La société congolaise grouille: Fatshi doit parler!

Le pays fourmille d’événements, les uns plus costauds que les autres. Et ce, depuis plusieurs mois. La mise sous examen judiciaire suivie de la condamnation de Vital Kamerhe, son propre dircab, les nominations dans la magistrature et dans l’armée, la bourde du Premier ministre, les enquêtes de l’Inspection générale des Finances, la mise à l’écart de Jean-Marc Kabund et Augustin Kabuya du comité de suivi du deal avec le FCC… Des conjectures ont enflé autour de ces sujets qui engagent la marche de la Nation, mais sur lesquels personne n’est parvenu à obtenir la moindre précision.

Désinformation

Oui, les réseaux sociaux se sont disputé la vedette, en versant, comme de coutume, dans les fake news, la démagogie, l’insulte, l’intox… Ce n’est certainement pas au chef de l’Etat de répondre à toute étincelle lâchée par les opérateurs politiques, de la société civile ou autres. Il importe de reconnaître, cependant, que le contexte actuel exige une clarification par le Président de la République sur plusieurs questions. Autrement, ce serait faire le lit de la désinformation, voire d’une image biaisée de Félix Tshisekedi au sein de la mémoire collective.

On se le rappelle, l’ennemi est toujours à l’affût d’une moindre brèche pour s’engouffrer et réaliser la sale besogne. La rumeur enfle continuellement, profitant de l’absence d’une version contraire. En politique, on regrette toujours, mais toujours toute opportunité gaspillée. De mémoire de journaliste, il me serait désagréable de voir le Président de la République commettre l’erreur de feu le président Kasa-Vubu qui affirmait être « sourd aux critiques ». Pour autant qu’il est accepté par la quasi-totalité de l’opinion – normal dans une société démocratique où l’unanimité est exclue – le Président de la République est le seul à pouvoir rassurer la population.

Evidemment les services du chef de l’Etat n’échapperaient pas à l’obligation d’intégrer l’impératif de la Covid-19 dans le dispositif d’organisation de ce meeting. Ainsi qu’il est connu, le pays doit désormais vivre avec la réalité; au moment où d’aucuns décochent les flèches, la pandémie ne devrait point servir d’obstacle à la réplique du chef de l’Etat.

Fixer l’opinion

L’adhésion au programme du chef de l’Etat est loin d’être mécanique. Cette osmose, on le sait, est bâtie sur l’espoir de changement, du divorce d’avec les tares qui ont durement éprouvé l’ensemble de la population dans un passé récent. Autant elle s’abreuve dans les faits concrets, autant l’opinion publique se prête à une sorte de discours de réconfort devant des indices non clarifiés.

Sait-on seulement l’effet produit dans l’opinion par la seule accréditation de Ronsard Malonda à la tête de la CENI? Que ressent la population au sujet des propositions des lois Sakata-Minaku que d’aucuns qualifient de « sataniques »? Au moment où les affres de la covid-19 démolissent le Congolais, l’adresse du président de la République – sous forme de meeting – serait la bienvenue pour refaire les ressorts psychologiques du plus grand nombre et barrer la voie à l’entreprise des manipulateurs.

Les atouts

Pour ce faire, le président Tshisekedi dispose des atouts majeurs. Kinois, grandi à Kinshasa, Fatshi maîtrise la langue de communication la plus populaire du pays: le lingala. Un élément qui permet de galvaniser les foules et surtout de se montrer plus proche de la masse et de ses préoccupations primaires. A la jonction des intérêts communs vient se greffer une sorte de fibre sentimentale que traduit la proximité émotionnelle, fraternelle.

D’autre part, bien rôdé dans la communication, le porte-parole du chef de l’Etat se présente comme une pièce devant rechercher, pour le Président de la République, les attentes légitimes de la population. Kasongo Mwema est depuis des lustres dans le bain des réalités de son pays et de son peuple dont il ne se trompe point sur les desiderata de base. Ce rôle, je l’ai joué auprès du maréchal Mobutu, et j’en connais l’importance. C’est donc au tableau de bord défini et présenté par ce communicateur, qu’est Kasongo Mwema, ce grand journaliste rodé dans les arcanes de RFI, que viendront se coller les réponses du chef de l’Etat. Bien plus, Mwema a la lourde responsabilité de briefer les journalistes sur le sens exact et profond de l’adresse du chef de l’Etat au peuple congolais.

Il y a bien urgence. N’est-ce pas!

 

Bondo Nsama – Journaliste

7 thoughts on “La société congolaise grouille: Fatshi doit parler!

  1. FATshi a trop promis et rien offert de substantiel jusqu’a present. A quoi bon parler encore? Pour promettre et endormir le Peuple abord?
    A part ses discours et creation des commissions presidentielles budgetivores pour donner de l’emploi aux copains, FATshi ne fait que dedoubler le Gouverneur de Kinshasa en inaugurant de petits projets en attendant de reprendre ses voyages luxueux ……a l’etranger.
    FATshi met a peine ses pieds en provinces inclu son coin du Kasai Oriental qui se meurt comme d’ailleurs la plupart de 26 provincettes que crea l’ovni de Kingakati en son temps pour mieux diviser, regner et pousuivre son reve d’un 3e mandat.

  2. # Bondo Nsama
    1. Votre vœu plutôt légitime et défendable qui est de voir le Président s’exprimer personnellement sur ce qu’il se passe dans le pays, cache mal une adhésion enflammée envers sa gestion au point de ne voir que des opposants perturbateurs qui auraient besoin d’une remise à l’ordre en guise de défense pour notre Président. Tant qu’à faire, la ‘bonne parole présidentielle’ devrait s’adresser à tout le monde.
    2. Ailleurs vous singez le Mobutu des grands jours en demandant ni plus ni moins qu’un « meeting » comme ceux que celui-ci faisait à son époque. Pourquoi pas, sauf que ce ne sont pas les habitudes d’aujourd’hui.
    3. Sans doute la présidence de Tshisekedi aurait besoin d’une meilleure communication mais il leur arrive, au Président comme à son équipe de « s’expliquer » sur tel ou tel autre événement problématique. Il y’a deux jours la presse a fait état des dépassements budgétaires réguliers à la Présidence (et à la Primature) et je viens de lire un droit de réponse (en l’occurrence à JA) qui réfute à sa manière cette version de choses.
    4. Les Conseils des ministres hebdomadaires sont aussi l’occasion pour la Présidence et le Gouvernement d’éclairer l’opinion publique sur les questions qui posent problème et ici là des solutions qu’ils leur accordent. Cela ne suffit pas à votre soif mais voilà comment communique jusque-là le Président.
    5. Ainsi ma question serait de savoir si vous trouvez que le défi prioritaire en ce moment pour le Président serait de mieux « communiquer » ou celui d’agir sur les multiples problèmes du pays ?

  3. Oyé oyé brave gens, dites-moi si c’est Yoka Son qui a écrit ce panégyrique ou si c’est bien le vieux Bondo Nsama ?
    A ce rythme de glorification insipide, il ne manque plus que de voir le buste du président montant au ciel sur la RTNC chaque matin, accompagné de.. Djalelo Tshilombo wetu…Djalelo…eh eh Fatshi béton…
    JE ME SOUVIENS !

  4. Bondo Nsama continu bien de rever les meetings populaires. Il a seulement oublie de proposer a son Felix un nouveau  » Djalelo tubandila nga eee mulopwe Tshilombo » kie kie kieeee. Alingi alobisa baba. Comment peut on comparer les incomparables? Mobutu s’etait prepare pendant tres longtemps pour acceder a ce poste avec ses coups d’etats. Felix n’a jamais ete prepare et n’a pas gagne les elections. J’aime dire que tous les crapauds de la rdc savent cette realite. Il est aussi faux de dire que Tshilombo est kinois puisqu’il est ne a kin ou parle lingala. Non monsieur Bondo, Tshilombo a longtemps vecu en Belgique et ceci est aussi une part des malheurs des congolais car le monsieur connait mieux la belgique que la rdc. La belgique est son « autre congo ». Etre kinois? eza likambo ya Esprit! Tous les trois derniers presidents de la rdc sont pour moi des gens qui n’ont aucune attache psychologique avec notre pays. Etienne Tshisekedi avait bien compris cela, raison pour laquelle il nommait toujours son fils en charge des relations avec l’exterieur, car il savait que ce dernir ne savait rien sur la rdc et meme l’udps. C’est la maladie de son pere et la peur du chomage qui a fait revenir Tshilombo en rdc. A partir des pourparlers avec le pprd a Ibiza ,Venise et ailleurs, le satanique Kanambe voyait en Felix l’homme faible qu’il pourrait utiliser un jour, et il a bien reussi. Dites moi Bondo, combien des fois Tshilombo a visite le village de son pere, Kabeya Kamwanga depuis qu’il est au pouvoir? A-t-il ete deja en visite dans d’autres provincettes? C’est cela le conseil que Kasongo Mwema devrait lui prodiguer car les actions parlent plus que les meetings. Pourquoi se mefie-t-il des udpsiens de kin et prefere recruter ses camarades de bruxelles? Heuresement qu’il sait qu’en 2023 akopumbuka na ye.

  5. TSHISEKEDI DOIT PARLER POUR DIRE QUOI D’AUTRE QUE CE QUE DIT SON ENTOURAGE ?
    J’ai suivi une discussion entre Kusuanika (Télé Tshangu) et Kazadi (Ambassadeur itinérant de Tshisekedi) à propos de vrais-faux(?) investisseurs allemands venus au Congo dont la presse a parlés et j’ai été littéralement effaré d’entendre cette argumentation de Kazadi à l’adresse de Kusuanika : « vous n’êtes pas des nôtres ». Ça alors, qu’un proche conseiller de Tshisekedi repartisse les Congolais et les journalistes en « amis qui sont avec eux et en ennemis qui sont contre eux » meme quand on ne lui demande que des comptes legitimes sur l’équipée rocambolesque d’une horde d’investisseurs étrangers (ils prévoiraient des investissements de quelques milliards de dollars) dont même les journalistes et notables allemands doutent de leur sérieux m’a fait voir comment même sous Tshisekedi notre establishment fonctionne comme une réelle maffia qui ne défend d’abord bec et ongle son pre-carré propre. L’administration Tshisekedi en devoir de communiquer sur ce qu’elle fait comme en toute démocratie n’est pas préoccupée de dire ou rétablir la vérité sur des graves maladresses qu’on lui reproche mais de concocter sa vérité en ne voyant devant lui que des ennemis contre elle plutôt que des citoyens et observateurs qui recherchent la seule vérité des faits. Voilà qui justifie encore toutes nos craintes que Tshisekedi soit encore mal parti (tout à fait comme ceux qui l’ont précédé) ! Où allons-nous ???

Comments are closed.