Sommet du G20 à Rome: Deux faits. Deux leçons pour la RDC

Tongele N. Tongele


Les leaders des vingt principales économies du monde se sont réunis dans la capitale italienne, Rome, depuis samedi le 30 octobre, et cette réunion s’est clôturé le dimanche, 31 octobre. C’est pour la première fois depuis 2019 que les chefs d’Etat et des gouvernements du G20, et des invités, se réunissent face-à-face, à cause de la pandémie de Covid-19. Les pays membres du G20 sont les suivants, par ordre alphabétique: Afrique du Sud, Allemagne, Angleterre, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis d’Amérique, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Russie, Turquie, et Union Européenne avec l’Espagne comme invité permanent aux Sommets du G20.

L’agenda au Sommet du G20, de cette année 2021, peut se résumer en trois « P », à savoir « Personnes, Planète et Prospérité ». La santé des personnes constitue la santé mondiale. Une préoccupation au Sommet c’est comment faire pour que le peuple de la terre puisse gagner la guerre contre la pandémie de Covid-19. Remarquez qu’on a discuté au Sommet de comment « donner » des doses du vaccin aux pays du « sud » (pays incapables de se supporter eux-mêmes) pour éviter une reprise épidémique mondiale. Le deuxième enjeu majeur est celui de l’environnement et du changement climatique incontrôlé. Et enfin, la relance économique mondiale en cette sortie de la crise pandémique.

La RDC, quoique non-membre du G20,
représentait l’Afrique à ce Sommet, en sa qualité de président en exercice de l’Union Africaine.

Il nous paraît important de souligner ici deux faits de ce Sommet qui s’accompagnent de deux leçons pour la RDC:  il s’agit de la RDC qui n’est pas parmi les pays du G20, et de la mesure de taxation internationale sur les multinationales.

(1) La RDC n’est pas parmi les pays membres du G20

Mais pourquoi la RDC n’est pas pays membre du G20 ? Parce que l’économie de la RDC n’est pas du tout significative au sein de l’économie du monde, comparable à celles des membres du G20. Mais, comment ça ? N’est-pas que la RDC est parmi les pays les plus riches du monde, si pas le plus riche du monde, en ressources naturelles ? Oui, c’est vrai, la RDC est l’un des pays les plus riches du monde en ressources naturelles. Mais alors pourquoi la RDC n’est pas parmi les membres du G20 ?  Ce ne sont pas les « ressources naturelles » qui font qu’un pays soit membre du G20. C’est plutôt la transformation des ressources naturelles en produits finis consommés sur place et vendus ailleurs qui compte. C’est cela qui fait que c’est la prospérité économique qui est critère pour devenir membre du G20.  Quand par exemple vous allez dans des boutiques et magasins en RDC, est-ce que vous voyez dans ces boutiques et magasins des rasoirs, des boutons, des épingles, des câbles et fils électriques, des ampoules, des tuyaux, des objets classiques et didactiques comme lattes, règles, équerres, rapporteurs, et d’autres produits finis comme ballons de football, des lunettes, des montres, des bicyclettes et motocyclettes, des ordinateurs et des tablettes, des appareils photographiques, des appareils électriques et électroménagers, des téléphones, des stylos, des véhicules, des pièces de rechange des véhicules et des avions, etc., qui sont fabriqués sur place par les Congolais dans leurs villages, villes et cités, et vendus dans leurs boutiques et magasins ? La réponse est « non ».  Les Congolais sont incapables de fabriquer ces produits finis dans leurs villages, villes et cités.  Les pays membres du G20 prennent les ressources naturelles de la RDC, fabriquent ces produits finis, et les vendent chers aux Congolais. Et ce sont ces produits fabriqués par les pays du G20 qui se retrouvent dans des boutiques et magasins en RDC.

La vérité est que les populations des villages, villes et cités en RDC ne produisent rien et vivent dans la pauvreté et la misère. Les Congolais sont très pauvres et misérables chez eux. Ils ne font que quémander, tendre des mains pour des dons, des assistances humanitaires, des aides bilatérales, et des prêts auprès des institutions financières internationales. La RDC et ses populations ne savent que creuser et ramasser des minerais pour vendre, ou encore couper du bois pour vendre. Pire encore : une partie de cet argent des minerais et bois va droit au paiement des salaires des dirigeants politiques (présidence, ministres, députés, sénateurs, etc.), et le reste de cet argent s’envole dans la poche et les comptes bancaires privés des dirigeants politiques par corruptions, vols et détournements. Donc, depuis l’indépendance de la RDC, il y a de cela 61 ans, des milliards de dollars de minerais et de bois exportés ne sont pas utilisés pour réfectionner et entretenir les routes nationales, les chemins de fer, les bâtiments publics comme hôpitaux, campus universitaires et écoles, mais plutôt bouffés par les dirigeants politiques et leurs familles. Voilà pourquoi Kinshasa, la capitale du pays, est aujourd’hui très sale, très chaotique, avec des embouteillages interminables de circulation, des moustiques qui sèment de la malaria partout, des maladies de toutes sortes, et des morts.  Le monde entier voit et sait cela. Donc, non seulement la RDC ne qualifie pas pour être membre du G20, mais une demande de la part de la RDC de devenir membre sera carrément jeter dans la poubelle.

Première leçon qui accompagne ce premier fait : la RDC a tout ce dont il faut pour faire partie du G20. Les dirigeants politiques et les populations de la RDC doivent courageusement et avec bravoure et détermination rejeter la mentalité actuelle de médiocrité, et développer une autre mentalité de créativité et de bonne gouvernance.
a) Mentalité à rejeter : dirigeants de la RDC (présidence, ministères, parlementaires, gouverneurs, gestionnaires des Entreprises de l’Etat, responsables des institutions d’enseignement primaire, secondaire, supérieur et universitaires), vous tous, responsables et gestionnaires des institutions provinciales et nationales en RDC, rejetez la mentalité de vol, de corruption, de détournement de l’argent de la caisse ou du trésor sous votre administration. C’est cela la mentalité qui détruit et plonge votre pays dans la misère, dans l’humiliation. Vous devez rompre avec cette mentalité de médiocrité.
b) Mentalité à développer : Dirigeants politiques Congolais, Président de la République, Conseillers à la présidence, Premier ministre et ministres, députés nationaux et provinciaux, sénateurs, gouverneurs, vous tous qui gérez le pays d’une manière ou d’une autre, vous devez parcourir les villages, villes et cités du pays, régulièrement, pour sensibiliser, conscientiser, mobiliser, et motiver les populations à utiliser leur intelligence et leurs imaginations pour créer d’unités de production sur place, dans leurs villages, villes et cités, afin de transformer les ressources naturelles du pays en produits finis pour leur propre consommation, et vendre le reste dans des pays voisins. Ainsi les populations deviendront prospères, elles deviendront des millionnaires, et elles vont elles-mêmes construire et réfectionner leurs écoles et hôpitaux, et ainsi faire de la RDC un pays respecté dans la monde.  Mais quand vous, les dirigeants du pays, restez à Kinshasa parce que les voies et moyens de transport sont difficiles, n’avez-vous pas honte de savoir que c’est vous, les dirigeants de ce pays, qui êtes les premiers responsables qui devraient assurer la réfection et l’entretien de ces voies et moyens de transport ? Arrêtez avec ces excuses puériles. Empruntez les mêmes moyens de transport que vos populations utilisent, soit faire le pied, soit aller à vélo, soit aller à moto ou en véhicule ou en avion, en tout cas c’est votre obligation professionnelle, civique, patriotique et morale, d’aller rencontrer vos populations dans leurs villages, villes et cités pour les motiver et les appuyer à créer d’unités de production par elles-mêmes pour elles-mêmes afin de vivre avec dignité. Et vous les dirigeants du pays, vous serez honorés pour votre bravoure, votre courage et votre détermination. Autrement, si vous continuez comme vous faites maintenant, avec des bavardages démagogiques pendant que les populations croupissent dans la misère, sachez qu’au jugement dernier, devant le Tribunal du Juge des juges, vos excuses seront sans valeur, et vous payerez pour votre inaction et insouciance.

(2) Deuxième fait : la taxation internationale sur les multinationales

L’instauration d’un taux minimum mondial pour la taxation des multinationales est fixé à 15 %, et les chefs d’Etat et des gouvernements du G20 ont donné leur accord à cette réforme de la fiscalité des multinationales. Selon la secrétaire au Trésor des Etats-Unis d’Amérique, Madame Janet Yellen, c’est un accord historique pour l’économie mondiale.

Mais qui bénéficie de cette taxation sur les multinationales ? Selon les analystes économiques, les multinationales évadent de payer des taxes dans leurs propres pays en faisant deux choses :
a) Déplacer leurs usines et entreprises dans des pays en voie de développement où les dirigeants politiques de ces pays se font corrompre moyennant des commissions et pourboires, pendant que les multinationales exploitent les mains d’œuvre dans ces pays, et ne payent même pas de taxes dans ces pays en voie de développement, pour réaliser des bénéfices extravagants. Le cas des compagnies d’extraction des minerais ou coupage du bois en RDC en un une illustration mondialement connue de corruption et pillage des ressources naturelles de la RDC pour des gains économiques extravagants pendant que les populations congolaises croupissent dans la misère.
b) Utiliser les paradis fiscaux dans des pays en voie de développement pour cacher leur argent en comptes secrets ou dans des immobiliers non-identifiables.

Alors, cette taxation mondiale des multinationales est effectivement une arme contre les paradis fiscaux et les stratégies de dumping par les multinationales.  Cette taxation est de fait un moyen pour forcer les multinationales à garder leurs usines et entreprises dans leurs propres pays, afin de donner d’emplois à leurs compatriotes, et payer des taxes dans leurs propres pays pour contribuer au développement de leurs pays.

Il y aussi ici une deuxième leçon pour la RDC : les dirigeants politiques du G20 ont réussi à contraindre leurs multinationales de payer les taxes pour les pays du G20, quel que soit l’endroit où ces multinationales se retrouvent. Cela veut dire que les dirigeants du G20 sont allés au Sommet avec des idées et avec détermination de pousser pour des décisions qui bénéficient leurs pays. Ils n’y vont pas pour solliciter des aides bilatérales, des prêts, des dons, etc.  Les idées qu’ils amènent aux Sommets internationaux sont souvent des idées discutées dans leurs pays par leurs intellectuels, leurs universités, leurs organisations civiques, leurs petites et moyennes entreprises, leurs institutions nationales, etc. Toutes ces discussions sont dans le but de munir leurs gouvernements avec des idées claires et des objectifs à poursuivre lorsqu’ils vont dans des Sommets, afin de pousser pour des décisions et résolutions en faveur de leurs propres pays.

La RDC fut invitée au Sommet du G20 à Rome. La représentation Congolaise s’y est rendue avec quelles idées ?  Pour négocier quoi en faveur de la RDC ? Pour pousser à quelle décision ou résolution qui bénéficierait la RDC en quoi ?  Prenons par exemple le sujet de la lutte contre COVID-19 et celui de la relance économique mondiale qui sont discutés au Sommet. Quels sont les programmes d’actions concrètes, quelles sont les activités économiques qui sont en œuvre sur toute l’étendue de la RDC pour lutter contre COVID-19 ou pour la relance économique nationale ? Quelles sont les lois budgétées, avec argent décaissé, pour appuyer et supporter ces programmes et activités de développement sur toute l’étendue de la RDC ? Combien des petites et moyennes entreprises, combien d’unités de production, sont créées en RDC, par les Congolaises et Congolais, dans leurs villages, villes et cités chaque mois et chaque année ?  C’est justement au sujet de ces choses que les parlementaires, les intellectuels, les universités, les organisations civiques, en RDC, doivent et devraient engager des discussions et des échanges sur comment aller de l’avant. Les journalistes, les médias et les réseaux sociaux doivent et devraient réfléchir et animer des échanges sur ces sujets afin de générer des idées de création d’unités de production dans des villages, villes et cités à travers le pays. Et alors, lorsque la RDC est représentée dans un Sommet comme celui du G20, la représentation de la RDC a des idées claires sur ce pour lequel il faut pousser en faveur de la RDC.

Mais la vérité est qu’en RDC, il n’y pas des programmes d’actions concrètes ou des activités concrètes de développement qui sont en œuvre sur toute l’étendue de la république. Il n’y a pas des programmes concrets appliqués sur toute l’étendue de la république pour la lutte contre COVID-19 ou pour la relance économique nationale. Il n’y a pas des lois budgétées, avec argent décaissé, pour appuyer et supporter des programmes et des activités de relance économique sur toute l’étendue de la république. Il n’y a pas de création des petites et moyennes entreprises, création d’unités de production par les Congolaises et Congolais dans leurs villages, villes et cités, pour transformer les ressources naturelles de leur pays en produits finis pour leur autonomie financière. Près de quatre-vingt-dix pourcents des populations congolaises vivent de l’informel, du débrouillage, et survivent au jour le jour. Les dirigeants politiques Congolais qui sont au volant du développement et de relance économique du pays tâtonnent, justifient leur inaction et conscience avec des excuses. Non. C’est inacceptable. Les dirigeants Congolais doivent avoir de la vision, de la bravoure, de la détermination pour mieux faire. Autrement, la RDC demeurera vendeuse de minerais et de bois, et les dirigeants de la RDC continueront à faire des courbettes et s’humilier à l’extérieur, au cours des rencontres, conférences, et Sommets, pour des aides bilatérales, des prêts, et des assistances.

Tongele N. Tongele, Ph.D.
Docteur en génie mécanique et professeur d’université aux USA
tongele@cua.edu

9 Commentaires on “Sommet du G20 à Rome: Deux faits. Deux leçons pour la RDC

  1. Professeur Tongele,
    Merci pour votre analyse et proposition toujours pragmatique, analyse et proposition qui ramènent les menteurs, les hypocrites et les insouciants à leur conscience et devant leur responsabilité. Vous montrez toujours le chemin concret que les dirigeants Congolais peuvent prendre pour conduire les populations congolaises à surprendre le monde. Rassurez-vous, professeur Tongele, vous ne prêchez pas dans le désert. Nous vous écoutons, nous faisons usage de vos idées, même si les résultats de ce que nous faisons dans nos coins paraissent invisibles. Vous avez une suite considérable ici en RDC, avec nous les jeunes intellectuels de la RDC. Vous avez toujours insisté sur cette vérité, à savoir que les dirigeants Congolais doivent et devraient tout faire pour aller rencontrer les populations congolaises dans leurs villages, villes et cités, faire cela avec détermination et bravoure, afin de motiver les Congolaises et Congolais, à travers des programmes d’actions concrètes, à créer d’unités de production par elles-mêmes pour fabriquer des petites choses localement, satisfaire leurs besoins locaux, et devenir financièrement autonomes. Nous avions pensé que l’Union Sacrée de la Nation était sur ce chemin. Mais, malheureusement, ils ne semblent pas avoir cette vision, cette bravoure et cette détermination dont vous ne cessez de souligner comme devant devenir caractère de nos dirigeants politiques pour faire décoller le pays sur le chemin de la relance économique, scientifique et industrielle. Merci, professeur Tongele, vous êtes vraiment un enseignant, un professeur, et un jour, nous vos élèves, vos étudiants, nous ferons votre honneur.

    1. Merci Sia Koli. Vous, les jeunes d’aujourd’hui, vous êtes des acteurs de transformation aujourd’hui et des vrais leaders de demain. Ce n’est pas facile de briser avec des pratiques médiocres d’aujourd’hui qui enrichissent illégitimement des gens qui sont au pouvoir et leurs familles. Ceux qui étaient hier parmi vous, dans vos quartiers, sans boulots, sans diplômes, et d’un coup, ils sont en politique, au pouvoir, et les voilà avec des voitures, des maisons, en un espace de deux, trois ans, et ils n’ont pas créé des entreprises et usines pour fabriquer des choses sur place et devenir prospères. Mais ils s’enrichissent par commissions, vols, détournement, et par facilitation du pillage du pays, pendant que vous les populations êtes englouties dans la pauvreté et la misère. Et cette pratique médiocre et satanique perdure pendant 61 ans depuis l’indépendance. Bien sûr que c’est très tentant de tout faire, pour s’immiscer auprès de ces médiocres, devenir comme eux, et arriver aussi à gagner illégitimement des richesses pendant que toutes les infrastructures du pays se ruinent devant nos yeux. Mais que sert-il à un Congolais de gagner malhonnêtement des millions en RDC s’il va certainement perdre son âme dans le processus ? Avez-vous déjà vu un ancien président Congolais, un ancien ministre, parlementaire, gouverneur, gestionnaire des entreprises de l’Etat circuler dans des villages, villes et cités de la RDC pour rencontrer les jeunes et les populations, leur parler de son expérience professionnelle et comment eux aussi peuvent faire pour devenir prospères comme lui ? Avez-vous déjà vu un de ces anciens dignitaires parcourir les villages, villes et cités du pays pour tenir des conférences et des sessions de réflexion avec des jeunes dans des écoles et universités pour les motiver à devenir leaders du pays ? Non, pas du tout. Tous ces anciens dignitaires et gestionnaires de la RDC vivent dans la peur, parce qu’ils savent ce qu’ils ont fait : ils ont géré le pays comme des mercenaires ; ils sont coupables des misères que leurs actions et inactions ont infligées sur les populations congolaises. Oui, ils ont peur. Ils vivent en cachette. Certains parmi eux ont tellement peur qu’ils fuient le pays pour vivre à l’étranger, là où ils ont entassé leur agent volé de la RDC. Mais souvent, quand ils s’installent dans ces pays étrangers, ils finissent par tout perdre rapidement, et ils deviennent des misérables. Mais par-dessus tout, ces anciens dignitaires et gestionnaires de la RDC n’échapperont pas au jugement dernier qui attend chacun d’eux.
      Mais vous, les jeunes d’aujourd’hui, vous comprenez que la RDC est extrêmement riche, vous comprenez que c’est diabolique de faire piller votre propre pays pour des miettes de millions de dollars de commission. Vous comprenez que si les populations de la RDC sont conscientisées et motivées, elles sont capables de miracle économique, scientifique, technologique et industriel. Vous comprenez que les pratiques de gouvernance aujourd’hui ne sont que des tâtonnements sans vision, sans bravoure, sans détermination à relever le défi de pauvreté et de misère qui ruinent le pays. Vous, les jeunes d’aujourd’hui, devez, avec bravoure et détermination, rejeter la médiocrité de ceux qui sont au pouvoir. Vous devez par exemple utiliser les réseaux sociaux pour vous organiser, marcher chaque weekend dans les capitales des provinces, pour contraindre et forcer ceux qui sont au pouvoir d’utiliser l’argent des minerais et du bois du pays pour réfectionner les infrastructures nationales et non pour se payer des gros salaires sans rien faire. C’est donc entre vos mains de transformer la médiocrité d’aujourd’hui, afin de devenir des vrais leaders de demain, pour honorer votre pays et vos ancêtres. C’est donc entre vos mains de faire le changement en vous et autour de vous.

  2. Chers Tous,
    Qui peut nous expliquer le geste posé par Emmanuel Macron vis-à-vis de Félix Tshilombo lors de la prise de la photo de famille? Mais aussi son attirance et son affinité envers Paul Kagame (les gestes parlant plus fort que les mots)?

    1. @Ndeko KUM,
      Emmanuel Macron, le philosophe, n’a de considération que pour les personnes qu’il estime, lui, avoir de l’audace et de l’intelligence stratégique. Comme lui.
      Emmanuel Macron, le président français, sait que pour que la France accède aux resources naturelles du Congo, il vaut mieux être pote avec Kagame qu’avec Tshilombo ou Fils Mukoko ou Kabundi-wa-kabundi ou Kabuya.

  3. Mister Tongele@
    Si un président d´un Etat participe á une rencontre avec le G20 avec les accusations de vol envers son peuple comme dans le cas du RAM, quelle consideration croyez-vous ces chefs d´Etat de la planète vont avoir envers lui et son pays?
    Dans ce pays où l´admnistration du président peut voler toute la population avec le RAM, et cette grande majorité pauvre ne manifeste même pas contre ce vol, alors nous sommes encore loin de tout ce que vous publiez ici.

  4. @Professeur Tongele,
    Votre article est plein d’enseignements et de bonnes idées! Je suis de ceux qui soutiennent que le développement d’un pays dépend pour une grande part de la qualité de ses élites politiques et des dirigeants qui assurent la destinée de ces pays!
    La question fondamentale est la suivante: qui pour appliquer vos sages recommandations dès lors que les politiques en RDC continuent à concevoir l’exercice du pouvoir comme une occasion de s’en mettre plein les poches et rien que cela?
    Combien gagne un député en RDC ou un sénateur? Au moins autant si pas plus que ceux des pays ayant un PIB des dizaines ou des centaines de fois plus élevé que celui de la RDC! Je parie que dans leur majorité, ils ignorent les notions de PIB et de richesse nationale, croyant que le budget de l’Etat est un fait sui generis!!!
    Et les autres, comprenez de qui je parle, s »organisent depuis toujours pour obtenir la meilleure information sur la marche de notre pays et s »arrangent pour que cette situation soit pérennisée ad vitam eternam!
    En Occident et ailleurs, il existe des tas de centres d’études et de recherche sur l’Afrique et le reste du monde! Combien y en a-t-il chez nous? Nous n’avons même pas de centres de recherche dignes de ce nom sur notre propre pays, trop occupés à « manger » et à courir derière les « jeeps »!
    Confidence: l’imbécillité actuelle arrange bien de gens à travers le monde! Suivez mon regard!
    « Qui ne tire pas les leçons de son histoire est condamné à la revivre » »

  5. @ Encore bravo Prof Tongele, un scientifique Congolais patriote et toujours pratique, dommage que personne parmi nos dirigeants à tous les niveaux n’aient conscience et ne cherchent des moyens autant concrets et efficaces pour faire de notre riche pays un éminent membre de cette planète ! Au cours des rencontres, Conférences, et Sommets internationaux comme à ce G20 de Rome nos dirigeants politiques sont certes dans des revendications légitimes mais notre statut de simple vendeur des richesses naturelles ne nous permet pas davantage que de continuer à nous humilier à mendier des aides et des prêts alors qu’avec un état d’esprit de conquête et de véritable développement autocentré nous serions capables de coopérer en gagnant. Vos propositions toujours pratiques aux Citoyens de nos villages, cités et villes réalisées nous aurions un statut avantageux aux sommets internationaux…
    Un détail que vous avez peu développé dans votre papier : la lutte climatique mondiale ! Les terriens ont compris dans le tard que leur fonctionnement industriel causait beaucoup de nuisance à notre planète, c’est dire que les économies des pays développés se sont réalisées sur l’exploitation des énergies fossiles pourvoyeuses des gaz de serres combien mortels et qu’aujourd’hui elles recommandent aux pays sous-développés de ne pas faire comme eux. Ces puissances accordent-elles assez d’assistances aux pays faibles pour se passer de l’exploitation des énergies fossiles. Que devons-nous en attendre dans nos pays ? Voilà un sujet de géopolitique aussi économique que scientifique dure que je soumets à votre analyse, Prof Tongele.

  6. PS
    @ Chaque chose à sa place et à chacun son métier ! J’ai déjà entendu certains critiquer ici le côté hors-sol loin en fait loin des polémiques et d’un ciblage politiciens du Prof Tongele alors que moi j’applaudis toujours son message didactique essentiel droit au but à l’adresse de nos Citoyens de tous niveaux et de tous secteurs. Il fait ce qui lui revient en tant qu’enseignant, scientifique et patriote convaincu et ne veut s’improviser politicien ni même vraiment politologue.
    @ Dans une discussion épistolaire ailleurs avec Ndeko Combattant Résistant de l’Ombre et Ndeko Kum au sujet de l’interdiction par la diaspora des musiciens à se produire en Europe je privilégiais une logique pragmatique qui doit faire le tri entre le rôle de modèles nationalistes qu’on leur fait endosser dans la lutte contre l’Occupation et celui de leur métier. En passant j’insinuais que si par exemple Koffi était réellement coupable d’un « négationnisme » , c’est au moins à la justice d’ester. Je refuse ainsi de faire un mélange des genres qui amène à la confusion et aboutit à l’inefficacité de l’essentiel à défendre. Ce n’est pas leur avis, je le respecte mais défends fermement et lucidement le mien.
    @ De même ici, je me réjouis toujours de lire Professeur Tongele loin des conjonctures purement politiciennes pour développer le long de ses papiers des adresses pratiques à l’endroit de nos Compatriotes. Je sais que peu de Congolais au pays ont la chance de les lire, pas toujours accessibles et motivés via le numérique à lui accorder leur attention débordés par des préoccupations plus prosaïques de survie mais comme l’assure notre ami Sia Koli ci-dessus, ces écrits ne tombent pas non plus dans un désert plat ; bonne nouvelle ici et là ils aiguillonnent les quelques uns qui les lisent. Encore bravo et merci au Prof Tongele.

    1. Merci Nono pour votre commentaire. En ce qui concerne le changement climatique, la RDC est et devrait être en position de leader sur ce problème. L’argument que les leaders congolais avancent dans des conférences internationales que la RDC doit être payée par les pays industrialisés qui polluent la planète, et en contrepartie pour le travail de stockage par le foret congolais de dioxyde de carbone produit par ces pays industrialisés, est un argument légitime mais très léger pour des raisons suivantes. Premièrement : le fond de cet argument est juste et vrai, mais quel poids la RDC a pour contraindre les pays industrialisés à s’exécuter ? Deuxièmement : les pays industrialisés savent que la RDC est un pays quémandeur, dont les dirigeants sont faciles à corrompre. Les pays industrialisés ne prêtent même pas attention à ces verbiages des dirigeants congolais dans des plateformes internationales, car ils savent qu’on va par après corrompre ces dirigeants congolais et c’est tout. Troisièmement : les pays industrialisés savent aussi que si on payait cet argent au Congo, l’argent sera volé et bouffé par ceux qui sont en ce moment-là au pouvoir en RDC, et l’argent ne sera pas utilisé pour lutter contre le changement climatique.
      La vérité que les dirigeants congolais font semblant de ne pas savoir est ceci : le monde sait la médiocrité des dirigeants de la RDC ; le monde ne voit pas que la RDC, comme pays et nation, a une vision de développement, a des programmes qui s’exécutent en activités concrètes partout sur l’étendue de la république pour lutter contre le changement climatique. Le monde ne prend donc pas les dirigeants congolais au sérieux pendant ces conférences internationales.
      Par ailleurs, les Congolais, y compris le gouvernement congolais, attendent des assistances et des dons pour sauver leur foret et sauver la planète du changement climatique. Mais on a vu des dons et des aides humanitaires et bilatérales données au gouvernement congolais et aux ONG en RDC pour sauver le foret congolais. Qu’est-ce que le Congo a fait ou fait de ces aides ? Au contraire on voit des permis illégaux octroyés aux expatriés en RDC pour couper davantage du bois en RDC. On voit des ONG internationales aller en RDC distribuer des engrais chimiques aux agriculteurs ruraux pour une saison, construire ou arranger des tronçons routiers, installer une pompe à eau, construire une bibliothèque, construire une école, construire un dispensaire, parler de la protection de la forêt congolaise, etc., et inonder l’internet d’images et d’histoires que ces ONG internationales sont en train de faire des grands travaux en RDC pour sauvegarder la forêt tropicale. Nous savons tous que les uns (dirigeants congolais) et les autres (ONG internationales) ne font que bouffer l’argent au nom de la forêt tropicale congolaise.
      Pour que la RDC et ses dirigeants soient pris au sérieux au niveau international, il faut ceci : D’abord et avant tout, c’est la transformation mentale, transformation de l’état d’esprit et de l’état d’âmes des gouvernants Congolais pour comprendre leur rôle de bonne gouvernance, leur rôle de conducteur (leader) du peuple. Ainsi les gouvernants vont conscientiser, motiver et conduire les populations, en particulier les jeunes, à adopter aussi un nouvel état d’esprit, une nouvelle mentalité, de se reconnaitre comme principaux intendants de leurs forêts tropicales. C’est là, dans les milieux ruraux, que le monde doit voir que le gouvernement congolais est en train d’investir d’argent pour transformer les écoles en centre de créativité où les jeunes eux-mêmes conçoivent le développement durable. Le monde verra que les jeunes diplômés Congolais développent des compétences nécessaires pour répondre aux besoins et à la demande de développement et de gestion des ressources naturelles, de protection de l’environnement, de la gestion de l’eau, de la forêt, des déchets, etc. Le monde verra que les jeunes diplômés congolais développent des solutions innovantes pour cultiver des champs de façon durable sans continuellement brûler les forêt d’un endroit après l’autre. Ainsi, le monde verra que le gouvernement congolais a fait, et est en train de faire, des populations congolaises, et surtout des jeunes diplômés congolais, des vrais gardiens de la forêt tropicale congolaise, de l’environnement et d’un développement durable en RDC. Si le monde voit le Congo appliquer des programmes qui font des jeunes congolais des innovateurs et protecteurs de leur forêt et innovateur en développement durable, cela va automatiquement attirer le monde entier pour aller apprendre en RDC la révolution verte, la révolution économique, qui est en train de se faire en RDC et qui protège la forêt et l’environnement. Et sans que les dirigeants Congolais quémandent comme ils le font maintenant, des organisations et des pays vont offrir d’eux-mêmes d’argent pour entrer en partenariat avec la RDC et apprendre comment la RDC fait pour que ces citoyens deviennent des gardiens de l’environnement en inventant des méthodes et techniques de développement qui protègent la foret et l’environnement.
      Tant que la mentalité des dirigeants Congolais demeure celle de chercher d’argent, de courir derrière les investisseurs et bailleurs de fonds, en faisant des courbettes et en s’humiliant en quémandeurs misérables, la RDC et ses dirigeants et ses populations ne seront jamais respectés sur le plan international. Et les revendications et paroles de la RDC sur les plateformes internationales seront toujours reçues avec moquerie, sabotage, négligence et indifférence.

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