La mort de Mzee Kabila: Eddy Kapend, l’homme qui sait tout et ne dit rien…

A l’occasion des obsèques inhabituelles d’un des condamnés dans l’affaire dite de l’ « assassinat de LD Kabila », Eddy Kapend, ex-aide de camp du défunt Président, a pris la parole pour dénoncer « ceux qui couvrent les véritables assassins » de Mzee Kabila. Ce n’est pas la première fois que Kapend, un des condamnés à mort dans ce dossier judiciaire, s’exprime. La première fois c’était le 16 janvier 2018 à l’occasion d’un office religieux qu’il avait organisé dans l’enceinte de la prison de Makala. Samedi 3 août, des Kinois ont été surpris de le voir au mythique complexe YMCA, situé au quartier kinois de Matonge, où se tenait une veillée à la mémoire de l’ex-commandant John Bompengo Ingole. Dans les deux cas, « Eddy » parle mais ne dit rien. 

Que sait Eddy Kapend sur les circonstances exactes de la mort de feu Laurent-Désiré Kabila? A quel jeu joue-t-il? Pourquoi tourne-t-il au tour du pot au lieu d’aller droit au but en révélant « sa part de vérité » sur la mort de LD Kabila?

John Bompengo Ingole

Escorté par des éléments de la police militaire, l’ex-aide de camp de Mzee Kabila s’est rendu samedi 3 août au complexe YMCA où se déroulaient les veillées mortuaires suite au décès, survenu le 12 juillet, de l’ex-commandant John Bompengo Ingole. Cause du décès: « maladie ». C’est en tout cas ce qu’a écrit noir sur blanc le médecin José Kikola Mbuyu.

Bénéficiant d’une « autorisation de sortie » pour le moins inhabituelle, le prisonnier Kapend – qui est censé observer un devoir de réserve – en a profité pour exercer le ministère de la parole. Il a fustigé ceux qui, selon lui, feraient bénéficier de l’impunité aux « vrais assassins » du président Laurent-Désiré Kabila.

Usant et abusant de périphrases, « Eddy » ne cite aucun nom. Il se contente de pérorer que « le moment viendra où la vérité sera dite sur cette question ». Ce moment risque d’intervenir bien tard. Le constat est là: la « maladie » continue à décimer, un à un, tous ceux qui détiendraient, à tort ou à raison, une part de vérité sur la disparition mystérieuse de LD Kabila. C’était le 16 janvier 2001.

« VRAIS ASSASSINS »

Le procès ouvert sur cette affaire en 2002 n’a guère fait éclater la vérité. Bien au contraire. Procès inique et inachevé, les magistrats ont été bien incapables de déterminer la part de responsabilité de chacun des accusés en répondant à une question cruciale: Qui a fait quoi?

Samedi, Kapend a fait état de « ces gens » qui se croiraient en droit de « menacer ceux qui sont en train de souffrir injustement » en détention. D’après lui, ces « gens » non-autrement identifiés s’évertuent à épargner « ceux qui ont tué Kabila ». Pour Kapend, les « vrais assassins » continuent à parader dans la ville et personne ne les menace.

Le colonel Eddy Kapend fait souvent penser à l’acteur comique français  Pierre Richard dans le film « Je sais tout, mais je ne dirai rien ». On retiendra néanmoins de son speech,  ces quelques mots prononcés en hommage à Bompengo qui travaillait à l’artillerie à la garde présidentielle. « John Bompengo n’a jamais comploté contre Kabila et il ne l’a pas tué Kabila. Il est mort parce qu’il est resté fidèle pour défendre la cause de LD Kabila », a-t-il dit.

Lors du fameux procès des présumés assassins de Mzee Kabila, des témoins assurent que le président de la défunte Cour d’ordre militaire, le général Nawele Bakongo, prenait un malin plaisir d’imposer le huis clos chaque fois que le colonel Kapend devait être entendu.

Lors de la commémoration du 17ème anniversaire de la mort de Mzee, l’ex-aide de camp a fait célébrer, le 16 janvier 2018, une messe à la mémoire du défunt président. Vêtu en treillis pimpant neuf, l’homme prononça, à cette occasion, un « discours » d’une quinzaine de minutes.

VIVEMENT UN NOUVEAU PROCÈS!

L’orateur commença par tordre le cou à la version officielle selon laquelle le Mzee serait décidé le 18 janvier à Harare, au Zimbabwe. Selon lui, Laurent-Désiré Kabila est décédé le 16 janvier 2001 sur place au palais de marbre et non aux cliniques Ngaliema.

Selon Kapend, « tous les assassins de Kabila, les commanditaires de son assassinat, les traîtres sont en liberté ». Et « ne sont emprisonnés que les innocents ». S’adressant à ceux qu’il appelle les « assassins de Kabila », « Eddy » de prononcer ces mots étranges: « Ils savent que nous savons qu’ils sont dehors ».

La mort de l’ancien chef d’Etat congolais est et reste une énigme criminelle. D’aucuns parlent de « secret d’Etat le mieux gardé ». Kapend devrait fixer l’opinion sur le constat fait par un expert balistique selon lequel, le corps du défunt président présentait des impacts de balles. Curieusement, l’homme ne baignait pas dans son sang.

Un avis partagé par le médecin urgentiste de service ce mardi 16 janvier 2001 à Ngaliema. Il s’agit du docteur Médard Kabunga Mutombo. Celui-ci fit la même observation d’autant plus que la victime avait l’aorte sectionnée. Conclusion: la mort serait antérieure aux impacts de balles. Qu’en sait l’ex-aide de camp de Mzee?

Mi-juillet dernier, l’Asadho (Association africaine des droits de l’homme) a demandé au président Felix Tshisekedi de faire libérer Kapend et ses co-accusés ou de faire organiser un nouveau procès. Vivement un nouveau procès! Ce serait l’idéal. Le peuple congolais a le droit de savoir ce qui s’est réellement passé le 16 janvier 2001 au palais de marbre. Il a le droit de savoir si toute la vérité a été dite.

En attendant que le premier magistrat du pays se prononce dans un sens ou dans l’autre, Kapend devrait cesser le petit jeu de « je sais tout, mais je ne dirai rien ». Pour sa crédibilité, il devrait dire à l’opinion congolaise si la mort du président LD Kabila découle d’un assassinat ou si la thèse de l’assassinat n’a été qu’une mise en scène destinée à camoufler un coup d’Etat de palais.

 

B.A.W.

17 thoughts on “La mort de Mzee Kabila: Eddy Kapend, l’homme qui sait tout et ne dit rien…

  1. « Kapend, l’homme qui sait tout de l »assassinat de LDK et ne dit rien » c’est le même Kapend qui traine en prison depuis 17 ans convaincu co-coupable de cet assassinat mais n’ose parler pour contester sa condamnation. Si c’était parce que toute parole de sa part condamnerait certes certains non inquiétés aujourd’hui mais ne l’épargnerait pas non plus. Du coup embastillé hier pour (re)embastillé demain, il a choisi d’épuiser son maximum d’emprisonnement plutôt que de voir allongé sa peine…
    Alors si Kapend clame tout haut « qu’assassins de LDK et ses commanditaires sont en liberté et autant impunis ceux qui les couvriraient » on pourrait se demander si ne prévaut pas en fait une double loyauté, celle envers le président défunt pour certains et une autre pour ses assassins et commanditaires (y compris ‘JK’ ?l). Jusque-là le rapport des forces était en faveur des derniers mais qui sait si demain il ne changera pas. Kapend et d’autres surfent sur cet équilibre en fait vacillant.
    Ainsi la vérité sur cette affaire a tout le potentiel de changer encore tant elle est encore assise sur le plus fort du moment jusqu’au jour où le rapport de force tournera dans le sens d’une vraie justice sans parrains d’un côté ou de l’autre car l’assassinat lui même a une histoire et des mobiles labiles et complexes…

  2. Chers Compatriotes,
    Soyons prudents lorsque nous analysons la situation du pays à partir de la Libération du 17.05.1997. Il existe des faits que nous ne connaissons pas et que nous ne connaîtrons jamais. Eddy Kapend est aussi prisonnier. Mais il a été à l’enterrement d’un autre prisonnier ! Est-ce habituel au Congo du Raïs-Félix ? Eddy Kapend sait tout et ne dit rien ? Comment pouvons-nous affirmer avec certitude qu’il sait tout, s’il ne dit rien ? Erreur simple de logique. Qui dit qu’il sait tout ? Si nous savons qu’il sait tout, alors nous savons ce qu’il sait ou le contenu de ce qu’il sait. Ce qu’Eddy Kapend sait est-il nécessaire pour sortir le pays de la situation chaotique qui n’a fait que trop durer ? Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Je ne crois que la question essentielle que pose le cas Kapend soit de gloser si il sait tout mais bien de faire le constat quasi certifié qu’il sait plus qu’il n’en à dit jusque-là.
      Ses fonctions d’alors et sa proximité avec LDK suggèrent sans conteste qu’il détient une part de vérité dans la mort de l’ancien PR. La livrera-t-il un jour ? Tout le monde conviendra que s’il est mêle à un niveau ou un autre à cet assassinat, il se livrera moins au risque de se voir accusé plus que l’on sait aujourd’hui dans cette affaire. A moins que ce soit pour s’en repentir.
      En revanche s’il y est moins mêle, on peut espérer qu’il se lâche davantage un jour et dénonce même ceux qu’il couvrirait aujourd’hui surtout si ces derniers se retrouveront alors moins puissants.

  3. Donc l’ex aide de Camp de Laurent Désiré Kabila injustement assassiné, longtemps emprisonné le détenu « Eddy Kapend » est un piètre comédien qui joue le rôle épique de Pierre Richard dans le film « Je sais tout, mais je ne dirai rien » au Kongo où les Nomades Occupants
    qui confisquent l’Imperium (effectivité du pouvoir) lui octroient un congé pénitentiaire (permission ou autorisation de sortie), louche,, c’est un truc de ouf… Comme dirait un comédien Kongolais de la place « Biso ba Kongolais tokufela 3 présidents (Kasaï+Vubu, Mobutu et Mzee Kabila) basokola biso te. Libabe, Botutu na Mikumba eleki biso » Point de citation…. Ainsi soit-il… Ingeta

    1. Comme dirait un comédien Kongolais de la place « Biso ba Kongolais tokufela 3 présidents (Kasa-Vubu, Mobutu et Mzee Kabila) basokola biso te. Libabe, Botutu na Mikumba eleki biso » Point de citation…. Ainsi soit-il… Ingeta

  4. Chers Compatriotes,
    Je ne savais pas qu’en écrivant sur Congoindependant.com on avait le charisme d’avoir des connaissances très pointues en tout. Ce que j’entends ici me laisse perplexe. Quand Nono écrit « Je ne crois que la question essentielle que pose le cas Kapend soit de gloser si il sait tout mais bien de faire le constat quasi certifié qu’il sait plus qu’il n’en à dit jusque-là ». Est-ce une découverte essentielle ? En quoi ce constat nous avance-t-il dans la situation du Congo ?
    « Ses fonctions d’alors et sa proximité avec LDK suggèrent sans conteste qu’il détient une part de vérité dans la mort de l’ancien PR ».
    Ses fonctions suggèrent qu’il connaît une part de vérité : laquelle ? Donc on est à la recherche d’une vérité partielle qui serait aussi un mensonge en partie. Suggestion, supposition, certitude, si ce sont des synonymes, allez jusqu’au bout en initiant une rencontre pour lui poser des questions. Cette vérité partielle dont nous pouvons tous suggérer l’existence chez Eddy Kapend est-elle nécessaire pour que le pays se redresse? Quelle sera cette vérité supposée ? Une vérité historique, une confection subjective de Kapend pour ses raisons personnelles ? Pour savoir si Kapend était mêlé de loin ou de près à cet assassinat, je pense que la seule spéculation en ligne ne sera pas suffisante pour que la vérité éclate. Si Eddy Kapend est mêlé, d’après les hypothèses que nous lisons ici, sera-t-il l’homme qu’il faut pour nous livrer la vérité que nous recherchons tant ? La livrera-t-il un jour ? D’une manière où d’une autre, comment savoir avec certitude qu’il était mêlé de loin ou de près à cette exécutions extra judiciaire du président Kabila père ? Que Kapend couvre ou dénonce, il nous est difficile d’imaginer que ses révélations conduiraient les Congolais à se mobiliser pour pouvoir renverser la situation afin que le pays se redresse. Que Dieu nous vienne en aide.

  5. @Elili
    A mon tour, voq « supputations » me laissent perplexe car à ce stade, je ne crois pas avoir mélangé tout comme vous le faites : le cas Kapend s’agissant de la vérité recherchée sur l’assassinat de LDK et ce que cela apporterait au « redressement » du pays.
    N’importe comment, j’ai cru que la vérité sur ce meurtre pouvait constituer un sujet à part à traiter spécifiquement. J’ai précisé que nous risquions de ne pas y accéder un jour, avec Kapend ou non.
    C’est donc aussi simple que ça et en ce sens la dialectique que vous voulez m’infliger, si savante soit-elle, sur la vérité dans un tel maelstrom, non seulement ne me concerne pas d’autant que j’ai indiqué à l’avance sa difficulté mais aussi me parait inutile ici sur le clavier. Merci de ne pas m’y entraîner plus que ca comme dans une polémique pour moi stérile et que nulle part je ne recherche. Dieu vous viendra-t-il en aide pour le comprendre ? Je l’espère vivement…

  6. PS
    J’ai oublié de rappeler que mon propos essentiel affirmait que « plus que de gloser si Kapend savait tout, il était plus exploitable de faire le constat que sa position d’alors offre toutes les raisons de croire qu’il en savait davantage que ce qu’’il nous en avait dit jusque-là » .
    Je ne vous ai pas lu démontrer le contraire…

  7. Chers Compatriotes,
    Je remercie notre Nono National pour avoir recadré ma réaction et pour une bonne précision de son intervention. « Kapend sait tout »? Une affirmation que je ne peux imaginer. Cet homme est-il le compagnon de Mzee de longue date ? Je n’en sais rien. Mais son apport sur « La vérité » est-il pertinent pour la luttte que nous avons actuellement pour que le pays se redresse ? Ce n’est pas mon point de vue. Alors, il serait, et c’est un point de vue personnel, de nous focaliser sur ce qui se passe actuellement, afin de créer une dynamique pour le changement dans l’intérêt du pays. « La vérité » sur l’exécution du Mzee restera une sorte d’énigme pour les Congolais, et est pour l’instant quelque chose que nous ne pouvons prétendre attribuer à l’un ou l’autre de ses collaborateurs, même si « Kapend » avait occupé des fonctions aussi importantes que l’on veut nous faire comprendre. Regardons ce que nous sommes en train de vivre maintenant, analysons ce qui se passe, et exhortons les Congolais à se dépasser, à faire sauter les barrières tribales qui font que nous sommes affaiblis au plan national et continental. Que Dieu nous vienne en aide dans cette dynamique.

    1. @Cher Elili,
      Quelles sont donc ces barrières tribales qui font que nous sommes affaiblis au plan national et continental ?
      Très sincèrement, je ne pense pas que le Congo soit un pays à problèmes … tribales. Je suis forcement à côté de la plaque et j’espère que vous allez m’éclairer.
      Remerciements anticipés.

    2. @Elili
      Merci de me relire, à tout hasard vous réaliserez vous-même que vos interventions successives sont hélas superfétatoires et même autistes autant que démagogiques, elles tournent autour de votre personne et de vos vœux au lieu de répondre d’un dialogue possible entre vous et moi. Désolé donc de devoir me taire, cher ami, voilà déjà une réponse de trop, je ne peux en dire plus rien de plus au risque de ressasser les mêmes propos…

  8. Membre de la garde rapprochée du président Laurent-Désiré Kabila, le lieutenant Georges Mirindi a attendu la fin du dernier du mandat de « Joseph Kabila » pour publier sa version des faits sous la forme d’un ouvrage de 632 pages, aux éditions Vérone. « Mzee n’a pas été tué ou assassiné de la manière dont on nous raconte », note-t-il en liminaire. Selon lui, le corps du président Laurent-Désiré Kabila était sans vie bien avant les impacts de balles constatés sur la dépouille. Pour Mirindi, les « puissants » de l’époque avaient monté une « mise en scène » pour « camoufler » un coup d’Etat de palais. D’après lui, l’assassin présumé de LD Kabila ne s’appelle nullement Rachidi Kasereka mais bien Rachid Muzele Mweze dont s’empresse de disculper. Il accuse les personnalités ci-après d’être les dépositaires du « grand secret »: « Joseph Kabila », Augustin Katumba Mwanke (alors gouverneur du Katanga), Jeannot Mwenze Kongolo, Emile Mota, (le témoin oculaire) et Eddy Kapend Irung, aide de camp de Mzee. Auteur du documentaire « Qui a tué Laurent-Désiré Kabila », le réalisateur Arnaud Zaltman en prend également pour son grade. Il lui est reproché d’avoir relayé la version officielle accusant Mirindi et le Libanais Héritier Hilal.
    RÉSUMÉ DU LIVRE <>
    Kinshasa. Mardi 16 janvier 2001. Il est midi lorsque des tirs à l’arme automatique retentissent au Palais de marbre qui sert de bureau et de résidence officielle au président Laurent-Désiré Kabila. Celui-ci se préparait à s’envoler pour Yaoundé, au Cameroun, afin de participer au sommet France-Afrique. Membre de la garde rapprochée du chef de l’Etat congolais, Georges Mirindi était rentré chez lui pour chercher sa valise en prévision du voyage présidentiel.
    Agent de sécurité chargé notamment d’introduire les visiteurs au bureau du Président, Annie Kalumbu entend des détonations dans le bureau présidentiel. Elle fait irruption. A sa grande surprise, elle trouve le Mzee assis mais immobile. Emile Mota, le « dircaba » chargé des questions économiques était également sur le lieu. L’homme est ceinture noire de karaté.
    Le colonel Eddy Kapend
    D’après Georges Mirindi, « Annie » aurait surpris Mota entrain de « subtiliser » les douilles. Ministre de la Santé au moment des faits, Dr Léonard Mashako Mamba, présent au Palais de marbre, constate des impacts de balles sur le corps inanimé. Curieusement, le cadavre ne baigne pas dans une mare de sang.
    A l’extérieur du bâtiment, un mélodrame s’y déroule. Le colonel Eddy Kapend – qui n’est pas censé connaitre la situation exacte du Président – vient de vider le chargeur de son AK 47 sur l’un des gardes du corps de Mzee, accusé, par la clameur, d’être le « tueur ». Selon la version officielle, l’homme s’appelle Rachidi Kasereka Mizele. Mirindi assure que son infortuné collègue s’appelait Rachid Mweze Muzele. Celui-ci est décrit comme un homme « humble et aimable ».
    L’EXÉCUTION DE MASASU
    Mirindi est formel: « Le Mzee n’a pas été tué ou assassiné de la manière dont on nous raconte ». « Beaucoup d’innocents sont morts ou en prison pour rien », ajoute-t-il en soulignant que les « Kadogos », venus avec Mzee depuis le Kivu, ont été « faussement accusés » d’avoir tué le Président pour « venger » leur « leader bien aimé » Anselme Masasu Nindaga, exécuté en novembre 2000 au village Kantonia près de Pweto, au Katanga.
    Dans une longue évocation, Mirindi commence par relater l’ambiance oppressante qui régnait à la Présidence de la République avant la date fatidique du 16 janvier 2001. Il dénonce le « clanisme », le « tribalisme » et la « course à l’enrichissement ». « L’entourage de Mzee a commencé à se comporter pire que celui de feu Mobutu », glisse-t-il.
    Trois mois après la « libération » du 17 mai 1997, le Mzee et Anselme Masasu, un des co-fondateurs de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo) sont à couteau tiré. Le second est suspecté de préparer un putsch. Il est arrêté et jeté en prison à Buluo, près de Likasi, « à la grande satisfaction » de « Joseph Kabila » (chef d’état-major des forces terrestres), de Gaétan Kakudji (ministre de l’Intérieur) et de Jeannot Mwenze Kongolo (ministre de la Justice).
    En juillet 1998, le Mzee rompt la « coopération militaire » de son pays avec l’Ouganda de Yoweri Kaguta Museveni et le Rwanda de Paul Kagame, ses anciens parrains. Dès le 2 août, une nouvelle guerre est lancée. Une nouvelle « rébellion congolaise » voit le jour sous la dénomination de « Rassemblement Congolais pour la démocratie ».
    LA CHUTE DE PWETO
    D’après Mirindi, LD Kabila ne pouvait guère compter sur l’armée congolaise pour défendre l’intégrité du territoire national. Pour l’ancien garde du corps, les troupes impayées étaient « hautement tribalisées ». Les généraux, eux, n’avaient la moindre connaissance en doctrine militaire. C’est ainsi que le Mzee ne comptait plus que sur les alliés zimbabwéens, angolais et namibiens.
    Pour protéger la ville de Lubumbashi, LD Kabila avait fait déployer un véritable arsenal à Pweto. La chute de cette localité en décembre 2000 « a provoqué une grande débandade au sein de l’armée mais aussi chez les alliés ». Chef d’état-major des forces terrestres, « Joseph » a trouvé refuge en Zambie.
    Furieux, LD Kabila « avait ordonné d’identifier et de fusiller » tous les commandants de brigades, bataillons et compagnies et les officiers de leurs états-majors ayant fui à Pweto « les accusant de haute trahison ». A en croire Mirindi, des doigts accusateurs étaient pointés sur le général-major « Joseph Kabila ». Tous les commandants l’ont accusé d’être celui qui abandonnait « aux rebelles les villes avec armes et munitions ». Parmi les accusateurs, il y a le général Jean-Léon Mabila, commandait des opérations à Mbandaka. L’officier est mort en détention à la prison de Makala sous la Présidence de « Joseph ».
    « JOSEPH KABILA » SUSPECTE D’INTELLIGENCE AVEC LE RCD
    Le général-major « Joseph Kabila »
    Selon Mirindi, plusieurs rapports accusateurs abondaient dans le même sens. « Le Mzee avait décidé de faire fusiller ‘son fils’(Entendez: Joseph) pour haute trahison ». Celui-ci aurait eu la vie sauve grâce au gouverneur Katumba Mwanke. Des témoignages recueillis auprès des « rebelles » faits prisonniers confirmaient les soupçons sur « Joseph ». Eddy Kapend était également dans le collimateur de Mzee pour avoir « dissipé » plusieurs millions en dollars destinés à l’achat d’armes.
    D’après Mirindi toujours, le Mzee a, dès ce moment, pris la résolution de « purger » l’armée. Il l’aurait confirmé au cours d’une « causerie morale » qu’il a tenue le 28 décembre 2000 au camp militaire Kimbembe à Lubumbashi. Pour l’ex-garde du corps, LD Kabila venait de signer son arrêt de mort. « Les concernés ont agi avant que le Président ne prenne des mesures contre eux ».
    Quid des Libanais exécutés? Selon la version officielle, les identités de ceux-ci auraient été trouvées dans une des poches de « Rachid ». « Faux », rétorque Mirindi qui assure que deux de ces Libanais avaient « détourné » des millions de francs congolais expédiés frauduleusement en zone rebelle afin de les échanger contre la devise américaine. Les deux hommes ayant péri sous la torture, il a été décidé par le général Yav Nawej d’éliminer tout les onze afin de ne pas laisser des témoins gênants.
    QUI A TUÉ LE MZEE?
    Georges Mirindi sera arrêté ce même 16 janvier 2001. Torturé dans le tristement célèbre immeuble « GLM » (Groupe Litho Moboti), l’ex-garde du corps, qui vit en exil en Europe, se considère comme un « miraculé » pour avoir échappé à l’exécution au camp de Kibomango. Et ce en « soudoyant » le bourreau nommé Salumu Mubekwa, alias Sharp Sharp.
    Pour lui, les différentes « commissions d’enquête » mises en place ne cherchaient nullement à faire éclater la vérité sur les circonstances exactes de la mort de Mzee. Elles cherchaient, selon lui, à faire triompher la version officielle. Les « suspects » soumis à la torture devaient « avouer » les « faits » relayés par les médias. « Le président LD Kabila n’a sûrement pas été assassiné par Rachid, et sûrement pas à l’heure qu’on nous décrit et incroyablement pas de la façon que les Mota, Eddy Kapend, Mwenze Kongo… nous décrivent », écrit-il.
    D’après Mirindi, Eddy Kapend et « Joseph Kabila » auraient pillé les résidences de Mzee respectivement à Kinshasa et à Lubumbashi. Le défunt y entreposait des cartons de francs congolais, des devises étrangères, de l’or et des diamants. Les deux hommes se seraient chamaillés lors du partage du butin. Mirindi de marteler: « La vérité sur la mort de Mzee Kabila ne se trouve nulle part ailleurs qu’au sein du régime qui a pris le pouvoir le 16 janvier 2001 ».
    Lu quelque part
    Qui a, finalement, tué le Mzee LD Kabila? Comme pour y répondre, Mirindi dit son « trouble » en apprenant cette déclaration faite le 18 janvier 2001 par le ministre de l’Information d’alors, Dominique Sakombi-Inongo: « Puisque l’assassin a été tué alors, il n’y aura tout simplement pas d’enquêtes ». Le méga-procès des « présumés assassins » n’a pas non plus généré la « lumière ».
    Publié il y a 16th March par la question de Chebeya

  9. Chers Compatriotes,
    Jo Bongos affirme ceci : « Très sincèrement, je ne pense pas que le Congo soit un pays à problèmes … « . Alors que l’on ne veut pas ouvrir les yeux, on ne peut même pas voir que ses yeux sont fermés. Et lorsqu’ils sont volontairement fermés personne ne peut les ouvrir sans la volonté de l’intéressé. Je ne sais pas vous aider. Si vous êtes au Congo, ouvrez les yeux vous verrez. J’ai circulé du temps du Zaïre dans presque toutes les régions du pays. Ce problème est le problème que nous affrontons et que certains qui en profitent nient pour ne pas voir dans quoi ils nagent et pour bloquer le pays. Comment d’après vous les médiocres sont arrivés à être engagés dans certains postes de responsabilité sans en avoir les compétences requises ? Rien que cette question, si vous êtes sincère comme vous le prétendez, pourrait vous aider à illuminer vos lanternes. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. @Elili
      Une expéditive parenthèse en rapport avec cette querelle sur le tribalisme dont vous nous témoignez !
      Je me permettrais en effet de vous conseiller de demander à Jo Bongos de vous dire ce qu’il entend exactement par « Très sincèrement, je ne pense pas que le Congo soit un pays à problèmes … tribales ».
      Plutôt que de multiplier ses exemples ne faut-il pas se demander s’il ne s’agit pas d’abord chez-nous d’un réflexe (identitaire) qu’instrumentalisent certains et d’abord les politiques en y poussant les Congolais pour en tirer des bénéfices propres ou s’agit-il d’un phénomène si ancré dans notre société que le développement (meilleures conditions de vie et harmonieux vivre-ensemble en milieu urbain forcément plus cosmopolite) ne saura extirper.
      Bref, quelle place exacte donner au tribalisme chez nous en dehors du seul décompte de ses illustrations flagrantes tirées ici et là dont il faut d’ailleurs expertiser les conditions ? Faut-il le diagnostiquer et le traiter spécifiquement par exemple par la loi ou espérer que telle ou telle évolution structurelle institutionnelle aboutira à la longue à un changement sociologique bénéfique à sa solution ?
      A mon avis, c’est tout cela qui peut faire que nous ne disons pas exactement la même chose en faisant du Congo un territoire où le tribalisme est important et/ou un frein sérieux à son développement ou le contraire…

  10. Cher Elili , je voudrais ajouter un petit mot par rapport à votre observation à l’endroit du compatriote Jo Bongos qui est sincère en disant ceci : je ne pense pas que le Congo soit un pays à problème tribal , si je suis à côté de la plaque j’espère que vous allez m’éclairer.. , il y a aussi notre compatriote Simon Disanka qui semble avoir lu l’ouvrage de 632 pages , du Lieutenant Georges Mirindi ,ancien membre de la garde rapprochée du feu président LDK , dit ceci : … Trois mois après la libération du 17 mai 1997 , l’entourage proche du président était pire, les troupes impayées étaient hautement TRIBALISÉES . même critère de recrutement des gardes républicains .Je suis à Lubumbashi au quart Craa, il y a deux semaines un certain Tanda Imene originaire du Katanga non utile, a lancé des tracts pour chasser les non-originaires ,alors qu’aucun étranger n’a de responsabilités dans les sociètés en faillite , d’ailleurs il y a procès de captifs Kata Katanga qui ont cités un complice autorité de la place.

  11. Chers Compatriotes,
    Je remercie compatriote Mwamba pour sa contribution. Je n’ai pas voulu répondre à « Jo Bongos » pour ne pas ouvrir une page que je risquerai de ne pas contrôler. Les Kasaïens qui ont été chassés du Katanga avec mort d’hommes, ce n’était pas du tribalisme. « Jo Bongos » n’avait pas vu cela, il n’a jamais entendu cela… Il est savant « Jo Bongos », il sait utiliser un ordinateur, il écrit et il est lu. Mais lorsque un homme de ce niveau ressort une telle monstruosité, ce qu’il dit est tellement gros, que je ne peux pas lui donner une réponse. Quand on appelle lumière, obscurité, c’est soit parce que l’on est aveugle, soit parce que l’on a décidé de fermer les yeux avec d’autres intentions que je ne pouvais que soupçonner. Voilà un des problèmes du Congo. On ne peut pas résoudre un problème que l’on ne reconnaît pas. Si « Jo Bongos » ne trouve pas que le Congo a un problème grave de tribalisme, que lui dire ? Pour ceux qui reconnaissent ce problème, on se liguera pour le combattre, dans le but de mettre le pays sur la voie de la reconnaissance de l’autre, ce qui mènera à l’Etat des droits pour tous (Congolais, et non appartenant à telle ou telle tribu…). Que Dieu nous vienne en aide.

  12. Merci Cher compatriote Elili , Nous nous demandons qu’au 21e siècle , nous puissions encore entendre des paroles xénophobes et tribalistes qui ont élues domiciles non seulement dans le secteur du travail et à la cité , mais aussi dans des Eglises dites de réveil , alors que cette conception est parmi les indicateurs du sous développement le niveau d’états de conscience de nous Rdcongolais ,est très bas , raison pour laquelle nous sommes la risée de tous ces conglomérats hégémonistes , roulés par les aventuriers de tout bord , sur base de cette tare congénitale vous comprendrez pourquoi le colon faisait l’usage du système politique paternaliste, dont le slogan : :peuple-enfant nous colle à la peau, avec comme conséquence à long terme l’impréparation politique qui nous poursuit jusqu’à ce jour.

Comments are closed.