Guinée Bissau-Congo/Kin: Ceux qui se ressemblent s’assemblent

Reçu samedi 7 juillet à Kinshasa par le ministre congolais des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, l’ambassadeur de Guinée Bissau en Arabie Saoudite, Mamadu Sano Gomes, a annoncé, le « soutien » de son pays au Congo-Kinshasa en « cette période de préparation des élections ». Voilà un appui que le « Congo démocratique » se serait passé de la part d’un Etat qui est loin d’être un modèle de stabilité politique. Encore moins de bonne gouvernance.

Mamadu Sano Gomes reçu par She Okitundu

Le diplomate bissau-guinéen était porteur d’un message écrit de son président, José Mario Vaz, destiné à « Joseph Kabila ». Selon lui, « ce soutien entre dans le cadre du renforcement des relations Sud-Sud ».

Ancienne colonie portugaise, la Guinée Bissau (36.165 km² et deux millions d’habitants) fait figure de « mouton noir » au sein de la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) dont elle est membre.

Depuis le mois d’août 2015, le pays fait face à une crise politique provoquée par l’éviction du Premier ministre Domingos Simoes Pereira, leader du parti dominant PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap Vert) par le président José Mario Vaz qui en est, par ailleurs, membre.

En février dernier, la Cédéao a infligé des sanctions (interdiction de voyager dans la région et le gel des comptes bancaires) à l’encontre d’une vingtaine de personnalités du monde politique et économique auxquelles il est reproché de faire obstruction au processus de sortie de crise. Le propre fils de l’actuel chef de l’Etat, Emmerson Goudiaby Vaz, est repris parmi les « blacklistés ». Et ce pour non-respect d’un accord de sortie de crise politique conclu à Conakry grâce à la médiation du Guinéen Alpha Condé. Tiens!Tiens!

Un autre Premier ministre a été nommé en avril dernier. Les élections législatives prévues initialement au mois de mai ont été reportées sine die. La Commission électorale du pays indique que ces consultations politiques devraient être précédées par la révision de la loi électorale et du fichier électoral. Autre raison avancée: le gouvernement tarde à délier les cordons de la bourse.

On se croirait au « Congo démocratique ». Ne dit-on pas que ceux qui se ressemblent s’assemblent?

 

B.A.W.