Vous avez dit « les enfants de Mzee »?

Read Time:5 Minute

Le clan de « Joseph Kabila » a les nerfs à vif. En cause, le déguerpissement, mercredi 24 août, de Zoé « Kabila » de la villa située au numéro 2, avenue Likasi, dans la commune kinoise de la Gombe. Un bien immobilier manifestement mal acquis. « C’est un immeuble appartenant au domaine privé de l’Etat », a inscrit noir sur blanc l’ancien ministre de l’Urbanisme et Habitat, le FCC Joseph Kokonyangi. Son successeur Pius Muabilu ne dit pas autre chose. Autrefois, les deux hommes étaient des « camarades » au sein de la mouvance « kabiliste ». C’est un autre débat.

Dans ce Congo démocratique où des « diplômés » de l’Ifasic (Institut facultaires de sciences de l’Information et la Communication) n’hésitent pas à confondre le noble métier de journaliste et celui d’agent de relations publiques, il n’est plus rare de voir des individus imbus de leur « savoir » se faire inviter dans de débats pour défendre non pas les valeurs mais plutôt « Monsieur Fulani » ou « Madame Sissa ». Dans « l’affaire Zoé », ces diplômés ont sorti l’artillerie lourde en organisant un point de presse. Objet: permettre au frangin de l’ex-raïs de dire « sa part de vérité »… par la bouche de son avocat. C’était le jeudi 25 août. Zoé fait partie de la fratrie « Kabila » composée de Joseph, de Jaynet et du premier cité. La « fratrie Kabila ». Parlons-en!

La guerre dite des « Banyamulenge » a commencé en septembre 1996 soit un mois avant la naissance de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo). Point n’est besoin de rappeler que l’AFDL a été conçue par le président ougandais Yoweri Kaguta Museveni et son « filleul » rwandais Paul Kagame, alors vice-président et ministre de la Défense du Rwanda.

C’est au lendemain de la prise de la ville de Kisangani par les troupes rwandaises de l’AFDL que des informations fragmentaires feront état de l’existence d’un certain « commandant Hippo », alias « Joseph Kabila » qui serait le bras droit du colonel rwandais James Kabarebe. C’était au mois de mars 1997. Le jeune homme était présenté comme étant le « fils » de Laurent-Désiré Kabila.

Le 17 mai 1997, LD Kabila « s’empare » du pouvoir d’Etat à Kinshasa. Joseph est propulsé chef d’état-major des forces terrestres. On ne le dit pas assez, mais le premier acte du duo Kabarebe-Joseph aura été l’internement de 42.000 militaires des Forces armées zaïroises (FAZ) dans un camp de concentration à la Base de Kitona. Six mois durant. Chaque semaine, on dénombrait au moins une dizaine de cas de décès.

Sans vouloir tirer de conclusion hâtive, il apparait déjà que le nommé « Joseph Kabila » et le colonel rwandais Kabarebe étaient chargés d’une « mission spéciale ». Celle de maintenir le Congo-Kinshasa à genoux, privé d’une armée dissuasive. Et ce pour mettre la sécurité du Rwanda et de l’Ouganda à l’abri de « menaces futures » en provenance de l’ex-Zaïre.

Fin juillet 1998, Mzee Kabila met fin à la « coopération militaire » avec l’Ouganda et le Rwanda. En août de cette même année, une nouvelle « rébellion congolaise » voit le jour… à Kigali. Nom: « Rassemblement congolais pour la démocratie » (RCD). Passons les détails. Sauf un. A savoir qu’après la prise de la localité de Pweto, au Katanga, par les troupes rwandaises du RCD, le président LD Kabila était fou furieux. Non seulement parce qu’un important arsenal est tombé entre les mains de ses ennemis rwandais mais surtout parce que tous les doigts accusateurs étaient pointés vers le chef d’état-major des forces terrestres. N’eut été l’intervention d’Augustin Katumba, alors gouverneur du Katanga, Mzee aurait fait fusiller « son fils », accusé de « haute trahison ».

A en croire Georges Mirindi, ex-officier de sécurité à la Présidence, « Mzee avait signé son arrêt de mort en annonçant, le 28 décembre 2000, au Camp Kimbembe, à Lubumbashi, sa volonté d’épurer l’armée de tous les généraux incompétents » (Georges Miridi, « La mort de LD Kabila: Ne nie pas c’était bien toi », Editions Vérone, Paris, 2019). Parmi les généraux et officiers supérieurs visés, on trouvait en tête « Joseph Kabila », John Numbi et le colonel Eddy Kapend. La liste n’est pas exhaustive. Question: ces généraux incompétents avaient-ils pris la résolution d’éliminer Mzee Kabila en simulant un attentat qui était en réalité un « coup d’Etat de palais »?

Le 16 janvier 2001, Mzee Kabila meurt dans son bureau au palais de marbre. « Joseph Kabila », lui, se trouvait en « résidence surveillée » à Lubumbashi. Les Congolais apprendront avec stupeur, dès le lendemain 17 mai, que Joseph a quitté la « résidence surveillée » pour assumer l’intérim du chef de l’Etat.

La dame Sifa Mahanya, la prétendue mère du trio Joseph, Jaynet et Zoé

Lors des obsèques de Mzee Kabila, les ex-Zaïrois remarquent une « dame éplorée ». « C’est la veuve Kabila », pouvait-on lire dans la presse belge francophone. Nom: Sifa Mahanya. D’après Mirindi, cette dernière serait d’origine ougandaise. C’est à cette occasion que l’on va découvrir une jeune dame qui serait la « sœur jumelle » du successeur de Mzee. Prénom: « Jaynet ». Elle a fait ses études primaires au « Green Valley Primary School » en Ouganda avant de poursuivre les études secondaires à Irambo Secondary School, en Tanzanie. La dame Sifa avait menti en alléguant dans une interview au quotidien « Le Soir » de Bruxelles que « Joseph » et Jaynet » avaient étudié dans le maquis de Hewa Bora ainsi qu’au Lycée français de Dar es Salaam.

Les médias occidentaux vont rivaliser en imagination dans la propagande. But: faire gober aux Congolais que « Mama Sifa » serait une native du Maniema. Et qu’elle serait Congolaise de mère et de père, issus de l’ethnie Bango-Bango.

Dans son allocution d’investiture prononcée le 26 janvier 2001, le président « Joseph Kabila » d’annoncer: « J’assure le peuple congolais qu’une enquête judiciaire est déjà ouverte afin que la lumière soit faite sur les circonstances de l’assassinat de l’illustre disparu ».

Lors de la campagne électorale de la Présidentielle de 2006, les Congolais aperçoivent un jeune homme vêtu d’un veston blanc. La ressemblance était frappante avec Joseph. C’était lors d’un meeting à la Fikin. On apprendra qu’il s’agit de Zoé, le « troisième enfant » de LD Kabila avec « Sifa ». Faux! La dame Sifa était auparavant mariée à un certain Michel Lukoma. Ils avaient une fille – Mary Mwamini – qui vivait en Ouganda.

Mzee a dû se retourner dans sa tombe le 24 janvier 2019 après avoir constaté que « son fils » n’a pas honoré sa promesse de « faire la lumière » sur les circonstances de sa mort. Bien au contraire, le dossier criminel fut purement et simplement enterré durant les dix-huit années de sa présidence.

Que conclure sinon que « Joseph », « Jaynet » et « Zoé » sont les principaux « profiteurs » du crime d’Etat non-élucidé de « leur père ». Ils se sont constitués une immense fortune planquée notamment dans des paradis fiscaux. Sans omettre un inestimable patrimoine immobilier. Vous avez dit: « les enfants de Mzee »?


Baudouin Amba Wetshi

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

8 thoughts on “Vous avez dit « les enfants de Mzee »?

  1. Vous voulez simplement nous rappeler par votre article depuis le coup d’état du 17 mai 1997, le Zaire-Rdc est entré sous une occupation qui ne dit pas son nom jusqu’à ce jour avec des personnages sulfureux et la complicité active des congolais de sang.

  2. LE KONGO-ZAÏRE EST SOUS-OCCUPATION ÉTRANGÈRE EST DANS UNE OBSCURITÉ SATANO-OCCULTO-NÉCROMANCIENNE ! Coachés, cooptés et sponsorisés par Paul Kagame [le plus grand criminel de guerre en fonction aujourd’hui dixit le Professeur émérite de l’Université d’Anvers, Filip Reyntjens], les faux enfants (Hippolyte, Jaynet et Zoé) de Mzee Kabila et les enfants (Tshilombo-Pétain JOUISSEUR TRAÎTRE et l’ESCROC VOLEUR Christian Tshisekedi le faux baron) de Etienne Tshisekedi codirigent la RDC occupée par les Banyarwanda en complicité avec toute la classe politique RDCienne inféodée au Rwanda, Burundi et Ouganda. Dans un pays occupé rempli des Cold Case où les CRIMINELS (tueurs en série), empoisonneurs politichiens et autres quidam vivent paisiblement après leurs forfaits et crimes sans que la police nationale médiévale n’esquisse un semblant d’enquête pour élucider tant de dossiers louches qui nécessitent pourtant des sérieuses enquêtes criminelles avec des investigations bien agencées et documentées. L’assassinat de Mzee Kabila pour avoir tenu tête à ses parrains Banyarwanda de l’Empire Hima qui l’ont porté au pouvoir a conduit notre Beau et Grand Pays vers des eaux tumultueuses de la Balkanisation… « L’obscurité ne chasse pas l’obscurité, seule la lumière peut le faire. » dixit Martin Luther King. RÉVEILLEZ-VOUS ! VIVE LE SOULÈVEMENT POPULAIRE. INGETA

    1. **LE KONGO-ZAÏRE SOUS-OCCUPATION ÉTRANGÈRE EST DANS UNE OBSCURITÉ SATANO-OCCULTO-NÉCROMANCIENNE !…

  3. Le parcours politique de Laurent Desiré Kabila est un véritable roman à l’Agathe Christie. Avant sa prise de pouvoir, L. D. Kabila était un personnage digne d’un dessin animé. Tout en lui reconnaissant l’aversion qu’il avait envers Mobutu, à qui il ne voulait même pas serrer la main, le reste est d’une tristesse incroyable. Piètre organisateur, son long combat de maquisard ne lui a pas permis de mesurer le défi qui était devant lui. D’ailleurs Che Guevara qui a tenté de lui donner un coup de main s’en est rendu compte rapidement. Lorsque Kakuta Museveni le présente à Kagame, ce dernier a failli tomber à la renverse en découvrant l’état dans lequel se trouvait L.D. Kabila. Bref, faute de mieux, Kagame et Kakuta ont décidé de faire avec, la suite on la connait. Concernant la désignation de celui qui se fait appeler Kabila pour succéder à L.D. Kabila, l’histoire retiendra l’écrasante responsabilité que She Okitundu, Sakombi Inongo et Mwenze Kongolo qui ont eu tout le mal a expliquer devant les madias du monde entier médusés pourquoi cet inconnu devait succéder au défunt Predident auto-proclamé L.D. Kabila. Aujourd’hui avec le recul, les choses sont plus claires. Pour ce qui est de cette mystérieuse fratrie qui a fait la pluie et le beau temps chez nous, nous espérons qu’un cinéaste sera inspiré pour en faire un thriller. Mais tout compte faite, les congolais sont seuls responsables de toute cette aventure qui mêle mafia politique et désastre socio-économique.

  4. Il va sans dire que les traîtres-collabos congolais ont été à la base de la descente aux enfers de notre beau pays et à l’ascension de cette damnée fratrie. Et pour sortir du gouffre, nous Congolais patriotes avons le devoir et l’obligation de nous débarrasser à tout prix premièrement de ces détestables collabos si nous voulons nous affranchir de nos envahisseurs et occupants.

  5. J’aime la constance avec laquelle BAW règle les comptes avec ces gens venus d’ailleurs où se mêlent rwandinite, ougandinite et tanzanite, c’est une nécessaire oeuvre de salubrité souveraine !
    La progéniture de LDK pose problème d’abord en raison de l’opacité du parcours de ceux qu’on nous présente comme ses enfants et leur mère cela grandement aussi en raison de la vie trop brouillonne de leur géniteur présumé. Ensuite parce que ces présumés enfants ont fait main basse sur les institutions et les richesses de notre pays. N’empêche qu’il faut se mefier de ce feuilleton parce qu’il n’est pas impossible que les fameux « Joseph, Jaynet, Zoé et d’autres aient une parenté biologique ou légale avec LDK fût-ce à voir certaines apparences physiques. Du coup ce qui doit préoccuper les Congolais c’est leur main basse sur nos institutions et nos richesses. Une chance sur dix est que Zoé se soit emparé de l’immeuble dont on le déloge aujourd’hui illegalement grâce à sa prétendue descendance de LDK et il est acceptable qu’aujourd’hui l’autorité de tutelle sur le patrimoine immobilier de l’Etat l’en prive à condition bien sûr que tout cela le soit en respect des lois et pourquoi avec attention aux propriétaires d’avant.
    Une question pour rire à notre estimé BAW qui selon moi défend parfois l’indefendable : vous dites bien que ces « Kabila » se sont constitués une immense fortune planquée notamment dans des paradis fiscaux et un inestimable patrimoine immobilier au pays ; croyez-vous que vous n’avez pas besoin de passer devant le tribunal comme vous l’exigez de Kabunda, faux-enfants de Mze ou pas pour vous permettre de l’affirmer ? C’était pour rire, avais-je dit, kiekiekieee

    1. Contrairement à KABUND qui doit prouver ses accusations devant les juges contre FATSHI, si interpelé par les tribunaux, notre cher compatriote B.A Wetshi et ses avocats auront toute la documentation déjà élaborée qui attestent ses affirmations contenues dans cet article sur les immenses fortunes planquées notamment dans des paradis fiscaux et un inestimable patrimoine immobilier au pays. Nous citons les rapports : Mapping, Bloomberg, Panama Pappers, Congo Hold-Up, etc.

      1. @Lokumu
        Vous dites que contrairement à Kabunda, BAW a une défense en béton pour dénoncer les crimes économiques commis par les frères ‘Kabila’, en l’occurrence, Mapping, Bloomberg, Panama Pappers, Congo Hold-Up, etc…, cela ne suppose-t-il pas qu’il viendra un jour où les mêmes crimes mis sur le compte du régime Tshisekedi sortiront du boisseau ? Il a fallu du temps et du travail pour que les faits dénoncés par le Rapport Mapping, les Panama papers, Blomberg, Congo hold-up, etc soient réunis et publiés ; et avec çà certains ne les reconnaissent toujours pas moins. A noter aussi que pendant ce temps il n’y a pas que Kabunda seul qui porte les accusations sur la gestion de Tshisekedi, beaucoup d’autres observateurs locaux et étrangers ne sont pas tendres sur sa gestion économique. Demain est un autre jour, il pourra nous réserver des révélations plus claires et plus inattaquables…

Comments are closed.

Previous post Décès de Mme Anne Tanganzi Yinda à Kinshasa/Mont Ngafula après son enlèvement par des hommes armés
Next post Rapport sondage – Congolais cherchent démocrates