« MP »: la fin imminente d’une imposture

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« Action de tromper, notamment en usurpant une qualité, un titre, une identité ». Telle est la définition du mot « imposture ».

La « Majorité présidentielle » est une imposture. C’est un « chef d’œuvre » de manipulation sociopolitique. Elle a permis à un imposteur du nom de « Joseph Kabila » de se faire « élire démocratiquement » à la tête de l’Etat congolais. Le « Grand Congo ». Et ce, sans que l’intéressé ait eu à battre campagne pour expliquer et convaincre la population sur son projet de société.

N’en déplaise au ministre de la Communication et des médias, Lambert Mende Omalanga – qui s’est gaussé des frondeurs du « G7 » « auto-exclus » ainsi que du gouverneur Moïse Katumbi Chapwe – au cours d’un point de presse qu’il a animé jeudi 1er octobre -, la « majorité présidentielle » (MP) est malade. Très malade. Cette plateforme politique issue d’une fausseté porte en elle le virus de son autodestruction.

En parcourant la 3ème lettre, datée du 14 septembre 2015, adressée par les membres du « G7 » à « Joseph Kabila », il apparaît que les expéditeurs mettent en exergue « l’absence du débat ». La « déclaration politique » publiée mardi 29 septembre par Moïse Katumbi Chapwe pour annoncer son départ du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie) va plus loin. L’ancien gouverneur du Katanga met l’accent notamment sur « la hausse du niveau d’intolérance politique ».

Lancée en juin 2006 sous la dénomination « Alliance de la majorité présidentielle », devenue par la suite « Majorité présidentielle » après les élections du 28 novembre 2011, ce regroupement a servi de « blanchisserie » à un « Joseph Kabila » sorti de nulle part. Un « Joseph Kabila » dont la citoyenneté congolaise et le parcours personnel ont été au centre de toutes les controverses. On le sait, l’homme a fait le service militaire dans l’armée tanzanienne. Il a été par la suite le bras droit du Rwandais James Kabarebe. Rarement un dirigeant aura suscité autant de méfiance voire de la défiance. On ne peut que comprendre sa peur du débat contradictoire.

Au cours de sa sortie médiatique précitée, Lambert Mende s’est cru de retour aux années 60. Il a usé et abusé de quelques expressions anachroniques: « néo-colonialistes »; « groupes d’intérêts étrangers »; « inspirateurs étrangers ».

Mende qui maîtrise à merveille l’art de retourner sa veste toujours du bon côté feint l’amnésie en fustigeant le rôle que joueraient des « inspirateurs étrangers » tant dans le coup de gueule du « G7 » que de Katumbi.

« Membre historique » de l’AMP dès juin 2006, Mende peut-il oublier le rôle joué jadis par un certain Louis Michel, alors commissaire européen, pour obtenir le « bannissement » de tout débat sur le thème de la « congolité », autrement dit les origines de « Joseph Kabila »? N’était-ce pas déjà une ingérence dans les affaires du pays? Où était-il?

La naissance de l’AMP ou MP a été précédée par une vaste campagne de manipulation ayant pour finalité une « congolisation » montée de toutes pièces de « Joseph Kabila ». Il s’agissait de « réaffirmer l’appartenance katangaise » de celui-ci, du côté de son « père ».

Alléchée par les postes de responsabilité à partager, l’association des « Balubakat » présidée à l’époque par Célestin Mbuyu Kabango a été la première structure à organiser une grande manifestation à Kinshasa. C’était le 30 janvier 2005.

Le 21 février de la même année, la presse kinoise faisait état de l’existence d’une mystérieuse « association des communautés du Maniema ». Le Maniema est la province d’origine de Sifa Mahanya, la mère putative de « Joseph Kabila ».

Le 27 février, le grand chef Kasongo Nyembo des « Balubakat » est reçu par Abdoulaye Yerodia Ndombasi alors un des vice-présidents de la République. A l’issue de cette audience, l’illustre visiteur lance: « Joseph Kabila est un Muluba du Katanga ».

C’était la première fois dans l’Histoire du Congo-Zaïre qu’un chef traditionnel prend la redoutable responsabilité de proclamer que tel individu est membre effectif d’une tribu.

On ne le dira jamais assez que la « majorité présidentielle » est née d’un immense mensonge aux conséquences incalculables pour le destin des 70 millions des Congolais.

Après les « frondeurs » du « G7 » et le départ de Moïse Katumbi du PPRD, d’autres défections tout aussi fracassantes sont attendues. Il faut espérer que les langues vont enfin se délier pour démasquer définitivement l’imposteur qui trône à la tête de l’Etat congolais depuis bientôt quinze ans.

 

Baudouin Amba Wetshi

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