Elections du 23/12 au Congo-Kin: A J-30, les Congolais retiennent leur souffle…

En dépit des informations parcellaires qui « pronostiquent » un nouveau report des consultations électorales que les Congolais attendent depuis septembre 2016, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) confirme, dans son communiqué daté du 21 novembre 2018, que la campagne électorale pour la présidentielle, les législatives et les provinciales a bel et bien commencé le jeudi 22 novembre à minuit. Une question taraude déjà les esprits: la concurrence sera-t-elle loyale et pacifique face à un FCC aux allures de parti-Etat?

Sur papier, la CENI répond à cette dernière question par l’affirmative. « Les réunions électorales se tiennent librement sur l’ensemble du territoire national », note le communiqué de la centrale électorale. Celle-ci invite néanmoins les organisateurs des manifestations électorales à veiller « au maintien de l’ordre public et le respect de la loi ».

Plus loin, un paragraphe sonne comme une volonté de museler la liberté d’expression, le texte de souligner qu’il est interdit aux prétendants de « tenir des propos injurieux ou diffamatoires ». Il lui est également interdit de tenir des « propos susceptibles d’inciter au mépris envers les tiers, à la haine, au racisme, au tribalisme ou à tout autre fait prévu et réprimé par les lois de la République ». Il lui est enfin interdit d’ « inciter quiconque à commettre un acte de nature à entraîner des violences, des menaces ou à priver d’autres personnes de l’exercice de leurs droits ou libertés constitutionnellement garantis ». Sur les réseaux sociaux, il se raconte photos à l’appui, que des ressortissants d’un pays voisin auraient présenté leurs candidatures tant à la députation nationale que provinciale.

Emmanuel Shadary, le « dauphin »

Étrangement, la CENI dont l’inféodation au FCC (Front commun pour le Congo) – la coalition politique que dirige « Joseph Kabila – n’est plus à démontrer, met en garde ceux qui seraient tentés d’abuser des « biens sociaux ». Il s’agit, précise le texte, d’abus pas seulement allégué mais « confirmé » par une décision judiciaire coulée en force de chose jugée. Un tel cas entraînerait, selon la CENI, « la radiation de la candidature de son auteur ou l’annulation de la liste du parti ou du regroupement politique incriminé ». Depuis sa désignation en qualité de « dauphin » du Président hors mandat, Emmanuel Ramazani a été accusé par les autres candidats président de la République d’abuser des ressources de l’Etat.

CONFLIT D’INTÉRÊT!

Une question continue à tarauder les esprits de tous les postulants n’appartenant pas au « clan kabiliste » dit « FCC ». A savoir: la campagne électorale sera-t-elle caractérisée par une concurrence loyale et pacifique? Autre question: l’électeur congolais aura-t-il le « pouvoir du dernier mot »?

On le sait, tous les chefs des ministères régaliens (Défense, Intérieur et sécurité, Affaires étrangères, Justice et Finances) font partie des différentes « cellules de campagne » du « dauphin » désigné par « Joseph Kabila ». Procureur général près la Cour de cassation, Flory Kabange Numbi en fait également partie. Qui a dit que le pouvoir judiciaire congolais était indépendant du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif?

Dans les provinces, les gouverneurs sont chargés de « coordonner » la campagne du candidat du FCC, Emmanuel Ramazani Shadary. Les maires, les bourgmestres, les administrateurs de territoire et les chefs coutumiers font de même dans leurs entités respectives. A titre d’exemple, dans l’ex-province du Katanga et dans les deux Kivu, les représentants des forces politiques et sociales non inféodés à la mouvance kabiliste ont été qualifiés d’ « ennemis de la paix » par l’actuel ministre de l’Intérieur et… sécurité, le « professeur » Henri Mova Sakanyi. Bonjour, conflit d’intérêt!

Au cours de la journée de jeudi 22 novembre, « Kabila » a reçu, dans sa ferme privée de Kingakati, les cadres de sa coalition politique avec à leur tête son candidat à la présidentielle.

Ministre de la Communication et médias mais aussi « coordonnateur de la cellule communication » de Ramazani, Lambert Mende Omalanga a confié à Actualité.CD que le « raïs » leur a « indiqué clairement dans quel sens nous devons mener notre campagne » pour les trois scrutins.

A en croire Mende, « Kabila » leur aurait conseillé d’aller en « campagne sans complexe mais avec humilité ». Et ce au motif que le successeur de Mzee exerce le pouvoir d’Etat depuis plus de dix-sept ans. Mende d’admettre que l’oligarchie en place n’a pas « transformé le Congo en un paradis ». Et d’ajouter sans citer des exemples que « nous avons quand même réalisé certaines performances ».

Lambert Mende Omalanga, porte-parole du Gouvernement

« KABILA », CHEF D’UNE FRACTION

Il importe d’ouvrir la parenthèse pour relever que le mot « humilité » n’a jamais fait partie des « éléments de langage » des zélateurs du FCC. Ceux-ci clamaient à qui voulait les entendre qu’ils allaient gagner les élections à tous les échelons. Devrait-on parler de prise de conscience ou d’une simple ruse de guerre? Fermons la parenthèse.

Selon le ministre de la Communication, le « raïs » a assuré le candidat Ramazani Shadary de sa « disponibilité ». Le même message est destiné aux candidats députés nationaux ou provinciaux étiquetés FCC. Il suffirait à ce beau monde d’exprimer « le désir d’être soutenu »… financièrement. C’est nous qui ajoutons cet adverbe.

A New York, le Conseil de sécurité des Nations unies ne fait pas mystère de ses inquiétudes. Dans une déclaration faite, jeudi 22 novembre, à la presse, le Conseil exhorte le gouvernement et l’opposition à s’engager de « manière pacifique et constructive » dans ce processus électoral. Celui-ci constitue, selon lui, « une occasion historique de procéder au premier transfert démocratique et pacifique du pouvoir dans le pays, de consolider la stabilité et de créer des conditions de développement du pays ».

Peut-on franchement espérer des élections libres, transparentes et équitables au moment où « Joseph Kabila » s’accroche désespérément au pouvoir et a cessé de symboliser l’unité nationale pour ne plus incarner qu’une fraction de la collectivité?

 

Baudouin Amba Wetshi

4 réflexions au sujet de « Elections du 23/12 au Congo-Kin: A J-30, les Congolais retiennent leur souffle… »

  1. Je n’ai jamais eu honte d’être Congolais jusqu’à la soirée d’hier où on a assisté à un débat télévisé sur France24; débat auquel ont pris part deux piètres individus: l’un représentant l’UDPS et l’autre le FCC.
    J’ai eu envie de m’enfoncer dans mon fauteuil vu les énormités débitées par ces deux clowns.
    Heureusement qu’il y a eu la présence de Olivier Kamitatu (que je ne supporte pas non plus à cause de son instabilité et ses copinages) qui a eu des propos suffisamment lucides pour prouver que tous les Congolais n’étaient pas des idiots congénitaux.

    1. Ndeko KUM,

      Il y a pire. Si vous voulez vraiment avoir honte, cherchez à connaitre qui représente la RDC à l’UA à Addis-abeba, en qualité de chef de mission, avec rang d’ambassadeur, à l’ambassade de la RDC en Ethiopie. S’il n’a pas été envoyé massacrer les congolais ailleurs, c’est un certain Claude Nyamugabo. Essayez de trouver sa photo et là, je vous garantis la crise nerveuse. Regardez bien sa tête qui va vous rappeler quelqu’un. C’est encore un des ces gens qualifiés de <> mutoto ya Kivu… Et ce n’est pas le seul car le vrai patron de la diplomatie congolaise s’appelle Bizima Kaharamueto, un rwandais. Disons, selon la formule sacrée, un rwandais 100% du Kivu.

      Ce pays est vraiment tombé plus bas que bas. Les congolais sont devenus des marchepieds des rwandais. Au vu et au su de la planète entière.

      Le génocide congolais ne se vend pas faute de vendeurs. On attend que les BASES réagissent. MAWA…

      Congolais LAMUKA – TELEMA – TOMBOKA !!!

  2. Si Kanambe a pseudosymbolisé l’unité nationale, la néteté de la conscience collective des congolais est immuable à ce sujet: cet individu reste le proconsul rwandais au Congo et au service de son pays, le Rwanda. A propos de symboliser l’unité nationale, ni Mobutu avait su conquérir « le coeur » des congolais sur lesquels il s’est imposé par la répression. Inutile de parler ici de l’ignare ivrogne multipolygame L.D. Kabila, le levier immédiat de la descente aux enfers du Congo.

    Ce qui intéresse ici, tout en ignorant l’ignoble show que les rwandais et leurs collabos congolais s’investissent à présenter aux congolais (Genval, Genève,…), c’est de concevoir et mettre en place des actions concrêtes pour chasser l’ennemi de notre territoire. A ce propos, l’erreur que commet Monsieur Ngbanda qui de facto incarnerait l’idoine ligne de sortir l’ennemi de notre terre comme préalable à toute normalisation politique de notre pays, est de promouvoir la politique d’infinie main tendue aux collabos dits « opposition » qui ont pourtant déjà consciemment choisi leur camp. C’est d’eux que le peuple congolais devrait stratégiquement s’occuper pour pouvoir atteindre l’objectif escompté. Il est inadmissible que des milliers de congolais meurent chaque jour au mépris d’inciviques qui ne voient pas plus loin que les billets de banque de la corruption par les occupants.

    Quant à l’avis ou « souhait » ambigu du Conseil de sécurité des Nations Unies, il convient de dire que de même que les dirigeants qui le composent ne peuvent imposer leur dictat à leurs peuples respectifs, les congolais ont le plein droit se s’autodéterminer en dépit justement de la tolérence de cet organe de l’invasion réelle de notre pays par le Rwanda en violation de la Charte de l’organisation et au mépris de la paix et sécurité mondiale.

  3. Seul le FCC occupe l’espace médiatique ou l’espace tout court avec les outils de l’état sans aucune gêne. Hier je me suis fait apostropher par un général de la police qui a affirmé sans gêne qu’il a donné sa vie pour le rais et il sera sans pitié pour ceux qui agissent contrairement au rais. Pour une police censée être apolitique. Bjr les dégâts !

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