RDCongo: Inquiétudes de la VSV suite à l’occupation prolongée de Bunagana par le M23

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La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) exprime ses inquiétudes consécutivement à l’occupation prolongée par les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) appuyés par les Forces de Défense du Rwanda (RDF) de la cité de Bunagana, centre commercial transfrontalier situé à une trentaine de kilomètres de Rutshuru-Centre, au Nord-Kivu, à la frontière avec l’Ouganda.

Pour se soustraire des exactions des rebelles du M23, une partie de la population de la cité de Bunagana s’est déplacée vers l’Ouganda et une autre vers les localités de la RDCongo jugées sécurisées notamment Ntamugenga, Burayi, Rumangabo, Kiwanja, Rutshuru-Centre etc. Il sied de souligner que les déplacés forcés mènent une vie difficile caractérisée par la carence d’eau et de nourriture.

Il revient à la VSV que lors de la prise de Bunagana, les rebelles du M23 et leurs alliés rwandais ont saccagé et vandalisé les matériels et équipements de la Voix de Mikeno, une radio communautaire émettant sur place. Ils ont également pillé des maisons, des boutiques et certains bureaux avant d’emporter des biens et autres effets à bord des camions.

Dans l’entretemps, depuis vendredi 15 juillet, les rebelles du M23 ont mis en place les différents services frontaliers qui font payer les taxes à la population de la cité de Bunagana lors des divers mouvements et autres trafics.

Il convient de souligner que depuis l’occupation de la cité de Bunagana par les rebelles du M23, la population fait face à une situation dramatique sur le plan sécuritaire, économique et humanitaire se traduisant par des tueries, la multiplication des exactions et autres exigences des taxes contre les populations civiles. Force est de constater qu’à l’heure actuelle, l’Etat rdcongolais n’arrive pas à restaurer l’autorité de l’Etat à Bunagana. Cette situation contraint les populations civiles à se résigner sans vaquer librement à leurs occupations quotidiennes.

Il sied de rappeler que dans le but de solliciter le soutien de l’Ouganda dans ses efforts pour le délogement des rebelles du M23 à Bunagana, la RDCongo avait dépêché le 14 juillet 2022 à Kampala, une délégation conduite par M. Alexis Gisaro, ministre d’Etat en charge des Infrastructures et travaux publics. A cette occasion, le président ougandais Yoweri Museveni a invité l’Etat rdcongolais à privilégier le dialogue avec le M23 au lieu de la guerre. Ainsi, la VSV se demande-t-elle comment et pourquoi l’Ouganda peut-il inviter l’Etat rdcongolais à dialoguer avec les rebelles du M23 pendant que l’Etat ougandais et le rwanda refusent de dialoguer avec leurs propres rebelles des ADF et du FDLR?

Tout compte fait, la VSV invite:

Le gouvernement rdcongolais à:

  • Extirper des rangs des FARDC des infiltrés et des brebis galeuses qui n’hésitent pas à trahir leur propre pays;
  • Mettre tout en œuvre pour doter les FARDC des moyens matériels et financiers conséquents devant permettre la reconquête de Bunagana, et de garantir l’intégrité du territoire de la RDCongo;
  • Appuyer davantage les FARDC dans la lutte pour la neutralisation des rebelles du M23 et leurs alliés rwandais et garantir ainsi la défense de l’intégrité de la RDCongo.

Les FARDC à:

  • Etre déterminées à défendre l’intégrité du territoire de la RDCongo;
  • Ne pas céder à des manipulations sachant que toute la population est derrière elles.

Fait à Kinshasa, le 22 juillet 2022.


LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

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4 thoughts on “RDCongo: Inquiétudes de la VSV suite à l’occupation prolongée de Bunagana par le M23

  1. Que des malheurs continus à l’Est : la prise en otage de Bunangana avec ses suites economiques, sociale et humanitaires malheureuses, les massacres des ADF, des CODECO et autres groupes terroristes. Que demander sinon des efforts payants de l’Etat Congolais pour doter nos Fardc d’une capacité dissuasive et offensive pour vaincre les ennemis. Lui demander de faire tout ce qu’il n’a pas fait jusqu’ici car il va sans dire que cette guerre doit rester la priorité, même une diplomatie agissante à Luanda, à Nairobi ou que sais-je ne vient qu’après.

  2. Finalement le M23 sont des sujets congolais manipulés par le pouvoir de Paul Kagame ou des envahisseurs rwandais téléguidés par le pouvoir de Paul Kagame ou encore des rebelles congolais en conflit avec le pouvoir central congolais ? On s’y perd, c’est quoi leur réelle identité.

  3. Cher Lidjo,
    Permettez-moi de vous répondre avec ce que je sais, assez je l’espère.
    Les M23 sont d’abord tous rwandophones, c’est dire qu’ils parlent kinyarwanda, c’est dire aussi qu’ils viennent tous du Rwanda = Banyarwanda = venus du Rwanda. Autre particularité dans leur cas, ils sont essentiellement de l’ethnie de Kagame.
    La question majeure : sont-ils Congolais ou pas ? La réponse est que depuis des lustres le Congo a reçu des nombreux immigrés venus du Rwanda officiellement (pendant la colonisation) ou spontanément dont souvent ceux de l’ethnie d’Habyramana, installés pour la plupart d’entre eux dans le Nord Kivu et plutôt intégrés jusqu’au haut niveau de la société et des institutions, leur nationalité peut être conditionnelle du point de vue légal strict dans la mesure où différentes lois ont été successivement faites pour eux parfois se contredisant, dans les faits leur nationalité est acceptée, logique sauf avis contraire.
    Depuis les années 80 des Banyarwanda particuliers essentiellement des frères de Kagame ont posé problème avec des revendications territoriales en conflit avec les autochtones, le cas de Banyamulenge dans le Sud Kivu. Peut-on les déclarer automatiquement Congolais comme l’a clamé notre PR ? Le cas des M23 qui se révèlent avoir le cul sur deux chaises, le Rwanda et le Congo nous invite à la prudence surtout que Kagame les utilise pour investir, occuper, déstabiliser et piller le Congo. Voilà où on en est : les autorités Congolaises doivent-elles négocier avec eux, doit-on pondre des nouvelles lois pour dire le dernier mot. Pour moi il nous faut un leadership Congolais responsable, lucide et courageux qui propose une résolution finale pour en finir une fois pour toutes, par exemple éliminer d’abord de notre Nation tous ceux parmi eux qui se seront rendus coupables de crimes graves contre le Congo et les Congolais. Et c’est possible…

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