mal perçue par le marché pour qui la ruée vers le btc est motivée par des considérations purement libérales contraire à l’esprit interventionniste d’une réglementation officielle du btc.

Les opérateurs de btc toujours fichés au grand banditisme en France

Selon l’Institut national de la consommation (INC) en France, une crypto-monnaie désigne « une monnaie virtuelle qui repose sur un protocole informatique de transactions cryptées et décentralisées, appelé blockchain ou chaîne de blocs ».

Plus largement, les crypto-actifs représentent « des actifs virtuels stockés sur un support électronique permettant à une communauté d’utilisateurs les acceptant en paiement de réaliser des transactions sans avoir à recourir à la monnaie légale », peut-on lire dans le site internet de cet organisme français dédié au marché et à la consommation. Cette définition insinue que le btc n’est pas encore légal en droit français. En effet, jusqu’à ce jour, l’Autorité française des marchés financiers continue de recenser une liste noire des vendeurs des BTC considérés officiellement comme des arnaques.

Si donc en droit français, le statut juridique de la cryptomonnaie reste à clarifier, les autorités de l’union européenne continuent, elles, à manier la langue de bois.

L’Union européenne se prépare à reconnaître l’existence légale de la cryptomonnaie: les raisons?

Il existe plusieurs cryptomonnaies, mais le btc est incontestablement la principale cryptomonnaie privée. L’ampleur du marché accumulé par les utilisateurs a fini par avoir raison des hésitations des gouvernements membres de l’Union européenne.

Il existe en effet 20 millions des btc dans le blockchain considérés la masse monétaire totale des bitcoins. Au cours monétaire légalement estimés en dollar américain, l’enjeu planétaire financier de légiférer et tenter d’encadrer le marché volatile du btc s’élèverait en Mars 2021 à 1.000 milliards de dollars américains, soit 50.000 $ le btc multipliés par les 20 millions de btc existants. En légiférant pour une première tentative d’encadrer la cryptomonnaie, les autorités européennes vont chercher d’abord à reconnaître le fait accompli. Car les banques tant centrales que privées, valident déjà depuis 10 ans les transactions bancaires de btc ordonnées par les clients, et ce, malgré les réticences de certaines frileuses institutions financières et bancaires.

Le fait que btc soit un potentiel outil de blanchiment des capitaux n’était qu’un préjugé

D’après des études très poussées, le btc par exemple est resté longtemps sur le squelette accusé de servir de blanchiment d’argent sale. La mobilité transfrontalière ne signifie pas forcément que les btc servent de blanchiment des capitaux.

Ces conclusions ou plutôt cette réaction instinctive normale de l’Etat policier que sont devenus les gouvernements du monde depuis une longue révolution sécuritaire déclenchée par les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, ont fini par être balayées par la pratique bancaire et les plusieurs études.

Car, le financement du terrorisme n’est possible aujourd’hui qu’en dehors du circuit bancaire. Or récupérer du cash contre les fameux btc n’a pas finalement réussi à bancariser des milliards d’assets financiers du crime organisé et du terrorisme, comme on le soupçonnait au départ.

En effet, la difficulté de bancariser le cash sans origine légale justifiée, n’a pas changé malgré l’opportunité de transport illégal des btc d’une contrée à une autre sans passer par le système bancaire. Celui qui accepte de récupérer du cash contre de la cryptomonnaie, se buttera aux mêmes barrières bancaires quand il lui faudra justifier de l’origine de son argent. Le btc n’influence donc pas assez les techniques de bancarisation illégale d’avoirs monétaires.

Le prix du btc au dessus de 50.000 dollars fait pression sur le volume financier de transactions

Le volume des BTC par tranche a lui-aussi subit d’énormes écarts par rapport à la période antérieure. On assiste à un bouleversement du système de facturation. Car le système bancaire doit honorer des factures trop élevées. Les acheteurs et les vendeurs s’adaptent pour échapper à certains mécanismes de contrôle bancaire dont on sait qu’il varie en intensité au fur et à mesure que les sommes de transfert bancaire augmentent. Ainsi, virer 49 millions de dollars au lieu de 50 millions permet d’échapper à certains types de contrôles bancaires. D’où la pratique de morcellement de grosses factures. Voici quelques astuces pour le vendeur et l’acheteur.

1. La stratégie de l’autoplafonement:
L’acheteur et le vendeur se font un auto-plafonnement à 5.000 btc (250 millions de dollars par tranche) pour les SPA BTC Banque to Banque et à 1.000btc (50 millions de $USD) par transaction pour les paiements btc contre cash.

2. La diversification des risques bancaires ou morcellement de la facturation:
Le vendeur facture l’acheteur en désignant 2 à 3 comptes bancaires différents à créditer par l’acheteur. L’objectif de partitionner les gros montants de la facture des BTC entre plusieurs petites factures ne visent pas forcément la fraude. Il s’agit pour le vendeur et l’acheteur d’alléger le volume de la transaction bancaire. C’est souvent le seul moyen technique d’éviter certains blocages voire échecs des transactions des BTC, en restant en dessous des radars de la brigade financière. On peut parler alors de diversification des risques bancaires. Car le transfert de btc en échange d’argent se doivent être instantanés voire simultanément dans la même journée bancaire de la transaction. Or, effectuer des transactions des gros montants dépassant les 500 millions de dollars (pour une vente de 10.000btc), est un risque, à cause du niveau de contrôle bancaire adapté à ce genre de montants.

Nous avons assisté à titre d’exemple, à un cas où l’acheteur qui avait viré au vendeur 300 millions de dollars (soit l’équivalent de 10.000 btc en janvier 2021) en virement européen rapide Sepa, a annulé son virement pour ne pas être dépouillé de son argent. Car son argent trop élevé n’a pas pu arriver dans le compte en moins de 4 heures du temps. Le risque que le vendeur ne transfère jamais les 10.000 btc était trop élevé s’ils revenaient le matin à la transaction.

Plus que jamais, le mieux pour les vendeurs et les acheteurs est de s’échanger les btc contre argent selon les systèmes de virements bancaires les plus rapides: SEPA, MT103 WIRE, GPI…

En conclusion, la régularisation en gestation du btc par les autorités gouvernementales de la planète ne présentera pas que des inconvénients pressentis par le marché de la cryptomonnaie comme un fait du Prince interventionniste et anti-liberal . Car le btc est une monnaie dont on ne peut annuler ni faire retourner le virement en cas de réclamation de l’acheteur lésé. On peut rappeler son virement ou le rediriger par un MT190 par exemple. Mais une fois envoyés dans le wallet de l’autre, les btc sont perdus! C’est une source de frustration et risque pour les utilisateurs que seule la régulation de l’Etat pourra maîtriser ou éliminer. Restons optimiste qu’en légiférant, les États du monde amélioreront le marché de la cryptomonnaie sans perturbations.

 

Dr Junior Moke Silubwe
Consultant en bitcoin