Mensonges et trahisons

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A l’instar des sorciers, des cambrioleurs et du diable, qui aiment opérer la nuit, la CENI (Commission électorale nationale indépendante) et la cour constitutionnelle ont tous deux attendu la profondeur de la nuit pour imposer leur forfaiture.

Ainsi le sieur Nangaa, pour avoir volé les voix de millions de personnes et les avoir dépossédés de leur rêve d’un avenir meilleur, fera son entrée dans les rangs des grands criminels de la RDC.

Notre pays, détenant déjà les tristes records de misère de ses populations, de corruption généralisée, d’atteintes aux droits humains, de personnes déplacées, s’attribue en plus le douteux record – jamais vu – de fraude électorale massive organisée avec la complicité du principal parti d’opposition.

L’euphorie régnant dans les rangs de l’UDPS et dans le Kasaï, le danger de manifestations est écarté et grâce à une majorité absolue déclarée à l’issue des élections législatives et provinciales, le pouvoir réussira à garder la plupart des leviers du pouvoir réel.

L’UDPS perdra de nombreux sympathisants qui sont en désaccord avec la fraude et avec le reniement de ce qui a fait la renommée et la fierté de ce parti: la résistance à la dictature et un sens de l’éthique qui interdit de pactiser avec celui qu’on combat.

A l’image du reniement de ces deux principes, un grand nombre d’intellectuels, surtout des juristes et des hommes de presse, tentent de justifier l’injustifiable. D’autres voient que de nouveaux chemins menant à la mangeoire s’ouvrent et opèrent des virages à 180 degrés avec une amnésie qui relève de la pathologie.

Que nos hommes politiques tournent la veste et sont dépourvus de tout sens de l’éthique est presque considéré comme normal, mais la majorité des congolais n’est pas dupe et l’a démontré lors des élections. Ce qui n’est pas normal et inacceptable c’est quand nos intellectuels essayent de nier la vérité et quand ils manifestent subitement leur confiance dans la CENI et dans la cour constitutionnelle qu’ils ont vilipendées pendant des mois. Leur pire infamie est mettre en doute le sérieux de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) allant jusqu’à traiter nos prélats de menteurs et d’agents de puissances étrangères.

Il ne s’agit pas de se retrancher dans la victimisation et les lamentations. On espère tous que le président nommé puisse réaliser quelques promesses de campagne. Que l’espace politique soit ouvert, que les prisonniers politiques soient libérés, que les exilés politiques puissent rentrer en toute sécurité, que la liberté de presse soit respectée, que des audits soient réalisés etc.

Mais ce n’est pas une raison pour travestir la vérité pour justifier ses reniements.

Il faut espérer que Martin Fayulu reste le « soldat du peuple » et ne tombe pas dans le piège de « la réconciliation ». Il devra jouer son rôle d’opposant, en continuant à dénoncer ce qu’il a toujours dénoncé et à préciser son programme. Il devra développer un vaste mouvement sachant maintenant quels sont ses vrais amis, collaborer avec les mouvements de jeunes et s’assurer des appuis dans le pays et à l’extérieur.

La composition du futur gouvernement créera probablement de nombreuses frustrations au sein de la coalition FCC/UDPS et surtout au sein du FCC. Certains seront tentés de s’allier à l’UDPS mais d’autres pourraient choisir Fayulu.

Dans les semaines à venir, beaucoup de masques vont encore tomber.

 

Par Jean-Marie Lelo Diakese

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