Du quinquennat au septennat: L’éternelle débilité des intellectuels mercenaires

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Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Le 30 janvier 2007 à Addis Abeba en Ethiopie, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine ont adopté une charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance. Le huitième chapitre de ladite charte porte sur « des sanctions en cas de changement anticonstitutionnel de gouvernement ». Dans l’Article 23, les Etats membres ont identifié cinq moyens dont l’utilisation « pour accéder ou se maintenir au pouvoir constitue un changement anticonstitutionnel de gouvernement et est passible de sanctions appropriées de la part de l’Union ». Le cinquième de ces moyens est « tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique ».

Les nouvelles Constitutions issues du deuxième processus de démocratisation de l’Afrique amorcé à la fin des années 1980 disposent toutes d’un article limitan à deux le nombre de mandats présidentiels. La charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance est tombée à point nommé pour barrer la route à la boulimie du pouvoir. Car, le Togo de Faure Gnassingbe Eyadéma, le Tchad d’Idriss Deby Itno et l’Ouganda de Yoweri Museveni avaient eu recours au stratagème remettant à zéro le compteur des mandats, à travers des révisions constitutionnelles afin d’assurer le maintien du détenteur de l’imperium au pouvoir, le premier en 2002 et les deux autres pays en 2005.

Mais l’adoption de la charte ci-dessus n’a pas empêché que bien d’autres Etats suivent la même voie mortifère sans que l’Union africaine, cette vaste coquille vide pour les peuples africains, ne lève le petit doigt. On peut citer l’Algérie d’Abdelaziz Bouteflika et le Cameroun de Paul Biya en 2008, Djibouti d’Ismaël Omar Guelleh en 2010, le Zimbabwe de Robert Mugabe en 2013, le Rwanda de Paul Kagame et le Congo-Brazzaville de Dénis Sassou- Nguesso en 2015 et les Comores d’Azali Assoumani où ce dernier a accompli deux mandats au lieu d’un seul autorisé par la Constitution. Last but not the least, la Guinée Conakry d’Alpha Condé. En 2020, à 82 ans et à la suite d’une révision constitutionnelle controversée lui permettant de briguer un troisième mandat, il est réélu avec 59,5% des suffrages dès le premier tour. Le 5 septembre 2021, les militaires procèdent à son arrestation et à sa destitution; ce qu’auraient dû faire les contre-pouvoirs institutionnels s’ils étaient effectifs.

La Zambie de Frederick Chiluba a failli être un précurseur en 2001. Seules les protestations de l’opinion ont eu raison de sa soif de pouvoir pendant que les contre-pouvoirs institutionnels restaient inefficaces. Le Malawi de Bakili Muluzi a fait figure d’exception car le parlement s’est opposé en 2002 à sa quête d’un troisième mandat, auquel l’opposition et les Eglises étaient hostiles. Le Burkina Faso a offert au monde le spectacle le plus réjouissant. Après plus de 27 ans de pouvoir, Blaise Compaoré a cru s’en sortir en recourant à la même astuce. Mal lui en prit. A la place d’un troisième mandat, il a eu droit à un soulèvement populaire qui l’a contraint à l’exil, fin octobre 2014.

Classée chaque année parmi les 10 derniers sur 187 pays au monde suivant l’indice de perception de la corruption et parmi les 3 derniers sur 167 pays selon l’indice de démocratie, la République démocratique du Congo qui porte si mal son nom a voulu s’engouffrer dans cette voie en démontrant scientifiquement sa pertinence dans la perspective de la fin du deuxième mandat de Joseph Kabila en 2016. Professeur ordinaire à la Faculté de droit de l’Université de Kinshasa et Secrétaire général du parti présidentiel, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Evariste Boshab, pour ne pas le citer, a publié, aux éditions Larcier en Belgique, un livre de 440 pages: « Entre la révision constitutionnelle et l’inanition de la nation ». Pompeusement baptisé à l’Hôtel du Fleuve à Kinshasa, le 19 juin 2013, et coûtant la bagatelle somme de $100, l’ouvrage lançait un et un seul message important à la nation. Celle-ci allait tout simplement périr si on ne révisait la Constitution pour accorder un troisième mandat à la branche sur laquelle étaient assises sa puissance, sa gloire et sa fortune. Les protestations de toutes parts ont rendu l’entreprise impossible. Evoluant dans une mare de sang, Joseph Kabila a tout simplement refusé d’organiser les élections, s’octroyant ainsi un troisième mandat. Il aura fallu que les Yankees lui démontrent qu’il y avait plus Rambo sur terre que lui. Ils ont dépêché à Kinshasa l’ambassadrice Nikki Haley pour lui lancer un ultimatum dans un tête-à-tête d’une heure, le 26 octobre 2017. Des élections eurent lieu fin décembre 2018 mais avec l’objectif de conserver l’essentiel de l’imperium à travers un « arrangement à l’africaine » avec le successeur de son choix.

Félix Tshisekedi, puisque c’est lui le continuateur de Joseph Kabila, a eu l’intelligence de solliciter l’appui des mêmes Yankees pour se débarrasser de son encombrant prédécesseur. A la suite d’une vaste opération de corruption combinée aux pressions yankees sur Kabila et son clan, Tshisekedi a fait basculer toutes les majorités factices de Kabila au parlement, au sénat et dans tous les gouvernements provinciaux. Fort de ce succès mais avec un bilan catastrophique à l’approche des élections de 2023, il dispose lui aussi d’un homme dont la science peut être mise au service d’une révision constitutionnelle qui instaurerait une quatrième république à la suite du passage du quinquennat au septennat. Ainsi, le mandat bâclé serait annulé au compteur.

Député du parti présidentiel, l’Union pour la démocratie et le développement social (UDPS), professeur de droit constitutionnel à la faculté de droit à l’Université de Kinshasa et à l’Université d’Afrique du Sud, membre du Conseil pour le développement de la recherche en science sociales en Afrique (CODESRIA) et du Réseau africain de droit constitutionnel (RADCL), André Mbata Mangu défend « scientifiquement » la roublardise dont il est question dans ce papier. Pourtant, quand il fut dans les rangs de l’opposition sous l’administration Kabila, il a eu des mots durs parlant du livre de son collègue Evariste Boshab lors d’une conférence de presse animée à l’Université de Kinshasa le 26 juin 2013 dans l’amphithéâtre archicomble de la Faculté de droit: « Le livre de Boshab n’est pas un livre de droit constitutionnel mais plutôt un livre de politologie ». Pour Mbata, cet ouvrage n’est rien d’autre qu’une « forfaiture intellectuelle [contenant] un soporifique discours pseudo-scientifique pour justifier l’injustifiable ». Et pour cause! Mbata a toujours défendu l’idée selon laquelle ce n’est pas la Constitution congolaise qu’il faut changer mais l’homme congolais, sans expliquer ce que cet homme a de particulier et surtout comment le changer. Même quand du 18 au 20 février 2016, l’Institut pour la démocratie, la gouvernance, la paix et le développement en Afrique (IDGPA) qu’il dirige a organisé un colloque scientifique international à Kinshasa sur le thème « Constitution du 18 février 2006: bilan, défis et perspectives de consolidation démocratique en République Démocratique du Congo », une façon de marquer le dixième anniversaire de la ladite constitution, Mbata ne lui a trouvé aucun défaut.

Affirmer que le passage du quinquennat au septennat se justifie scientifiquement relève de l’idiotie. Car le « peu de temps » du quinquennat brandi par les courtisans du nouveau Roi du Congo ignore le principe de la continuité de l’Etat. Il en est de même des deux premières années gâchées du premier mandat de Félix Tshisekedi. Le dommage subi par le pays est le produit du deal que lui-même a conclu avec son prédécesseur. Nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.

Vilipender le mercenariat des intellectuels, Evariste Boshab hier et André Mbata aujourd’hui, face à l’entourloupe consistant à réviser la Constitution pour se maintenir au pouvoir ne signifie nullement sanctifier les Constitutions africaines. Le mal dont souffre la gouvernance démocratique en Afrique est aussi vieux que le monde. Il n’a épargné aucun coin du village planétaire depuis la nuit des temps. Au cours de la Conférence nationale souveraine dans le Zaïre de Mobutu, un seul professionnel de la pensée l’a clairement identifié. Il s’agit de « la confiscation par un seul individu, ou un groupe, de tous les attributs de souveraineté d’un peuple », dixit le professeur Kinyongo Jeki de l’Université de Lubumbashi. Partout au monde et dans les Etats modernes d’Afrique, c’est toujours un groupe homogène sur le plan tribal, ethnique ou régional qui prend en otage l’Etat, installant ainsi une zone de non-droit à son sommet. Celle-ci finit par étendre ses ramifications jusqu’à la base de la pyramide sociale à travers le phénomène clientéliste. A ce sujet, les Constitutions africaines restent muettes. Aussi méritent-elles d’être jetées dans les poubelles d’histoire, non certes pour des raisons pseudo-scientifiques avancées par les intellectuels mercenaires mais pour cette simple raison-là.

Pour mieux comprendre que les Constitutions africaines doivent être révisées de fond en comble, les élites intellectuelles et politiques du continent doivent relire le discours de Dieu, celui-là même qui a poussé l’Afrique sur la voie de son deuxième processus de démocratisation. En s’adressant aux dictateurs africains au Sommet France-Afrique de La Baule, le 20 juin 1990, en intimant à ces grands enfants l’ordre de libéraliser la vie politique de leurs Etats, Dieu (François Mitterrand) leur avait certes expliquer ce qu’il entendait par là: « Lorsque je dis démocratie, lorsque je trace un chemin, lorsque je dis que c’est la seule façon de parvenir à un état d’équilibre au moment où apparaît la nécessité d’une plus grande liberté, j’ai naturellement un schéma tout prêt: système représentatif, élections libres, multipartisme, liberté de la presse, indépendance de la magistrature, refus de la censure. Voilà le schéma dont nous disposons ».

Sachant bien qu’il avait en face de lui des grands enfants qui adopteraient une attitude suiviste, il les avait prévenus: « La démocratie est un principe universel. Mais il ne faut pas oublier les différences de structures, de civilisations, de traditions, de mœurs. Il est impossible de proposer un système tout fait ». Puisque ce sont les constitutions qui articulent les systèmes politiques, Dieu se devait d’être clair à ce sujet: « La France n’a pas à dicter je ne sais quelle loi constitutionnelle qui s’imposerait de facto à l’ensemble de peuples qui ont leur propre conscience et leur propre histoire et qui doivent savoir comment se diriger vers le principe universel qu’est la démocratie ». Fixant nos dictateurs dans les yeux, Dieu leur tint ce langage: « A vous de déterminer, vous peuples libres, vous Etats souverains que je respecte, à vous de choisir votre voie, d’en déterminer les étapes et l’allure ».

Jusqu’à ce jour, aucun Etat africain n’a cherché à savoir comment concrétiser ce principe universel en fonction de ses réalités propres. Faut-il s’étonner que l’imitation servile des schémas politiques conçus ailleurs produisent les mêmes désastres qu’au lendemain des indépendances? Une erreur répétée plusieurs fois peut-elle se transformer en solution? S’il est un pays impardonnable pour ce mimétisme, c’est bien la République démocratique du Congo. Ce pays a lancé la politique de recours à l’authenticité. Même si celle-ci fut pervertie par le culte de la personnalité chère à Mobutu, elle a porté quelques fruits dont la fière allure des Congolais d’être ce qu’ils sont. Ce pays a également inventé avec succès « le rite zaïrois », une adaptation africaine du rite liturgique romain de l’Eglise catholique, le seul rite inculturé, allant jusqu’à l’invocation des ancêtres, approuvé après le Concile de Vatican II. Comment les élites d’un tel peuple peuvent-elles restées perplexes au point de ne pas savoir ce qu’elles doivent entreprendre au chapitre de la démocratie?


Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

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12 thoughts on “Du quinquennat au septennat: L’éternelle débilité des intellectuels mercenaires

  1. Depuis que le brillant Dieudonné Kaluba a été nommé à la Cour constitutionnelle, André Mbata est devenu comme fou. Il se voyait, lui, assis sur ce fauteuil. Depuis, il multiplie, toute honte bue, des débilités pour se faire remarquer au Château Kasaï, en vue d’obtenir mieux qu’un minable statut de  » qui vote pour ?, qui vote contre ? ».
    Un pauvre type, un professeur ya kwanga na makayabu !

  2. Vous avez dit débilité ? Notre compatriote Mayoyo ne nous a pas habitué à des expressions excessives, mais bon la passion peut parfois conduire à dire des choses qui dépassent la pensée de quelqu’un. Je ne sais pas si Mbata a demandé de façon explicite la révision de la constitution, mais que je sache, c’est au niveau des institutions comme l’assemblée nationale que le débat devrait choisir l’option. Quant au soit disant deal entre  » Kabila  » et Tshisekedi, on attend toujours sa publication. Autre curiosité, c’est de toujours mêler les yankees à tout ce qui se passe au Congo; le bon comme le moins bon. Un peu d’imagination nous changerait du train train du débat souvent convenu.

    1. Cher Elombe,
      Je ne mêle pas les Yankees à tout ce qui se passe au Congo. Pour preuve, je ne cesse d’écrire dans ce forum que c’est notre mentalité de colonisés qui nous pousse au mimétisme politique en matière de démocratie ou de rédaction de la loi fondamentale. Les détournements des deniers publics si courants sous le ciel congolais ne sont plus non plus le fait des Yankees mais des Congolais eux-mêmes. Joseph Kabila s’était octroyé un troisième mandat. Toutes les institutions de la république étaient impuissantes face à cette situation. L’opposition aboyait mais ses aboiements ressemblaient à ceux d’un chien au passage d’une caravane. Le chien avoie, la caravane passe. La rue s’était invitée au débat. Des Congolais ont été massacre même dans les Eglises. Et Kabila poursuivait son troisième mandat. Pour y mettre un terme, il a fallu l’ultimatum américain souligné dans mon texte. Je suis fonctionnaire international. Depuis 2004. Au cours de ma carrière, j’ai été témoin à deux reprises de ce type d’injonction. Non pas en jouant un grand rôle mais en étant note taker à qui on demande de se retirer pour que des membres de la communauté internationale lancent un ultimatum à un chef d’Etat africain et cela non pas dans l’intérêt de telle ou telle autre puissance occidentale mais dans l’intérêt de son peuple. Dans le premier cas, le chef de l’Etat concerné avait voulu jouer à Rambo. J’ai vu comment il a été lâché puis chassé du pouvoir. Dans le deuxième cas, le chef de l’Etat visé a fait ce qui lui était demandé. Il a conservé son pouvoir. Pour votre information, dans ce petit rôle de note taker, j’ai déjà mis mes pieds dans les bureaux de plusieurs chefs d’Etat. Concernant le deal entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, on n’a pas besoin d’attendre de le lire pour savoir que deal il y avait. Les alliances entre partis politiques se nouent avant les élections pour les gagner ensemble et après la proclamation des résultats définitifs pour gouverner ensemble. L’alliance ou l’arrangement à l’africaine entre ces deux hommes avait eu lieu avant la proclamation des résultats provisoires des élections. Par ailleurs, tout homme politique africain élu président de la République dispose d’une grande facilité à se constituer une majorité présidentielle. Il lui suffit d’inviter tel ou tel autre homme politique au festin du pouvoir. Les idéologies suspendues en l’air ne comptent pas. Pas plus que les programmes des uns et des autres. Cela ne se discute pas avant de former le gouvernement. Seul l’arrangement à l’africaine avait empêché Felix Tshisekedi de réussir ce qui est facile. Et seules les pressions yankees expliquent le silence ou l’inaction de Joseph Kabila quand Tshisekedi se démenait pour se sortir du piège qu’il lui avait tendu.

    2. Moi qui croyais que plus aucune personne sensée et de bonne foi ne doutait plus qu’il y’a eu un accord conclu entre Tshisekedi et ‘JK’ à Kingakati à l(issue des élections contestées et contestables de décembre 2018…

      1. Salut Cher Nono. J’espere que vous vous portez bien, et que tous les miens sous votre toit se portent comme un charme. Moi, je suis comme Saint Thomas, qui est pour moi le patron saint des savants et des chercheurs. Je ne crois que sur preuve! Personne de ceux affirment que JKK et Fatshi ont conclu un deal aux termes duquel ils allaient co-gerer la RDC n’en donne une preuve! Voila plus de trois ans que les journalistes revent du ‘scoop du siecle’ en denichant et en publiant ce deal qui nous aurait donne un president elu autre que celui que l’on attendait! Les membres de la Kabilie ont tellement envie d’embarrasser Fatshi que si un tel deal existait reellement, ils l’auraient deja rendu public. Ce n’est pas parce que beaucoup des compatriotes – surtout de la diaspora- parlent d’un deal entre Kabila et Tshisekedi que ce deal existe! Je les rejoindrai sans honte aucune le jour ou ils nous en donneront la preuve. En attendant, je leur reconnais le droit de speculer! Cela fait aussi partie de l’exercice de la democratie. Je suis sur que nous avons tous mieux a faire que de speculer sur un deal que personne n’a vu ni lu! Il n’ y a pas debat, et il n’y a pas polemique. Que ceux qui croient que le deal existe continuent a croire! Nous autres les Saint Thomas nous en attendont la preuve avant de croire!
        Respectueuses salutations!
        Binsonji E Madilu.

      2. Mes excuses, Estimé Binsonji, ne vous fatiguez pas à ressasser tout ce que disent les inconditionnels pro-tshisekedistes, nous le savons hélas à l’avance. Au fait quelle preuves attendez-vous, des écrits, une vidéo ou que sais-je comme si pour vous ce sont ces objets qui confirmeront ou infirmeront les faits que tous nous avons vécus ? Je crains hélas que St Thomas les attende en vain jusque peut-être le jour où un repenti viendra nous relater comment cela s’est passé, encore faudra-t-il que cela vous convainque. Car contrairement à ce que ce que vous nous dites, vous restez et resterez convaincu qu’il n’y a jamais rien eu entre les deux. Mais dites-moi, l’alliance Fcc/Cach que toute la terre a vue est-elle de la pure fiction, d’où est-elle sortie, du néant ? Vous l’expliquerez et la justifierez comme vous voulez mais ne convaincrez personne qu’elle est une génération spontanée, sans le moindre substrat idéel ni matériel. Pour moi c’est cela qu’on appelle un deal qui plus on veut le cacher davantage on ne veut en laisser des traces et entre-temps toute la terre se sera extasiée ou alors aura regretté le génial compromis à l’africaine…

    3. Il y’a comme le nez sur le visage que notre constitutionnaliste Mbata a viré en constitutionnaliste fonctionnaire du pouvoir en place depuis qu’il a choisi de devenir politicien. Je ne comprends pas que cette évidence échappe encore à certains. Il n’y a qu’à recenser ses actes et ses paroles : hier défenseur actif de la Constitution de 2005, il s’est transformé par le miracle du fanatisme envers son Masha wa menu en intellectuel mercenaire comme s’il reniaît d’un coup son passé d’intellectuel respectable. Ainsi va hélas le destin de toute partisanerie…

  3. Mon frère Mayoyi,
    Vous et moi nous sommes d’accord sur un point, nous sommes les premiers responsables des dysfonctionnements de nos systèmes politiques et economiques, ce qui favorise les interventions intempestives des pays étrangers. Sauf qu’à force de vouloir une.chose et son contraire, on bascule dans une espèce de schizophrénie. Pour faire partir Mobutu, les yankees ont menacé te traîner son cadavre dans les rues de Kinshasa. Les congolais de toutes tendances ont applaudi, avaient-ils le choix ? Je n’en sais rien. Les différentes visites des officiels Américains ont fini par faire céder « Kabila  » qui n’avait aucune intention de quitter le pouvoir, soutenu à cela par des courtisans et autres flatteurs. Vous qui êtes fonctionnaire international, vous savez à quel point nos pays sont souvent l’objet de pression voire chantage de la part de ces institutions qui interviennent partout sans même tenir compte des réalités locales. Les sanctions, les injonctions pour faire fléchir tel ou tel dirigeant nous mettent parfois dans des situations inextricables. Mais en définitive, nous sommes en même temps bourreaux et victimes de notre mimétisme. Ce n’est pas le fonctionnaire international qui connaît le mode de fonctionnement de ces institutions qui me contredira. Diviser pour régner est souvent le premier réflexes de ces soit disant bienfaiteurs internationaux.

    1. Cher Elombe,
      Vous avez parfaitement raison sur le point de convergence entre nous deux. Mais il convient de noter qu’il y a à boire et à manger chez ceux que vous qualifiez de « soi-disant bienfaiteurs internationaux ». Pour la bonne marche de nos Etats, c’est-à-dire pour que nos Etats fonctionnent dans l’intérêt général et non dans celui des dirigeants seuls, je vois tous les jours combien les puissances occidentales souvent considérées comme la « communauté internationale » s’investissent réellement. Je vois aussi combien nos chefs d’Etats abusent de ces investissements pour leurs intérêts égoïstes. Mais pour les grands dossiers du monde, tel que la guerre en cours en Ukraine, la « communauté internationale » a effectivement tendance à imposer sa volonté. On va même jusqu’à acheter les votes de petits Etats au Conseil de sécurité. Mais la preuve que les puissances occidentales ne cherchent pas forcément la ruine de nos peuples est donnée par les pays africains qui fonctionnent normalement et qui accroissent leurs richesses. Dois-je citer le Botswana en exemple ? Cette preuve est également donnée par la MONUSCO en dépit de son bilan plus que mitigé. Sans la MONUSCO, notre pays serait encore divisé. Car, il aurait été impossible aux Congolais seuls de s’entendre et de réunir leur pays divisé par la guerre civile, que celle-ci soit endogène ou venue d’ailleurs. Bon week-end.

    2. @ Quid vraiment de la présence des puissants étrangers dans nos murs ?
      @ Notre PR est devenu l’ami intouchable des Yankees et sur le terrain se satisfait de la présence active et bienveillante (!?) de Mike Nzita. Y’aurait-il à l’en blâmer dans la mesure où ce partenariat privilégié nous a permis de nous débarrasser du système dictatorial qui le précédait ? Mais en même temps se pose la question du bénéfice réel que nous tirons de la présence des puissants dont nous savons tous qu’ils sont d’abord là pour leurs intérêts.
      @ La seule réponse qui vaille elle se trouve d’abord chez notre PR et tous ces collègues. Il y’a quelques pays africains qui utilisent à bon escient cette coopération devenue plus incontournable en ce monde globalisé. Et c’est le cas chez nous ? Au lieu parfois de passer notre temps à gloser génériquement sur la présence des puissances étrangères qui nous bombardent de leurs injonctions, prenons le temps de nous enquérir auprès de notre PR et des autres dirigeants africains sur ce qu’ils font de cette collaboration pour construire nos pays. Nous ne serons vraiment capables de traiter les puissants d’égal à égal ou presque que le jour où nos pays auront construit leurs Nations dans les marges des tutelles qui nous sont imposées…

      1. @Ndeko Nono
        A mon avis, quand on est devenu l’ami intouchable des Yankees, on n’a plus besoin de payer des lobbyistes pour être reçu par Biden.
        C’est Biden, lui-même, qui vous invite. Avec insistance.

    3. PS
      Deux éléments au crédit de ce que j’ai dit dessus ?
      1. Dans son adresse aux députés provinciaux notre PR a livré malgré lui(!?) un aveu terrible d’echec de lui-même contrairement à ses rodomontades ailleurs en dressant un tableau sombre de la situation du pays et de son avenir : « notre pays peine à amorcer une dynamique irréversible de développement durable et endogène lui permettant d’améliorer significativement les conditions de vie de ses populations, en dépit de la mise en œuvre des plusieurs stratégies et programmes de développement des soutiens à la croissance, le progrès demeure faible ». Aucune ressource endogène d’efficacité, une pauvreté multidimensionnelle : que fait-il, que doit-il faire alors à sa place ?
      2. On nous annonce qu’après Katumbi et Fayulu, Tshisekedi a engagé des lobbyistes américains à sa rescousse
      Pour dire encore une fois que ce sont nos dirigeants qui se vendent ou nous vendent aux puissants à cause de leur gestion inefficiente…

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