Minembwe: une question sensible

Mwamba Tshibangu
Mwamba Tshibangu

La RDC est convoitée par beaucoup de pays, cela est connu depuis des lustres. La situation actuelle, avec le cas de Minembwe en exergue, suscite des interrogations sérieuses. Tout semble indiquer qu’il y a quelque chose qui se trame contre le pays, non en coulisse, mais de manière sournoise et progressive.

Bien que le décret n⁰ 13//029 du 13 juin 2013 portant création des communes rurales remonte aux années où la gestion du pays était entre les mains d’un certain Joseph Kabila, c’est maintenant où il se matérialise. C’est maintenant où Ruberwa, inamovible ministre d’État, qui a occupé plusieurs postes stratégiques dont celui de ministre de la défense et qui fut parmi les 4 vice-présidents à l’époque du fameux 1+4, a trouvé le moyen de poser le jalon de ce projet.

En écoutant une vidéo d’Honoré Ngbanda, il affirme – document à l’appui – que ce projet fut élaboré et décidé par Paul Kagame en 2013.  Dans l’entre-temps, la situation de l’est du pays se dégrade et s’embrase, au jour le jour. C’est une situation intenable et inacceptable. Le carnage humain, sans discontinu, s’y opère au vu et au su de tous, dirigeants au pouvoir et opposants. Les natifs de ces coins, qui sont les premières victimes indiquées, comptent parmi eux des acteurs engagés de leur propre destruction et anéantissement. Ces derniers brillent par leur complicité et trahison en faveur des égorgeurs patentés.

L’ampleur du problème ne peut échapper à tout observateur. Chercher à indiquer, à tour de rôle des coupables, sans opposer une force certaine et organisée pour contrecarrer le plan déstabilisateur des autres, serait un exercice inutile et improductif. Car, après tout, les autres avancent, à petits pas, mais sûrement. Ils jouissent du privilège de ne pas être particulièrement inquiétés. Ils ne sont pas, sinon de manière purement allusive, dans les viseurs de ceux qui laissent la cible tranquille (les coupables) et s’attaquent à l’ombre du problème (les boucs-émissaires).

Si jamais, par malheur, une portion du territoire congolais sera cédée ou spoliée, ça ne sera pas totalement, comme certains le pensent et le dénoncent à la longueur de journée, la faute d’un individu, fusse-t-il Président de la république. Ça sera surtout et avant tout, la faute de toute la population qui a le devoir sacré de défendre, en s’unissant et non en se divisant, le patrimoine commun hérité de nos ancêtres. La faute du Congolais – et les autres le savent et l’exploitent à fond, c’est de ne pas savoir quand attaquer l’autre (son frère) de front et quand l’épargner et s’unir à lui, en dépit et malgré tout, pour sauver d’abord la maison commune. Cette erreur stratégique risque grandement de coûter cher au pays. Le manque de communion d’intérêt et de jugement d’opportunité sont une faiblesse caractéristique des Congolais.

Cette tare fratricide est amplifiée davantage par des considérations souvent teintées du venin de tribalisme qu’on a de la peine à dissimuler. Si les gens sont encore ancrés dans le clanisme et dans le « wewisme » ou le « muanetuisme », pourquoi alors s’attacher à un grand pays où vivent des centaines et des centaines des tribus? Un effort devrait être fait pour voir le problème autrement. Les ennemis du pays savent et entretiennent ces faiblesses. Le résultat est là: un pays profondément divisé. Un pays qui s’accroche mordicus aux valeurs passéistes.  Un pays où les leaders aveuglés et assoiffés du pouvoir pour le pouvoir ne savent pas établir des priorités et sont manifestement incapables de tourner en leur faveur des plans diaboliques et nauséeux connus depuis longtemps qu’on se limite à dénoncer.

Qu’il soit bien clair, à l’heure actuelle, tout soulèvement politique sera voué à l’échec et sera même les prémices d’une balkanisation. Car, une partie de l’opinion marche avec le pouvoir et croit en ce pouvoir en dépit de son incapacité actuelle à imprimer un changement radical auquel les gens s’attendaient après la déchéance de l’ancien régime.

L’intérêt du pays est en jeu. La majorité de Congolais tient à préserver l’intégrité territoriale. Il faudra absolument repenser toute la façon de combattre l’ennemi. Celui-ci a, certes, une force financière pour corrompre et acheter les plus faibles, mais il n’est pas invincible. Il suffit de créer les conditions adéquates pour le neutraliser et l’anéantir. Les politiques devraient exercer leurs divisions sur des champs spécifiques et trouver un terrain de convergence sur ce qui est capital.

De ce qui découle, ne conviendrait-il pas aux politiciens d’avoir un point de vue commun et de demander à ce que cette mesure ne soit appliquée en tenant compte des susceptibilités que cette question soulève dans la société? Que tous les leaders politiques en vue, à travers leurs partis politiques respectifs, fassent de Minembwe non un enjeu politique pour se déchirer et se diviser davantage, mais une question primordiale où un consensus clair doit être dégagé. Le pays a besoin de l’unité et d’une approche consensuelle pour contrecarrer le plan déstabilisateur des autres. Ce n’est qu’en agissant ainsi, dans l’intérêt suprême de la nation, que Minembwe restera pour toujours ancré dans le sol congolais.

 

Par Mwamba Tshibangu

13 thoughts on “Minembwe: une question sensible

  1. Mon cher Tshibangu,
    # Désolé, c’est peut-être la première fois que je fais un constat si opposé du vôtre sur la situation du pays.
    En effet, je ne souscris pas du tout au tableau que vous brossez d’une population divisée devant le scandale de Minembwe. Je vois au contraire un peuple très majoritement interpellé, même le Président Tshisekedi lui-même l’a clairement verbalisé.
    Jusque-là plutôt en retrait, en silence et inactif, il a dû publiquement justifier l’annulation de ce qui a été fait jusqu’ici pour Minembwe par le tollé général ambiant devant lui. « Le salut du peuple est la loi suprême, il ne peut laisser son peuple en danger, a-t-il déclaré à Goma.
    # Je ne vous suis pas non plus lorsque vous pointez les responsabilités des Congolais qui s’epuiseraient à dénoncer la faute d’un individu, le PR, en place d’y reconnaitre la faute de toute la population. Déjà plus généralement au contraire de vous, je ne comprends pas et dénonce cette tendance à pardonner les hommes politiques en accusant leurs critiques de parti-pris affectif sans voir que c’est justement ce tropisme qui est subjectif, affectif. Les autorités ont le devoir d’administrer et de mobiliser efficacement le peuple, dans le cas de Minembwe, elles ne l’ont pas fait, à commencer par leur respect des règlements et de la loi qui figure à leur agenda officiel des dirigeants. L’unité entre nous est une arme indispensable mais contrairement à votre décryptage ce n’est pas ce qui a manqué ici. C’est dabord un conflit entre autochtones et immigrés rwandais manipulé d’ailleurs que l’autorité devrait gérer.
    # Arrêtons, svp, ce refrain proche du tribalisme que nous combattons tous dès qu’il s’agit du jugement de la gestion de Tshisekedi qui est notre Chef de l’État. Le cas de Minembwe montre que le peuple a été unanime et juste à réagir et que le pouvoir pour une fois en a pris correctement acte !

    1. Bonjour cher Nono,
      C’est toujours un plaisir de vous lire. Je salue en passant votre militantisme patriotique éclairé. Nous avons besoin des critiques et des gens qui s’occupent constamment de ce qui se passe au pays. Non, je pense que vous devez vous redire. La division que j’évoque n’est pas spécifique au cas de Minembwe. C’est un constat général que je dégage de la situation politique au pays où depuis un moment il y a deux extrêmes qui s’opposent et qui se confrontent sur un fond tribal. Si vous replacez les choses dans leur contexte, vous verrez bien que je ne m’écarte pas tant de la vérité. J’estime qu’il est du devoir de ceux qui perçoivent le danger de la fibre tribale qui prend le dessus sur les vrais enjeux politiques, de le dénoncer. Il est tout à fait normal et logique que l’on critique, même de manière acerbe, ceux et celles qui exercent, en notre nom, l’autorité de l’État. Mais l’on a vu et l’on voit un débordement qui ramène le tout à l’appartenance ethnique. Il y a aussi trop d’a priori qui poussent certains d’entre nous à tout repousser et rejeter en bloc, même de bonnes actions ou de bonnes décisions. Si cette façon de concevoir la démocratie est bonne ailleurs, elle est dangereuse pour une société comme la nôtre, en proie à des convoitises énormes. Et qui court le risque de la balkanisation. Nous devons trouver la force de nous regrouper et nous unir quand il e faut. Voilà le message que je lance. Je pense qu’on eut être d’accord sur ce point.
      Patriotiquement,
      Mwamba Tshibangu

  2. Prof,
    Vous ecrivez: “Si jamais, par malheur, une portion du territoire congolais sera cédée ou spoliée, ça ne sera pas totalement, comme certains le pensent et le dénoncent à la longueur de journée, la faute d’un individu, fusse-t-il Président de la république. Ça sera surtout et avant tout, la faute de toute la population qui a le devoir sacré de défendre, en s’unissant et non en se divisant, le patrimoine commun hérité de nos ancêtres. La faute du Congolais – et les autres le savent et l’exploitent à fond, c’est de ne pas savoir quand attaquer l’autre (son frère) de front et quand l’épargner et s’unir à lui, en dépit et malgré tout, pour sauver d’abord la maison commune. Cette erreur stratégique risque grandement de coûter cher au pays. Le manque de communion d’intérêt et de jugement d’opportunité sont une faiblesse caractéristique des Congolais.”
    Quel est le role et la responsabilite d’un leader? Par rapport au civisme, c’est a dire a la notion du patriotism et de la democratie, que comprend la maman qui vend des arachides au marche pour qu’elle soit tenue responsible d’une cession d’une portion de terre congolaise? Le fond du problem n’est-il pas l’occupation? Voyez-vous des signaux de la part d’un Tshilombo que vous nous demandez d’”epargner et s’unir a lui” pour la survie du Congo-Kinshasa en tant que nation”? Aviez vous compris le sens de sa declaration a Bruxelles selon laquelle il n’a pas l’intention de “s’eterniser au pouvoir”, et d’ajouter qu’il est “humainement epuisant”, semble-t-il, de faire deux mandats” a la Presidence de la “Republique”? Et a propos de Minembwe, son excuse selon laquelle “il n’etait au courant de rien car il se trouvait a l’etranger” ne vous renseigne rien?
    Vous mentionnez aussi “Cette tare fratricide est amplifiée davantage par des considérations souvent teintées du venin de tribalisme qu’on a de la peine à dissimuler. “ Oniati, prof! Mais qui sont ceux qui soufflent sur la braise du tribalisme et tentent de tromper la vigilance en criant a une victimization? Ne sont-ils pas a la Presidence de la “Republique” et dans une eglise de “Reveil”? Et d’ajouter “ Les ennemis du pays savent et entretiennent ces faiblesses…”, bravo, prof! Mais un de ces “ennemis” n’est il pas un “partenaire fiable” de Tshilombo qui est en realite son larbin ou “muana ya bitinda”? Enfin de surenchir “Le résultat est là: un pays profondément divisé.” Loin s’en faut! Sur quoi repose cet argument, prof? Ne s’agit-il pas plutot d’une poignee d’individus opposes au reste de la population, notamment des “talibans”, don’t la plupart tente de justifier durant toute une journee, sous un manguier a Limete, le recellement de Tshilombo et ce sous l’influence de la drogue fournie par le secretaire general de l’Udps? Sinon, comment alors expliquer la popularite de feu Tatu Etienne Tshisekedi (jusqu’a sa mort) ou celle de Jean-Pierre Bemba, ou encore de Martin Fayulu qui demeurent des leaders qui rassemblent des foules ou, comme Viya, creent de l’atroupement sur leur passage? Bien sur que l’irresponsabilite et le manqué de courage ou bravoure qui ont toujours caracterise ces deux leaders risquent de rendre une balkanization du Congo-Kinshasa facile, surtout que l’imposteur rwandais Hypolite Kanambe alias « Joseph Kabila » a deja pris en otage les notables Katangais qu’ils l’ont adopte!
    Salut, prof!

  3. Prof,
    PS Tshilombo a prete serment un 24 janvier 2019. Et, aujourd’hui, c’est le 10 octobre 2020. Si, « La faute du Congolais – et les autres le savent et l’exploitent à fond, c’est de ne pas savoir quand attaquer l’autre (son frère) de front vous… », d’apres vous, quel est alors ce moment opportun? L’eveque d’Uvira a ainsi eu tort de reagir le 7 octobre dernier?
    Salut!

    1. Bonjour cher frère et compatriote Chryso45,
      Permettez-moi d’abord d’honorer votre militantisme et votre engagement envers notre mère-patrie. Nous avons tous le souci pour que ce pays se libère du joug de ceux qui sont avec nous le jour et qui complotent contre la république toutes les nuits. Vous soulevez des points importants en s’appuyant sur mes affirmations. Vous vous demandez avec raison quel est le rôle et la responsabilité d’un leader et pour enfoncer le clou, vous vous demandez ce qu’une de nos chères mamans à Kingabwa ou à Masina aurait à faire avec une cession éventuelle d’une portion du pays. Je voudrais être très bref, je n’épinglerai donc pas d’autres points. Mon frère Chryso, nous avons tous à quoi faire avec la politique qui n’est pas une école où l’on enseigne les messages bibliques. Prenons objectivement la situation telle qu’elle s’est présentée après la passation dite pacifique du pouvoir. Nous avons tous compris que ce n’était pas cela que l’ensemble du peuple congolais souhaitait. Mais toujours est-il que nous nous trouvions devant cette situation, après 18 ans où nous n’avions pas pu bouter l’autre dehors. C’est ici où moi je prône de faire la politique autrement. Nous avons le choix de s’opposer virulemment au nôtre, qui est quand même là, l’accusant de tous les maux ou le qualifiant de tous les noms d’oiseaux ou alors, nous pouvons – et c’est ici encore où j’inclus tout le monde – constituer une ceinture solide en lui montrant les limites à ne pas franchir ou en veillant à ce qu’il reste dans le droit chemin. Et le cas de Minembwe va s’ajouter à celui de Ronsard Malonda et des lois Minaku-Sakata, qui sont des illustrations patentes du rôle moteur du souverain primaire. Le peuple congolais s’est levé. Il a tonné fort. Et celui qui, institutionnellement le représente, a regardé autour de lui et s’est dit, pour le paraphraser, mon intérêt suprême, c’est le peuple. Un mot pour répondre à votre question de quel serait le moment de l’attaquer de front, il n’y a pas de doute que c’est tout le temps, en l’attaquant sur ses politiques (gratuité de l’enseignement, sur le retard de la mise en place de beaucoup de promesses faites et qui tardent à se matérialiser. Etc. Je m’arrête ici et vous remercie sincèrement pour le ton de votre message et pour les observations pertinentes que vous avez soulevées. Tenez, soyons stratégiques et unis, c’est surement la voie de notre salut.
      Patriotiquement,
      Mwamba Tshibangu

  4. On nous apprend que  » le pays a besoin de l’unité et d’une approche consensuelle pour contrecarrer le plan déstabilisateur des autres  ».
    Mais qui sont ces  » autres  » ? N’est-ce pas les mêmes partenaires privilégiés de Tshilombo ?
    J’aimerai bien comprendre comment fait-on pour savoir quand ne pas  » attaquer l’autre (son frère) de front et quand l’épargner et s’unir à lui, en dépit et malgré tout, pour sauver d’abord la maison commune  » alors que cet autre, le frère, ne vit, ne respire, ne gouverne qu’avec les  » autres  » – ses frères et nouveaux partenaires – qui cherchent à bruler la maison commune ?
    Comment crée-t-on une  » communion d’intérêt et de jugement d’opportunité  » quand, par exemple, son personnel de cabinet est constitué à + de 88% de membres de sa tribu ?

    1. Cher compatriote Bongos
      Je vous remercie d’avoir pris le temps pour réagir et d’avoir soulevé, avec sincérité, quelques questionnements qui sont par ailleurs très pertinents. Je crois avoir répondu en partie, à notre frère Chryso45. En disant que nous devons faire un effort pour voir le problème qui se pose en face de nous autrement, c’est une invitation que je lance à nos différents laboratoires, à nos penseurs et à tous ceux qui critiquent, à tort ou à raison, de se pencher sur le problème de la gouvernance au pays pour voir de quelle manière on peut sortir de la situation atypique dans laquelle le pays est plongé. Notre défi est celui de savoir si nous allons y parvenir en utilisant la méthode actuelle – d’attaque frontale, mais qui renforce ceux dont nous combattons ou, on peut et nous sommes en politique, envisager d’autres avenues pour tourner toute la situation à notre faveur. C’est une question qui relève à la fois de la stratégie et du réalisme. Quant à critiquer, vous avez là une occasion d’or pour étaler les faiblesses du président de la république si réellement, comme vous l’affirmez, que 9 personnes sur 10, membres de son cabinet sont issus de sa tribu. Sur ce point, j’ai lu, il n’y a pas longtemps, dans nos réseaux une réplique d’un autre patriote qui démontrait, en citant les noms, qu’aucun membre parmi les responsables de son cabinet et de différents postes-clés dans les différents services n’était de sa tribu. Je m’éloignerai plutôt de ce clivage. Pour moi, c’est mon credo, nous devons nous surpasser, en délaissant nos divisions qui nous affaiblissent devant l’ennemi commun. L’adjectif commun a toute son importance ici. Un grand merci aussi pour vos prises de position. Sans la critique bien fondée nous allons encore nous enfoncer davantage,
      Patriotiquement,
      Mwamba Tshibangu

  5. Cher Tshibangu,
    # Ainsi donc, beaucoup critiqueraient à tort et à raison par des attaques frontales étalant pas toujours de manière juste les faiblesses du president ; quel pourcentage et de quelle façon le font-ils ? N’importe comment, c’est tout votre droit, c’est ce que vous avez vu.Vous auriez voulu pour stratégie et réalisme que les Congolais fassent un effort pour voir le problème qui se pose en face de nous autrement, se penchent sur le problème de la gouvernance au pays pour voir de quelle manière on peut sortir de la situation atypique dans laquelle le pays est plongé, nous surpasser, en délaissant nos divisions qui nous affaiblissent devant l’ennemi commun. Ils utiliseraient une méthode qui renforce ceux que nous combattons et vous leur recommandez d’autres avenues politiques pour tourner toute la situation à notre faveur.
    # Honnêtement encore une fois, vos ‘recommandations’ avec ses ‘divisions’ ne me semblent ni plus explicites ni plus mobilisatrices ni non plus vraiment nouvelles quand elles tournent autour des critiques d’un pouvoir. Comment envisagez-vous plus concrètement ce ‘commun’ que vous nous conseillez
    quand les réactions vous reprochent quelque part de ne pas mettre en cause notre présidence, n’est-ce pas là un niveau privilégié de notre gouvernance ? Regain de tribalisme vs victimisation mais d’où nous viennent-ils ?
    C’est peut-être cela qu’ils vous demandent, et au-delà une stratégie et des tactiques plus concrètes en somme qui exposeront mieux vos préoccupations…

  6. Bandeko,
    Que peut-on donc retenir de cet article du professeur Mwamba Tshibangu? En un mot: sophisme! Il faut comprendre – et cela est plus evident dans ses observations – qu’il tente en vain, lui aussi, de plaider la cause de Tshilombo. Pour lui, les Congolais n’ayant pas reussi pendant 18 ans a se debarasser de “Joseph Kabila”, ils ont donc tort de s’attaquer a Tshilombo qui, lui, semble-t-il, a ete malin en faisant de l’ennemi un ”partenaire” pour accomplir cette “mission”. Et les Congolais n’ont pas d’autre choix que d’accepter cette realite (ruse) et “s’unir a lui” pour attendre l’”objectif”. Et de rencherir qu’un soulevement politique (populaire) est “voue a l’echec” et aboutira certes a la balkanisation du Congo-Kinshasa!”. Il pretend entre autres que Tshilombo est dans le “droit chemin” pour lequel, affirme-t-il, il doit etre encourage d’y “rester”! Quiet campaign?

  7. Chryso45 et Bongos
    A/ Bongos s´interroge sur l´ennemi, mais oublie superbement que c´est en ces termes que Ngbanda dit TERMINATOR a repris la parole devant les Congolais : « TOSANGANA NANU, TOBENGANA MONGUNA, SIMA NDE TOKOTALA MAKAMBU NA BISO ». En le disant, Ngbanda ne se demandait pas s´il n´était pas pour des nombreux Congolais un monguna, voire un traitre qui s´était allié à des banguna (pas réductibles au Rwanda; la France, par ex., a soutenu le dictateur sanguinaire Mobutu contre les intérêts du peuple).
    B/ Chryso45 : Vous aimez tant l´église de réveil que vous commencez par « BANDEKO ». Passons.
    1. Les « signaux » de Félix (dans l´armée et la Justice, par exemple) ne sont pas perceptibles pour ceux qui sont aveuglés par leur négativité profonde.
    2. Vous essayez désespérement de surinterpréter le discours de Bruxelles. Ezo simba te.
    3. La « braise du tribalisme » ? Elle n´a pas attendu la constitution du bureau de la Présidence. Ngbanda, lui-même, l´évoquait déjà clairement quand les ordres au front étaient donnés en NGBANDI !!! Cette braise était déjà ardente quand après Genève certains ne cachaient pas leur plaisir de s´attaquer non pas à Félix, mais à son ethnie. Le sommet a été atteint au meeting de Fayulu avec le chant « Boma muluba, tika nyoka ».
    4. Avec l´appui d´une « église de réveil » (pour reprendre votre propre concept), certains ont organisé une marche avec cercueil contre Étienne Tshisekedi, après contre Félix. Ils sont toujours incapables d´expliquer rationnellement pourquoi le cercueil seulement contre les Tshisekedi.
    5. « Talibans contre le reste de la population » ? Vous hallucinez comme souvent. En étiquetant déjà les autres comme cela, vous consacrez la logique séparatiste que vous tentez de nier. Par ailleurs, le reste de la population se trouve où ? Dans votre chambre peut-être. Par contre, il y a des preuves solides que Félix est très populaire. Les sondages d´avant les élections, les propos clairs et nets de MUZITO. Même BAZAIBA l´avoue.
    6. « Manguier de Limeté » ? Il est reste par contre irréfutable que les insultés avec leurs wewas ont barré la route à la loi Minaku non pas par des commentaires dans des réseaux sociaux, mais par des ACTIONS sur le terrain. Nous ne les avons entendu dire qu´ils défendaient une ethnie. C´est pour le Congo qu´ils agissaient courageusement. Les lâches se tiennent loin.
    7. L´évêque d´Uvira ? Il fait bien de parler, mais il devra avoir aussi le courage de dénoncer les leaders kabilistes du grand Kivu chez qui il va manger et boire tout en connaissant leur implication dans l´entretien de la crise qui y règne.

  8. MWAMBA,
    je comprends votre préoccupation, mais vous aiderez davantage vos lecteurs à bien discuter en étant CLAIR et PRÉCIS.
    Comme Jo Bongos, je juge inopportune et maladroite cette formulation « le pays a besoin de l’unité et d’une approche consensuelle pour contrecarrer le plan déstabilisateur des autres ». C´est qui les AUTRES ? Est-ce le courage qui fait défaut pour les nommer ? Alors, comment allons-nous discuter si on n´est pas sûr du contenu de vos mots ?
    Par ailleurs, je mets demande ce que vous voulez vraiment mettre en relief : la thèse de la responsabilité des Congolais ou celle de celle de l´occupation ? Défendez-vous les deux ? Les hiérarchisez-vous selon l´ordre d´importance ?
    Et votre conclusion me laisse perplexe : « … que Minembwe restera pour toujours ancré dans le sol congolais. » Je ne vois pas vraiment le développement qui y conduit. Géographiquement, démographiquement, politiquement… vous n´avez pas beaucoup démontré ou développé pour balancer cette conclusion. Minembwe reste ou peut rester ancré dans le sol congolais tout en restant une question sensible (cf. le titre).

  9. NONO
    vous vous trompez superbement.
    1. Félix était « en retrait, en silence, inactif  » ? Alors que vous lui reprochiez de trop parler, de trop promettre… Pratiquement, pour toute question, vous tournez les regards vers lui. Il ne doit pas toujours se répéter. Sur Minembwe, il avait déjà parlé à Londres et réussi à désactivé la stratégie de la victimisation que vous n´aviez pas compris en ce temps. Les leaders du Kivu y compris Mgr. Muyengo, l´évêque d´Uvira… gardaient silence. Tous ceux-là se couvrent, cachent les implications locales et tentent maintenant de culpabiliser le Chef de l´État. Comme s´ils viennent de découvrir les médias maintenant.
    Rien qu´au regard de cette attitude, l´impertinence de votre avis-ci est manifeste : « les responsabilités des Congolais qui s’epuiseraient à dénoncer la faute d’un individu, PR… »
    Tout mettre na mutu ya PR, cela semble être votre combat. Quand la population qui a été victime du détournement des fonds de reconstruction des routes dont elle devait être bénéficiaire, se mobilise pour soutenir les détourneurs parce que ce sont leurs fils et filles, on ne voit pas les gens comme l´évêque d´Uvira l’interpeller. Mais il se lève tout bonnement un matin , va sur la route pour parler vaguement de révolution populaire. Kieeeeee !
    2. « tendance à pardonner les hommes politiques en accusant leurs critiques de parti-pris affectif… » : Vous êtes HORS-SUJET. Le texte ne parle nullement de pardonner les hommes politiques. En plus, vous êtes souvent incapable de voir que ces prétendus « critiques » (vous en êtes un) passent eux-mêmes leur temps à accuser les autres de parti-pris affectif, comme si les contredire était un sacrilège. Soyez CONCRET : Vous reprochez à Félix « le caractère très tribal » des nominations au sein de l´armée, mais vous êtes incapable d´argumenter ou de le prouver ; ça, ce n´est pas une critique, mais bilobela avec une bonne dose de mauvaise foi.
    3. Pas surpris de vous voir nier la tribalisation des questions politiques parce que vous n´avez jamais entendu les « boma muluba, tika nyoka » au meeting-concert de Fayulu, parce que vous n´hésitez pas vous-même à considérer sans honte celui qui réfute vos bilobela sur Félix comme un muluba.
    ARGUMENTEZ RATIONNELLEMENT et vous serez plus crédible.

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