Déboulonner le système dictatorial: paroles creuses sans effet ?

Tongele N. Tongele
Tongele N. Tongele

« … Et je le dis sans peur: je suis là pour déboulonner le système dictatorial qui était en place; parce qu’il est temps que notre pays, la République Démocratique du Congo, rentre dans une ère démocratique, dans une ère nouvelle qui va le propulser ver l’avant; et nous en avons les potentialités… » (Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, séjour aux USA)

« … Ya solo nalobaki que nakodeboulonner système dictatorial oyo to combataki na pays. Mais, eh, nazo’kamwa: système ezali moto te; système ezali ba méthode, ba méthode oyo ebomaki mboka na biso. Ba méthode wana ezali lokola corruption; ba méthode wana ezali lokola violence, ba arrestation arbitraire, ba violation ya ba droit de l’homme: moto aza, alobi opinion na ye, mpo esepelisi bakonzi te, bakangi ye, voire babomi ye; moto asengi, a informer que akosala marche, marche pe pacifique amemi mandoki na maboko te, babeti ye masasi akufi. Ba cas eza ebele na mboka na biso. Nde biloko oyo nalobaki système wana, oyo ekota, euta AFDL tiiii kino lelo, en fait kino na Decembre 2018, système wana nakodeboulonner yango… » (Felix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Kinshasa, retour des USA). [Traduction: « …il est vrai j’avais dit que je vais déboulonner le système dictatorial que nous avons combattu au pays. Mais, eh bien, je m’étonne: système n’est pas une personne; systèmes ce sont des méthodes, des méthodes qui ont ruiné notre pays. Ces méthodes sont comme par exemple corruption, ces méthodes sont comme par exemple violence, des arrestations arbitraires, des violations des droits de l’homme: quelqu’un a, (quelqu’un) dit son opinion, parce que ça n’a pas plu aux autorités, on l’arrête, voire on le tue; quelqu’un demande l’autorisation, informe qu’il va faire une marche, une marche pacifique pendant qu’il n’a même pas des armes en mains, on tire à coup de balle sur lui et il meurt. Il y a beaucoup de ces cas dans notre pays. Ce sont là ce que j’ai dit (qualifié de) système, qui était entré (dans le pays), qui était apporté par l’AFDL (et qui règne) jusqu’aujourd’hui, en fait, jusque Décembre 2018; c’est ce système que je vais déboulonner… »]

Jeunes filles et jeunes garçons Congolais, populations des villages, villes et cités de la RDC, hormis les controverses autour de l’élection présidentielle du 30 Décembre 2018 en RDC, c’est important de faire attention à cette déclaration du nouveau président de la RDC, et aux origines des réactions contraires à cette déclaration. Le système et les maux décris par le nouveau président de la RDC ont justement ruiné la RDC et ses populations pendant des décennies. Les abus, les assassinats, les violences, les arrestations arbitraires, la peur, la pauvreté, la misère, les saletés, la confusion, le chaos, la domination étrangère, etc… ont fait des Congolais des êtres les plus démunis de la terre pendant que la RDC regorge des ressources et richesses énormes et immensément variées. Ces ressources et richesses sont pillées par les malfaiteurs dirigeants mercenaires médiocres et sataniques sans cœurs et sans âmes qui ont usurpé le pouvoir en RDC pendant les dernières décennies.

La RDC est-ce qu’elle est aussi à cause des déclarations excellentes et des bonnes intentions qui sont restées sans effet. Le nouveau président de la RDC doit, maintenant même, avec force et vigueur, concrétiser ses paroles, traduire ses paroles en actions afin de déboulonner réellement les maux qu’il a décrits. De telles actions concrètes de déboulonnement seront supportées par le peuple Congolais à travers villages, villes et cités de la RDC. Autrement, les paroles du nouveau président ressembleront à l’aboiement d’un chien pendant que la caravane passe sans s’inquiéter de rien du tout. Mais la caravane en RDC a déjà négativement réagi aux déclarations du nouveau président comme si elle s’est sentie attaquée. Est-ce que le nouveau président passera-t-il immédiatement aux actes concrets de déboulonnement? En est-il capable?

Concrètement, le nouveau président peut déjà, dès maintenant même, commencer à faire appliquer ses paroles à travers des exemples suivants (ses conseillers peuvent y ajouter d’autres voies et moyens pour traduire ses paroles en réalité vivante) :

  1. Les nombreux conseillers du nouveau président peuvent dès maintenant même, et chaque jour, visiter des villages, villes et cités de la RDC, pour répéter aux populations ces paroles du nouveau président afin de faire savoir aux populations que le nouveau président a démarré une ère nouvelle. Les conseillers du nouveau président doivent et devront ainsi chaque jour tenir des meetings et des rassemblements populaires dans des villages, villes et cités de la RDC pour répéter aux populations ces paroles du nouveau président afin de les rassurer que le nouveau président n’est pas la continuité de son prédécesseur. Ces visites, meetings et rassemblements populaires auront un effet important de mobiliser, stimuler et encourager les populations à sortir de la passivité, afin de lutter avec le nouveau président pour un changement radical et une rupture totale avec le système dictatorial de l’autorité immorale et ses médiocres collaborateurs. Question: comment les conseillers du nouveau président vont faire ces voyages chaque jour dans des villages, villes et cités de la RDC? Réponse: Ils doivent faire usage des multiples hélicoptères que la CENI avait achetés pour le service électoral; maintenant que les élections sont presque finies, ces hélicoptères naturellement chôment et doivent être mis à bon usage.
  2. Les conseillers du nouveau président doivent déjà maintenant même traduire ces paroles du nouveau président en ébauche de loi pour soumettre au parlement qui doit parfaire cela en loi(s) applicable(s) sur toute l’étendue de la RDC. Le parlement est déjà là, il n’y a rien à attendre pour élaborer et passer des nouvelles lois.
  3. Les conseillers du nouveau président doivent aussi, en attendant que le parlement finalise et vote sur la loi, les conseillers peuvent déjà traduire ces paroles et intentions du nouveau président en décrets/ordonnances autorisés par la Constitution, afin que déjà les institutions nationales existantes commencent immédiatement à mettre en pratique ces paroles et intentions du nouveau président de la RDC de déboulonner le système dictatorial en place depuis des décennies.

Conclusion: les déclarations, les paroles, et les intentions du nouveau président, excellentes soient-elles, ne suffisent pas en elles seules pour commencer à déboulonner le système dictatorial établi en RDC. En attendant la formation du gouvernement, le nouveau président et ses conseillers doivent déjà travailler avec le législatif et les institutions nationales en place pour commencer immédiatement à déboulonner le système satanique établi en RDC. Il faut des actions concrètes, à titre des exemples mentionnés ci-dessus, pour stimuler et mobiliser les populations de la RDC à se lever contre les agents de corruption, d’abus, des violences, d’oppression et d’injustice dans leurs villages, villes et cités. Le peuple de la RDC a vaincu le système dictatorial et satanique aux urnes le 30 Décembre 2018, mais la corruption aujourd’hui dénoncée a remis le pouvoir entre les mains des dictateurs sataniques que le peuple peut bel et bien vaincre de nouveau. Cette fois-ci, le nouveau président de la RDC, ses conseillers et son parti politique doivent prendre le devant pour mobilier, motiver et stimuler le peuple Congolais au soulèvement populaire contre l’autorité immorale et son système dictatorial et satanique.

 

Par Tongele N. Tongele, Ph.D. -Docteur en génie mécanique et professeur d’université aux USA – tongele@cua.edu

2 thoughts on “Déboulonner le système dictatorial: paroles creuses sans effet ?

  1. Ndeko Muana ya mokolo lopango,
    ✓ Je vais tenter d’élargir ma réponse non pas pour denier vos propos qu’au contraire j’approuve globalement mais pour justifier qu’il n’y a pas une réponse monolithique et préétablie classiquement devant la situation quelque peu originale de notre pays.
    Une voie parallèle non pas tant pour justifier tout ce que proposent les commentateurs et font les politiques mais pour tenter d’expliquer que notre pays vit des expériences si pas inédites – l’histoire repasse toujours ses plats – au moins originales qui ne peuvent pas être rejetées parce qu’elles existent ni non plus être données à l’avance sans lendemain.
    Je vois notre pays comme un malade et ose lui appliquer une technique de soins qui fut celle de la psychanalyse à son avènement (rien de savant, rassurez-vous, je connais à peine la psychanalyse). Face à certains malades, Freud et ses adeptes impuissants à les comprendre et à les soulager avec les théories et les thérapeutiques psychiatriques classiques en inventerent des nouvelles.
    Mais pas la peine d’aller chercher si loin, plus généralement il est plus intelligent de ne pas trop s’encombrer de schémas préétablis pour solutionner des problématiques complexes.
    ✓ Sinon, vous savez comme moi qu’il y a encore cinq siècles, ce qui n’est pas beaucoup dans l’échelle de l’histoire de l’humanité, l’essentiel du territoire Congolais actuel était ce qu’on appelait une TERRA INCOGNITA pour le monde civilisé d’alors. Il l’est moins aujourd’hui géographiquement surtout que depuis quelque temps Google Maps tente de cartographier toute la terre. Mais politiquement le Congo (l’Afrique) reste encore un pays ou un continent qui ne donne pas toujours à lire ce qu’il se passe et surtout à prévoir où les péripéties politiciennes mêlées aux soubresauts vacillants des populations nous mènent.
    Dans notre cas, c’est possible qu’il ne
    faut commencer par la sensibilisation de la population de Tongele pour « déboulonner » mais nous cristalliser sur ce constat suffira-t-il pour autant à nous sortir de notre nouvelle « terra incognita » ?
    ✓ Quand Prof Tongele propose au PR de prendre le peuple à témoin, comme arbitre et acteur pour déboulonner le système dictatorial, vous lui rétorquez que c’est une démission coupable des politiques que de demander au peuple de se prendre en charge. Mais que faites-vous de sa fonction constitutionnelle de souverain primaire manifeste dans l’élection et qu’il venait récemment d’exercer triomphalement.
    Certes ici les opportunités et les objectifs des politiques ne sont pas les meilleurs mais il n’en reste pas moins qu’en démocratie, politiques et peuple ont un rôle et ce dernier se doit de jouer le sien à chaque fois qu’il le peut.
    Ailleurs quand Tshisekedi récupère par fraude avec son partenaire le fauteuil du PR et tente aujourd’hui tant bien que mal de s’en émanciper pour exercer pleinement ses prérogatives, nous pouvons à raison dire que le problème ne peut être résolu par ceux qui l’ont créé, le FCC avec lequel il a décidé de cogerer le payst mais en même temps nous ne pouvons non plus écarter totalement que Tshisekedi ne soit pas aujourd’hui animé de la volonté de changer et qu’il n’a aucune capacité de le réussir.
    ✓ Tenez pour preuve : Tshisekedi a fait la promesse ferme d’apporter la paix et la stabilité à l’Est en insécurité chronique dépuis deux décennies. A Beni les habitants l’ont boudé parce qu’ils l’accusaient de s’allier à un régime coupable de trahison et ainsi d’avoir pérenniser leu malheur. Mais sentant aujourd’hui sa volonté sincère avec l’annonce des mesures concrètes dans le bon sens, permuter les commandants et relever les troupes qui y ont servi depuis longtemps et donc ont pour le moins pris de mauvaises habitudes, ils se remettent à croire en lui.
    Tshisekedi matérialisera-t-il jusqu’au bout ou plus important a-t-il les moyens de le faire ? Nous pouvons juste répondre qu’une détermination ferme peut lui donner des ressources à aller plus loin.
    ✓Bref mon propos veut dire que nous devons rester attentifs à ce qu’il se passe réellement à tous les niveaux chez nous car si ce n’est pas toujours le schéma idéal et classique, rien ne dit que ça ne peut pas non plus résoudre certains de nos problèmes.
    Nous ne pouvons pas non plus rejeter en bloc les propositions qui ne semblent pas avoir de portée immédiate.
    Bien prétentieux sinon imprudent celui qui, à ce stade, peut prédire tout ce que nous réserve l’avenir.
    Acceptons ainsi que la situation complexe devant nous peut excéder le champ de nos connaissances et usages habituels, dans ce cas elle ouvre la voie à d’autres challenges et appelle des solutions inédites peut-être déjà à l’œuvre.
    Prendre effectivement le contrôle de notre destin nous obligera à des remises en question de nos schémas habituels de diagnostic et de traitement.
    Je disais aller plus loin au-delà ou avec Tongele pour une nouvelle approche d’autant que nous faisons tous partie à un niveau ou un autre de cette élite que vous dites sans boussole, réinventer tout de notre pays, ses grilles de lecture avec pour concevoir ce système de gouvernance adapté et mettre en place les réformes nécessaires ?
    Sinon j’attends les propositions que vous avez promis de formuler à cette occasion, ndeko Muana ya mokolo lopango.

  2. Ndeko Nono,
    Je reviens vers vous (avec un peu de retard, j’en suis désolé) pour compléter l’échange. Je suis trop pris ce temps-ci.
    Vous dites « Quand Prof Tongele propose au PR de prendre le peuple à témoin, comme arbitre et acteur pour déboulonner le système dictatorial, vous lui rétorquez que c’est une démission coupable des politiques que de demander au peuple de se prendre en charge. Mais que faites-vous de sa fonction constitutionnelle de souverain primaire manifeste dans l’élection et qu’il venait récemment d’exercer triomphalement. »
    *** je vous dis la même chose qu’avant: la rue ne gouverne pas ! Nous sommes en démocratie représentative. Recourir au peuple comme témoins et arbitre c’est choisir l’affrontement, la révolution, … le bain de sang sans garantie de résultat. Autrement, comment voulez-vous que le peuple congolais qui s’est déjà exprimé par le vote exerce le fameux contrôle. Autre question, le temps nécessaire à cette sensibilisation. Regardez vous-même le temps et les moyens nécessaires qu’il faut en Europe à chaque campagne de sensibilisation de la population(tabac, alcool, sécurité routière…)
    *** les solutions existent
    La capacité de nuisance de l’ancien régime se résume en 4 piliers :
    A. Les forces armées(FARDC et police): commandement, troupes et logistique
    B. Les renseignements (civils et militaires)
    C. Les flux d’argent (cash flow) et les magouilles qui vont avec
    D. Les règles de droit pour se donner une légitimité juridique
    *** assoyons de déboulonner les 4 piliers sans faire appel au peuple
    A) La sécurité personnelle du nouveau PR pose problème et son lieu d’habitation relève de l’inconscience sinon de la bêtise.
    Nous avons la chance d’avoir la Monusco, une force suréquipée (20 mille hommes). Il doit demander 2 choses: réorienter la mission de la Monusco en aidant le Congo à restructurer son appareil sécuritaire et assurer la sécurité provisoirement (1 an) du nouveau PR.
    Restructurer les forces militaires avec l’aide de la Monusco évitera le bazar et permettra certaines arrestations.
    B) Reprendre en mains les services de renseignement (réorganisation, nominations et formation). La Belgique a proposé son aide. Dès lors que la Monusco maîtrise les kabilistes les plus nuisibles (Amisi, Numbi, Etumba…) qui posent problème… une bonne capacité de nuisance est anéantie.
    C) Il faut lancer un audit des comptes publics et une opération mains propres à travers une juridiction spéciale. L’objectif principal est plus de reprendre en main l’économie que de mettre tout le monde en prison.
    D) sur l’ordre institutionnel, il faut se concentrer sur la CC et la ceni. Il ne reste plus que 8 juges après un décès. Il doit normalement y avoir un tirage pour remplacer 3 juges. Il faut piper les dés et peser pour faire rentrer 4 nouveaux juges qui soient des commandos républicains. S’assurer en pipant les dés que l’actuel président de cette cour de la honte sorte et que le juge wansenda reste. Ce dernier a fait une tribune disant que la requête de MAFA était recevable et fondée. Ainsi, il aura 5 juges sur 9 qui seront contre l’ancien régime.
    Les arrêts de la CC ne sont susceptibles d’appel.
    On ne peut donc plus revenir sur l’arrêt rendu concernant les présidentielles. En revanche, la nouvelle composition de la cour pourra se prononcer sur les autres élections. Or, il y a un élément nouveau. Selon les USA Basengezi est un citoyen Rwandais. Juridiquement cela suffit à faire annuler les autres élections organisées par la Ceni. Plus efficace que la dissolution.
    Les points A (60%) et D(20%) suffisent à faire tomber la kabilie en écartant la menace militaire et neutralisant la CC (poursuite et destitution).
    Ne vous fiez pas aux déclarations du PR destinées à la consommation locale. Il a promis de permuter les militaires au katanga pas au Kivu. Il n’a rien fait contre Gédéon, aucune de ses promesses n’a un agenda de réalisation…
    Ainsi, La clé pour déboulonner c’est sensibiliser et mobiliser les militaires congolais, renier le deal, s’appuyer sur la Monusco et neutraliser de l’intérieur la CC.
    A-t-il le courage de lancer une telle entreprise ? Le doute est permis. Or, Une communication maîtrisée sur cette entreprise au niveau tant national qu’international suffira à ranger la population derrière lui.
    La bonne méthode c’est : On fait, on explique et on demande le soutien du peuple.
    Pour Tshilombo, On ne fait pas parce qu’on a un deal, on n’explique pas le deal mais on demande le soutien du peuple pour pouvoir éventuellement faire.

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