
A l’occasion du 80ème anniversaire de la signature (26 juin 1945) à San Francisco de la Charte des Nations Unies, le chef de l’Etat congolais a prononcé une brève allocution, mardi 24 juin, dans laquelle il a esquissé les intérêts que la RDC entend promouvoir en tant que membre non-permanent du Conseil de sécurité (2026-2027). Pour lui, la RDC va œuvrer à l’émergence du multilatéralisme accordant au continent africain la place censée lui revenir « de droit ». La RDC sera-t-elle entendue?
« Attitude qui privilégie le règlement multilatéral des problèmes mondiaux ». Telle est la définition du multilatéralisme (Lexique de Science politique, Dalloz). Un concept qui s’oppose à l’unilatéralisme qui, lui, renvoie à l’hégémonie. Celui-ci est défini comme le « choix de politique étrangère par lequel un Etat décide et agit délibérément sans concertation ni négociation avec ses partenaires ». Des partenaires qui peuvent être des Etats, des organisations internationales ou des associations.
Au lendemain de la Chute du Mur de Berlin et surtout de l’effondrement du « Bloc soviétique », on a assisté au triomphe de l’unilatéralisme à travers les Etats-Unis qui sont – étaient? – devenus « l’hyperpuissance », selon la trouvaille de l’ancien ministre français des Affaires étrangères, Hubert Vedrine. La Yougoslavie, la Libye, l’Irak et l’Afghanistan symbolisent le désordre engendré par ce « monolithisme global ». Plus récemment, on peur épingler la situation à Gaza et la guerre Israël-Iran.
Chef d’Etat d’une nation qui a souffert et continue à souffrir des conséquences de l’interventionnisme multi-décennal de certains acteurs du monde anglo-saxon et surtout de l’impuissance du Conseil de sécurité des Nations Unies, « Fatshi » estime que le multilatéralisme « n’est pas une option » mais bien une « exigence incontournable ».

Pour lui, « les réponses aux défis du 21ème siècle ne peuvent émerger que des solutions » concertées qui donnent une place de choix à la « coopération, la justice et la responsabilité partagée ». Qui dit « coopération » tourne le dos à l’affrontement. Bref, à la loi de la force qui est en passe de supplanter le droit.
Felix Tshisekedi a profité de cette commémoration pour esquisser les objectifs que la RDC entend poursuivre en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité pour l’exercice 2026-2027. D’après lui, le moment est venu de « reformer » le Conseil dans le sens de refléter « les équilibres du monde contemporain ».
Il s’agit, pour lui, d’accorder à l’Afrique – un continent qui regroupe 54 Etats, habité par 1,5 milliard d’âmes – « la place qui lui revient de droit » au sein du Conseil. Dans son speech, il parle d’un « multilatéralisme rénové » qui consacre une place de choix aux femmes ainsi qu’aux jeunes.
Après avoir relevé qu’au cours de ces quatre-vingt ans, le développement, la santé et la gouvernance ont été au centre des préoccupations des Nations Unies, le président Tshisekedi Tshilombo n’a pas manquer de déplorer ce qu’il appelle de « nouvelles formes d’injustice ». Et de citer: « la compétition autour de minerais rares, le déséquilibre dans l’accès à l’énergie et la pression accrue sur l’environnement ».
La cheffe de la diplomatie congolaise, la très brillante Thérèse Kayikwamba Wagner et l’ambassadeur Zenon Mukongo Ngay ont du pain sur la planche pour relever ce défi.
B.A.W.