Rencontre historique – Tshisekedi, Katumbi, Bemba à Kinshasa: Lisanga ya banganga

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Genève reconstitué!

Ils se sont retrouvés le samedi 26 décembre dernier dans la capitale. Félix Tshisekedi, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi se sont retrouvés à la Cité de l’Union Africaine où ils ont échangé à deux reprises à huis-clos. Trois particularités. Le déplacement des deux leaders s’est effectué sans tambour ni trompette, alors qu’ils étaient habitués à prendre un bain de foule en pareille circonstance. Deux, la salle où se sont déroulés les entretiens est inhabituelle, ont précisé des sources proches de la Cité de l’UA. Question, commente-t-on, de garantir la discrétion la plus totale aux délibérations des trois personnalités. Trois, pas la moindre déclaration, même à titre indicatif, sur les matières débattues au cours de l’échange.

Crise signée FCC

La crise persistante au sein de la coalition a été sous-jacente à la dynamique de la redéfinition des forces sur l’échiquier politique national, insufflée par le chef de l’Etat. Le dernier trimestre de cette année, on le sait, aura été déterminant dans la marche politique du pays avec, à la clé, le déclenchement des consultations nationales. Une série de rencontres avec toutes les forces vives de la nation qui devaient faire, avec le chef de l’Etat, l’autopsie de la situation du pays sous tous les aspects. Question de définir des solutions consensuelles et appropriées afin de redonner à la nation une nouvelle cadence vers son développement.

La chute du bureau Jeanine Mabunda à l’Assemblée nationale passe pour le fleuron de la nouvelle anatomie politique du pays. La majorité parlementaire dont se réclamait le Front commun pour le Congo (FCC) devient une simple fiction. La plateforme prend acte, larmes pleines les yeux, de sa chute aux enfers; la majorité a changé de camp. Samedi encore, a-t-on appris, plus de 10 députés qui avaient résisté au tsunami, avaient fini par quitter le FCC, devenu une coquille sans matière.

Union sacrée en marche

Avant de se rendre à l’évidence, les cadres du FCC s’étaient montrés étanches aux appels du chef de l’Etat pour ces consultations. Ils escomptaient infliger un fiasco à une initiative n’ayant pas obtenu le quitus de la majorité parlementaire. Erreur monumentale. Les forces qui comptent au pays ont défilé au Palais de la Nation où l’on retrouvait même des cadres du FCC, mais sous le couvert d’une étiquette autre, pour besoin de la cause. Imperturbablement, l’Union sacrée prenait corps avec le plus grand sérieux possible.

Pour le moment, la nouvelle majorité met en place ses structures fonctionnelles avant d’annoncer solennellement sa grande offensive. Ceux qui espéraient un Fatshi placebo doivent se mordre les doigts dans les salons.

Fayulu: adieu veau et vache!

Parmi les victimes de la mauvaise lecture de la donne politique, figure Martin Fayulu, cadre de Lamuka dont la côte a connu une ascension grâce au soutien bénéficié de l’opposition lors de la dernière présidentielle. Force est de reconnaître que le président de l’ECIDé a mal négocié son après-défaite à la présidentielle de 2018. Très mal négocié que ses prises de position se sont hermétiquement rapprochées de celles du FCC, l’exposant ainsi à des conjectures dangereuses.

Apparemment, l’homme passe pour le grand perdant dans le basculement de la donne politique au pays. Face à un PPRD en lambeaux et à une Union sacrée en flèche, le camp Fayulu doit se perdre dans les calculs pour se positionner avec des militants dont une bonne partie est récupérée par les différentes factions du Palu. Indiscutablement, Fayulu (et Adolphe Muzito), à moins de s’incliner devant l’évidence, ne saurait plus rêver ni d’une place dans les structures de l’Etat ni d’une confrontation à la présidentielle dans les années à venir.

Genève en remake

Une analyse froide permet de se rendre compte du triomphe du schéma concocté à Genève en 2018. En l’occasion, on se rappelle, devant l’invalidation des candidatures de Jean-Pierre Bemba et de Moïse Katumbi, les deux personnalités en avaient appelé à une candidature unique de l’opposition. N’eussent été des subterfuges de certaines personnalités, la configuration actuelle était la recette consensuelle. Hélas. Mais on peut se féliciter en cet instant du remake du schéma de Genève ayant, en son temps, obtenu l’adhésion de la grande partie de l’opinion nationale et des partenaires étrangers du pays.

Ce nouveau décor est, pour le moins, porteur d’espoirs de voir la RDC retrouver les atouts de redécollage, avec le retour de l’investissement durable. Une alliance Bemba-Katumbi-Tshisekedi passe pour la meilleure architecture politique du moment. A eux trois, la majorité des Congolais se reconnait, et les trois pôles de la population sont représentés. Sur l’échiquier international, le grand capital occidental s’est prêté au changement de régime en RDC dans l’espoir de voir le pays s’inscrire dans des réformes nécessaires à l’amélioration du climat des affaires. D’où tout le soutien accordé au Président Tshisekedi dans l’affirmation de l’indépendance de l’appareil judiciaire du pays.

Lisanga ya ba nganga

Cette rencontre remet sur la sellette le titre de la chanson partagée à chœur entre les musiciens congolais Franco Luambo et Rochereau Tabu Ley: « Lisanga ya ba nganga ». Oui, depuis la fin constitutionnelle du régime précédent, l’alternative possible se dessinait autour des trois personnalités aujourd’hui en conjonction d’esprit et de cœur pour sortir la RDC de la torpeur. Un triumvirat qui sonne définitivement le glas du PPRD et ses séides aujourd’hui en désarroi. Le moins que l’on puisse dire est que les Congolais ont le sort de leur pays entre les mains; à eux à bien négocier cette opportunité qu’offre l’Union sacrée pour tirer les dividendes de la disponibilité des maîtres du monde à juguler l’insécurité et à drainer des investissements pour la relance de l’économie du pays.

 

Bondo Nsama

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