RDC: l’ODEP qualifie d’irrationnelle, la somme de 640 millions USD sollicitée par la CENI pour entamer les activités électorales en 2022

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Vendredi 18 février 2022 – Politique

Photo actualite.cd

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L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) dit suivre de près le débat engagé entre le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Denis Kadima et le ministre des Finances, Nicolas Kazadi, au sujet des fonds décaissés pour les opérations électorales en République démocratique du Congo, entre décembre 2021 et février 2022. 

Dans son communiqué rendu public ce vendredi 18 février, l’ODEP dit avoir recueilli auprès du gouvernement que la CENI sollicite un décaissement de 640 millions de dollars pour entamer les activités électorales en 2022. Pour l’ODEP la demande de cette somme par la CENI ne se justifie pas.

« L’ODEP se dit surpris par cette demande, qui est irrationnelle, d’autant plus que la RDC est à son quatrième cycle électoral. En 2018, 52% du budget des opérations électorales couvraient l’acquisition des matériels et la quincaillerie électorale. Ce qui existe déjà, d’après le rapport du processus électoral 2012 à 2019 », note l’ODEP.

Pour cette Ong, le budget de la CENI pour la couverture des élections présidentielles, législatives nationales et provinciales ne peut pas dépasser 350 millions USD.

« Nous estimons que le budget actuel ne devrait pas dépasser 350 millions de dollars pour couvrir les élections présidentielles, législatives nationales et provinciales, même si on y ajoutait la révision du fichier électoral, évalué à près de 70 millions de dollars, si on s’en tient au budget présenté en 2015 pour couvrir les mêmes besoins », renseigne le même communiqué. 

Concernant le dossier « achat des véhicules des membres de la CENI », l’ODEP évoque une violation de la loi relative aux marchés publics et note des fautes au niveau du ministère des Finances. 

« Constatons que l’achat des véhicules des membres de la CENI viole l’article 6 de la loi relative aux marchés publics. La surfacturation révélée par le ministre des Finances est une conséquence de l’absence de planification et de contrôle a priori. Comment a-t-il ordonné le paiement sans disponibilité des crédits budgétaires, sans appel d’offre, … ? Pire encore, la décision du ministre des Finances voulant placer la CENI sous tutelle du BCECO a violé le décret du 28 décembre 2010 portant création, organisation et fonctionnement de la cellule de gestion des projets et des marchés publics au sein de la CENI », poursuit l’ODEP.

Face à ces situations, l’ODEP constate que le financement du processus électoral est en danger. 

« La course à l’enrichissement illicite, les mauvaises pratiques décriées sous Corneille Naanga ont refait surface. Le pays n’est pas sorti du vieux démon des élections business », ajoute cette ONG.

A cet effet, pour éviter le pire, l’ODEP formule des recommandations au Premier ministre, au ministre des Finances, à la CENI et aux organes de contrôle.

Au Premier ministre de :

– Prendre des mesures nécessaires pour garantir à la CENI la jouissance effective de l’autonomie financière conformément aux dispositions de l’article 6 de la loi organique n° 10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et fonctionnement de la commission électorale nationale indépendante telle que modifiée à ce jour ;

– Présenter au Parlement un collectif budgétaire à la session de mars pour examen et vote du budget détaillé de la CENI;

– Prendre une décision pour encadrer la procédure de mise à disposition effectuée par le gouvernement à la CENI ;

Au ministre des Finances : d’exiger un plan de décaissement avec chronogramme d’activité avant toute mise à disposition de fonds ;

A la CENI : de publier un budget détaillé des opérations électorales assorties d’un plan de décaissement pour faciliter le gouvernement à financer le processus électoral ;

Aux organes de contrôle (Inspection générale des finances et Cour des comptes) : d’initier un audit complet de la CENI de 2012 à ces jours.

Jordan MAYENIKINI/ACTUALITE.CD

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6 thoughts on “RDC: l’ODEP qualifie d’irrationnelle, la somme de 640 millions USD sollicitée par la CENI pour entamer les activités électorales en 2022

  1. L’ Apres (voleur) Nangaa = Avant Nangaa. Que de magouilles et detournements en cascades a la CENI. Lisez le rapport de l’ODEP pour y decouvrir qu’entre Kazadi et Kadima il n y a pas de difference: tous les 2 sont des escrocs. Tandis que KADIMA reclamme (follement) $650 Million du Tresor (et sans controle) pour une operation que devrait couter pas plus de $350 Million (donc $300 Millon de surfacturations-detournements prevus par Kadima et bandes), lui Kazadi s’elucubre en vantant $37 Million qu’il a mis a la disposition de la CENI, alors que le Gourvenement a sorti plus de $100 Millions du Tresor pour ce faire. Ou sont partis plus de $60 Millions…? Seul Kazadi et copains ex-frappeurs a la Presidence pourraient y repondre…

  2. L’ODEP s’évertue depuis x temps à livrer des enseignements sur la « corporate Governance » sans être lui même transparent en termes de publication de la taille et composition de son conseil d’Administration , ses états financiers publiés depuis le début de son existence , les sources de ses financements et les identités de ses bailleurs de fonds. C’est cela la norme de transparence universellement admise en matière de « corporate governance » quand on chercher à fouiner dans le régalien d’un Etat qui cherche à ranaitre de ses cendres. En mon sens , ce sera la voie de sa crédibilisation . Sinon, c’est un observatoire indigne en panne d’observation objectivable. A ce jour , j’ai hate de lire mieux d’analyser les tableaux de synthèse de la gouvernance interne d’ODEP en sa qualité d’organisation de lutte pour la transparence dans la gouvernance publique.

    1. Encore ce mec qui s’en prend au messager (ODEP) au lieu de demontrer le contraire du message de l’ODEP. Bref, comme dit jadis, qui se sent coupable (ou sent ses copains coupables) s’agite. Nous signons et persistons: Nicholas Kazadi et Dennis Kadima sont tous issus des ventrailles de la meme Kleptocratie-Tshilejelu que les Biselele-Bilomba.

    2. @Armand
      @La crédibilisation de l’ODEP d’abord à travers la publication de sa composition, de ses états financiers, de ses sources de financements et des identités de ses bailleurs, pourquoi pas je prends mais je privilégie moi la teneur de ses conclusions. Vous n’en dites rien et comme à votre habitude vous allez bille en tête à dénoncer celles-ci parce qu’elles sont critiques comme tout constat ce qui dévoile ce qui ne va pas sous le pouvoir de Tshisekedi. Vous croyez-vous ainsi plus crédible que l’ODEP qui détaille à l’avance les pratiques présentes et possibles comme celles vécues avec le bureau passé de Nanga ?
      @ Si j’ai bien lu les déclarations de l’ODEP, elles nous disent que 650 millions revendiqués par la Ceni pour les opérations électorales sont irrationnelles, excessives après trois exercices électoraux dont nous devions conserver des acquis matériels et organisationnels. Vous n’en pipez mot et pourtant c’était ici l’essentiel de sa communication. Qu’est-ce qui là-dedans vous semble hors-propos ?
      @ Qu’importe, nous assistons déjà à une querelle partie des potentielles surfacturations de la Ceni entre le ministre Kazadi et le président de la Ceni, deux frères devenus ennemis sur fond d’un conflit entre la bonne méthode de fonctionnement requise par les deux protagonistes, au passage un résidu de la constitution partisane du bureau de Kadima qui n’a pas fait taire les volontés des malversations au profit des uns et des autres. Jusqu’où doivent aller l’indépendance et l’autonomie financière de la Ceni, quid de la mutualisation voulue par les uns et récusée par les autres des activités entre Gouvernement et Ceni ?
      @ Et ne parlons même pas ici du risque d’élections partisanes suite à cette prise en otage visible par le pouvoir en place du processus électoral… Aucun mot sur la validité des prises de position contradictoires de Kadima qui jure n’avoir reçu aucun kopeck pour les préparatifs des élections et de Kazadi qui jure l’exact contraire égrenant son chapelet des décaissements au bénéfice de la CENI. Au moins l’ODEP lui, recommandations au PM de prendre des mesures nécessaires pour garantir à la CENI la jouissance effective de l’autonomie financière, de présenter au Parlement un collectif budgétaire à la session de mars pour examen et vote du budget détaillé de la CENI, de prendre une décision pour encadrer la procédure de mise à disposition effectuée par le gouvernement à la CENI ; au ministre des Finances d’exiger un plan de décaissement avec chronogramme d’activité avant toute mise à disposition de fonds à la CENI, de publier un budget détaillé des opérations électorales assorties d’un plan de décaissement pour faciliter le gouvernement à financer le processus électoral ; aux organes de contrôle (IGF, Cour des comptes) d’initier un audit complet de la CENI de 2012 à ces jours. Qu’avez-vous contre ?

  3. Eza coop ! Tout est Coop avec ce pouvoir Tshilejelu ! Ce sont des  » malades mentaux d’argent  » comme l’a dit le Professeur Tongele.
    Miyibi sans gène. Ils vont finir par voler l’eau du Fleuve Congo.
    Et les congolais regardent sans broncher… Mawa !

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