Rentrée scolaire de septembre perturbée par les conditions sociales

Plusieurs parents affirment, la main sur le cœur, leur incapacité à préparer convenablement la rentrée par manque de sous. Ils se plaignent du prix élevé des fournitures scolaires, des uniformes…

Gaston Mutamba Lukusa

Le 4 septembre est le jour décrété pour la rentrée scolaire sur toute l’étendue de notre pays convoité par tous les pays voisins et la Chine. Ce ne serait peut-être pas le cas dans les zones occupées par les sinistres M23. Ce n’est pas le cas à Goma où une journée ville morte a été annoncée par des mouvements citoyens. Le 30 août, une manifestation non autorisée fut organisée par une secte appelée « Foi naturelle judaïque et messianique vers les nations » autrement appelée « Wazalendo ». Les adeptes voulaient chasser les « Blancs », la Monusco et les soldats fainéants de l’EAC (East African Community). La secte leur reproche une passivité légendaire face aux agissements du M23. Ce qui ne devait pas arriver, arriva. Une répression sanglante s’ensuivit. Ce jour-là, près de 48 personnes furent trucidées et 143 autres adeptes embastillés. Enfer et damnation! Bref, passons.

D’après mon ami qui sait ce qui se passe dans tous les coins et recoins de Kinshasa la déglinguée, la rentrée scolaire fut timide. Stupeur et tremblements! Plus ça change, plus c’est la même chose. Plusieurs parents affirmaient, la main sur le cœur, leur incapacité à préparer convenablement la rentrée par manque de sous. Nihil novi sub sole! Ils se plaignent du prix élevé des fournitures scolaires, des uniformes… Ceux dont les enfants fréquentent l’école privée disent ne pas avoir assez d’argent pour payer l’acompte du minerval. Heureusement que l’enseignement demeure gratuit dans les écoles publiques et conventionnées. La Constitution dispose que « L’enseignement primaire est obligatoire et gratuit dans les établissements publics ».

D’après mon ami qui sait tout, le coût annuel de la gratuité de l’enseignement primaire public lancé depuis septembre 2019, se chiffre à quelque 3 milliards de dollars par an, soit près du tiers du budget officiel de l’Etat. Il faut trouver l’argent pour financer tout ça. Saperlipopette! Rien d’étonnant dès lors qu’il y ait des imperfections. A chaque rentrée scolaire, les enseignants menacent d’aller en grève si leurs revendications formulées lors des assises de Bibwa tenues en 2019 à Kinshasa ne sont pas satisfaites. La rentrée scolaire 2021-2022, prévue le 4 octobre 2021, démarra avec la grève des enseignants du secteur public qui revendiquaient l’amélioration de leurs conditions sociales. Les accords de Mbuela Lodge (Kongo Central) qui s’ensuivirent, furent signés au mois de novembre 2021, entre le gouvernement et le banc syndical de l’EPST. Ceci a permis la reprise des cours. L’application des accords tardant à se matérialiser, il y eut de nouvelles négociations dans la cité de Kisantu (Kongo central) en juillet dernier. Les enseignants menaçaient de boycotter la rentrée scolaire 2023-2024 si leurs revendications n’étaient pas satisfaites. Il s’agit, pêle-mêle, du réajustement de la prime de gratuité ainsi que de la prime spécifique et prime d’encouragement, de la paie des enseignants Nouvelles Unités (NU) et Non Payés (NP) déjà identifiés et recensés, du réajustement des frais de fonctionnement des écoles etc. Un véritable Mur des Lamentations.

Pour ceux qui ne le sauraient pas, le Mur des Lamentations est une partie du mur de soutènement de l’esplanade du Temple de Jérusalem. C’est là que tout bon Juif doit venir se lamenter sur la destruction du Temple par les Romains en l’an 70 qui abritait l’Arche d’alliance. Ce lieu sacré du judaïsme est aussi un lieu saint pour l’islam. Il abrite la mosquée Al-Aqsa et le dôme du Rocher, bâti à l’emplacement où Abraham offrit son fils Ismaël en sacrifice et d’où le prophète Mahomet s’éleva au ciel. C’est là que se dressait le temple de Salomon. C’est aussi là que Mahomet monta au ciel. Contrairement aux chrétiens qui n’ont qu’un seul ciel, les musulmans en comptent sept! Ceci expliquant cela, un bon musulman est prêt à se sacrifier en se transformant en son, lumière et fumée pour aller au paradis et y visiter les 72 vierges. Des gros malins!

On dit chez nous qu’au bout de la patience, il y a le ciel.

GML

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Readers Comments (2)

  1. Encore à propos du massacre de Goma !
    Il a circulé sur les réseaux sociaux un communiqué de la CPI qui annonce l’ouverture d’une enquête sur le dernier carnage de Goma dont il faut verifier l’authenticité. N’empêche que ce n’est pas vraiment là le problème, les événements de Goma entrent tout à fait dans ses missions ; le moment venu elle y sera bien confrontée.
    A noter que si le présumé communiqué de la CPI fait un décompte de 163 victimes, Ensemle pour la République de Katumbi établit lui le bilan à 108 personnes tuées. Il est évident qu’à voir le modus operandi, les conditions et les horaires de l’intervention barbare des militaires de la GR, le bilan des tués a été important.
    La Fondation Panzi du Dr Mukwege elle, revient sur le remaniement militaire opéré au débotté  au Nord Kivu. Elle fait part de sa vive indignation du mépris pour la justice et pour les victimes dont a fait preuve le pouvoir en remplaçant le général Ndima rappelé à Kinshasa par le Général Nduru Chaligonza au poste de commandant des opérations au Nord Kivu. Un ancien chef rebelle connu proche de Thomas Lubanga et de Bosco Ntaganda, tous deux poursuivis et jugés par la CPI ! Il a été cité plusieurs fois dans les arrêts de la CPI contre ces deux chefs de guerre A moins qu’on veuille donc le contraire, il n’est pas du tout indiqué à cette place pour mettre de l’ordre dans l’armée au Nord-Kivu.
    Notre pays navigue plus que jamais à vue sous Tshisekedi.

  2. Importantissime à ajouter que le pouvoir en place a été assez rusé pour couper la route à la ÇPi en précipitant une parodie de procès. La règle pour que la CPI intervienne est l’absence d’une prise en charge juridico-politico-sociale par le pays où les événements se sont produits.
    Nous savons tous que le procès engagé par le régime ne sera qu’un procès partisan pour se justifier mais sera-t-il assez convaincant pour cacher sa grave cuculpabilité dans le carnage de Goma ? On peut en douter mais c’est à cette aune que l’opinion nationale et internationale et surtout la CPI s’interdira ou non de s’en occuper. Attendons la suite mais dommage que ce crime d’État et contre l’humanité risque d’échapper du regard tout indiqué des juridictions nationale et internationale…

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