Présidentielle du 30/12/2018: « Kabila » passe aux « aveux »

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Ceux qui côtoient l’ex-président « Joseph Kabila » assurent que ce dernier s’ennuie et ressemble de plus en plus à un « toxicomane sevré ». Il a les nerfs à vif et serait devenu tempétueux. Aigri. Et ce pour avoir constaté que la « télécommande » qui lui permettait de garder le contrôle absolu sur son « partenaire » commence à accuser des « ratés ». Aussi, a-t-il engagé le redoutable pari d’évoquer, par bribe, ses « propres turpitudes » en recourant aux services d’un « bouffon du roi ». Nom: Henri Magie wa Lufete. Selon ce dernier, Felix Tshisekedi était le « candidat-bis » (sic!) de « Kabila » à l’élection présidentielle. Vous avez bien entendu. Pire, la coalition Cach serait une « création de Joseph Kabila ». L’ex-président « Joseph Kabila » avoue par la bouche de son « messager » – qui n’a guère été démenti – d’avoir incité la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) de contrefaire les résultats électoraux. Une violation intentionnelle de la Constitution qui a un nom: parjure.

Membre de la Ligue des « jeunes » de l’ex-parti présidentiel, le Pprd (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), reconnaissable par sa barbe poivre sel, Henri Magie wa Lufete s’est livré à un véritable marathon. Au cours de la semaine dernière, il n’a cessé de hanter les studios des médias kinois diffusés sur YouTube. Dieu seul sait combien coûte une émission sollicitée. L’homme prétend avoir été initié au militantisme politique dans le parti communiste français (PCF).

Intervenant mercredi 26 janvier à l’émission « Qu’entre nous soit dit », animée par Pero Luwara sur « CPL TV », sieur Magie s’est présenté en « fou du roi » chargé de « rappeler » au président Felix Tshisekedi Tshilombo « qu’il n’est qu’un homme ». Une langue de bois qui sous-entend qu’il a reçu mission de « chahuter » le successeur de « Kabila » chaque fois que « l’Accord secret » Fcc-Cach sera « violé ».

Dans un pays normal, les sorties médiatiques de cet homme n’aurait suscité que des éclats de rire et des haussements d’épaules. Rien de plus. Et ce pour la simple raison que le locuteur n’est nullement la « voix autorisée » pour « porter la parole » de l’ex-parti présidentiel ou celle de la plateforme politique « Front commun pour le Congo » (Fcc). Le Congo-Kinshasa est tout le contraire d’un Etat normal. Les déclarations tenues par Magie sont gravissimes. Ils ont valeur d’aveu.

Usant et abusant d’un ton désinvolte, Henri Magie ne pèse guère le poids des mots. Il commence par ricaner de la menace brandie par le président Felix Tshisekedi de « dissoudre » l’Assemblée nationale. C’était le 19 janvier. Fatshi s’adressait à la diaspora congolaise présente à Londres. La présidente de l’Assemblée nationale Jeanine Mabunda avait réagi en lisant un texte écrit provoquant une levée de boucliers au sein de l’Udps. « Au lieu de menacer, il doit agir », tonne Magie avec une pointe d’arrogance. Et d’ajouter, avec une certaine pertinence, que « le chef de l’Etat n’est pas tenu de réagir chaque fois qu’il y a un différend entre le Fcc et le Cach. Il est le Président de tous les Congolais ».

« JOSEPH KABILA EST LE CRÉATEUR DE CACH »

L’ex-président « Joseph Kabila »

Ignorant sans doute l’adage, cher aux latinistes, selon lequel « nul n’est entendu invoquant ses propres turpitudes » (Nemo auditur propriam turpitudinem allegans), Magie wa Lufete se lance tête baissée tel un taureau qui voit un tissu rouge. Il débite les « révélations » qu’il tient manifestement de son mentor.

Selon lui, « Felix » était le candidat de rechange [candidat-bis] de « Kabila » à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018. « Joseph Kabila est le créateur de Cach. C’est lui qui avait demandé au président kenyan d’abriter la naissance de cette coalition dans son pays ». Le but, précise-t-il, était « de gouverner ».

Tout en affirmant que Fatshi « n’a jamais été élu Président » et que le « dauphin » Emmanuel Ramazani Shadary « avait recueilli plus de voix que lui », Magie s’est refusé d’aller jusqu’au bout de sa logique en confirmant que le prédécesseur de Fatshi avait soudoyé la Commission électorale nationale indépendante. « Je ne rentre pas dans ce débat. Il faudra organiser une autre émission ». Le mal est fait.

A en croire Henri Magie, le Fcc aurait rassemblé tous les « actes illégaux » commis sous l’actuel chef de l’Etat. « Nous avons accumulé des dossiers. Nous pouvons, à tout moment, mettre le chef de l’Etat en accusation », soutient-il avec une légèreté déconcertante.

Les propos tenus jusqu’ici par ce « messager » suggèrent que la confiance n’est plus ce qu’elle était entre le Fcc et le Cach. Les coalisés découvrent qu’ils n’ont jamais eu de projet commun. Les deux partenaires se tiennent par la barbichette. Aucune d’entre elles n’ose demander le « divorce ».  Un divorce aux conséquences désastreuses pour tout le monde. « La coalition Fcc-Cach a de l’avenir. Joseph Kabila nous a dit que nous serons les derniers à claquer la porte de la coalition ». C’est Magie wa Lufete qui parle.

« SOULÈVEMENT POPULAIRE »

Pasteur Pascal Mukuna

En décryptant les déclarations incendiaires du « messager » de « Kabila », il apparaît que celui-ci a tiré ses « dernières balles » croyant contrer les « flèches » que lui décoche l’évangéliste Pascal Mukuna. Celui-ci a lancé ce qu’il appelle la « campagne d’éveil patriotique ». « Le pays tourne en rond », clame ce prédicateur.

Mukuna, dont le nom figurait parmi les membres de l’équipe de campagne d’Emmanuel Ramazani Shadary, a trouvé la parade à opposer à ses contempteurs: « Moïse n’avait-il  pas grandi dans la maison de Pharaon? N’avait-il pas quitté Pharaon après avoir constaté la souffrance de son peuple? ». « Même si j’étais avec eux[les kabilistes, Ndlr], je ne peux rien dire sur ce qui ne va pas? »

A l’instar de la grande majorité des Congolais, ce Pasteur d’une église dite de réveil déplore l’absence de changement une année après l’investiture de Felix Tshisekedi à la tête de l’Etat. Il préconise ni plus ni moins que la « neutralisation » du Fcc par un « soulèvement populaire » en dénonçant, au passage, « l’infiltration » de l’armée, la police et les services de renseignements – civils et militaires – « par des citoyens rwandais ».

En attendant que le Parlement congolais – dominé par des membres de la mouvance kabiliste dite Fcc –  puisse enclencher une hypothétique procédure d’ « impeachment » contre Felix Tshisekedi, le procureur général près la Cour de cassation devrait se saisir déjà suite aux propos autant gravissimes que révoltants tenus par le Pprd Henri Magie wa Lufete. Jusqu’à preuve du contraire, ces propos ont valeur d’aveu.

L’aveu selon lequel l’ex-président « Joseph Kabila » a intentionnellement violé la Constitution en incitant la Ceni à falsifier les résultats de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018. Un cas de haute trahison…

 

Baudouin Amba Wetshi

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