Violences sexuelles à Kinshasa : « nous étions très loin d’imaginer la barbarie dont sont victimes nos enfants dans cette ville », Denis Mukwege 

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Vendredi 9 septembre 2022 – 18:10

Femme

Photo/Actualité.cd

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Le prix Nobel de la paix 2018 a pris la parole le 07 septembre, à l’occasion du lancement officiel du projet « Tosungana » porté par la Clinique Panzi de Kinshasa. Le Docteur Denis Mukwege a fustigé l’ampleur des cas de violences sexuelles exercées sur les mineures dans la capitale, avant d’exhorter les participants à maximiser les actions contre les auteurs de ces actes.

« Lorsque nous avons eu l’idée d’ouvrir un centre médical à Kinshasa, nous étions loin de nous imaginer la découverte de la barbarie dont sont victimes nos enfants dans cette ville. Dès que nos activités ont commencé, la Clinique Panzi de Kinshasa a reçu 4 fillettes. La moins âgée avait 6 ans et la plus âgée 13 ans. La plus jeune venait de Pakadjuma, elle n’est jamais allée à l’école. (…) Elle nous a dit qu’elle voulait devenir magistrat pour punir les méchants. En tant qu’adultes, cette réponse devrait nous interpeller. Si nous ne sommes pas révoltés par ce qui se passe à Pakadjuma, quelque part nous avons perdu notre humanisme« , lance-t-il aux participants. 

(Re) Lire : Pakadjuma : faire des conditions de vie une priorité avant la lutte contre la prostitution

Et d’ajouter, « aujourd’hui, après la prise en charge holistique que nous lui avons offerte et que nous offrons à toutes nos patientes, cette fillette s’est rétablie graduellement. (…) malheureusement, plusieurs petites filles vivent la même situation en RDC « . 

Pour le responsable de la Fondation Panzi, le projet  « Tosungana » a le mérite d’apporter sa contribution au travail que mènent d’autres organisations œuvrant dans le domaine des violences sexuelles à Kinshasa où les besoins se font sentir contrairement aux prévisions. « Parfois, on pense que les violences sexuelles en RDC sont localisées plutôt dans l’Est mais, on voit très bien que cette tendance de destruction en utilisant une arme qui est moins chère et facile à manier, la violence sexuelle gagne de plus en plus du terrain ».

NON aux violences

To sungana (aidons-nous en français), a reçu des fonds du gouvernement canadien. Le Dr.Mukwege a précisé qu’il a eu des échanges avec le ministre de la santé à propos du traumatisme collectif à répétition auquel est confronté la population de la RDC qui vit des violences depuis 25 ans. Il a également plaidé auprès de la ministre du genre, famille et enfant, une prise en charge holistique (médicale, psychologique, juridique, réinsertion sociale et économique) à offrir aux victimes. 

« Je ne voudrais pas finir sans interpeller notre conscience collective par rapport à cette question des violences sexuelles sur nos fillettes de Kinshasa dans un contexte d’impunité. Ce qui se passe à Pakadjuma devrait choquer notre conscience et nous amener à nous mobiliser. Il est de notre devoir de protéger ces enfants, de génération en génération. Nous devons nous lever comme un seul homme et dire simplement non à cette pratique qui met en danger l’avenir de nos enfants et tout l’avenir de notre société», a dit le Dr Mukwege

Pour rappel, 70 000 femmes ont été opérées pour viol avec extrême violence par le Docteur Mukwege en 23 ans. L’hôpital de Panzi de Bukavu, prend en charge pour viol environ 8 femmes par jour dans tous ses One Stop Centers (Hopital de Panzi, Centre Hospitalier de Bulenga, Centre Hospitalier de Mulamba et Clinique Panzi Kinshasa tous réunis), Par année, c’est 3000 femmes.

Prisca Lokale/ACTUALITE.CD

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One thought on “Violences sexuelles à Kinshasa : « nous étions très loin d’imaginer la barbarie dont sont victimes nos enfants dans cette ville », Denis Mukwege 

  1. Dr Mukwege decouvre à travers son projet ‘Tosungana’ plus qu’il ne s’imaginait l’ampleur des violences sexuelles en plein Kinshasa. Pakadjuma ce quartier truffé de prostitution à Kinshasa se découvre un repère affreux des violences sexuelles envers les jeunes filles, d’une barbarie insoupconnable dont y sont victimes les enfants. Les violences sexuelles ne sont pas localisées que dans l’Est, la tendance de destruction en utilisant une arme moins chère et facile à manier, la violence sexuelle, gagne de plus en plus du terrain. Il interpelle notre conscience collective par rapport à cette question des violences sexuelles sur nos fillettes dans un contexte d’impunité à Kinshasa et nous demande de nous mobiliser pour cette cause, population et dirigeants. Nous nous devons de protéger les enfants, leur présent et leur avenir et au-delà , celui de notre société.
    Que dire sinon espérer qu’à son expérience et à son engagement en ce domaine reconnus de tous se joindront autorités, population et autres organisations qui oeuvrent dans ce secteur pour que sa ‘Clinique de Panzi’ a Kinshasa obtienne les moyens de bien opérer.

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