Génocide congolais: Le proclamer haut et fort pour stopper la balkanisation du pays

Mwamba Tshibangu

La réalité congolaise est troublante à plus d’une raison. Le cas pourrait être illustré aisément au regard de deux phénomènes émergeant qui se disputent la primauté dans le subconscient des Congolais. Il y a une tendance qui a toujours existé, mais qui a été exacerbé ces derniers temps par l’évocation de la balkanisation comme menace sociétale à redouter alors que l’hécatombe qui émiette des morts par milliers continue insidieusement sans affecter outre mesure les commanditaires et les exécutants séculiers.

Il est à se demander s’il est juste de continuer à percevoir le danger qui est manifeste et réel dans cet ordre des choses? Autrement dit, où serait passé le Génocide congolais? Subsidiairement, comment pourrait-on le mettre à l’avant plan sur les agendas internationaux de manière à le sortir de l’ornière du silence dans laquelle il est présentement enfermé?

Les deux phénomènes étant indissolublement liés, les Congolais ne pourraient-ils pas concevoir une approche holistique qui inverserait la tendance actuelle, empêchant du coup l’autre processus, la balkanisation, à poursuivre son chemin impétueux, destructeur et sinistre? Les gens s’affairent plus sur les effets que sur les causes fondamentales du problème qui est en train d’écumer, au fil des ans, le fondement même de la nation congolaise, c’est-à-dire, l’unité de son peuple et par-dessus tout, l’intégralité du territoire national.

Ces derniers temps, plusieurs personnalités de haut calibre se sont levées pour dénoncer le projet de balkanisation du pays qui continue à s’enraciner à vive allure au vu des massacres répétés qui ont pour champ d’opération l’est du pays. L’acte de dénonciation est louable en soi. Toutefois, ce geste si noble soit-il, aurait été plus incisif si toutes les dispositions étaient prises pour s’attaquer ouvertement à tous ceux et celles qui sont derrière ce projet funeste de balkanisation.

Après le constat des manœuvres sordides visant la balkanisation, a-t-on jamais cherché, outre à la présence des militaires congolais sur le terrain, à prospecter d’autres avenues pour le contrer efficacement et l’éradiquer définitivement? Bien que les Congolais soient unanimement opposés à ce vil projet, il faut reconnaître qu’ils sont fortement divisés quant aux voies à emprunter pour en venir à bout. Cette question étant hautement sensible et humanitaire, il n’en demeure pas moins qu’il est éminemment politique tout en étant d’intérêt national et stratégique. Ce faisant, elle devrait dégager au-delà des barrières partisanes et des démarcations idéologiques, l’unanimité de vues.

Dès lors, les Congolais feraient mieux de miser plus sur les actions que sur les paroles vaines et sans effet. Le génocide s’opère au grand jour pour parvenir à imposer un jour la balkanisation du pays. Le génocide congolais actuel débute, comme tout le monde le sait, avec l’avènement de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre) qui s’insurgea contre le régime dictatorial de Mobutu. C’est donc depuis les années 1996 que cette guerre larvée est en train de tuer, à dessein, des millions de Congolais. Ces actes ignominieux, qui découlent d’un vaste complot, portent bien la signature de personnages qui sont connus et des pays – figurant dans des rapports de l’ONU et des ONG – qui ont trempé dans ces massacres à grande échelle.

Si ce pogrom perdure dans le temps et ne trouve pas d’échos au niveau international, c’est à cause de nombreuses complicités de la communauté internationale qui protège, à travers de nombreuses multinationales, leurs intérêts. C’est également, en grande partie, à cause des Congolais, eux-mêmes, qui n’ont pas su bouger avec dextérité et détermination pour faire reconnaître le génocide congolais alors qu’il est, de loin, le drame qui a connu plus de massacres depuis la 2ieme guerre mondiale.

Néanmoins, il faut admettre à ce sujet que plusieurs initiatives ont été assumées par des Congolais, de manière isolée, sans qu’il y ait une coordination pouvant faire résonner leur voix, à l’unisson. C’est ici qu’il faut saluer l’initiative du professeur Bele qui lance, à travers le monde, une journée commémorative du Génocide congolais. La date fixée est le vendredi, 28 février 2020. Une invitation est adressée à tous les Congolais et à toutes les Congolaises de s’habiller en noir, en signe de deuil et d’observer à 12 heures, de ce jour-là, une minute de silence. C’est mieux encore si les gens pouvaient se réunir pour marquer cet événement. L’initiative va plus loin en ne se limitant pas à manifester l’acte de désapprobation face au génocide. Bien plus, elle voudrait actionner le mécanisme de condamnation des coupables qui seront désignés par une Cour ad hoc et jugés selon les procédures pénales.

Mettre en acte une procédure judiciaire, en dehors des institutions légales reconnues est une gageure. C’est un acte intrépide qui démontre la détermination d’aller jusqu’au bout de cette histoire. Car, les Congolais ont « droit de vivre en sécurité dans un environnement paisible » soutient le prof Jean Bele comme le stipule, dit-il, la déclaration universelle des Droits de l’homme.

À la suite de plusieurs initiatives qui n’ont pas porté fruit, le temps est arrivé pour les Congolais de mettre en avant plan le Génocide qui se perpètre au jour le jour afin de stopper définitivement le projet funeste de balkanisation.

 

Par Mwamba Tshibangu

17 thoughts on “Génocide congolais: Le proclamer haut et fort pour stopper la balkanisation du pays

  1. Chers Compatriotes,
    Où a-t-on vu cette balkanisation. Nous sommes dans la phobie des Rwandais et de la balkanisation qui jusque là est brandie par les manipulateurs. Cessez de nous entraînez dans les diversions inutiles. Vous nous aviez aussi entraîné dans les spéculations au sujet des élections, nous nous sommes retrouvés dans une configuration non développée par tous les bons analystes sur cette plateforme. Où est-ce que vous voyez la balkanisation ? Qui l’a commencée ? Comment procède-t-il ? Pourquoi énoncer des hypothèses que vous présentez comme des réalités, alors que ces hypothèses ne sont que dans vos têtes et que pratiquement, certaines personnes sont mises mal à l’aise à ceux de ces dissertations qui ne sont fondées que sur des faux documents, des spéculations. Une partie des Tutsi peut-elle assujettir toute la population congolaise ? Mais soyons sérieux. Vos dissertations vous ridiculisent. Concentrons-nous sur les réels problèmes du pays actuellement. La Balkanisation est une illusion. La sécurité de la population congolaise est un problème réel. Le tribalisme en est un autre…. Focalisons-nous sur les problèmes réels et actuels et non sur les hypothèses. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Affichez d’abord votre image afin que nous sachions celui qui se cache derrière « Elili », là nous pourrions discuter. Car « Elili » peut être traduit par FANTÔME!

    2. Compatriote Elili,
      # Vous écrivez : « Où a-t-on vu cette balkanisation. Nous sommes dans la phobie des Rwandais et de la balkanisation qui jusque là est brandie par les manipulateurs. Cessez de nous entraînez dans les diversions inutiles.[…] » ! Ce n’est pas exactement mon avis; je vais tenter de m’expliquer le plus largement que je peux surtout en convoquant l’histoire :
      # Le terme de « balkanisation » n’a pas été inventé par les Congolais, il figure au vocabulaire géopolitique et désigne « un processus de fragmentation et de division d’une région ou d’un État en des États et régions plus petits et souvent hostiles les uns envers les autres ». L’histoire nous en livre des exemples : l’effondrement et fragmentation de l’empire ottoman dans les Balkans morcelé en plusieurs États durant la la Première Guerre mondiale, et la fragmentation de la Yougoslavie après la mort de Tito, le cas récent du Soudan, etc, etc…
      # La balkanisation du Congo ? Ce n’est pas parce qu’elle a peu de chance de survenir – les Congolais n’en veulent pas – et que la sécurité dans tout le territoire reste aujourd’hui le sujet prioritaire que ce projet ne vaut pas la peine d’être regardé de plus prêt et surtout qu’il ne pourra jamais nous frappe : il n’y a pas toujours eu unanimisme des citoyens là où il a eu lieu et surtout n’oubliez jamais que les multiples guerres qu’a connues le Congo-Zaïre nous ont été largement imposées de l’extérieur utilisant nos propres concitoyens. Ce serait le cas pour une éventuelle balkanisation.
      Vous ne prenez pas au sérieux les cris d’alarme de certains (les Églises catholique et protestante, l’armée , la société civile, les politiques surtout de l’opposition et d’autres leaders d’opinion) contre ce projet mais avez-vous pris la peine de revisiter notre histoire même récente pour cerner au mieux la question ? Je suis certain que vous y aurez découvert un point majeur à même de tempérer vos propos : ce ne sont pas les initiateurs d’un tel projet qui ont manqué et manquent.
      Tenez :
      # – Au premier lendemain de l’Indépendance en 1960, la Belgique (et avec elle quelques autres pays étrangers) avait provoqué la sécession du Katanga pour circonscrire et garder sous sa coupe les immenses richesses du coin. Il a fallu attendre le veto d’autres puissances comme les USA et l’entrée de l’ONU pour en finir mais entre-temps une période trouble s’est installée avec des guerres idéologiques, coloniales et civiles dont Mobutu arrivera difficilement à bout.
      – Après une longue période d’accalmie avec Mobutu, c’est la déliquescence de son pouvoir qui amènera l’AFDL en 1996, un « conglomérat d’aventuriers et d’opportunistes » en fait commandité de l’extérieur – par un bloc anglo-saxon avec à sa tête les USA qui vont se servir de sous-traitants régionaux – n’avait comme premier objectif que de mettre main basse sur les richesses du Zaïre avec au passage la volonté de le démembrer et le soustraire du pré-carré français de l’époque.
      # – Il est de notoriété publique que Mobutu finalement défait c’est à cette époque que germèrent de nouveau en Amérique dans les tiroirs de l’administration Clinton et chez beaucoup de ses théoriciens géopolitiques miliaires et civils des plans de démembrement du Congo. Leurs alliés ougando-rwandais avaient été sollicités et étaient prêts à recevoir les morceaux de ce morcellement qui allaient faire de leurs pays exigus, pauvres et surpeuplés des gagnants de l’affaire. L’épopée de l’AFDL rwando-ougando-Zaïroise et apparentés comme les guerres de 1998 jusqu’à aujourd’hui reçurent largement au-delà des États régionaux qui y participèrent l’aide des puissants étrangers.
      # – Plus tard des personnalités américaines et européennes de haut plan ont ouvertement proposé d’appliquer le schéma de sortie appliqué à l’ex-Yougoslavie et au Soudan à la crise Congolaise.
      Ce fut d’abord le Président français Nicolas Sarkozy qui lors de son message de vœux au corps diplomatique accrédité en France, en janvier 2009, dit que « l’option militaire n’apportera aucune solution aux problèmes de fond qui se posent de façon récurrente depuis dix ans dans la région et statua clairement sur l’avenir du Rwanda, pays à la démographie dynamique et à la superficie petite face au Congo, pays à la superficie immense et à l’organisation étrange des richesses frontalières et conclut sans rire en la nécessité d’un partage de l’espace et des richesses entre les deux pays, la géographie ayant ses lois, les pays changent rarement d’adresse et qu’il faut apprendre à vivre les uns à côté des des autres. »
      En 2011, Herman Cohen ancien sous-secrétaire d’État américain aux Affaires africaines qui déclarait intempestivement « qu’au département d’État, le Kivu faisait partie du Rwanda ».
      Puis ce fut le cas de l’actuel Envoyé de l’Amérique dans les Grands Lacs Peter Pham alors directeur de l’Afrique à l’Atlantic Council, un think-thank américain sur les relations internationales couru, qui écrivit en 2012 dans le New York Times son retentissant « To Save Congo, Let It Fall Apart ».
      Enfin pour nous arrêter là, ce fut en 2013 Johnnie Carson, le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires africaines quis’exprima dans le même sens.
      # Voilà, cher ami, autant des faits et des raisons de continuer de nous méfier des lendemains dans notre contexte de mal-gouvernance avec toujours des risques sécuritaires, il suffira d’un rien pour que la situation donne prise aux tentatives des ennemis de notre pays à mettre en œuvre leurs projets prédateurs.
      Bref, vous l’aurez compris : si je ne fais pas de la lutte contre la balkanisation en tant que telle ma priorité et même si je n’approuve toujours ceux qui en parlent et leurs termes, il reste pour moi que ce n’est pas l’évoquer qui serait une diversion inutile mais c’est ignorer qui est une grave faute de gouvernance. D’autant que l’insécurité elle-même qui endeuille l’Est du pays a poings liés avec un éventuel projet de la balkanisation. Elle est donc loin d’être une « illusion, une vue d’esprit , c’est une catastrophe encore possible et surtout comme je le disais, l’insécurité avec son génocide, ses déplacés et transplantés représente une antichambre toute prête de la balkanisation. Alors pourquoi appeler à la vigilance à ce propos ne serait-il pas la moindre des précautions ? C’est ce que font beaucoup qui en parlent à part quelques opportunistes de toujours…

  2. A ceux des congolais de la diaspora qui s’evertuent a empecher et d’interdire la presentation de nos musiciens en europe, priere elever l’intellect de vos caboches en vue d’identifier la veritable CIBLE de nos malheurs: les infiltres tutsi rwandais principalement. Il sied donc de les citer nommement au travers la dedicace d’une journee dite «  »Genocide des Congolais » que nous,tous les congolais devons decreter de part le monde entier.C’en sera une 1ere etape pour interpeller la fameuse communaute internationale sur le sujet. N’attendons pas demain.Ne nous distrayez pas d’avec des itioties du type de s’attaquer a nos musiciens qui aimeraient exprimer et confirmer la suprematie de notre musique dont l’audience n’est meconnue que par la diaspora( bavardissime). Soyons merticuleux,reflechis et intelligents afin que nous venions a bout des pieges nous tendus par intelligence.

    1. Les propos d’Elili reflète l’habitude qui fait que les congolais échouent dans toute entreprise voulant aider à cerner les problèmes du Congo.
      1. Il s’attaque à la théorie de la balkanisation sans qu’il comprenne vraiment que la balkanisation ne va pas se faire avec l’absorption de toute la population congolaise par les banyamulenge. Quand vous perdez une petite portion de votre territoire au profit des autres peuples, c’est cela déjà la balkanisation.
      2 . Il reconnaît le tribalisme sans savoir que le tribalisme est une des sources de la balkanisation l’histoire d’âpre l’indépendance nous l’enseigne.
      3. Il s’attaque à l’idée principale de ce texte qui consiste à la reconnaissance du genocide congolais. Dans son commentaire, il n’a pas fait mention au genocide.
      4. Il s’attelle aux attaques qui frisent la calomnie sans même comprendre ce qu’il est entrain de dire.
      5. Le message de Mwamba Kazadi est Clair. Il y a genocide au Congo ce que Ekolo appelle l’insécurité et que la communauté internationale s’en foute. Nous congolais, on a l’obligation de le déclarer à la face du monde le vendredi 28 février en observant une minute de silence à midi et en s’habillant en noir.
      Ou est le problème si un congolais encourage les autres congolais à reconnaître nos morts? Vraiment.

  3. # « Génocide congolais : Le proclamer haut et fort pour stopper la balkanisation du pays », tout à fait, Compatriote Tshibangu, le proclamer haut et fort pour confirmer au peuple son indispensable mission de l’assumer et d’en convaincre le monde entier qui a décidément décidé d’oublier la plus tragique des catastrophes depuis la dernière Grande Guerre, d’où une possibilité d’instruire ses auteurs et ses causes. La CI, l’ONU ont ouvert des Tribunaux Pénaux Spéciaux en Yougoslavie, au Rwanda, en Sierra-Leone… pour des crimes graves parfois moins atroces et étendus que l’immense génocide oublié du Congo.
    # Pourquoi ne l’ont-elles pas créé au Congo ? Assurément en grande partie parce que l’État qui est le nôtre a été longtemps représenté par des irresponsables et des traîtres qui n’ont pas fait leurs ces drames comme il aurait dû en être mais aussi parce que la tragédie que nous vivons est un contrecoup élaboré du génocide rwandais de 1994 à la suite duquel une CI malade de sa mauvaise conscience sur le génocide s’est complu à une indifférence aux crimes du Rwanda de Kagame et à nos souffrances perpétrées par les mêmes. Il n’y avait personne pour prendre la responsabilité de demander des comptes déjà à notre niveau puis devant la CI pour ce génocide Congolais trop oublié. Ainsi donc si les Tutsi étaient bien déterminés pour réclamer justice, ils n’en avaient pas moins toute la terre à leur chevet tandis que les Congolais floués par leurs propres traîtres se trouvaient sans personne pour les défendre ni dedans ni dehors.
    # Sinon selon moi sauf à ne pas trop prendre la « balkanisation » en « rivale » en rivale du « génocide’ dans l’imaginaire des Congolais, vous avez raison, ce sont deux réalités imbriquées : il y’a risque de balkanisation parce qu’il y’a génocide ou celui-ci a été perpétré pour aboutir à celle-là. Et notre défi aujourd’hui c’est de ne pas laisser nos Concitoyens de ne se préoccuper de ces deux réalités qu »au gré d’opportunismes, d’opportunités, de silences et d’indifférences mais rendre son insigne place, comme vous le dites, cher Mwamba Tshibangu, au génocide qu’on nous a infligé pour que nous reprenions à l’endroit le combat pour la libération et du développement de notre pays. Oui proclamer haut et fort la réalité du génocide pour stopper la balkanisation du pays, pour remporter la victoire contre nos ennemis, contre les agendas internationaux qui ont réduit au silence les récits des malheurs dont nous sommes victimes !
    # Comment ?
    – D’abord en œuvrant tous de concert cette année 2020 nommée de l’Action pour mettre en avant le fait du génocide.
    – Une journée (active)commémorative du Génocide congolais au 28 février 2020, une excellente idée !
    – Actionner le mécanisme de condamnation des coupables désignés par une Cour ad hoc et jugés selon les procédures pénales.
    Cette action doit être menée avec le plus grand courage, beaucoup d’expertise et de détermination mais sans jamais douter que mettre en avant-plan le Génocide qui continue à se perpétrer au jour le jour servira à entamer le combat final d’une communication vitale à notre souveraine libération ! Je suis donc globalement derrière vos propositions même si elles ne sont pas les seules !

  4. Chers Compatriotes,
    Je voudrais répondre en quelques mots à Nono. Il conclut son intervention par :  » Alors pourquoi appeler à la vigilance à ce propos ne serait-il pas la moindre des précautions ? C’est ce que font beaucoup qui en parlent à part quelques opportunistes de toujours… ». Je n’ai pas l’impression que crier haut et fort : « Génocide congolais: Le proclamer haut et fort pour stopper la balkanisation du pays » est une précaution. Car, la situation des massacres que je condamne aussi est complexe. Ensuite, lier cette situation au projet de Balkanisation qui elle-même est aussi discutable est une diversion. Car, les deux situations sont plus que complexes. Notre compatriote P. Ilonga effectue une analyse qui aboutit par « Nous congolais, on a l’obligation de le déclarer à la face du monde le vendredi 28 février en observant une minute de silence à midi et en s’habillant en noir. Ou est le problème si un congolais encourage les autres congolais à reconnaître nos morts? Vraiment ». La reconnaissance des morts conduira vraiment à stopper la balkanisation dont vous parlez avec assurance ? Quand Elili qualifie cela de la diversion, c’est parce qu’il considère cette démarche comme une démarche des naïfs qui ne veulent pas regarder là où ils doivent s’engager pour résoudre cette situation de l’Est qui date de plusieurs années et qui plonge ses racines dans l’histoire du pays bien avant son indépendance. Seuls les Congolais peuvent, si ce projet de balkanisation est avérée, mettre fin à cette ambition. Attendre que la Communauté Internationale écoutera une minute de silence et verra les tenues noirs que les congolais vont mettre à cette date là est une attitude des naïfs. Les Congolais ont d’autres pistes qu’ils devraient utiliser pour résoudre cette situation qui se passe sur leur propre territoire. Mais « les massacres de l’Est » est une situation qui nécessite une rencontre nationale qui inclurait les autorités administratives du Congo, les leaders religieux, les chefs coutumiers… Elili ne croit pas que la situation de l’Est sera réglée par la communauté internationale. Car, si vous vous rappelez bien, les massacres du Rwanda (Génocide) a été perpétré pendant deux ou trois semaines sans que la même Communauté Internationale ne les condamne publiquement. Elili pense qu’une démarche active, nationale a plus de chance de stopper ces massacres que le simple fait de crier haut et fort. Ceci nous met dans une situation de quémandeur de justice qui viendrait des autres alors que nous avons tout pour résoudre ce problème de nous-mêmes. Le Rwanda ne fait pas le poids. Si nous devons nous plaindre pour résoudre un problème qui est à notre portée, nous nous présentons comme des faibles. « Louis Michel a dit un jour, et avec Raison, les Congolais attendent que j’aille changer la situation de leur pays à leur place … Continuer à nous plaindre nous détourne de l’exercice de la pensée pour résoudre pratiquement le problème en faisant preuve d’une maturité politique, stratégique et tactique. Que Dieu nous vienne en aide.

  5. @Elili
    Vous restez droit dans vos bottes et la langue bien pendue et vous dites :  » Ensuite, lier cette situation au projet de Balkanisation qui elle-même est aussi discutable est une diversion ». Ce n’est hélas pas une réponse à mes propos parce que nulle part vous faites allusion à mon développement. Autant dire que vous vous parlez à vous-même, un langage de sourds !
    « […]Seuls les Congolais peuvent, si ce projet de balkanisation est avérée, mettre fin à cette ambition. Attendre que la Communauté Internationale écoutera une minute de silence et verra les tenues noirs que les congolais vont mettre à cette date là est une attitude des naïfs. …. Elili ne croit pas que la situation de l’Est sera réglée par la communauté internationale. […] » Elili peut hélas croire et dire ce qu’il veut mais pas faire dire le contraire à ces interlocuteurs. Le sujet de Tshibangu : « Génocide congolais: Le proclamer haut et fort pour stopper la balkanisation du pays” est bel et bien une invitation en bonne et due et forme aux Congolais d’agir d’autant que celle-ci suggère d’abord que jusque-là ils ne l’ont pas fait…
    Apparemment nous n’avons pas lu et ne parlons pas de la même chose, « Elili pense qu’une démarche active, nationale a plus de chance de stopper ces massacres que le simple fait de crier haut et fort »? En quoi « crier haut et fort » ne peut-être une « démarche active, nationale » alors que c’est exactement le sens de la parole de l’auteur ! A moins que vous teniez à tout prix à le contredire.
    Continuez, cher ami, à vous parler à vous-même, mais pourquoi venir nous le dire ici sur un forum, parce qu’un dialogue de sourds sans réel interlocuteur comble votre égo ? Pas besoin pour moi, j’ai déjà répondu largement au détail de vos remarques qui n’ont donc plus aucun sens ici sauf à vous laisser croire qu’à votre argumentaire même s’il est notoirement inexact ne tenant compte de la réalité et de ce disent vos contradicteurs, vous devez avoir horreur de la compétition de leurs arguments. Ce n’est pas mon idée d’une discussion qui exige confrontation saine… Que Dieu aide Elili !

    1. PS
      « Je voudrais répondre en quelques mots à Nono. »
      Désolé, cher Elili, je disais donc que pour moi nulle part vous n’avez répondu à mes propos. Vous n’avez tenu compte d’aucun de mes arguments essentiels …

  6. Compatriote Elili,
    # Tout à fait par hasard je viens de lire sur ingeta.com un texte d’une intervention de l’Abbé Mbelu au colloque « Enjeux et défis du nouveau départ et de la consolidation du Congo », organisé par la Convention des Congolais de l’Etranger (CCE) à Bruxelles ce 22 février 2020 (http://www.ingeta.com/les-conditions-de-possibilite-dune-reappropriation-du-destin-national/ ).
    # Il nous dit :
    « […]Le changement de paradigme s’impose comme une deuxième condition préalable de la réappropriation de notre destinée nationale. …(Une « révolution culturelle »)qui « devrait contribuer à nous sortir massivement de l’apathie, du consumérisme et de l’obscurantisme ». … Au Congo-Kinshasa, avec la complicité des nôtres, nos populations sont en train d’être chassées de leurs terres et exterminées. L’un des nôtres, complice de ce « génocide » de plus de deux décennies, a fini par péter les plombs et réentendre la voix prophétique du Père Vincent Machozi. Sa confession précédée de sa demande de pardon interpelle (https://benilubero.com/confession-et-pleurs-dun-dignitaire-je-suis-otage-et-complice-des-massacres-de-chez-moi/?fbclid=IwAR3l18TN2Lh_KcTVqmlpmo3J93KD4A4hSGzULlQOr_M6R9JPaKwj1BGYZQc)
    Ce témoignage interpelle sur le nombre de filles et fils du Congo-Kinshasa ayant accepté de vendre leur âme à « Mammon » afin de participer, avec les autres « mammonites », à l’extermination de leurs frères et sœurs et à la spoliation de notre terre-mère.
    Dans ce contexte, « une bonne révolution culturelle » devrait être accompagnée d’une thérapie collective désenvoûtante. Mais aussi d’une « Ethique reconstructive ». Elle devrait être à la fois une éthique de responsabilité et une éthique de réconciliation. […] »
    # Nous connaissons l’idéologisme de Mbelu mais personne ne peut lui dénier son patriotisme savant et actif, alors lorsqu’on le lit diagnostiquer autant une catastrophe d’occupation, je ne sais où trouverez-vous à les lui dénier comme vous vaticinez si bien ici à vous croire plus avisé que tous ceux qui comme lui ont vu notre génocide comme une antichambre à une éventuelle balkanisation ? J’ai sorti cet extrait pour m’interroger et vous demander si c’est nous qui sommes tellement doués pour la cécité et la diversion que vous, lorsque nous faisons le constat de ce génocide, du projet de la bakanisation et prenons conscience que nous devons agir avec notamment tenter d’en convaincre le monde entier qui les a oubliés à dessein ?

  7. Chers Compatriotes,
    Elili n’est pas plus intelligent que Nono, ni Mbelu Jean Pierre. Seulement, il s’inscrit dans une démarche qui observe ce que les autres n’aiment pas regarder. Le génocide congolais ? Qui sont les génocidaires ? les autres congolais ? Le Génocide du Rwanda était (si vous acceptez ce terme) était perpétrer par les autres Rwandais. Mais cette situation a été exportée au Congo, par qui et avec l’aide de qui ? Si les Congolais sont auteurs du génocide congolais, il y a de quoi se poser des questions. La Balkanisation du Congo est-elle possible sans les Congolais ? Que font les Congolais pour anticiper cette balkanisation qui nous terrorisent tous alors que nous sommes numériquement plus nombreux que ceux qui nous menacent ? Crier, c’est ce que le Congolais a fait jusque là et il a résolu quel problème ? Les Savants, ce n’est pas ce qui manque au Congo pour les Congolais : Mayoyo, Mbelu, Nono, et j’en passe. Ils ont abordé pratiquement quel problème avec quel résultat ? Ce que Mwamba propose est une démarche qui nous détournerait des recherches des moyens qui peuvent vite mettre fin à ce qui se passe à l’Est. La Balkanisation qui est la conséquence des massacres à l’Est est jusque la le fruit de la réflexion de ceux qui ne veulent pas voir leur responsabilité dans l’histoire et qui ne cessent de pointer du doigt les autres. Les Noirs Américains ont renversé leur situation, pas avec la musique : « les Blues, et le négro-spirituals, le Jazz et autre », ceci étant par ailleurs nécessaire pour adoucir leurs peines. Mais c’est en organisant des marches et des actions que leur situation a changé. Les Congolais étonnent. Ils ont été incapables de chasser Mobutu. Un des leurs s’aventure à amener les étrangers, ils s’excitent à voir Mobutu partir sans se poser des questions sur ceux qui viennent, comment ils viennent, avec quel projet. Et quelques années après, ils crient à l’occupation.. Nous avons tous un seul souci: « le pays ». Nous avons différentes manières de voir ce qui se passe. Mais ne nous lançons pas des pierres mutuellement parce que nous pensons différemment. Si vous pensez que la réflexion de Mwamba est la voie à suivre, eh bien suivez-le. Si c’est maintenant les écrits de Mbelu qui sont pertinents pourquoi pas. Si ce que Elili écrit peut ouvrir une autre voie, pourquoi pas. Elili n’a pas l’ambition de vous offrir une solution exhaustive pour le pays. Mais une alternative possible. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. @Elili
      # 1° Le « génocide » du Congo est une réalité : du rapport Garreton au Mapping de l’Onu, il a été suffisamment documenté, ses initiateurs étrangers et ses responsabilités internes. Nous ne serions pas des Congolais mais des Rwandais par exemple, la CI l’aurait reconnu et nous aurions même eu droit à un Tribunal International Spécial et d’autres condamnations à la CIJ.
      « Le projet de balkanisation du Congo » comme je l’ai suffisamment documenté a existé et existe, il reste un risque que seuls quelques irréalistes ou opportunistes renvoient d’un revers de la main au gré de leurs analyses imparfaites et leurs intérêts du moment…
      # 2° La politique c’est aussi prévoir et chercher à changer les choses pour le meilleur et non prendre ce qui nous arrive comme un ‘fait accompli’ contre lequel nous ne pourrions rien. Dans tous les pays du monde, il y’a une opinion nationale qui selon les lieux et les époques interfère moins ou plus dans les décisions des dirigeants et donc au Congo comme ailleurs, il ne faut point réduire son influence à l’idéal de leurs revendications. Beaucoup de décisions prises par Mobutu, LDK, ‘JK’, Tshisekedi malgré les différents degrés de leur arbitraire ou opportunisme ont tenu plus ou moins compte de cette opinion. Il serait stupide de croire parce qu’on n’a pas obtenu le maximum de ses revendications, les choses se seraient passées comme elles l’ont été si la population n’avait rien exprimé. Hier, aujourd’hui comme demain ce qu’il se décide au sommet de l’État est bel et bien influencé par les opinions populaires et là-dessus si nous ne pouvons nous satisfaire de ce que la population a réussi ou n’a pas obtenu, il serait aveugle de croire qu’elle n’en a pas pour autant influencé les décisions prises à terme. C’est pourquoi ressasser l’incapacité de notre population est un populisme auquel je ne souscris pas car il ne voit qu’une moitié de la réalité. La parole a toujours été plus puissante qu’on peut le croire à première vue.
      # 3° Ramener une discussion à une victimisation incessante nous ramène à un monologue, un dialogue des sourds : la confrontation des idées ne peut qu’aboutir à rejeter quand il faut les propos de ses interlocuteurs. C’est le destin de toute réelle discussion, se victimiser parce qu’on vous reproche ceci cela nous renvoie à une paranoïa mégalomaniaque qu’on se refuse à voir : se croire être « celui qui observe ce que les autres n’aiment pas regarder » en est le regrettable témoin. Lorsque Tshibangu commet son laïus et on l’approuve, c’est un avis, une proposition qui ne signifient nulle part que ce sont les seuls qui valent. Au Congo aussi tout fait nombre et c’est sur cette diversité que nous devons créer une unité nationale indispensable pour le diagnostic et le traitement de notre pauvre pays malade ! Et la responsabilité des Congolais dans leurs propres malheurs voire la complicité sinon la trahison n’est à conter qu’aux aveugles volontaires, celui qui verrait le contraire est le responsable de son propre aveuglement et pas les autres…

    2. Cher compatriote Elili,
      À la lumière de votre deuxième réaction, je viens de comprendre davantage le fond de votre pensée. Cependant, laissez-moi vous dire que « Naïveté et diversion » sont des mots qui sonnent forts. Ce sont, à les contextualiser, des « accusations » d’une certaine ampleur dans la mesure où ils dénotent la mise en péril de la vie de nos concitoyens. Mais, pour ne pas enfoncer le clou, il est clair que chacun de nous est libre de les exprimer comme il entend et d’en donner une certaine connotation.
      Ceci étant dit, il est à se demander objectivement et très sérieusement dans quel but je créerais de la diversion. Me référant à vos écrits ci-après : « Ce que Mwamba propose est une démarche qui nous détournerait des recherches des moyens qui peuvent vite mettre fin à ce qui se passe à l’Est ». Je ne pense pas avoir érigé des écluses empêchant aux autres d’agir ou de promouvoir des idées pouvant nous amener à une solution durable. Je pense et j’en suis convaincu, que devant un problème d’une complexité avérée et lequel, par ailleurs, dure des années, il n’ y aurait pas qu’une seule solution à envisager. Qu’une seule voie « Maestra » à emprunter pour trouver la solution.
      Dans ma pensée, Il n’y a aucune volonté ou tentative de détourner des recherches d’autres moyens, comme vous l’affirmez. Loin de là. Si la solution est à notre portée, pourquoi ne l’applique-t-on pas ? Bien plus, si quelqu’un croit détenir la baguette magique, pourquoi n’offrirait-il pas ses services ou son savoir, pour qu’on mette fin à ce que tout le monde dénonce, de bonne foi, c’est-à-dire, la mort gratuite de nos frères et sœurs, particulièrement à l’Est du pays ?
      Notre « Forum » nous aide à émettre de points de vue, à lancer des pistes de solutions aux nombreux problèmes qui affectent le pays et, à accepter aussi la contradiction. Car, c’est ce qui peut nous faire avancer dans nos discussions.
      Mais, j’estime qu’en dépit de notre rage pour le statu quo qui règne au pays dans beaucoup de domaines, il y a lieu de se convenir sur certains maux qui affectent notre devenir collectif. Le souci qui a été exprimé est bien clair : il faut arrêter, par tous les moyens, le génocide. Certains des interlocuteurs l’ont épinglé avec efficacité en mettant en relief toute une litanie de faits et des déclarations, pour démontrer si besoin en était que nous ne parlons pas en l’air.
      Il en découle, pour conclure, qu’une lecture sélective est susceptible de compromettre le sens du message global véhiculé. Je comprends le souci qui nous anime tous et je comprends aussi l’usage de certains mots. L’essentiel est que l’on se retrouve tous ensemble embarqués dans ce bateau pour amener notre pays à se libérer des griffes de ceux qui ont des objectifs qui ne sont plus, à la lumière des faits et des actes commis sur le terrain, des secrets pour personne. Que Dieu nous épargne des intentions sournoises et déplacées et qu’Il nous donne la force de conjuguer nos forces, source de nos préoccupations communes, ensemble.
      Mwamba Tshibangu

    3. PS
      2+ Sans compter que certaines décisions malheureuses planifiées en haut ont été mises en échec ou tempérées par crainte de l’opinion populaire ou directement par l’expression vigoureuse de celle-ci, c’est là un constat après tout élémentaire. On peut ainsi penser raisonnablement que certains propos d’un Ngbanda ou d’un autre orchestrés en quasi propagande soutenue ont fait dériver des décisions d’un ‘JK’ par exemple sur sa volonté de passer outre la limitation constitutionnelle des mandats. C’est parce que ses contradicteurs ont agité assez fort ses possibles violations que ‘JK’ n’a pas commis ici et là certains irréparables. Cela se passe davantage dans des démocraties où l’opinion publique compte beaucoup mais aussi à moindre ampleur chez nous : combien en effet des décisions planifiées ont été stoppées par des manifestations populaires en France ou ailleurs en Occident ?

  8. NONO écrit
    1. „Le terme de ‘balkanisation’ n’a pas été inventé par les Congolais“ : Ce n´est pas une raison pour que les Congolais l´adoptent sans esprit critique et en fasssent mauvais usage.
    2. „il figure au vocabulaire géopolitique et désigne ‘un processus de FRAGMENTATION’…“: Pour NGBANDA, la réalisation de la balkanisation est déjà avancée. FAYULU ajoute que le complot de balkanisation de la RDC est jusque-là exécuté à 70 %. Donc, le Congo est déjà FRAGMENTÉ à 70%. On est sérieux là? La balkanisation n´est même plus „éventuelle“ (Nono) ici. Finalement, ce discours avec toutes les confusions autour désoriente le peuple et le distrait de ses tâches urgentes. MWAMBA lui-même n´a nullement tenté de dissiper ces confusions dans son texte, il n´a même pas „regardé de plus près“ – pour reprendre les mots de Nono – ce terme ou ce projet.
    3.„Vous ne prenez pas au sérieux les cris d’alarme de certains (les Églises catholique et protestante, l’armée , la société civile, les politiques surtout de l’opposition et d’autres leaders d’opinion) contre ce projet“ : Premièrement, NONO généralise et homogénéise dangereusement les entités (manipulation ?). Ambongo ce n´est pas l´Église Catholique, quelques acteurs, ce n´est pas la société civile ainsi de suite. Bien d´autres Congolais sont contre : Par exemple, l´Abbé Badike du groupe Épiphanie a clairement récusé la théorie de la «balkanisation rampante» au sujet de l´Est du Congo (cf. l´article de BAW du 17 février 2020). Deuxièment, doit-on obligatoirement applaudir ceux qui lancent ces fameux cris d´alarme sur la balkanisation alors qu´ils entretiennent beaucoup de confusions et n´indiquent pas des faits nets et clairs ? On parle de la balkanisation avec une facilité déconcertante, alors que même Sarkozy, que Nono cite, est conscient que „la géographie ayant ses lois, les pays changent rarement d’adresse“.
    Oui, il y a d´horribles massacres à l´Est, oui, l´insécurité y perdure malheureusement. On peut et doit y faire face, mais sans nécessairement se perdre dans des théories pour lesquelles on peine à argumenter de manière convaincante. Même Ambongo s´est perdu dans ses discours. Fayulu n´a même pas voulu qu´on lui demande les preuves de „ses 70%“ de la balkanisation“, disons, de la FRAGMENTATION. Les Congolais doivent s´aimer réellement, s´unir et agir.
    4. „On peut ainsi penser raisonnablement que certains propos d’un Ngbanda ou d’un autre orchestrés en quasi propagande soutenue ont fait dériver des décisions d’un ‘JK’ par exemple sur sa volonté de passer outre la limitation constitutionnelle des mandats“ : C´est plutôt le refus des Américains et la mobilisation des Congolais qui ont bloqué Kabila. C´est curieux que NONO, qui cite dans son PS les „manifestations populaires“ en France ou ailleurs, parle pour le Congo plutôt des propos d´un Ngbanda, des propos qui n´ont jamais inquiété Kabila et qui sont sans écho à l´intérieur du pays. Lors de sa 1re grande sortie médiatique, NGBANDA avait bruyamment mis Kabila en garde contre toute nouvelle persécution des congolais („S´il touche encore un seul cheveu de la tête d´un Congolais…“). Cela n´avait pas empêché Kabila de perpétrer pendant plusieurs années davantage de massacres observés impuissamment par le même Ngbanda.
    5. NONO déplore qu´„Il n’y avait personne pour prendre la responsabilité de demander des comptes déjà à notre niveau puis devant la CI pour ce génocide Congolais trop oublié“ et s´insurge „contre les agendas internationaux qui ont réduit au silence les récits des malheurs dont nous sommes victimes !“ : Au lieu de toujours viser de grandes enquêtes que les autres ne font pas, les Congolais doivent commencer par de petites actions que PERSONNE ne leur interdit. MUZITO était en Europe. Les Congolais ont refusé par ‘fanatisme’ de lui „demander des comptes“. Il était 1er Ministre, donc mieux placé pour être interrogé sur CHEBEYA, TUNGULU, MINEMBWE, les ÉLEVEURS TUTSI ET LEURS VACHES à KWILU… Est-ce toujours les agendas internationaux qui réduisent au silence les récits de nos malheurs ? Le génocide, c´est un mot, les victimes congolaises, c´est un nombre pour certains, mais pas pour les familles concernées, pas pour les femmes et les enfants de Chebeya, Tungulu et autres. Les victimes ont pour eux un visage. Un visage chéri qu´ils ne reverront plus. Les Congolais de la diaspora qui aiment de gros discours ont raté l´occasion de compatir avec ces familles en refusant de „demander des comptes“ à MUZITO. Curieusement, ils sont mobilisés contre le musicien FALLY. Quand on n´est pas cohérent et sérieux dans les petites choses, on lance de mauvais signaux aux autres, à la communauté internationale.
    *
    Nono dit : „Lorsque Tshibangu commet son laïus et on l’approuve…“ L´emploi du mot laïus est généralement péjoratif et discréditant pour l´auteur/l´orateur. Sans doute, Nono a pensé positivement sur Mwamba en utilisant (malencotreusement) ce mot.

  9. Le texte de MWAMBA me rend perplexe.
    D´un côté, il manifeste son amour pour le Congo frappé par un drame qui est – il a raison de le dire – „le drame qui a connu plus de massacres depuis la 2ieme [sic! 2e] guerre mondiale“. D´un autre côté, il est brumeux, un peu catastrophique du point de vue argumentatif. Est-ce que parler des massacres que nous condamnons sans réserve, c´est nécessairement parler de la balkanisation (que Mwamba ne prouve nullement ni ne définit) ? Mwamba PRÉSUPPOSE au lieu d´ARGUMENTER sérieusement. Il me fait penser au Général Colin Powell au sujet de l´Irak. Le 5 février 2003, à l’ONU, le ‘mec’ s´adresse au monde : „Il ne peut faire aucun doute [!] que Saddam Hussein a des armes biologiques » et « qu’il a la capacité d’en produire rapidement d’autres » en nombre suffisant pour « tuer des centaines de milliers de personnes ». Grâce à des « laboratoires mobiles ». « Nous avons une description de première main » de ces installations de la mort. Sa source un „transfuge“, „un témoin direct, un ingénieur chimiste irakien qui a supervisé l’un de ces laboratoires ».
    Comme Colin Powell avec son fumeux „il ne peut faire aucun doute…“ et son fameux témoin, Mwamba aussi a ses ‘arguments par le bon sens’ („… pourrait être illustré aisément… Les deux phénomènes étant indissolublement liés…) et ses témoins : „… plusieurs personnalités de haut calibre se sont levées pour dénoncer le projet de balkanisation du pays qui continue à s’enraciner à vive allure au vu des massacres répétés qui ont pour champ d’opération l’est du pays.“ Témoin de première main pour Powell, témoins de haut calibre [qui sont-ils ? Qui leur a décerné ‘ki haut calibre’ wana ?] pour Mwamba. Est-ce suffisant ? D´autant plus qu´il y a beaucoup de flous, de confusions dans ce que l´on entend au sujet de la balkanisation. Autant on n´était pas moins sérieux de douter de Powell, autant on ne l´est pas de douter de Mwamba. Ce dernier, qui fait de la balkanisation un terme-clé de sa réflexion, ne se donne même pas la peine de nous dire sa compréhension du terme, sa perception (balkanisation, un processus déjà enclenché ou un éventuel projet ?), encore moins de ‘nommer des faits’.
    Oui, il y a d´horribles massacres à l´Est, oui l´insécurité y perdure malheureusement. On peut et doit y faire face. mais sans nécessairement se perdre dans des théories pour lesquelles on peine à argumenter de manière convaincante. Même Ambongo s´est perdu dans ses discours. Fayulu n´a même pas voulu qu´on lui demande les preuves de „ses 70%“ de la balkanisation“. Les Congolais doivent s´aimer réellement, s´unir et agir.
    *
    „Le génocide congolais actuel débute, comme tout le monde le sait, avec l’avènement de l’AFDL…“ (Mwamba) : Le „début“ là est relatif; c´est selon le récit.
    **
    Au sujet de la réaction de Mwamba :
    – „Ce que Mwamba propose est une démarche qui nous détournerait des recherches des moyens qui peuvent vite mettre fin à ce qui se passe à l’Est“ (ELILI)
    – „Dans ma pensée, Il n’y a aucune volonté ou tentative de détourner des recherches d’autres moyens, comme vous l’affirmez.“ (MWAMBA)
    ELILI parle dans cette citation de votre démarche et ne dit pas que vous voulez ou que vous avez l´intention de… N´avez-vous jamais commis un impair en toute bonne foi, sans vraiment en avoir l´intention ?

  10. Chers Compatriotes,
    Je dois répondre à mon frère Mwamba Tshibangu. Tatu Mwamba écrit :  » « Naïveté et diversion » sont des mots qui sonnent forts. Ce sont, à les contextualiser, des « accusations » d’une certaine ampleur dans la mesure où ils dénotent la mise en péril de la vie de nos concitoyens. Mais, pour ne pas enfoncer le clou, il est clair que chacun de nous est libre de les exprimer comme il entend et d’en donner une certaine connotation ». Il a raison quand il écrit ceci. Mais, il ne me demande pas de lui dire pourquoi j’ai employé les deux concepts. Un naïf est quelqu’un qui par simplicité se laisse facilement tromper écrit le Larousse en ligne. « Crier haut et fort ce qui se passe à l’Est » part d’un préalable que le fait de crier changerait la donne, ici, la Communauté Internationale interviendrait pour assurer la sécurité à l’Est et chercher les coupables pour qu’ils répondent de leurs actes. Une telle attitude dénoterait d’une certaine naïveté parce que cela n’a jamais été le cas ailleurs….Je pense que je me trompe, et ici, mwan’etu Mwamba peut éclairer ma lanterne. Quant à la diversion, c’est l’action de détourner quelqu’un de quelque chose le concept est surtout utilisé dans l’armée pour exprimer une « opération (militaire) par laquelle on détourner l’ennemi du point qu’il occupe pour le forcer à se porter ailleurs et à s’y défendre ». Quand on sait que la foule ou les lecteurs qui n’ont pas le temps de penser profondément certaines réalités, qui tombent sur un texte de quelqu’un d’aussi intelligent, n’auront pas le temps de penser à d’autres alternatives. Certaines actions humaines sont organisées par effet de mode. Comme maintenant, pointer le Rwanda du doigt, parler de la balkanisation du Congo est une opération intellectuelle que certains d’entre nous effectuent pour avoir de l’attention et laisser passer leurs idées qui n’innovent pas et qui ne sont pas d’office pertinentes. Je ne sais pas si Tatu Mwamba a étudié les actions non violentes à travers le monde et en a approfondi les résultats, mais le fait qu’il en parle est soit une intuition intellectuelle d’une intelligence hors du commun mais qui, néanmoins n’a pas eu le temps d’approfondir son texte avant de le mettre en ligne. Je ne l’accuse pas d’avoir des intentions. Lorsqu’il pose la question de savoir dans quel but il aurait fait cela, il est à côté de mon intervention. J’ai affirmé que la situation de l’Est est à notre portée. Les Congolais peuvent résoudre cette situation en s’engageant dans plusieurs procédures pour affronter ce désastre sous plusieurs fronts. Nous avons les actions de la Lucha qui est une face, nous avons la possibilité des Mai Mai, mais à utiliser sous certaines conditions, nous avons les rencontres des Baami de la région concernée, les rencontres entre les leaders religieux du coin et de la région… Mais « crier haut et fort et s’habiller en noir » pour que la Communauté Internationale entende et fasse sauter l’antichambre de la Balkanisation » est une belle dissertation intellectuelle mais qui ne me convainc pas quant à son efficacité sur le terrain. Voilà ce que pensais. Mwamba wetu, tuye kua ba mwanda, ne tuye kua ba wetu kunyima. Que Dieu nous vienne en aide dans cette lutte pour que le Congo retrouve la paix nécessaire au développement.

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