Le FMI prévoit la reprise de la croissance économique mondiale à partir de 2021

Gaston Mutamba

Le FMI (Fonds Monétaire International) a publié ce 6 avril 2021 ses dernières projections de croissance. Suivant le rapport intitulé « Perspectives de l’économie mondiale, avril 2021 », la croissance économique mondiale qui était négative soit -3,3% en 2020 va progresser à 6,0% en 2021 et 4,4% en 2022.

Concernant l’Afrique subsaharienne, la croissance économique qui était de -1,9% en 2020, s’établira à 3,4% en 2021 et 4,0% en 2022. Les contreperformances enregistrées sont dues aux conséquences de la pandémie de COVID-19 qui s’est traduite par le ralentissement des économies par suite des mesures de confinement. Suivant le FMI, la récession provoquée par la COVID-19 devrait probablement laisser moins de séquelles que la crise financière mondiale de 2008. Ce sont cependant les pays émergents et les pays en développement à faible revenu qui ont été le plus durement touchés, et ils devraient subir des pertes plus importantes à moyen terme.

En République démocratique du Congo, la croissance du PIB qui était modeste à 0,8% en 2020 suivant la Banque centrale du Congo, pourra atteindre 3,5% en 2021, soit très légèrement au-dessus de la croissance économique moyenne en Afrique subsaharienne qui est de 3,4%. La crise économique et sociale provoquée par la COVID-19 a accentué la pauvreté et la précarité. Suivant le journal La Libre Afrique du 1er avril 2021, « Pour les douze mois de l’exercice 2020, le Congo a enregistré des rentrées fiscales et douanières de 3,4 milliards de dollars. Dans la même période, les dépenses de rémunérations et les frais de fonctionnements des institutions politiques du pays se sont élevées à 3,2 milliards USD. En réalité, pour près de 100 millions d’habitants, les dépenses liées à la croissance et les espaces budgétaires dégagés pour les investissements publics ont atteint le montant dérisoire de 125 millions dollars, soit 1,6% du PIB congolais ». Cette situation ne date malheureusement pas d’aujourd’hui. Déjà en 2017 par exemple, sur les 270 millions de dollars de recettes mensuelles (soit 3,24 milliards de dollars pour l’année), 170 millions ont été affectés aux rémunérations, 20 à 30 millions ont été alloués à la CENI (Commission électorale nationale indépendante), 15 à 20 millions ont servi au service de la dette. Il ne restait plus que 80 millions de dollars pour le fonctionnement des institutions et pour les investissements publics.

La contraction de l’activité économique ne permet pas d’être optimiste à court terme même si les cours des matières premières commencent à remonter. On enregistre aussi une contraction terrible des ressources budgétaires face à des dépenses incompressibles. Il y a des contraintes importantes sur la gestion des finances publiques. Il faut éviter que tout cela ne débouche sur des pressions inflationnistes si les dépenses sont plus importantes que les recettes. C’est la raison pour laquelle l’Etat ne doit consommer que dans les limites du disponible. C’est un exercice périlleux et pas populaire face à des dépenses contraignantes. C’est ce qui justifie que certains paiements connaissent des retards ou ne soient pas exécutés. S’il n’y a pas de réforme à court terme, le pays va se limiter uniquement à la consommation et oublier les investissements publics à allouer aux ressources productives.

Concernant la réforme, il fait noter que notre fiscalité tue les entreprises. Il faut assouplir cette fiscalité et alléger la parafiscalité. Cette lourdeur fait qu’un produit dédouané au Port de Matadi, coûte le double quand il arrive à Kinshasa. Cela rend aussi notre industrie locale peu compétitive. Des choix politiques doivent être opérés. Devons-nous continuer à payer les redevances du FPI (Fonds de promotion de l’industrie) ou de l’OGEFREM (Office de gestion du fret multimodal)? L’idéal est de mettre en place un système d’Autorité des revenus, un guichet unique pour le paiement des taxes et puis faire la répartition comme dans les autres pays.

Pour le FMI, tant que la pandémie se poursuit, il faut en premier viser à sortir de la crise, privilégier les dépenses de santé, fournir une aide budgétaire bien ciblée et maintenir une politique monétaire accommodante tout en surveillant les risques qui pèsent sur la stabilité financière.

 

Gaston Mutamba Lukusa

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