La transformation de la RDC sur le plan humain et technologique est la condition nécessaire pour son développement

Tongele N. Tongele
Tongele N. Tongele

Le symposium international sur la transformation technologique de la RDC et la stabilité climatique planétaire, s’est déroulé à Washington DC, USA, le 29 Juin 2019. Des panélistes constitués des femmes et hommes de science, chercheurs, ingénieurs, et entrepreneurs ont fait des présentations pertinentes, et ont proposé des idées et actions concrètes qui peuvent être entreprises en RDC, par les populations en général, par les jeunes, par les intellectuels, par les femmes et hommes de science, par les professeurs et chercheurs, par les entrepreneurs, par les agents des institutions publiques, afin de remettre la RDC sur le chemin de renaissance techno-socioéconomique, scientifique et industrielle.

Le travail de préparation des Actes de ce symposium pour la publication est en cours. L’intention primordiale sera de faire parvenir les copies des Actes de ce symposium aux instituts supérieurs et universitaires en RDC avec une et une seule condition. L’institut qui accepte de recevoir une copie gratuite des Actes de ce symposium devra s’engager à organiser dans un bref délai son propre symposium ou sa propre conférence sur son campus, dans ses salles de classe, avec ses professeurs et étudiants, et avec les populations environnantes, pour discuter des idées et propositions contenues dans ce symposium, afin d’articuler comment concrètement ces idées et propositions peuvent être utilisées localement pour résoudre les problèmes locaux par les moyens locaux qui sont disponibles.

Les quatre panels de discussion au symposium se sont accordés sur des points dont je me permets de mentionner ici quelques-uns:

  1. Le changement climatique affecte négativement la RDC, ses populations et ses ressources naturelles, même si la RDC ne produit pas de pollution au même niveau que les pays industrialisés.
  2. Vue la mauvaise volonté et pratique des pays industrialisés d’évacuer leurs déchets toxiques sur les sols des pays sous-développés, souvent par contrats secrets avec les leaders de ces pays sous-développés et moyennant des payements que ces leaders gardent pour leurs profits personnels, qui sait si la RDC ne courre pas le risque de devenir dépositoire des déchets industriels et toxiques, même par voie des vieilleries des produits manufacturés qui finissent leurs vies sur le sol de la RDC!
  3. Quoi que détenant les ressources naturelles indispensables pour combattre le changement climatique, la RDC est écartée des forums et négociations diplomatiques majeurs du monde où les grandes décisions sont prises et les grands compromis sont conclus en matière de qui doit faire quoi pour obtenir quoi en retour. La RDC est écartée parce qu’elle est faible scientifiquement, technologiquement, industriellement, et économiquement ; et la politique nationale de la RDC est simplement considérée comme qualitativement trop médiocre pour mériter l’attention précieuse aux grands forums où les grandes décisions sont prises sur l’avenir de la planète.
  4. C’est donc clair que l’immensité des ressources naturelles de la RDC n’est pas assez significative et ne suffit pas pour faire respecter la RDC dans le monde. Un Singapore qui n’a rien comme ressource naturelle, un Hong Kong qui n’a rien comme ressource naturelle, un Japon qui n’a rien comme ressource naturelle, chacun d’eux pèse plus sur l’échiquier mondial que la RDC qui est bourrée de toute sorte de ressources naturelles.
  5. C’est donc la productivité des habitants d’un pays qui compte. C’est la transformation sur place des ressources naturelles en produits manufacturés par les habitants d’un pays qui impressionne et commande respect et dignité parmi les autres nations. C’est lorsque les habitants de la RDC seront capables de créer des unités de production, créer des entreprises et des usines pour transformer sur place en RDC les immenses ressources naturelles de ce pays en produits finis et manufacturés comme aiguilles, boutons, bijoux, vêtements et chaussures, montres, appareils électriques et électro-ménagers, ordinateurs, machines lourdes, voitures, trains, bateaux, avions, et leurs pièces de rechange que la RDC méritera l’attention du monde, et ses mots auront du poids dans le forum des nations. Mais pour le moment, force est de constater que la RDC est écartée et minimisée parmi les nations du monde et ne participe pas au forum des grandes décisions sur l’avenir de la planète. Est-il nécessaire ici de rappeler que les habitants et les leaders de la RDC devraient et doivent prendre les choses au sérieux pour que la RDC soit respectée et considérée à sa juste valeur parmi les nations?
  6. On voit des compagnies multinationales et les pays voisins de la RDC exploiter illégalement les ressources naturelles de la RDC sans craindre quoi que ce soit et sans se gêner, parce que ces compagnies et pays voisins sont confiants de corrompre les leaders de la RDC et faire d’eux des exécutants qui facilitent l’exploitation anarchique des ressources de la RDC sans égard pour les dégâts causés tant à l’environnement qu’aux habitants de cet environnement. Seuls les habitants de la RDC, en position de force, prendront soin de leurs terres, forets, eaux, et air, par un développement qui tient compte de l’environnement de la RDC. Les multinationales et les pays voisins qui occupent et pillent la RDC n’ont pas en cœur le bien-être de la RDC ou des populations de la RDC, mais plutôt faire des gros profits rapidement et par tous les moyens nécessaires. On voit comment les habitants de la RDC sont affectés par le déboisement, les érosions, la sécheresse, les moissons appauvries et amoindries, les famines, et des nouvelles maladies de toute sorte. Les observateurs du fonctionnement de la nation Congolaise se demandent où est l’urgence et la volonté politique de résoudre les problèmes réels qui affectent les ressources et les conditions de vie des populations de la RDC? Comment est-ce possible que les millions des habitants de ce pays se laissent prendre en otage pendant des années et des années par des prédateurs?

Bref, le symposium a discuté et débattu divers problèmes qui bloquent le développement de la RDC; le symposium a constaté que le pays a d’immenses ressources qui peuvent être utilisées pour résoudre ces problèmes tant aux niveaux des provinces qu’au niveau national; le symposium a proposé des voies et méthodes pour résoudre ces problèmes. Etant donné que ce sont les habitants de la RDC qui doivent résoudre ces problèmes, le symposium a souligné fortement et à maintes reprises que les ressources les plus importantes de la RDC sont les habitants de la RDC. Celle-ci devrait et doit mettre tout en œuvre pour investir dans ses habitants, afin que les jeunes filles et les jeunes garçons de la RDC puissent se transformer en agents de transformation et protection des ressources naturelles de la RDC. Les ressources naturelles en soi ne développent pas un pays; l’exploitation et l’exportation des ressources naturelles seules ne développeront pas la RDC. Seuls les habitants de la RDC équipés des connaissances techno-scientifiques et professionnelles développeront la RDC tout en protégeant l’environnement de ce pays, et de ce fait contribuer à la stabilisation du climat planétaire. La RDC ne doit pas se gonfler pour les ressources naturelles qu’elle possède, parce que ces ressources sont en fait, comme le mot le dit, naturelles. Les matières premières sont naturellement formées dans le sous-sol de la RDC, et la RDC n’a rien fait pour les avoir, elles ne sont ni le résultat du travail ni le résultat de l’ingénuité des habitants de la RDC; elles sont naturellement là, et tout ce que la RDC fait c’est de creuser et exporter. Les ressources naturelles et les matières premières ne sont donc pas du tout une cause de fierté. Une cause de fierté pour la RDC serait, par exemple, lorsque les jeunes filles et jeunes garçons de la RDC acquièrent des connaissances, compétences et habilités scientifiques et technologiques, inventent des méthodes et techniques, créent des entreprises et des usines pour transformer sur place en RDC ces ressources naturelles et matières premières en produits manufacturés afin d’éradiquer le chômage et la pauvreté, et exporter le surplus à travers le monde. En ce moment, la RDC peut être fière des exploits industriels de ses filles et fils.

En conclusion, les femmes et hommes de science, les chercheurs, les ingénieurs et les entrepreneurs qui ont fait des présentations au symposium ont en fait produit un document dont le contenu constitue un véritable programme pour le développement de la RDC par les habitants de la RDC. Un quelconque pays en développement qui se servira de ce document se verra entrain d’avancer à une bonne vitesse sur le chemin de la renaissance techno-socioéconomique, scientifique et industrielle.

 

Tongele N. Tongele, Ph.D. – Organisateur du Symposium – Docteur en génie mécanique et professeur d’université aux USA – tongele@cua.edu

3 thoughts on “La transformation de la RDC sur le plan humain et technologique est la condition nécessaire pour son développement

  1. @Tongele,
    Quels sont les préalables pour transformer la RDC sur le plan humain et technologique ?
    Je vous donne le tableau actuel
    ** Les refoulés de Brazza et d’Angola sont toujours dehors et sans assistance (plus de 300 mille personnes)
    ** Carnage en Ituri, à Masisi, Beni, Butembo, Minembwe… avec son lot de déplacés.
    ** Plus de 3 millions de congolais déplacés vivent comme des réfugiés dans leur propre pays.
    ** plusieurs dizaines de fosses communes attendent d’être déterrées
    ** Le PR veut claquer 220 millions de dollars et son encombrant partenaire tient TOUS les leviers du pouvoir
    Questions: Quand et par où faut-il commencer la tranformation ?
    Un jour on se réveillera avec Ruberwa président de la république de Minembwe.

    1. Cher Muana ya mokolo lopango,
      Votre question est très pertinente : « Quand et par où faut-il commencer la transformation ? »
      Le travail de transformation d’une nation est un travail qui se fait sur plusieurs fronts et de longue haleine ; c’est un travail non pas d’une personne, d’un président, d’un régime ou d’une génération ; mais c’est plutôt un travail d’un peuple, d’une succession des présidents et des régimes, et de chaque génération. Comme pour la construction d’un bâtiment, le travail de transformation d’une nation doit et devrait se bâtir sur les briques posées par les prédécesseurs. Cela veut dire que les habitants de la RDC, qu’ils soient des villages, cités ou villes, tous ont et devraient avoir une idée claire que le travail des bâtisseurs d’une nation c’est comme poser les briques les unes sur les autres pour élever le bâtiment, et cela exclut l’égoïsme, la corruption, le détournement des biens communs, et toute trahison, car tout ceci est contraire au, et détruit plutôt le travail de bâtir une nation.
      Quand et par où commencer ? C’est maintenant qu’il faut commencer ce travail, par chacun là où il se trouve. Pour nous qui écrivons, lisons et commentons sur le site de CongoIndépendant, nous devons et devrions le faire de façon à indiquer la direction de ce qu’on peut faire, de ce qui peut se faire en RDC, pour commencer à transformer ce pays en terre d’inventivité, de créativité, et de productivité. C’est sous cet angle là que j’ai organisé ce symposium qui vient de se tenir à Washington DC, et surtout les Actes de ce symposium et les implications que les Actes de ce symposium pourront avoir pour les jeunes universitaires et intellectuels en RDC. Pour ceux qui ont la chance de communiquer directement avec la présidence et le cercle du pouvoir en RDC, ils doivent et devraient insister auprès de ceux-là qui sont en charge des affaires de l’Etat que c’est maintenant qu’ils doivent faire des actions qui mobilisent et appuient les populations de la RDC à se transformer mentalement, intellectuellement et éthiquement afin de devenir agents créateurs des entreprises, des usines et des unités de production pour transformer sur place les ressources naturelles du pays en produits finis et manufacturés pour réduire le chômage et la pauvreté. Pour ceux qui se sont battus pour devenir président de la République, députés nationaux et provinciaux, gouverneurs, sénateurs, premier ministre, etc., ils doivent et devraient déjà être dans le besogne de présenter et faire exécuter des programmes d’actions concrètes de réparation des routes, ponts et chemins de fer ; réparation des aéroports et ports ; réhabilitations des hôpitaux et cliniques de l’Etat à travers le pays ; réforme de l’enseignement pour en faire un enseignement appliqué qui équipe les diplômés avec des connaissances pratiques pour trouver des solutions aux problèmes réel de la vie et ainsi améliorer les conditions de vie des populations de leurs villages, villes et cités ; réforme de l’armée et de la police nationale afin que les hommes et femmes qui s’y engagent soient au service du peuple, et que ces soldats et policiers soient des exemples de probité professionnelle, qu’ils soient bien rémunérés afin qu’ils ne tombent pas dans la tentation de corruption et brigandage. Les dirigeants et leaders politiques doivent et devraient s’unir et se soumettre au souverain primaire qui est le peuple Congolais, et tout faire pour lancer des grands travaux publics qui embaucheraient des millions des personnes pour éradiquer la pauvreté. Sur les ondes médiatiques de la RDC (internet, radios, télévisions, journaux, etc.), les débats aujourd’hui et maintenant devraient être au sujet des résultats des programmes qui sont en train d’être exécutés, qu’est-ce qui marche bien et qu’est-ce qui ne marche pas bien et quelles seraient les méthodes appropriées pour réaliser rapidement des grands progrès et rapidement. Mais malheureusement ce n’est pas cela qui se discute sur les ondes médiatiques de la RDC, car il n’y a pas des programmes qui sont en train d’être exécutés pour réhabiliter les infrastructures délabrées du pays. Sur les ondes médiatiques de la RDC, on spécule encore sur la formation du gouvernement national et des gouvernements provinciaux qui se font toujours attendre. Les nombreux fronts de pauvreté et de misère terribles qui rongent les populations Congolaises, et l’urgence de faire face à ces fronts devraient déjà dicter la vitesse de croisière avec laquelle il faut et faudrait faire le travail de transformation en RDC. Mais force est de constater que les choses tardent, les choses sont lentes, des querelles inutiles sont nourries et maintenues voire même soutenues par des mauvaises volontés ou simplement par des volontés diaboliques, car ce n’est pas normal qu’en face de l’urgence posée par la misère et la pauvreté en RDC, que les élus prennent le luxe d’attendre des mois pour former le gouvernement national et les gouvernements provinciaux.
      Le défis de transformation en RDC est ici lancé avant tout aux dirigeants de la RDC, car ils se sont justement battus pour changer la situation, équiper ou faire équiper les habitants des cités, villes, villages et milieux ruraux en RDC avec les moyens nécessaires pour qu’ils puissent par les travaux de leurs mains améliorer leurs conditions de vie. Au président de la République, au premier ministre, aux députés, sénateurs, gouverneurs des provinces : ça fait des mois que vous êtes là, à vos postes. Qu’avez-vous et que faites-vous pour que vos populations se transforment et deviennent capables de satisfaire leurs besoins fondamentaux tels que la nutrition, la santé, l’accès à l’électricité, l’accès à l’eau potable, se construire des maisons décentes avec des matériaux locaux, des maisons bien aérées et adaptées au climat local ; maintenir des conditions hygiéniques acceptables dans et autour de leurs maisons ; fabriquer sur place des outils élémentaires de travail comme brouettes, arrosoirs, bèches, machettes, bicyclettes, et d’autres outils simples de travail ; et réussir à vivre décemment grâce aux travaux résultant de leurs imaginations propres ? Qu’avez-vous fait et que faites-vous pour ce peuple qui vous paie ? Les salaires que vous percevez c’est l’argent du peuple. Cet argent ne vient pas de votre usine ou entreprise privée. Non. Et vous le savez bien. C’est le peuple qui vous paie parce que vous avez demandé (par vos candidatures) d’être engagés pour travailler pour le peuple ; et ce travail consisterait à proposer et faire exécuter des programmes qui vont équiper, mobiliser et appuyer le peuple à s’affranchir de la pauvrete et de la misère. Mais jusque-là, vous percevez les salaires sans rien faire de méritoire. Comment vos consciences peuvent être tranquilles dans ces conditions ? Et comment pouvez-vous dormir tranquillement et vivre à l’aise lorsque les populations qui vous paient dorment avec des moustiques qui les piquent toute la nuit, et se réveillent sans savoir comment vont-elles nourrir leurs familles aujourd’hui, demain et après demain ?
      C’est donc maintenant, et sur tous les fronts que le travail de transformation doit se faire. Leaders politiques, professeurs, chercheurs, étudiants, intellectuels, artistes, hommes et femmes d’affaire de la RDC, chacun de vous doit et devrait être en train de championner le mouvement de changement de mentalité, le mouvement de pensée-action, afin d’ouvrir les yeux des habitants de la RDC, surtout les jeunes, à comprendre que ce sont eux les agents de changement et de transformation, et que ce qu’ils désirent voir se réaliser dans le pays ne se réalisera qu’à travers eux-mêmes, par eux-mêmes, pour eux-mêmes. Le travail de transformation doit et devrait être fait, maintenant, et par chacun là où il/elle se trouve, mais surtout par ceux et celles qui se sont battus pour être engagés et pour obtenir les responsabilités de guider, diriger et gouverner.

  2. Un travail de grande envergure.
    L’Afrique globalement et le Congo en particulier,a besoin de transformation.

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