Congo-Kin: Qui est qui dans le nouveau Bureau du Sénat?

Alexis Thambwe Mwamba (Président), Samy Badibanga Ntita (1er Vice-Président), John Tibasiima Mbogemu Ateenyi (deuxième Vice-Président), Prince Kaumba Lufunda (Rapporteur), Marie-Josée Kamitatu Sona (Rapporteur adjoint), Eric Rubuye (Questeur), Lelo Nzazi (Questeur adjoint). C’est la nouvelle équipe qui va, de manière collégiale, organiser les travaux et diriger les services de la chambre haute du Parlement congolais durant les quatre années et cinq mois qui restent de la législature en cours. Quel est le parcours de chacune de ces personnalités? C’est l’exercice pour le moins ardu auquel s’est livré notre journal. Rubuye, Kamitatu Sona et Lelo Nzazi semblent être des « illustres inconnus ». Force est de constater que la majorité des « nominés » est composée des « hommes du passé » dont le parcours heurte le « renouveau » pour lequel les Congolais sont allés massivement voter le 30 décembre 2018.

L’alternance n’a pas eu lieu. Tel un serpent qui change de peau tout en restant venimeux, l’ancienne majorité présidentielle (MP) – qui a fait plus la pluie que le beau temps durant les 18 années cauchemardesques de « Joseph Kabila » – s’est métamorphosée en « majorité parlementaire ». Celle-ci a achevé, samedi 27 juillet 2019, la prise de contrôle du Parlement congolais (Assemblée nationale et Sénat). Une véritable O.P.A. aux conséquences imprévisibles. C’est une des conséquences du fameux « deal » passé entre le FCC et la coalition CACH du duo Tshisekedi-Kamerhe.

Kamerhe et Tshisekedi

Les Congolais retiennent leur souffle en attendant de découvrir la composition du gouvernement central. La publication de la nouvelle équipe est annoncée pour le 29 juillet. Le « clan kabiliste » pourrait dire que la « boucle est bouclée ».  

Alexis Thambwe Mwamba est élu président du Sénat avec 65 voix sur 108. Il succède à Léon Kengo wa Dondo. Des observateurs se consolent d’ores et déjà à l’idée que la chambre haute du Parlement est et reste une assemblée. A ce titre, les « décisions » vont découler du vote et non de la volonté d’un seul homme fût-il Président du sénat.

Battu, Modeste Bahati qui ne misait que sur les voix potentielles de 11 sénateurs étiquetés AFDC-A, a obtenu 43 voix. Un score plutôt respectable face au « rouleau compresseur » du FCC mis à la disposition de Thambwe.

RIEN NE SERA PLUS COMME AVANT

La fronde menée par le président de l’AFDC-A, près de trois ans après celle du « G7 », incline à penser que rien ne sera plus comme avant au sein de la mouvance kabiliste, le FCC. Une brèche est ouverte. Il n’est pas exclu que d’autres « frondeurs » s’y engouffrent.

Dans sa toute première déclaration de « candidat déçu », Bahati ne dit pas autre chose. Pour lui, les voix qu’il a pu engranger constituent ni plus ni moins qu’un « message fort » adressé à l’ancien président « Kabila ». A savoir que « c’est un mouvement qui va continuer et va s’agrandir au sein du Sénat et qui aura un message clair, celui du changement ».

Mais qui sont ces Messieurs et dame qui ont désormais la charge d’assurer la direction du Bureau du Sénat?

  • Alexis Thambwe Mwamba (ATM)

Alexis Thambwe est un homme qu’on ne présente plus sur l’échiquier politique congolais. Natif de la province du Maniema, « Alexis », comme l’appellent ses proches, est né le 6 mai 1943 à Longa.

Juriste de formation et avocat de profession, Thambwe Mwamba a commencé sa carrière dans le secteur privé dans le groupe Empain Schneider où il a fini par gravir tous les échelons.

A en croire l’intéressé, « c’est suite à la demande » de Léon Kengo wa Dondo alors Premier commissaire d’Etat qu’il va faire son entrée dans la politique. C’était en 1985.

« ATM » fait partie de ceux qu’on pourrait appeler les « anciens dignitaires » du régime de Mobutu Sese Seko. Plusieurs fois ministre (Travaux publics, Portefeuille, Transports et communications), l’homme a, par ailleurs, été ambassadeur en Italie avant d’être nommé à la direction générale de l’Office de douanes et accises (ex-Ofida). « J’ai modernisé la douane », clame-t-il dans une vidéo de propagande pour la présidence du Sénat.

Après l’entrée à Kinshasa des « libérateurs » de l’AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo), Thambwe prend le chemin de l’exil. C’était en mai 1997. Au lendemain de la rupture entre LD Kabila et ses anciens parrains ougandais et rwandais, L’homme rejoint, fin 1998, la nouvelle « rébellion congolaise » montée de toutes pièces à partir de Kigali, au Rwanda. C’est la naissance du « Rassemblement congolais pour la démocratie » (RCD). Plusieurs anciens « mandarins » de la IIème République finiront par mordre à l’hameçon. C’est le cas notamment de l’ancien « Premier » Vincent Lunda Bululu.

Sous le régime de Transition « 1+4 », ATM est nommé ministre du Plan avec l’étiquette MLC (Mouvement de libération du Congo) de Jean-Pierre Bemba. Après la présidentielle de 2006, l’ancien président de l’UDI (Union des démocrates indépendants) rejoint la toute nouvelle « Alliance de la majorité présidente » de « Joseph Kabila » sous la bannière de « personnalité indépendante ».

AUCUN SOUVENIR IMPÉRISSABLE

Outre le Plan, Thambwe a eu à diriger deux ministères régaliens. A savoir les Affaires étrangères et la Justice. « Réputé arrogant et fier de l’être », disent ses détracteurs, ce proche du « raïs » n’a laissé aucun souvenir impérissable en termes de réformes dans ces deux départements.

« Alexis » qui s’insère dans le groupe des « nationalistes-souverainistes » autoproclamés qui gravitent autour de « Kabila » n’a pas hésité, alors qu’il dirigeait la diplomatie congolaise, de demander à son homologue belge d’alors Karel De Gucht de lui accorder une « aide » d’un million d’euros. Motif invoqué: assurer le rapatriement des diplomates congolais en poste notamment à Bruxelles. Une démarche inédite. C’était en juin 2010.

Les anciens diplomates congolais en poste à La Haye ont encore frais en mémoire ce message d’une légèreté affligeante envoyé par le ministre Thambwe en plein milieu de l’année scolaire. Celui-ci invitait le personnel à s’apprêter à rejoindre Bruxelles où un avion affrété allait assurer leur retour au pays. Quand? Par quels moyens? Pas un mot. Pas un mot non plus sur les modalités pratiques impliquant la scolarité des enfants, les salaires des agents et le transport des effets personnels. L’aéronef dont question est toujours attendu à ce jour.

Au ministère de la Justice, ATM a brillé par ses violations répétées du prince de séparation des pouvoirs. Dans plusieurs dossiers, l’homme s’est comporté en une sorte de « super procureur ».

LA JUSTICE INSTRUMENTALISÉE

On l’a vu instrumentaliser la justice en montant en première ligne dans au moins trois dossiers: l’attaque présumée de la prison de Makala. Ce ministre qui aime parader avait attribué cet acte, tour à tour, aux prétendus miliciens « Kamuina Nsapu » ainsi qu’aux « Makesa » de l’ex-Bundu dia Kongo.

On pourrait épingler dans le même ordre d’idée le cas du colonel « dissident » John Tshibangu qui a été transféré à Kinshasa en février après son arrestation en janvier 2018 en Tanzanie. « Le colonel John Tshibangu sera jugé dans quelques semaines pour rébellion », claironnait le ministre Thambwe en lieu et place du procureur.

Que dire de l’injonction donnée au procureur général de la République Flory Kabange Numbi d’ouvrir une « information judiciaire » sur des allégations de « recrutement des mercenaires » imputé à Moïse Katumbi Chapwe, alors gouverneur du Katanga. Sans rire, Thambwe lança dans un premier temps le chiffre de 600 « affreux ». Le nombre finit par être revu à la baisse jusqu’à atteindre le chiffre 11. Personne n’a jamais vu un seul mercenaire.

Dans ces deux ministères régaliens, Thambwe s’est révélé un piètre réformateur  mais un « zélé serviteur » des intérêts politiques de « Joseph Kabila ». Et ce, au détriment de l’intérêt général. « Qui a bu boira », dit l’adage populaire.

  • Samy Badibanga Ntita

    Samy Badibanga Ntita

Né le 12 septembre 1962 à Kinshasa, le nouveau 1er vice-président du Sénat a évolué dans le secteur privé avant d’apparaître dans le proche entourage du président Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

Elu député national en novembre 2011, Badibanga prend ses distances par rapport à l’UDPS après son refus d’obtempérer à l’oukase de « Tshitshi » demandant aux élus de son parti de ne pas siéger à l’Assemblée nationale. En dépit de ce différend, « Samy » serait resté en bons termes avec Felix Tshisekedi Tshilombo.

Le 17 novembre 2016, Badibanga est nommé Premier ministre à l’issue du « dialogue politique » piloté par le Togolais Edem Kodjo. Les pronostiqueurs, eux, pariaient sur Vital Kamerhe. En avril 2017, « Samy » est éjecté. Il est remplacé par Bruno Tshibala, alors secrétaire général adjoint de l’UDPS. C’était en marge des concertations politiques arbitrées par la Conférence des évêques catholiques au centre interdiocésain.

L’élection de « Samy » au poste de 1er Vice-Président du Bureau du Sénat est une immense surprise dans la mesure où son « rival malheureux » n’est autre qu’Evariste Boshab, l’ex-secrétaire général du PPRD et ministre de l’Intérieur.

Spécialiste du droit public, Boshab a déployé tout son d’éloquence pour démontrer que « toute constitution est révisable ». L’homme lorgnait sur l’article 220 de la loi fondamentale en vigueur qui limite notamment la durée et le nombre de mandat du Président de la République. Le second et dernier mandat de « Joseph Kabila » a expiré le 19 décembre 2006.

Des analystes n’excluaient pas samedi 27 juillet que la défaite de Boshab ait été « organisée » par des « stratèges » du PPRD pour mieux faire passer, au sein de l’opinion, la pilule de l’arrivée du « très mal aimé » Alexis Thambwe Mwamba à la tête de la chambre haute. 

Notons que Badibanga s’est présenté sous la bannière d’un fantomatique parti dénommé « Les progressistes ». Ceux-ci auraient-ils des accointances avec la mouvance kabiliste? Mystère!

  • John Tibasiima Mbogemu Ateenyi

    John Tibasiima Mbogemu Ateenyi

Natif de la province de l’Ituri, Jean-Baptiste dit « John » Tibasiima Mbongemu Ateenyi est né le 7 septembre 1951 à Nyankunde. Licencié psychologie, Tibasiima est un Hema du Sud.

C’est en 1987, que cet Iturien s’est engagé en politique en tant que commissaire du peuple (député) sous le MPR- parti Etat. Il devient membre du Haut conseil de la République, parlement de transition (HCR-PT). De 1993 à 1996, il est PDG de l’office d’or de Kilo-Moto (Okimo) avant de rejoindre l’AFDL en 1997.

Fin 1998, Tibasiima rejoint le RCD. Après l’éclatement de ce mouvement en plusieurs groupes dissidents, il se rallie au RCD-ML dirigé par Antipas Mbusa Nyamwisi. « John » finit par mettre sur pied son propre mouvement rebelle dénommé « RCD-Bunia ».

En 2003, « John » est promu ministre de l’Urbanisme et de l’habitat sous le régime de transition « 1+4 ». Son nom fut pourtant épinglé dans le rapport rédigé par le panel des experts onusiens sur le pillage des ressources naturelles au Congo. En janvier 2007, il est élu sénateur à Irumu.

  • Prince Kaumba Lufunda Samajiku

    Prince Kaumba Lufunda Samajiku

Natif du « Grand Katanga », âgé de 62 ans, Kaumba qui est docteur en philosophie et licencié en criminologie a été recteur de l’Université de Lubumbashi.

L’homme s’est fait connaitre en 2008 lorsqu’il a été appelé à succéder à Guillaume Samba Kaputo – décédé en 2007 – au poste de conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de Sécurité. Il assumera, par la suite, les fonctions de directeur de cabinet au ministère de l’Intérieur.

  • Marie Josée Kamitatu Sona

On sait très peu de chose sur le nouveau Rapporteur adjoint du Bureau du Sénat. Elle est membre de l’ARC (Alliance pour le renouveau du Congo), un parti membre de la plateforme politique « Lamuka« .

  • Eric Rubuye Hakizimwami (Questeur)

Selon des sources, Eric Rubuye serait un Mushi du Sud Kivu. Proche de l’ex-chef d’état-major des forces terres des FARDC Sylvain Buki Lenge – décédé en juin 2006 -, le nouveau questeur serait un « parent par alliance » de « Joseph Kabila« . « Eric » aurait pour seconde épouse, une certaine « Agathe » qui serait une des filles de feu Mzee Kabila. Par la volonté de « autorité morale » du FCC, les finances du Sénat congolais seront « gérées en famille« .

Rubuye est issu du monde des affaires et serait membre de l’ACO (Avenir du Congo).

  • Rolly Lelo Nzazi (Questeur adjoint)

Bahati a été battu par Thambwe. En janvier 2007, Léon Kengo wa Dondo, candidat indépendant à la Présidence du Sénat, créa la surprise en terrassant le PPRD She Léonard Okitundu.

Selon les « mauvaises langues« , convaincu de sa victoire, « She » avait mis quelques bouteilles de champagne au frais pour célébrer sa « victoire« . Il n’avait pas omis d’aligner des groupes folkloriques tetela pour exhiber la danse « Londolo » et « Nyeka Nyeka »….

Baudouin Amba Wetshi

9 thoughts on “Congo-Kin: Qui est qui dans le nouveau Bureau du Sénat?

  1. EN BREF LE NOUVEAU PRESIDENT DU SENAT N’EST AUTRE QUE LE TRES ARROGANT JOUISSEUR ET CHASSEUR DES PETITES FILLES, NOUS CITONS DONC THAMBWE MWAMBA. UN MEC PAR AILLEURS SOUS POURSUITES JUDICIAIRES POUR SA PART DE CRIMINAILITE DANS L’ASSASSINAT DES CONGOLAIS LORS DE SON AVENTURE AU SEIN DE LA BANDE A PAUL KAGAME RCD-GOMA.
    VAGABOND POLITIQUE NOTOIRE, THAMBWE EST AUJOURD’HUI LE « CHEVAL-DE-TROIE » DU PETIT MEC VOMI DE KINGAKATI, DONT LE DESSEIN EST D’ENCERCLER ET DE GARDER SOUS SES BOTTES LE NAIF FATSHI ET SON TRES AFFAIRISTE DIR-CAB VITAL KAMERHE.
    AVEZ-VOUS DIT RDC=REPUBLIQUE BANNANIERE? UN CRIMINEL DE L’ACABIT DE THAMBWE EN EST AUJOURD’HUI LA FACE AU SENAT !

  2. Kamitatu Sona est la fille du porteur de malette de Katumbi, Olivier Kamitatu. Ce n’est d’ailleurs pas une lumière… Vive la démocratie !

  3. BRECHE ?
    Oui, il ya une revolte dans les rangs du FCC..quand Bahati a semble-t-il obtenue du ministère de l´Interieur le « monopol » de son organisation politique.
    Entre les lignes, Ndeko Basile qui est le ministre de l´interieur actuellement semble s´opposer á l´éminence grise Nehemie.
    En effet, offrir á Bahati l´AFDC-A quand il a ouvertement quitté le FCC est un acte politique remarquable quand on connait la tactique de Kabila qui consiste á fragiliser ses adversaires en dedoublant leurs partis politiques.
    TAMBWE PAS SI PUISSANT ?
    Etrange de constater que Bahati a pu rassembler plus de 13 voix..Ce qui signifie que dans le FCC, il ya des revoltés qui ont non seulement votés contre Tambwe Mwamba, mais surtout ridiculisés Kabila en votant pour Samy Badibanga.
    Les lecteurs doivent noter que Samy Badibanga est un proche de Felix..Quand il était le président du groupe parlementaire de l´UDPS, malgré le « fatwa », il visitait Tshitshi sans restriction…. kie kie.
    La présence de Samy Badibanga est un contre-poids face aux ambitions de Kabila qui compte utiliser Tambwe comme menace permante contre Felix.
    LA SUITE C´EST AU GOUVERNEMENT ?
    Que compte faire Kabila face á Bahati et tous ceux qui ont visiblement votés contre le FCC? Le second round se joue lors de la publication des membres du gouvernement et tous ceux du FCC qui seront frustés iront gonfler la bande á Bahati.. kie kie
    Kamerhe qui joue au Machiavel de Felix imagine sans doute une autre stratégie pour contrer Kabila et Nehemie

  4. Rien d’étonnant. Le FCC préparait depuis longtemps le retour en très grande force et pompe de Joseph Kabila. Hé oui, celui là même contre qui nombreux de ses laudateurs aujourd’hui avaient marché, à commencer par son masque Félix Tshisekedi, au cri de  » KABILA DÉGAGE « . Oui, Kabila dégage ! A t-il dégagé ? Non. Et toutes ces victimes tombées lors des marches et autres activités de contestation organisées pour que KABILA DÉGAGE, sont-elles tombées inutilement ? Non! Ces victimes méritent que leur mémoire soit honorée par le départ du duo Kabila-Tshisekedi.
    Pour revenir à l’avènement de Thambwe Mwamba au perchoir du Sénat, Kabila nargue la communauté internationale en soutenant la candidature d’une personne ayant des démêlés avec la justice internationale.
    Je ne sais pas si certains ont fait la même réflexion que moi au sujet de la prise en otage par les bonzes de l’ex UDI. Président précédent du Sénat : Kengo wa Dondo, Président de l’UDI, Pésident actuel du Sénat, Thambbwe Mwamba, vice Président de l’UDI.
    C’est tout dire !

  5. # Avec les élections à la tête du Sénat, l’enjeu pour ‘JK’ et son camp était en fait double. Continuer à garder la main sur les affaires de l’État en noyautant toutes les institutions, leur verrouillage à leur service, avec au passage la possibilité de son retour plein au pouvoir demain et mettre à l’abri son camp d’éventuelles poursuites judiciaires nationales et surtout internationales en accordant une certaine immunité, à ses caciques dont Tambwe et Butshabu sont des sinistres représentants. L’impunité de l’ancien régime en somme et leur pari est (presque) gagné : le Gouvernement, l’AN et le Sénat sont sous leurs commandes. Presque parce que ce dernier épisode au Sénat a de quoi leur donner quelques soucis tant il révèle que le cercle de leurs opposants s’élargit.
    # En effet si Tshilombo et ‘JK’ sabrent ensemble heureux le champagne, la base de l’UDPS-CACH n’en démontre pas moins une réelle hostilité à l’encontre du FCC et on peut parier que leurs quelques sénateurs (3 pour CACH) n’ont pas voté pour Tambwe comme d’ailleurs les 7 de LAMUKA et les 11 de l’AFDC-A. Ainsi donc si ça tenait du miracle que Bahati comble l’écart qui le séparait du FCC, avec 43 voix (contre 65 de Tambwe), il a bel et bien gagné 22 voix par rapport aux 21 voix (11 AFDC-A + 3 CACH+ 7 LAMUKA) auxquelles il pouvait prétendre. On peut donc dire qu’il a perdu la bataille haut la main.
    Encore plus significative la surprise Badibanga qui a infligé une déculottée à Butshabu (60 contre 44) à la 1ère Vice_présidence.
    # De tout cela on aurait pas tout à fait tort de dire qu’il y’a comme un début de fissure sérieuse dans la forteresse FCC. La question est alors de savoir si ces opposants au FCC en profiteront efficacement demain pour enfoncer un peu plus les portes du FCC : une probable alliance AFDC-A avec CACH en attendant de l’élargir à LAMUKA et pourquoi pas à d’autres déçus du FCC modifierait à coup sûr les rapports de force en cours. Mais est-ce là le projet même secret de Tshisekedi aujourd’hui noyé dans les urgences et annonces qui ne semblent cibler que ses profits immédiats lui donnant l’apparence d’ainsi asseoir son autorité ?
    On l’a vu taper sur la table contre ses Conseillers mais hélas il ne voit pas assez que ceux-ci sont à son image, participer à leur tour à la mangeoire sans aucune volonté et nulle capacité à assurer le changement attendu, ce fameux « déboulonnage du système dictatorial d’avant ». Si on y ajoute l’ambigu Kamerheon Vice-Président effectif comme profiteur en chef, des nouvelles désillusions sont au rdv et assurément ou presque le règne de ‘JK’ avec ses affidés au Sénat, à l’Assemblée Nationale et au Gouvernement a encore de beaux jours, trop d’amateurisme et de faux pas en face.
    La suite…

  6. Peu à peu, et sans qu’on s’en rende compte, l’édifice FCC se fissure. A moins d’un coup de force, les chances de destituer le Président Fatshi ou de changer la constitution s’aménuisent progressivement. Les Sénateurs FCC (65) qui ont voté pour le larbin pirouette Alexis Tambwe sont certes, bêtes mais pas suicidaires pour autant

  7. Qui est donc ce Thambwe Mwamba?
    Chers compatriotes, a vous d’apprecier ce qui suit extrait d’une analyse de Actualite.cd emanant d’un scientifique Congolais:
    « ……Actualite.cd vous propose cette chronique du professeur Adolphe Voto…sur Thambwe Mwamba et Kinkiey Mulumba:
    Ils ne sont ni l’un ni l’autre Muluba, mais ils en incarnent tous les stéréotypes, au point de dépasser même les vrais Baluba.
    Le nouveau président du Sénat, Alexis Tambwe Mwamba a un frère siamois comportemental en la personne de Triphon Kinkiey Mulumba. Ils se ressemblent étrangement par leurs noms d’origine luba, leur goût du luxe, leur arrogance, leur discours méprisant, leur démarche recherchée avec une main toujours dans la poche, mais aussi leur parcours politique extraordinaire.
    NOMS D’ORIGINE LUBA Mwamba n’est pas muluba, il est du Maniema. Mulumba non plus n’est pas muluba, il est du Bandundu. Mais le destin a voulu leur donner des noms luba dont ils ont incarné le profil et les stéréotypes. Lorsqu’on pose la question à Triphon sur les origines de son nom, il ironise que certainement un aventurier luba est passé par le Bandundu à l’époque. Il semble que les noms que nous portons déterminent notre comportement et notre destin.
    PARCOURS POLITIQUES SIMILAIRES ATM et KKM ont été tous deux des collaborateurs de Mobutu, ils ont été tous en exil avant de rejoindre le RCD Goma, ils ont tous deux combattu Mzee Laurent Désiré Kabila avant de devenir des proches de son fils, Joseph Kabila. La proximité avec le fils aura été si forte au point de faire oublier tous les discours acerbes développés envers le père. Triphon est devenu carrément ‘’amoureux’’ de Joseph avec son Kabila Désir ou Kabila totondi yo nanu te.
    Quant à Alexis, c’est le nouveau « Oncle national » que Joseph a découvert après Emmanuel Ramazani Shadari et devient l’homme en qui Kabila a le plus confiance aujourd’hui, après que Shadari et Boshab se soient montrés défaillants en ne se faisant pas élire. C’est lui qui est désormais chargé d’assurer l’avenir politique du Raïs avec le soutien de Jeanine Mabunda.
    DES ACCROBATES EN POLITIQUE Triphon et Alexis font preuve d’une capacité extraordinaire de rebondissement en politique. N’étant très plongés dans la masse qu’ils regardent d’en haut, ils s’imposent néanmoins comme personnalités au sein de la classe politique. Le parti de Kinkiey n’existe qu’à Kinshasa et dans son Masimbanimba natal. Premier à soutenir le troisième mandat de Kabila, il sera aussi le premier à quitter la barque pour déclarer sa candidature à l’élection présidentielle de 2018.
    Alors que tout le monde trouvait dans sa démarche une aventure sans lendemain, il offre son soutien à Félix Tshisekedi qui sera élu. Aujourd’hui, Kinkiey peut espérer retourner sans problème au gouvernement pendant que d’autres proches de Kabila ne sont pas assurés d’être reconduits. Selon l’Udps, Tshisekedi devrait choisir entre trois noms pour chaque poste.
    Quant à Tambwe Mwamba qui n’appartient à aucun parti politique, Joseph Kabila l’a préféré comme Président du Sénat face aux autres candidats qui ont pourtant apporté des députés au Fcc. Lui qui n’a presque rien apporté, il est désormais la deuxième personnalité politique du pays et peut devenir Président de la République à tout moment.
    LUXE ET PRESTIGE Nos deux ‘’baluba’’ savent vivre. Ils ont le gout du luxe. Ceci se traduit par leurs villas huppés, leurs voitures derniers cris et leurs vêtements toujours catalogués. Tambwe Mwamba ne débossèle pas de voiture. En cas d’accident, la voiture est simplement remplacée par une autre de même couleur. Quant à Kinkiey, son gout pour les voitures de luxe remonte de l’époque de Mobutu où il roulait déjà une jeep Mercedes qui a couté une fortune.
    C’est cette jeep dont Mzee a hérité après que le propriétaire ait traversé le fleuve Congo en pirogue et qu’il a converti en voiture présidentielle. Cette Mercedes va inspirer tous les officiels en commençant par Joseph Kabila et deviendra le symbole de réussite et de différenciation sociale pour les hommes politiques congolais. Chacun veut en avoir pour démontrer de son appartenance à la classe.
    L’ARROGANCE Tambwe et Kinkiey sont connus aussi pour leur arrogance. Ceci se traduit dans leur démarche recherchée et dans leur posture. Ils ont toujours l’air suffisant avec une main dans la poche en public. Si Kinkiey se permet de temps en temps de saluer les gens en face de lui, il faut avoir assez de chance pour que Tambwe Mwamba vous serre la main. Souvent, un hochement de tête avec un petit sourire au coin de lèvre suffit.
    Leur attitude méprisant vis-à-vis des autres est au point que tous les deux appellent le personnel domestique par une clochette et non par leurs noms. Kinkiey Mulumba est surnommé par ses voisins du quartier à Upn ‘’Mumbala vantard’’ pour rappeler ses origines ngwashi. Tambwe Mwamba ne parle pas lingala, c’est une langue des voyous kinois. Il ne touche pas au franc congolais, c’est une monnaie des pauvres.
    A la veille des élections du président du sénat, il rend visite aux cadres du Pprd et prend la parole pour leur dire : ‘’Je ne suis pas du Pprd, c’est la première fois que je vienne ici, et je crois que c’est la dernière fois… J’ai un secret avec Joseph Kabila, ne me demandez pas lequel.’’ Malgré ce discours méprisant, ces députés l’ont soutenu jusqu’à la victoire. (A Fatshi de deviner ce « secret » qu’il avec Kabila !)
    UNE FORMATION SOLIDE Mais il faut reconnaitre qu’Alexis Tambwe Mwamba et Kinkiey Mulumba doivent leur ascension sociale à une bonne formation et un bon parcours professionnelle. Ils ont tous deux une expertise avérée, fruits d’une bonne formation à l’extérieur du pays et d’une carrière professionnelle constante et soutenue.
    Alexis a étudié à l’université de Bujumbura (……sans commentaires) avant de parfaire ses études en Belgique. En dehors de la politique, il tient un grand cabinet conseil qui traite aussi des grosses affaires de l’Etat.
    Kinkiey a fait l’école de journalisme en France avant de lancer à Kinshasa, le plus grand journal de la place, Le Soft qui lui a ouvert des portes de la cour de Mobutu. Ce sont donc des bosseurs qui savent où ils vont et c’est ce qui leur donne toujours la possibilité de rebondir et de s’imposer.

  8. Chers Compatriotes,
    Voilà l’origine de nos malheurs, les intelligences congolaises, engagées pour maintenir le peuple Congolais dans cette misère sans nom. Je suis bien choqué d’entendre cette analyse sur Thambwe et Kinkiey qui a pour un background une ressemblance avec les « Baluba ». Mais les Congolais remarqueront bien que ceux qui sont au service du Raïs pour maintenir le Congo dans cet abîme sont des Congolais et non des Rwandais et ce sont des Congolais qui ont des diplômes très importants et de très haut niveau et de grands travailleurs. Ce que l’on dit de Thambwe, et Kinkiey, on devrait le dire aussi de Boshab et d’autres universitaires qui sont là. Alors, la libération du Congo par une révolution ? Certes, mais laquelle ? Par où le peuple devrait-il commencer ? Il nous faut du courage pour affronter cette réalité. On a eu des élections, on a voulu que le Raïs n’ait pas un troisième mandat… mais pour quel résultat ? La Constitution du pays respectée ? A quoi sert-elle cette Constitution si le Souverain Primaire devient pris au piège de ses propres institutions qui sont trahies par ceux qui devraient en assurer un bon fonctionnement au profit du peuple ? Que Dieu nous vienne en aide.

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