La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf

Dans notre pays convoité par tous les pays voisins, il y a toujours quelque chose de nouveau. On ne s’y ennuie jamais comme ailleurs.

Ce 28 novembre 2020, nous avons été gratifiés d’un procès expéditif. Un quidam était poursuivi pour offense envers le chef de l’Etat et menaces verbales d’attentat. Le sieur Wimana Isombia Barnabé, Président national du Rassemblement des leaders congolais, fut condamné à 3 ans de servitude pénale principale par le Tribunal de grande instance de la Gombe ainsi qu’au paiement de quelques espèces sonnantes et trébuchantes en guise de dommages & intérêts. Il fut arrêté illico presto et transféré au Centre pénitentiaire et de rééducation de Makala. Son péché? Il avait recommandé sur un plateau de TV que Fatshi commence à trucider des gens pour conserver le pouvoir. S’il ne le fait pas, il doit démissionner sinon il sera tué par balle. Il veut donc que le chef de l’Etat puisse se repaitre du sang des vivants comme Dracula pour rester longtemps au pouvoir? Enfer et damnation!

On dit chez nous que la langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche. Bref, passons!

Ce petit monsieur, suivant l’expression consacrée du moment, avait révélé urbi et orbi, une semaine plus tôt, qu’il était arrivé à Kinshasa en 1997 comme Kadogo. Il tint à peu près ce langage: « Il a participé à la libération du pays par des armes. Il ne peut quitter Kinshasa que chassé par des armes. Le sang doit donc couler au préalable ». Stupeur et tremblements! Selon lui, les 680.000 dollars versés chaque mois par le gouvernement à l’Autorité morale du FCC sont insuffisants. Il faudrait plutôt que ce montant soit porté à 3.700.000 dollars par mois en témoignage de tout le bien qu’il a fait au pays! Enfer et damnation!

Le matamore fut arrêté le 27 novembre au moment où il s’apprêtait à fuir le pays via Brazzaville! Tiens, et pourtant il avait déclaré qu’il ne peut quitter Kinshasa que chassé par des armes. Il voulait prendre le même chemin qu’empruntèrent les mobutistes fuyant l’arrivée des troupes angolaises et rwandaises avec dans leurs valises l’AFDL et les Kadogo. Qui l’eût cru? Qui l’eût dit? Dans les Fables de La Fontaine, la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, s’enfla si bien qu’elle creva.

Sur un tout autre chapitre, mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la pourrie, me raconte que ce vendredi 27 novembre 2020, la ville a connu un méga embouteillage à partir du boulevard du 30 juin. Certains automobilistes furent coincés dans les embouteillages pendant plus de six heures. La faute? L’indiscipline des conducteurs.

 

Gaston Mutamba Lukusa

5 thoughts on “La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf

  1. Un type qui a participé à la libération du pays par les armes et qui déclare qu’il ne peut quitter Kinshasa que chassé par des armes mais qui chassé par personne s’apprêtait à fuir le pays via Brazzaville dans une…pirogue…kie kie kie…
    La preuve, une de plus, que nous sommes bien en Absurdistan, en pleine épidémie de Kindokivid-19.
    Kiadi kibeni kua ba ndombe !

  2. Cher Gaston, bien dit sur cette vaine grenouille. Les Congolais attendent aussi de voir l’autre petite grenouille de Kingakati eclater a son tour afin d’epargner au Tresor les 680,000 dollars par mois qu’il gobe. Ce tandis que nos enseignants, infirmiers et policiers eux n’arrivent pas a boucler leur fin de mois avec le moins de 100 dollars qu’ils touchent…!

  3. Et si le Congo était le berceau de la bêtise humaine comme l’est l’Afrique celui de l’humanité ? Car dans ce «  Gondwana Republic» personne, et alors personne ne semble s’arrêter un instant, pour réfléchir et prendre la bonne direction ! OYO MBOKA YA NDENGE NINI?

  4. Chers Compatriotes,
    Quand cesserons-nous d’être des spectateurs juges, attendant que tout vienne des autres ? Le peuple a ici l’occasion de renverser la situation quitte à nous reorganiser quand ceux qui nous aurons chassé ceux dont la présence nous complique la vie. Seul, le Chef de l’Etat ne peut rien a dit, en son temps, le Maréchal du Zaïre. Ceci est d’actualité. Alors, taisons nos divergences, réunissons-nous autour du chef actuellement pour que nous contribuions tous au redressement du pays. La vraie question n’est pas de savoir ce que le Congo peut faire pour nous, mais ce que nous devons faire pour le Congo actuellement, j’ai paraphrasé un président américain (JFK). Que Dieu nous vienne en aide.

  5. Erratum: « quand ceux qui nous aurons chassé ceux dont la présence nous complique la vie », Lisez : « quand nous aurons chassé ceux dont la présence nous complique la vie ».

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