Le Peuple Congolais entre dans l’avenir à reculons

LEADERSHIP NATIONAL CONGOLAIS DE PROGRES

Dr François Mpuila

Est-ce que nous, Congolais et notre pays, nous progressons; ou bien nous stagnons sur place et nous tournons en rond et dans un éternel cercle vicieux; ou bien nous reculons de plus en plus dans la nuit des temps et nous nous plongeons chaque jour davantage dans un gouffre, mais nous déclarons que nous progressons grâce à la musique qui résonne dans la Caverne; où nous sommes enfermés et enchaînés ; aux jeux organisés pour nous dans la prison; au vernis sur les murs du bâtiment croulant; aux funérailles célèbres organisées par les Pompes pour nos morts; aux décorations dans notre Cimetière?

Nous crions trop facilement au racisme et au mépris de notre dignité humaine et de notre valeur quand les blancs et les autres peuples noirs déclarent que nombreux congolais sont des êtres inférieurs, primitifs, déshumanisés, crétinisés, animalisés et chosifiés par des « intellectuels », des leaders et des responsables coutumiers, politiques, sociaux, religieux, universitaires… et par différents systèmes déshumanisants qui se sont succédé en RDC.

Les paramètres et les indicateurs internationaux tranchent la question et donnent une réponse objective, vérifiable, claire et distincte en notre défaveur: malgré les ressources immenses et diversifiées et les potentialités considérables dont regorge notre Pays, nous sommes parmi les derniers et nous poursuivons inexorablement notre descente vers le fond du gouffre. Ne méritons-nous pas à juste titre le mépris des autres peuples?

En plus des paramètres internationaux, considérons le progrès par rapport à la Marche de l’Histoire: le progrès est un processus, il se construit par sédimentation et non par substitution.

Pour certains de nos compatriotes, la vie est une succession de surgissements purs à chaque instant; ils repartent à chaque instant de table rase (ex nihilo) et s’épuisent dans l’instant présent; ils absolutisent l’immédiateté (le hic et nunc événementiel). La culture de la cueillette donne lieu à dette conception de la vie et du progrès.

Pour ces compatriotes, il faut jeter dans la poubelle l’héritage, le patrimoine, les trésors légués par les Anciens, se précipiter sur les valeurs et même sur les déchets des étrangers, des autres peuples et des autres civilisations.

Mais pour les peuples qui vivent le vrai progrès, chaque instant contient la consistance du présent, la densité du passé et une perspective qui ouvre la vie vers l’avenir.

Pour ces peuples, l’histoire humaine est l’enregistrement d’un progrès, l’enregistrement des connaissances qui s’accumulent, de la maturité et de la sagesse qui s’accroissent, d’un continuel avancement depuis un degré inférieur quantitatif et qualitatif jusqu’à un degré supérieur d’intelligence et de bien-être.

Chaque génération transmet à la suivante les trésors dont elle a elle-même hérité, modifiés et enrichis de sa propre expérience, agrandis par les fruits de toutes les victoires qu’elle a remportées elles-mêmes. La croissance du bien-être de l’homme sauvé des malversations et des caprices des princes, est confiée à présent à la tutelle bénéfique de grandes lois providentielles.

Prenons l’exemple du processus de l’évolution de la démocratie en Occident.

Le mot « démocratie » souffre d’un excès de significations. Cette surcharge sémantique est inhérente à la notion même de démocratie, car la démocratie n’est pas seulement une manière des institutions, elle est plus encore une exigence morale. Et cette exigence morale n’est pas définissable dans l’abstrait. Son contenu est déterminé à la fois par l’insatisfaction que procure une situation présente et par l’image de ce que serait un ordre politico-social meilleur.

Il en résulte qu’à part les critères standards mondialement reconnus, notamment dans l’Index de démocratie, le sens de l’idée démocratique varie selon les périodes du temps les milieux et le contexte doctrinal où elle est appliquée. Une définition scientifique, sans bavure, ubiquitaire et transhistorique de l’idée démocratique risque de ne pas rendre compte du dynamisme inclus dans l’idée démocratique et qui fait d’elle l’un des facteurs les plus puissants de l’évolution et du progrès des sociétés.

Toute l’histoire prouve que la démocratie réalisée n’est jamais qu’un moment du mouvement démocratique. Un mouvement qui jamais ne s’arrête car, pour les hommes qui le suscitent, la démocratie est la meilleure des formes de gouvernement et de gestion des hommes, des peuples et des sociétés, elle est l’Excellence, le Bien, le Beau et la Vérité.

Elle n’est pas seulement une formule d’organisation politique ou une modalité d’aménagement des rapports sociaux: elle est une valeur. Et c’est cette valeur – l’inaliénable vocation des hommes à prendre en charge leur destin tant individuel que collectif – qui constitue l’unité profonde de différentes conceptions de la démocratie.

Il ne faut pas les isoler pour les décrire en les opposant car, en réalité, elles s’enchevêtrent, s’entrelacent, se chevauchent et s’enchaînent les unes aux autres comme autant d’incarnations de l’idée démocratique qui se fait de plus en plus exigeante au fur et à mesure que ses impératifs sont satisfaits. Les différents partis politiques démocratiques sont les tendances qui puisent, eux tous, leurs valeurs fondamentales dans une matrice commune de vision, d’idéal et des valeurs démocratiques. C’est l’attente des hommes qui, dans tous ces courants politiques, placent dans la démocratie l’espoir d’une vie meilleure.

La démocratie, en Occident, a évolué en trois phases:

  • Elle a d’abord été une exigence de la liberté et un moyen de réaliser la liberté et de vivre en tant que des citoyens libres dans une cité libre. Elle s’est introduite dans des textes constitutionnels de nombreux pays et dans des institutions politiques.
  • Elle a été ensuite une exigence de la justice et un moyen de réaliser la justice et de vivre dans une cité juste. Elle a donné naissance à l’existence des syndicats et a modifié des rapports sociaux et économiques dans la société.
  • Enfin, c’est l’étape actuelle: elle tend à assurer le contrôle de la collectivité sur la croissance économique et le bon usage de la prospérité.

Cette évolution appelle deux observations:

  • La première observation est le fait que l’évolution de l’idée démocratique n’a pas été l’effet de la spéculation intellectuelle qui se serait attachée à approfondir le concept de démocratie. Ce sont avant tout les transformations internes de la société qui ont provoqué l’enrichissement de l’idée démocratique. Tel type de société s’accommode d’une forme de démocratie qui sera considérée comme insuffisante dans une autre société et à une autre époque. Il n’existe pas un schéma abstrait, académique, acosmique, éthéré et inodore de recettes d’organisation politique et sociale universellement valables à tous les moments dans toutes les sociétés. La démocratie ne peut vivre qu’en fonction du milieu où elle s’enracine et dont elle enregistre les aspirations.
  • La seconde observation est le fait que l’évolution qui a affecté l’idée démocratique a procédé non par substitution mais par sédimentation. L’exigence et le service de la justice n’ont pas supplanté l’exigence et le service de la liberté. Et ni les uns ni les autres n’ont pas été effacés par la gestion de la croissance et de la prospérité.

Sans doute, à chaque étape de l’évolution, les données politiques et sociales ont marqué de leur empreinte et de leurs exigences l’idée démocratique, mais la mémoire et la conscience des hommes ont conservé les exigences et les services des étapes antérieures si bien qu’aujourd’hui, la démocratie est lourde de toute la substance dont, à chaque moment de son histoire, l’a enrichie l’attente, les exigences et les services des hommes. La volonté d’instaurer une société juste n’a pas éliminé le souci de maintenir une cité libre. Et la gestion d’une société prospère ne saurait être pleinement démocratique si elle néglige les impératifs de la liberté et de la justice.

L’idée démocratique doit sa densité à cette pluralité de significations, de valeurs, d’exigences et de services accumulés au cours de toutes les étapes et déposée en elle par l’histoire.

La démocratie est donc à la mesure de l’homme dont elle reflète les déchirements. Faite (démocratie) de ses exigences, l’homme n’a de chance de les concilier que dans la mesure où il est parvenu à les maîtriser en lui-même. C’est pourquoi, de toutes les conditions historiques, économiques, politiques et sociales qui déterminent l’accomplissement de la démocratie s’en ajoute une autre, primordiale, à savoir l’existence des démocrates. La démocratie ne s’impose pas par la vertu de mécanismes qui lui seraient propres: elle a besoin des hommes qui, en la vivant en eux, la font vivre pour tous.

Questions:

  • Puisque le progrès est un processus qui avance par sédimentation et non par substitution et puisque que nous crions haut et fort que nous tenons à ce que notre Pays devienne un Etat de droit démocratique moderne et prospère

Mais que faisons-nous des Résolutions historiques de la CNS qui sont les Fondements d’un Etat de droit démocratique moderne et prospère? Notre Peuple est mort pour obtenir la convocation de la CNS, sa tenue et son déroulement jusqu’au bout (7 Août 1991-6 Décembre 1992). Veuillez relire ces Résolutions, elles sont toujours légitimes et plus actuelles que jamais. Depuis la tenue de la CNS jusqu’à ce jour, il n’y a pas eu un autre projet de société démocratique national adopté par les Délégués de l’ensemble de notre Société; un projet de société démocratique national qui serait comparable ou meilleur par rapport à celui de la CNS. Nous jetons dans la poubelle un tel trésor, un tel fruit de nos efforts et de nos sacrifices et nous appliquons une constitution étrangère et taillée sur la mesure du Mercenaire!

  • Pourquoi sommes-nous rentrés dans le passé jusqu’à revivre au Moyen-Age en plein 21ème siècle ? Nous avons déserté le terrain des débats du 21ème siècle, débats fléaux et des tragédies basés sur les visions, les valeurs, les idéaux, la recherche de la nature, des causes et de la solution aux endémies, épidémies, pandémies, fléaux et tragédies!

Nos débats sont devenus des confrontations sanglantes opposant des tribus contre des tribus. La conscience patriotique, démocratique nationale, la cohésion et la communion nationale se sont évaporées. Nous ainsi mis fin à la RDC en tant que pays habité par un peuple uni autour de la même vision fondamentale, des mêmes démocratique national, Nous avons transformé la RDC en un agrégat des tribus juxtaposées les unes contre les autres et qui se haïssent et s’entredéchirent!

Nous sommes revivons le Moyen-Age en RDC puisque nous soutenons ou haïssons tel ou tel leader non sur base de son bilan de gestion de notre Pays, de sa vision, de son projet de société, des valeurs et des idéaux qu’il incarne; mais plutôt sur base de son appartenance tribale!

  • Tirons les leçons du passé pour améliorer nos choix et nos actes. Cessons de nous exposer à un PERIL MORTEL en applaudissant même aujourd’hui les maffieux et les criminels sadiques et impénitents qui ont pendant plusieurs années ont mis notre pays à feu et à sang. Ils ont été les fossoyeurs de l’Etat, les bourreaux et les assassins de notre Peuple, les pilleurs des caisses de l’Etat, les prédateurs voraces et insatiables des richesses naturelles de notre Pays. Et nous les incitons même à revenir au pouvoir pour parachever le génocide de notre Peuple et liquider la RDC.

LA PRINCIPALE CAUSE DE NOTRE TRAGEDIE ne réside pas dans les richesses nationales, la convoitise des étrangers, la superstructure idéologique du Rwanda, les alliances du Rwanda avec certains Acteurs internationaux…, mais c’est la médiocrité, l’échec et la faillite des responsables coutumiers, politiques, religieux, sociaux, universitaires… congolais.

Ce sont les leaders qui, grâce à leur qualité, leur conscience patriotique, leur sens élevé de l’honneur et de fierté nationale, leur bravoure, leur détermination et leur courage, ont mobilisé leurs peuples respectifs et tenu en échec de puissantes armées étrangères: le Vietnam face à l’Armée américaine, l’Indochine face à l’Armée française, l’Afghanistan face à l’Armée soviétique.

Fait le 23 Janvier 2021

 

Pour le Leadership National Congolais de Progrès
Dr François Tshipamba Mpuila
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E-mail: tshipamba.mpuila@yahoo.fr