Le FMI revoit légèrement à la baisse ses perspectives de croissance de l’économie mondiale en 2021

La croissance en Afrique subsaharienne sera de 3,7% en 2021 contre -1,7% en 2020. Le Congo/Kinshasa résiste mieux à la crise provoquée par la pandémie de COVID-19. Le taux de croissance de 1,7% en 2020 pourrait atteindre 4,9% en 2021. Pour barrer la route à la résurgence de cette épidémie, les experts de cette institution de Bretten Woods estime que la priorité absolue consiste à vacciner au moins 40 % de la population dans chaque pays d’ici à la fin 2021 et 70 % d’ici à la mi-2022.

Gaston Mutamba Lukusa

Lundi 11 octobre, le FMI (Fonds monétaire international) a publié un nouveau rapport intitulé « Perspectives de l’économie mondiale ». Le document indique que « la croissance mondiale prévue pour 2021 a été légèrement révisée à la baisse par rapport à nos prévisions de juillet, à 5,9 %, et reste inchangée pour 2022, à 4,9 %. Cette modeste révision globale masque toutefois de fortes dégradations pour certains pays. Les perspectives pour le groupe des pays en développement à faible revenu se sont considérablement assombries en raison de l’aggravation de la dynamique de la pandémie. La révision à la baisse résulte également de perspectives à court terme plus difficiles pour le groupe des pays avancés, en partie en raison de ruptures d’approvisionnement. Ces changements ont été partiellement compensés par le relèvement des projections pour certains pays exportateurs de produits de base, du fait de la hausse des prix correspondants ». Dans les pays avancés, la croissance sera de 5,2% en 2021 contre -4,5% en 2020. Parmi les pays développés, notons que les Etats-Unis d’Amérique connaîtront un taux de croissance de 6,0% en 2021 contre -3,4% en 2020. De même la croissance en France sera de 6,3% en 2021 contre -8,0% en 2020. Venant de -9,8% en 2020, le taux de croissance s’établira à 6,8% au Royaume-Uni. Concernant les pays émergents et les pays en développement, la croissance économique est projetée à 6,4% en 2021 contre -2,1% en 2020. Le rapport du FMI établit que la croissance en Afrique subsaharienne sera de 3,7% en 2021 contre -1,7% en 2020. Avec un taux de croissance prévu de 4,9% en 2021 contre 1,7% en 2020, le Congo/Kinshasa résiste mieux à la crise provoquée par la pandémie de Covid-19. Comme on le voit, la reprise de l’économie mondiale se confirme malgré la persistance de cette crise sanitaire qui a occasionné le décès de près de 5 millions de personnes. Mais cette croissance demeure inégale et hétérogène. Les pays avancés sont le seul groupe qui pourrait retrouver sa trajectoire de croissance économique d’avant l’épidémie d’ici 2022. La reprise économique risque de se trouver entravée par des difficultés logistiques résultant des problèmes de rupture des chaînes mondiales d’approvisionnement du fait de la pandémie. La rareté des produits qui en résulte risque de raviver l’inflation à la veille des fêtes de fin d’année. Dans leur rapport, les services du FMI dénoncent la « Grande Fracture vaccinale » et de fortes disparités en ce qui concerne l’aide apportée par les pouvoirs publics. Dans les pays avancés, plus de 60 % de la population est entièrement vaccinée. Et des personnes à risque reçoivent même  des injections de rappel. Mais dans les pays à faible revenu, environ 96 % de la population n’est toujours pas vaccinée. Ceci fait craindre à la longue, une résurgence de la pandémie ainsi qu’un recul de la croissance économique tout comme le ralentissement de l’amélioration des conditions de vie dans les pays émergents et les pays en voie de développement. Pour le FMI, la priorité absolue consiste  à vacciner au moins 40 % de la population dans chaque pays d’ici à la fin 2021 et 70 % d’ici à la mi-2022. Selon les services du FMI, une pandémie de Covid-19 prolongée en raison de l’incapacité à fournir des vaccins et de l’hésitation à se faire vacciner pourrait réduire le PIB (produit intérieur brut) mondial d’un montant cumulé de 5.300 milliards sur cinq ans. Dans le prolongement de l’allocation historique de 650 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS), le FMI invite les pays riches affichant une position extérieure solide à céder volontairement leurs parts de  DTS, soit 100 milliards de dollars, au profit des pays qui en ont vraiment besoin. Les pays africains pourraient ainsi bénéficier de 33 milliards sur les 100 milliards de dollars évoqués. Ce problème a d’ailleurs  été évoqué au cours des Assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale qui se tiennent à Washington DC du 11 au 17 octobre.

Gaston Mutamba Lukusa

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