Les élections en RDC replongent au cœur des ténèbres

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Marcel Yabili
Marcel Yabili

Il convient de lire mon livre « Deux saisons, sans la troisième république ». Tout est entretenu par une culture de la ruse et le rejet de la lecture de textes, qu’ils soient constitutionnels ou même conventionnels.

Sur le terrain:

  1. L’absence d’organisation d’élections est une faute. Grave. Il n’y a pas eu de scrutin depuis toujours pour les villes et communes, depuis 2006 pour les provinces et le Sénat et depuis 2016 pour le parlement et la présidence. Si ces fautes de gouvernance ne sont pas dénoncées ni sanctionnées, ce sera un mauvais précédent qui rendra incertaines la tenue régulière de scrutins. L’enjeu n’est pas Kabila, mais la stabilité future du pays.
  2. LE REJET DE BON SENS.

2.1. Les caisses sont vides, mais on garde le format coûteux des élections de 2006 qui avaient été financées par la Communauté internationale. Personne ne propose de formule peu coûteuse.

2.2. Il y a des dépassements de délais, mais on ajoute la participation aux élections des Congolais de l’étranger. On veut terminer les inscriptions pour répartir arbitrairement les 500 sièges des députés. Etc.

2.3. On se cristallise sur Kabila, mais on regroupe tous les trois scrutins le même jour. Cela recule les échéances. La présidentielle seule aurait pu se tenir déjà.

  1. Les élections avaient été acceptées par tous les intéressés pour 2018. On vote à 18 ans, et depuis deux ans, on inscrit sur les listes électorales les jeunes nés en 2000. Ils savent tous cela…
  2. On rejette les institutions. La Constitution est remplacée par l’accord de la St Sylvestre. Le départ précipité de Kabila ouvre la fonction au président du Sénat, mais on imagine un président de transition. Les questions qui fâchent relèvent de la Cour Constitutionnelle, mais elle est écartée. Etc.
  3. Actuellement, on entend parler de l’article 64 qui justifierait la descente dans la rue. Comme si on n’avait pas d’autres voies, comme s’il n’y avait pas assez de violences dans le pays. On oublie que c’est la Cour Constitutionnelle et pas un groupe de gens qui peut vérifier si une situation viole la Constitution. Surtout, le fameux article 64 est du genre « légitime défense ». Jamais la légitime défense n’a autorisé de passer à l’action… L’article 64 permet tout simplement aux « insurgés » de bénéficier du pardon des juges.

Etc…

 

Par Marcel Yabili

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