La troisième vague de COVID est là!

Le ministre de la Santé a annoncé, le 3 juin, la survenue de la troisième vague de covi-19 au Congo-Kinshasa. Enfer et damnation! Il tint à peu près ce langage: « le nombre des cas de contaminations et de décès dus au coronavirus est préoccupant. Il y a une nette augmentation de cas de covid dans le pays. Bien plus, il y a des variants indiens et sud-africains qui circulent ». Enfer et damnation!

D’après mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, les hôpitaux sont débordés de malades de Covid-19. Si on n’y prend garde, la pandémie risque d’échapper à tout contrôle. L’entassement de la population va favoriser la propagation de la pandémie. Saperlipopette!

Le décor est déjà planté. Les hôpitaux sont saturés. Il n’y a pas assez d’oxygène. Les morgues ne sauront pas accueillir journellement plusieurs centaines de cadavres. Il en est de même des cimetières. Ce n’est pas sans rappeler « Les animaux malades de la peste » de Jean de La Fontaine: « Un mal qui répand la terreur, Mal que le Ciel en sa fureur, Inventa pour punir les crimes de la terre… »

Cette troisième vague serait causée par le relâchement dans l’observance des mesures barrières, l’importation des cas de Covid-19 et la faible couverture vaccinale. Comme si cela ne suffisait pas, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) signale « qu’on observe une augmentation exponentielle de la circulation du virus Sars-Cov-2 à Kinshasa, accentuant ainsi une nette détérioration des indicateurs épidémiologiques de la ville province ». Stupeur et tremblements!

Ceci expliquant cela, le gouvernement recommande le port obligatoire du masque, le lavage régulier des mains, le respect du couvre-feu de 22h00 à 4h00 et la vaccination. Le port du masque est devenu l’exception plutôt que la règle. Mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée affirme qu’un jour son chemin a croisé celui d’un quidam qui portait un masque. Tout le monde l’évitait, disant qu’il venait sûrement d’Europe comme il portait un masque. Pour eux, l’Europe est le foyer de propagation du Coronavirus. Ils croient que c’est une maladie qui sévit seulement dans certains pays industrialisés. Ce sont les riches ou les personnes qui voyagent vers ces pays qui attrapent la maladie et la ramènent au pays.

Quant au couvre-feu, les multiples barrages routiers de la police n’intimident plus personne. La population les surnomme « péages ». Pour circuler durant le couvre-feu, le prix est connu. Il faut décaisser 1.000 francs. Pas étonnant que des policiers soient devenus dodus, joufflus, lippus, poilus, ventrus, fessus.

La campagne de vaccination ne rencontre guère de succès. Depuis le début, le 19 avril dernier, moins de 25.000 personnes ont été vaccinées avec le vaccin AstraZeneca. La plupart des vaccinés sont d’ailleurs des expatriés. Dans le cadre de l’Initiative Covax (Covid 19 Vaccines Global Access), le pays avait reçu 1,7 millions de doses de vaccin AstraZeneca. Les candidats au vaccin se faisant rares, il y avait lieu de craindre qu’il ne devienne obsolète. Ceci expliquant cela, le Congo a redistribué 1,3 millions de doses au Ghana, Togo, RCA et Madagascar, avant qu’ils n’atteignent leur date de péremption en juin 2021. Sapristi!

Les réseaux sociaux véhiculent beaucoup de fake news sur le vaccin. Il y a ceux qui affirment qu’un aimant se trouve dans le vaccin, d’autres disent que le vaccin rend stérile; il a été créé pour trucider les Africains etc. Il y a eu malheureusement des cas avérés de thromboses…. On dit chez nous que le chien perdu n’entend pas le sifflet de son maître.

 

GML

1 Commentaire on “La troisième vague de COVID est là!

  1. La COVID-19 est dangereuse pour les personnes âgées, les sujets immunodéprimés ou ayant des comorbidités. Elle a semé la mort et la désolation dans de nombreuses familles de par le monde.
    Port du masque, hygiène des mains, distanciation sociale, confinement, couvre-feu… Tel a été notre quotidien ces temps derniers. Une fiction, mais cauchemardesque, une dystopie.
    Des vaccins sont aujourd’hui disponibles. Une lueur d’espoir…et on commence à voir le bout du tunnel. Peut-être.
    Pourtant certains s’étonnent de la rapidité avec laquelle ces vaccins ont été produits et émettent des doutes quant à leur efficacité. D’autres, inspirés par des thèses complotistes, évoquent des plans diaboliques qui auraient pour but d’introduire des puces électroniques chez les humains pour mieux les maîtriser, pire encore, pour réduire tout simplement la population humaine sur cette terre. Ce qui conduit, ici et là, à la formation de quelques fronts anti-vaccin. C’est aussi le cas en RDC.
    Ces thèses complotistes s’acharnent à diaboliser les vaccins en générale et les vaccins Covid-19 en particulier. Il n’y a aucun complot, aucun plan macabre, venant de je ne sais qui. Et d’ailleurs, à qui cela pourrait-il profiter ?
    Oui, le vaccin Oxford-AstraZeneca a posé quelques problèmes. Je l’ai déjà expliqué ici. Ce vaccin reste efficace. Le rapport bénéfices/risques penche en faveur du vaccin.
    Nous savons que tous ces vaccins covid sont efficaces pour que les gens ne tombent pas gravement malades, mais nous ignorons encore exactement dans quelle mesure ils empêchent les gens de propager le virus alors même qu’ils ne ressentent aucun symptôme. C’est probablement le cas, mais tant que nous n’aurons pas de données claires, au cours des prochains mois chaque citoyen devrait tenir compte de sa situation particulière et de sa tolérance au risque. Par exemple, une personne immunodéprimée proche d’un travailleur de la santé constamment exposé à la COVID-19 doit prendre plus de précautions que pour frayer une personne jeune et en bonne santé, peu exposé au virus.
    Pour celles et ceux qui s’étonnent de la rapidité avec laquelle on est arrivé à produire ces vaccins, il faut savoir que le développement de ces vaccins a été initié dès les premières semaines après l’apparition de la maladie en Chine, prenant en compte les connaissances antérieures sur le coronavirus (SARS-cov-1 et MERS), le partage des informations génique du nouveau coronavirus par les scientifiques chinois et l’anticipation de l’importance de la pandémie (maladie à transmission aérienne) avec ses conséquences socio-économiques. 
    L’accélération du développement des vaccins est due aux progrès sur les vaccins en général, à la rapidité du partage des informations entre les équipes scientifiques, à des financements publics importants, au fardeau que représente la maladie dans de nombreux pays (mais facilitant le recrutement rapide des participants aux essais cliniques) et à l’implication des autorités réglementaires aux stades initiaux de développement clinique des vaccins. Bien entendu, à cela s’ajoutent le profit économique, le positionnement stratégique et la reconnaissance attendue de la part des petites compagnies biotech (qui conçoivent les produits) et des big pharma (qui les produisent et les commercialisent).
    Des versions distinctes du virus apparaissent et suscitent des inquiétudes. Elles se montrent potentiellement plus transmissibles et touchent même les plus jeunes. Mais c’est une chose connue qu’un virus mute. Une mutation est un changement génétique; un variant est un virus avec un ensemble spécifique de mutations. Le fait que ces mutations soient apparues non pas une, pas deux, mais déjà plusieurs fois, dans des variantes au comportement inhabituel, suggère qu’elles confèrent un avantage évolutif au virus. Les variants semblent devenir plus courants et tous semblent potentiellement plus transmissibles.
    Pas de panique, les scientifiques, de par le monde, se démènent pour déterminer si et comment ces mutations pourraient impacter la crise sanitaire actuelle. Il est trop tôt pour le dire, et les données sur les variants sont encore peu exploitables. Mais avec le virus si répandu à l’heure actuelle, des événements très rares se produiront, et se produiront plus d’une fois.
    Un fait réjouissant, cependant, et sur lequel les scientifiques paraissent s’accorder, est que ces mutations sont peu susceptibles de rendre l’immunité acquise par la maladie ou par les vaccins totalement
    inefficace. Avec les vaccins actuels, il semble que nous produisons bien assez d’anticorps, et même si on les diminue par deux, il en restera toujours suffisamment pour maitriser le virus. Des études sont en cours pour déterminer exactement comment les mutations pourraient affecter l’efficacité des vaccins. Les fabricants de vaccins devront peut-être mettre à jour leurs injections si plus de mutations s’accumulent pendant plusieurs années. Comme cela est le cas depuis longtemps avec le vaccin antigrippal et maintenant avec les vaccins à ARNm contre la COVID-19, des mises à jour particulièrement rapides pourront avoir lieu, suivies de leur fabrication non moins rapide.
    Le bout du tunnel est bien proche. Il faut encore un peu de patience et de la discipline collective et individuelle, dans le respect des mesures sanitaires et des gestes barrières. Se faire vacciner doit rester un choix volontaire, individuel. Mais se faire vacciner c’est aussi une question de solidarité, d’humanité intergénérationnelle, voire d’humanisme ?
    C’est seulement ensemble que nous réussirons à vaincre ce putain de virus.
    La communauté bonobo est pour la vaccination.

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