« Du village à la République », mémoires d’Alexis Thambwe Mwamba

L’ancien président du sénat de la République démocratique du Congo, Alexis Thambwe Mwamba, vient de publier aux éditions M.E.O ses mémoires, dans un ouvrage intitulé « Du village à la République », dans lequel il décrit le long parcours de sa vie, de son village Longa, dans la province du Maniema, à la capitale Kinshasa.

Dans ces mémoires, l’auteur, avocat au barreau de Kinshasa, ancien ministre, mais sénateur de son état, retrace son parcours politique et professionnel, s’attardant sur les responsabilités qu’il a exercées. Il insiste sur certaines de ses rencontres, dont celle avec Léon Kengo wa Dondo, « un des hommes les plus importants de mon existence », affirme-t-il, qui lui a mis « le pied à l’étrier du monde politique en l’appelant au gouvernement », sous le régime du maréchal Mobutu Sese Seko.

« Dès que je l’ai rencontré, j’ai été conquis par sa personnalité hors du commun, par son intelligence, mais surtout par son grand sens de l’Etat. Ce n’était pas un politicien au sens où nous l’entendons communément, mais un homme pour qui le bien et la pérennité de l’Etat constituaient des idées fixes », précise-t-il à propos l’ancien Premier ministre, Léon Kengo wa Dondo, préfacier de son ouvrage.

Dans sa préface, Kengo, président honoraire du Sénat, qualifie de « hantise », la « rage de vaincre à tout prix et d’accéder lui aussi à la cour des grands » qui caractérise Thambwe Mwamba, ajoutant que ce dernier « exalte certains actes nationalistes de Mobutu », notamment la sidérurgie de Maluku, le barrage d’Inga et la mise en place d’une armée forte au cœur de l’Afrique. Il relève aussi que l’auteur formule beaucoup de réflexions personnelles notamment sur la politique, la forme de l’Etat appropriée à la RDC, la rétrocession aux provinces et la caisse de péréquation.

Rencontre avec Kabila et ralliement à la rébellion

Concernant l’ancien Président Joseph Kabila, qu’il a rencontré pour la première fois, en 2003, le sénateur Alexis Thambwe souligne qu’il s’est installé, après cette « rencontre fondatrice, une collaboration franche, loyale, fondée sur une vision commune de l’avenir de notre pays ».

Le livre expose également des séquences de la vie nationale. L’auteur évoque notamment son ralliement à la rébellion et les « soubresauts insurrectionnels » qui ont secoué la RDC, à partir d’août 1998, en rappelant que, lors de sa prise du pouvoir, le président Laurent-Désiré Kabila avait déclaré que « tous ceux qui avaient œuvré aux côtés du président Mobutu ne reviendraient pas aux affaires avant trente ans ». « Qu’aurais-je donc pu faire d’autre? », s’interroge Thambwe Mwamba, dans le prologue.

Dans la postface, qui semble être un des derniers textes qu’il a écrits avant sa mort, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya exhorte les responsables à la nécessité d’écrire. « La rédaction des mémoires pour ceux qui occupent ou ont occupé de grandes responsabilités relève, avant tout, d’un devoir de transmission envers les jeunes générations », assure-t-il. En effet, explique-t-il, « ils partagent une expérience et offrent un modèle à ceux qui veulent leur emboîter le pas, autant dans le bien et le mérite à reproduire, que dans le mal et les échecs à éviter ».

ACP/

1 Commentaire on “« Du village à la République », mémoires d’Alexis Thambwe Mwamba

  1. Oui, surtout le mal lorsqu’on a manifesté sa jubilation lors de la destruction d’un aéronef dans lequel avait pris place certains membres de sa famille. Comme cynisme, on ne peut pas faire mieux. J’espère que dans ses mémoires, cet épisode de sa vie sera repris pour nous édifier. Dire que le Congo a enfanté des monstres du genre; Numbi et Tambwe Mwamba !!. Que dire de Kengo un autre tortionnaire de la pure espèce qui a envoyé des dizaines de nos compatriotes devant le peloton d’exécution à l’époque de Mobutu. Il n y a pas de quoi pavoiser quand les criminels se gèrent des fleurs et se congratulent.

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