Lumumba, ce mythe à la peau dure

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Publié le 1er juin dernier par CIC, « Mon regard sur la lutte de Tshisekedi » a suscité plusieurs réactions parmi lesquelles figure celle d’Elombe qui m’a interpellé aussitôt que j’ai souligné le jugement négatif de l’historien Ndaywel-e-Nziem sur une dimension de la personnalité du Premier ministre Patrice Lumumba. Évoquant le discours de celui-ci le 30 juin 1960, Elombe me pose la question suivante: « Quel est ce digne Congolais qui peut se permettre de critiquer ce moment historique qui a réveillé la conscience nationale? »

Notons au passage qu’à ma naissance, Paul Kakwala, un cousin de mon père et un des leaders moyens du Parti Solidaire Africain (PSA) allié du Mouvement National Congolais (MNC) de Lumumba insista pour qu’on me baptisât sous le prénom prétendument chrétien de Patrice; ce qui fut fait et transformé en Patrick lors de mes études universitaires, prénom que Baudouin Amba Wetshi, par exemple, s’entête d’utiliser quand il s’adresse à moi, en dépit de mon attachement viscéral à la philosophie politique du recours à l’authenticité. Notons également que lors de la fuite de Lumumba, son convoi dans lequel faisait partie le leader PSA s’arrêta pour se rafraîchir au petit poste des Plantations Lever au Congo (PLC) de Kiyansi dirigé par mon père dans le Territoire de Bulungu; ce que fera également le convoi des soldats que Mobutu avait lancés aux trousses de l’ex-premier ministre, suscitant une grande peur aux enfants que nous étions et qui voyaient pour la première fois autant de véhicules à la fois.

De Lumumba, la postérité a surtout retenu son discours du 30 juin 1960 et sa volonté farouche d’être le Premier ministre d’un Etat véritablement indépendant. A ce sujet, il convient de noter d’emblée que les Congolais adorent mentir à eux-mêmes exactement comme le fait si bien Elombe quand il affirme le plus naturellement que le discours ci-dessus « a réveillé la conscience nationale ». La vérité historique est têtue. L’éveil de la conscience nationale était antérieur à ce discours. Car c’est bien la conscience nationale qui a conduit notre peuple à l’indépendance.

Notre indépendance, on s’en souvient, fut négociée et non conquise par les armes. Il allait de soi que le chef d’Etat de l’ex-puissance coloniale assiste, sur invitation de nos autorités, aux cérémonies marquant notre émancipation. Le 30 juin 1960, deux discours étaient prévus à l’ordre du jour. « Baudouin 1er, arrivé la veille, rendit hommage à l’œuvre coloniale et invita les nouveaux dirigeants à parfaire l’œuvre accomplie. Président de la République, Joseph Kasa-Vubu manifesta sa reconnaissance à l’égard de l’ancienne métropole ».

L’ordre protocolaire fut alors bousculé, ce qui fait déjà désordre, par le Premier ministre Lumumba qui, sur le conseil du militant pacifiste et antimilitariste belge Jean Van Lierde, « fit le contre bilan de la colonisation, dénonça ses revers, à savoir les injustices, les inégalités, l’exploitation, le mépris ». Certes, le discours du Roi Baudouin 1er était historiquement incorrect, en évoquant la colonisation sous l’angle mythique de la mission civilisatrice. Celui du président Kasa-Vubu était non conforme à la Loi Fondamentale, car il n’avait pas daigné en informer le Premier Ministre. Ces détails, passés inaperçus, n’avaient aucune importance aux yeux de l’opinion publique nationale et internationale. Les deux discours étaient politiquement corrects. On ne pouvait pas en dire autant du troisième. Non seulement il était historiquement injuste, puisque la colonisation ne se résumait pas aux seules humiliations subies par les colonisés « matin, midi et soir », mais surtout éminemment incorrect sur le plan politique. Ce qui contribua à sonner le glas pour le Premier Ministre et la nation entière, aussitôt plongée dans les affres de la guerre.

Le discours de Lumumba était synonyme d’impétuosité. A cet égard, il n’honore nullement le Congo. Même dans nos traditions, y compris dans celles de l’ethnie dite guerrière des Tetela, on n’invite pas quelqu’un à une fête pour le mettre mal à l’aise. Bien au contraire! Lumumba l’apôtre de l’indépendance totale et immédiate n’était même pas indépendant d’esprit puisque sa faute politique, pour laquelle il avait présenté des excuses le soir même du 30 juin 1960, lui était dictée par un conseiller belge qui voulait sans doute régler ses comptes avec la monarchie de son pays, dans le cadre d’une politique purement belgo-belge.

L’indépendance totale et immédiate! La politique étant l’art du possible, Lumumba avait-il les moyens d’atteindre son objectif alors que l’économie, l’armée, l’administration territoriale et les cabinets du Président, du Premier ministre, des ministres et de tous les autres hauts fonctionnaires de la jeune république étaient entièrement entre les mains des ex-colonisateurs? Quand on accède au pouvoir dans ces conditions-là, n’est-il pas suicidaire d’engager le bras de fer avec l’ex-puissance coloniale? Notre pays n’était-il pas en réalité victime de l’idéalisme, du radicalisme et de la formation politique insuffisante de son Premier Ministre qui, en deux mois de gouvernement, avait accumulé une série quasi exceptionnelle d’erreurs politiques, notamment le fait de n’avoir pas mis en place une politique favorable à l’unité et la cohésion de la communauté nationale?

On n’accède pas au sommet d’un Etat pour y rêver. Le Premier Ministre Lumumba n’avait pas compris que le 30 juin 1960 n’était pas le jour de l’indépendance de notre pays, mais la date à partir de laquelle il avait la possibilité officielle d’œuvrer pour notre souveraineté. Celle-ci était un long processus dont la date du 30 juin, aussi mémorable fut-elle, ne constituait qu’une étape et non une fin en soi. En d’autres termes, les Congolais avaient acquis l’indépendance formelle le 30 juin 1960, mais il leur restait de conquérir paisiblement l’indépendance effective. Lumumba a échoué à mener à bien cette entreprise qui, dans l’intérêt supérieur de la nation, devait s’étendre sur plusieurs générations.

Les Congolais devraient se méfier des solutions naïves et séduisantes que leur proposent certaines de leurs élites. Lumumba ne faisait pas peur aux Occidentaux. Dans le contexte de la guerre froide, ceux-ci avaient peur de voir le Congo basculer sous la sphère soviétique. Ils savaient que si Lumumba leur faisait courir un tel risque, il l’écarterait du pouvoir avec une étonnante facilité. Malheureusement, ils ont choisi une solution extrême. Ministre délégué aux Nations Unies du premier gouvernement du Congo indépendant et ministre de la Coopération du gouvernement Kabila (père), Thomas Kanza a tiré cette leçon universelle de nos égarements au lendemain de l’indépendance: « Il faudrait toujours reconnaître à son adversaire et à son créancier plus d’intelligence qu’à soi-même et à son ennemi plus d’imagination et des moyens d’action plus efficaces que les siens propres. Cela éviterait bien de catastrophes impardonnables. L’ignorance est admissible mais elle devient un défaut quand on y persiste alors que les possibilités de s’informer sont à sa portée ».

L’ignorance de Lumumba était pardonnable. Elle est devenue un défaut impardonnable quand tour à tour, Tshisekedi wa Mulumba et Laurent-Désiré Kabila ont marché d’une certaine manière sur les pas de Lumumba. Les Congolais doivent apprendre à faire la part des choses entre le mythe Lumumba et la politique menée par ce dernier. Lumumba est certes mort en héros national. Cet héroïsme a été accentué par le contexte de la guerre froide. Je dois souligner sans doute avec clarté et fermeté que la condamnation de la politique de Lumumba n’implique nullement adhésion ni complaisance à l’égard de son assassinat sur commande occidentale. Car, « l’assassinat pour servir les intérêts politiques et économiques de nations étrangères d’un Premier Ministre démocratiquement élu et désigné constitue un crime contre l’humanité ». Un crime imprescriptible qui, dans le cas présent, attend toujours réparation. Mais mourir en héros ne signifie nullement avoir une bonne politique pour son pays.

De tous les pères des indépendances africaines, la fameuse génération Lumumba, personne n’a su construire un Etat moderne. Tous, ils se sont transformés en dictateurs et bourreaux de leurs propres peuples, s’entourant des membres de leurs familles, tribus, ethnies et régions pour mieux goûter aux délices du pouvoir. D’ailleurs, « en 1960, le cabinet de l’unitariste et nationaliste Lumumba était tout autant sinon davantage encombré de gens de son village venus quémander qui une place, qui de l’argent, que pour ses conseillers belges qui se frayaient difficilement un passage dans une cohue que l’une des épouses du premier ministre tentait de régenter ». Il est clair que s’il était resté au pouvoir pendant autant d’années que Mobutu, le « symbole de l’unité nationale et de l’amour patriotique » (dixit le Premier ministre Mulumba Lukoji) n’allait pas passer son temps à dire à ses frères Tetela: « Dégagez! Je suis un nationaliste moi ». Il aurait eu besoin d’eux pour asseoir son pouvoir dans le cadre institutionnel inadapté qui prévaut dans les pays africains. Il y a même fort à parier que l’hégémonie Tetela aurait été plus sanguinaire que celle des Ngbandi. Etudiant à l’Université de Lubumbashi (UNILU) dans les années 70-80, j’avais vu des camarades Tetela s’armer de couteaux pour défendre, contre tout le reste de la communauté estudiantine, la petite parcelle de pouvoir confiée à un des leurs, le Recteur Elungu Pene Elungu. N’eût été la grande sagesse de Mungulu Diaka alors ministre de l’Enseignement supérieur, le bain de sang était assuré. Juste pour une aussi petite parcelle de pouvoir! Imaginez ce que cela aurait donné s’il s’agissait de défendre le pouvoir d’un Premier ministre.

On peut comprendre qu’un Congo démocratique mobilise un jour ses citoyens pour demander des comptes aux assassins de Lumumba. Mais notre drame à nous Congolais est qu’à des moments critiques de notre histoire, nous avons toujours été menés en bateau par des dirigeants très impulsifs n’ayant pas l’étoffe d’hommes d’Etat. A cet égard, Patrice Emery Lumumba, Etienne Tshisekedi wa Mulumba et Laurent-Désiré Kabila sont des oiseaux de même plumage et de mauvais augure. Loin de régler les problèmes auxquels notre nation était confrontée, ils les ont chacun exacerbés. Que chacun d’eux soit élevé au rang d’héros national pour saluer une certaine dimension de leurs luttes respectives ne change rien à cette triste réalité. D’ailleurs, si on devrait interroger les Congolais sur leurs aspirations, de l’indépendance à ce jour, personne ne répondrait qu’il a besoin d’un héros national.

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

33 thoughts on “Lumumba, ce mythe à la peau dure

  1. Bonne analyse. J’ai toujours mis en doute la franchise de ces « héros » dans leur manière de lutter pour le bien être des congolais.
    Le Congo n’a pas encore son Héros.

  2. Mr Bitumba Mayoy,
    En lisant votre article, j’aurais pu parler du révisionnisme, mais je laisse les historiens s’en charger s’ils trouvent un quelconque intérêt à vus répondre. C’est quand même incroyable qu’un congolais puisse justifier l’élimination physique d’un compatriote ancien Premier Ministre tout simplement parce qu’il a rappelé à ses compatriotes les affres de la colonisation. Vous approuvez l’oeuvre salvatrice de la colonisation comme l’a martelé le Roi Belge le 30 juin 1960. Par complaisance ou par Naïveté, Kasavubu n’a pas dit autre chose. La seule chose que vous reprochez à Kasavubu c’est de n’avoir pas communiqué son discours au Premier Ministre avant de le prononcer. Je ne sais pas si l’élimination physique de Lumumba vous a apporté un quelconque soulagement, je vous laisse donc avec votre conscience. Sur votre lancée, vous vous attaquez bille en tête à tous les Batetela que vous qualifiez de belliqueux toujours prêt à livrer bataille pour un oui pour un non. Vous affirmez sans citer des noms le nombre de Batetela que Lumumba aurait nommé dans son gouvernement. Vous enfourchez le credo de la thèse qui veut que c’est Lumumba qui a précipité la demande pour l’accession de notre pays à l’indépendance. Je me permets de vous rappeler que c’est kasavubu qui était le premier à parler de l’indépendance immédiate dans années 56 /57. D’ailleurs, lorsqu’on a fixé la date de notre indépendance au 30 juin, Lumumba était en prison. Votre lecture sélective et tendancieuse de notre histoire ne vous honore pas, je préfère vous le dire sans polémiquer. En outre vous regardez notre histoire par le petit bout de la lorgnette lorsque vous prétendez que c’est le pacifiste Jean Van Lierde qui inspira Lumumba pour semer le désordre ce 30 juin avec le contre bilan de la colonisation. Vous pouvez va flatter du bien fait de la colonisation, mais pour la plupart de congolais dont on coupait les mains, les nez voire les pieds parce qu’ils n’ont pas rempli le quota de la quantité de coton, caoutchouc etc…exigée, cela n’avait rien à voir avec l’idée qu’on peut se faire du bien fait de colonisation. Vous parlez de l’ordre protocolaire qu’il fallait respecter et le respect qu’on devait à notre invité de marque le Roi belge le 30 juin. Je vous renvoie à l’exposition universelle organisée en Belgique au début du siècle après vous parlerez du respect du à un invité et de l’impétuosité du discours de Lumumba. Les noirs étaient présentés comme des bêtes de somme, qui ne méritaient pas la moindre considération. Vous présentez les choses avec désinvolture en faisant croire que Lumumba a tout fait pour être premier Ministre, et surtout qu’il y est arrivé en rêvant, mais, à quoi a donc servi les élections. Je vous signale qu’il est très facile aujourd’hui de se draper dans la posture de redresseur de tors lorsqu’on a pas vécu soi même les événements. Quoi que vous pensez, LUMUMBA a fait en quelques mois ce qu’aucun congolais n’a pu réaliser après plusieurs décennies. Je salue ici l’oeuvre de Simon Kimbangu qui, en son temps s’est dressé contre l’occupant et dont le message est toujours d’actualité. Avant de terminer, je vous demande de méditer sur les parole du général Belge qui a dit: au Congo avant l’indépendance égal après l’indépendance, cette déclaration vous aidera à bien analyser la vraie raison de ce qui s’est produit après le 30 juin. de ce point de vue, tous les péchés d’Israël que vous imputez à Lumumba…….Je voulais vous dire aussi que la façon dont vous vous permettez de stigmatiser l’ethnie Tetela me choc profondément, mais, en définitive la conclusion que je tire de votre laïus est que l’histoire n’est pas une science et que le parti pris dans ce domaine ne conduit qu’à la haine et à l’obscurantisme. Lumumba est peut être un mythe, mais pour la majorité de congolais son sacrifice a permis l’édification d’une nation.

    1. Cher Elombe,
      Une fois de plus, je vous demande d’apprendre à bien lire un texte. Nulle part dans mon texte je ne justifie l’élimination physique de Lumumba. Au contraire ! Je condamne ce meurtre et je vais plus loin. Le Congo notre pays serait en droit de demander des comptes à ses assassins. Le reste de votre littérature est sans intérêt puisque vous ne savez apparemment pas lire un texte.

  3. MR MTT J ‘AI LU VOTRE ARTICLE ET LIS SOUVENT VOS ANALYSES ET COMMENTAIRES SI JE ME TROMPE VOUS VOUDREZ BIEN M’EN EXCUSEZ J ‘AI L’IMPRESSION QUE VOUS N’AIMEZ PAS LES BALUBAS.
    ENSUITE VOUS SAUTEZ UNE PAGE DE LA MORT DE LUMUMBA PAR LE MENSONGE DE NOTRE VIEUX MUNGUL DIAKA QUI MENTI A LUMUMBA QUE LA POPULATION DE BULUNGU VOULAIENT L ‘ENTENDRE OR IL S’EST AVERE QU ‘IL ETAIT EN CONNIVENCE AVEC CEUX QUI LE POURSUIVAEINT LE VIEUX KAMITATU LE LUI AVAIT DECONSEILLE. MUNGUL N ‘A PAS EU QUE DES BONNES CASEROLES JE SUIS COMME VOUS DE BDD NON LOIN DE BULUNGU ET JE VOUS INFORME QUE JE CONNAIS AUSSI VOTRE COLLEGE KINIATI POUR AVOIR ETUDIE A YASSA BONGO.JE VOUS TROUVE TRES INSTRUIT MAIS AVEC UN PEU DE TRIBALISME QUI CARACTERISE LES BANAMAYUMBU.JE ME TROMPE PEUT ETRE.

    1. Cher ZORINO,
      Croyez-moi, vous vous trompez terriblement quand vous me traitez de tribaliste anti-Baluba ou Anti-Tetela. Je n’ai aucune raison de l’être. Par ailleurs, en matière de sentiment ou solidarité tribale aveugle en faveur d’un frère, apprenez que contrairement aux amis Kasapards Tetela qui avaient défendu, couteaux à la main, le pouvoir de leur frère Tetela le Recteur Elungu de l’UNILU, par exemple, moi, j’avais mené une grève dans la même université alors que le Recteur Mpeye était non seulement du Kwilu comme moi mais de surcroit mon ainé au Collège Kiniati. Originaire du Kwilu, j’ai écrit plusieurs articles dans le site web www.kikwitonline.com crée et animé par un ressortissant du Kwilu au Canada. J’annonçais à mes frères qu’ils ne devraient rien attendre de l’arrivée au pouvoir du mythe Antoine Gizenga et de son PALU. J’étais alors copieusement insulté par mes frères du Kwilu. Où en sommes-nous aujourd’hui ? Au Kwilu comme ailleurs au Congo, Gizenga et son PALU ont-ils laissé une marque indélébile de leur passage au pouvoir ou ont-ils contribué à la permanente descente aux enfers de notre nation ?

  4. Je suis tout à fait opposé à l’angle que vous avez pris pour juger Lumumba, ses défauts et ses erreurs qui n’en auraient fait qu’un mythe dans notre histoire càd une légende que nous Congolais en mal de figure tutélaire nous nous serions fabriquée.
    Pour moi Lumumba est un personnage historique en chair et os qui parmi nos anciens a joué un rôle majeur pour arracher notre liberté . Il est vite parti, liquidé d’abord parce que son combat pour une indépendance véritable gênait gravement l’ancienne puissance coloniale et l’Occdent plutôt qu’à cause de ses défauts et erreurs. Toute démonstration qui affirme le contraire est pour moi partisane, biaisée.
    Au point que pour moi la défaite qu’ont constitué son exclusion et son meurtre était celle du Tiers-Monde, de notre Afrique ; il eût gagné, et il le pouvait, la face de notre continent et de tous les damnés de la Terre en aurait été changée. Avec sa disparution le Congo et l’Afrique l’abandonnaient (parce que les puissants se sont servis de nos propres frères pour l’envoyer à la mort) et acceptaient ainsi leur propre joug, celui d’une recolonisation…
    Je ne peux en dire autre chose sauf à répéter que la liberté s’arrache, personne ne nous l’aurait accordée pour nos beaux yeux et Lumumba a été de ceux qui s’y sont mis à cœur dans les conditions difficiles de l’époque…
    PS Mpangi Mayoyo, Samu na inki nge me tuba Lumumba kwendaka ku Bulungu ku tata na ngeye (Unilever) ? Tanga le « Patrice Lumumba » paru au CRISP et vous comprendrez mon interrogation…

    1. Cher Mpangi Nono,
      Vous savez comment est né cet article. Tout est parti de l’intervention d’Elombe qui s’imagine qu’aucun Congolais ne se permettrait de critiquer le discours de Lumumba le 30 juin 1960. Je suis revenu sur un vieil article déjà publié par CIC pour lui prouver le contraire. Je m’attendais à ce que vous me démontriez que le discours de Lumumba le 30 juin 1960 n’était pas une erreur comme je l’ai écrit. Mais vous préférez vous lancer dans des considérations éloignées de cet article. Et c’est bien dommage pour un espace bien nommé « Opinion & débat ». Concernant la partie de votre intervention en (mauvais) kikongo, apprenez que j’étais un tout petit enfant. Je ne peux certifier si Lumumba lui-même faisait partie du convoi. Mais ce que j’ai vécu est bien réel. Je ne viens jamais dans ce forum raconter des carabistouilles. C’était la première fois de ma vie que je voyais des soldats, des tanks et autant de véhicules. C’est bien plus tard que j’ai compris qu’il s’agissait de la chasse à Lumumba. Pour votre information, le petit poste PLC de Kiyansi est situé à quelques kilomètres de Belemiese. C’était par-là que passait la route Kinshasa-Kikwit dans le temps.

      1. Cher Mayoyo,
        J’ai répondu à ma manière à votre question sur la pertinence du discours de Lumumba, dommage que vous ne vous y soyez pas retrouvé. Je ne peux (et même ne veux) y répondre autrement.
        Quant à mon mauvais kikongo, désolé je parle mieux le kintandu mais pas le munu kutuba que je comprends mais ne peux parler.
        Quant à son contenu, notre ami Zorino a effleuré ce à quoi je voulais vous mettre en garde, je n’en dirais pas non plus davantage ici, si vous connaissez toute l’histoire, vous comprendrez pourquoi.

    2. Cher Nono,
      Vous n’avez aucune excuse à présenter parce que vous utilisez à bon escient une de nos langues afin de ramener notre cher Mayoyo des hauteurs où il semble inattentif à l’ivresse de l’altitude. En effet, la vérité sur l’humain est comme un plateau des verres dont les morceaux brisés doivent-être reconstitués. Il faut une méthodologie scientifique appropriée pour y parvenir. Par ailleurs , que devrait faire le premier ministre d’un Congo dont les terres minières et les plantations furent expropriées ou échangées contre des bouteilles de whisky? Avant le 30 juin 1960, l’acte fondamental signé en bonne et due forme par les représentants de deux pays fut tripatouillé unilatéralement par le roi des Belges. Au lendemain de l’indépendance, les comptes du Congo à la Banque centrale furent vidés par des transferts importants des fonds vers la Belgique. Des dettes contractées par des privés belges furent mis au passif de notre pays jusqu’à ce jour(contentieux belgo-congolais). Tous ces faits doivent être intégrés dans un modèle de traitement des données pour plus d’intersubjectivité (objectivité limitée en sciences humaines) et moins de propagande « négative ou positive » sur les « égos ».

      1. Cher Armand,
        Voilà qui s’appelle ne pas savoir débattre dans un espace pourtant bien nommé « Opinion & débat ». Elombe s’imagine qu’aucun Congolais n’oserait critiquer le discours de Lumumba le 30 juin 1960. Je lui apprends que l’historien Ndaywel e Nziem l’a fait. Et j’épouse la démarche de l’historien en critiquant à mon tour le même discours qui pour moi reste une faute politique pour laquelle Lumumba lui-même avait présenté des excuses. Loin de faire la démonstration du contraire, c’est-à-dire que ce discours était une idée géniale et non une faute politique, vous vous éloignez du sujet et votre discours va dans tous les sens. Pire, vous parlez même de méthodologie scientifique. Depuis quand faut-il recourir à une méthodologie scientifique pour reconnaître une faute qu’elle soit politique ou d’autre nature ? Continuez à enseigner les bêtises de nos hommes politiques comme des prouesses et on verra comment le Congo se portera mieux.

      2. Cher Mayoyo,
        Devrais-je douter de vos capacités à lire vos contradicteurs? Je ne propose aucune méthodologie scientifique pour découvrir les erreurs des politiciens. Les politiciens commettront toujours des erreurs. La méthodologie que je vous propose aide les scientifiques en sciences humaines à prendre du recul par rapport à leur dose de subjectivité dans l’analyse des faits. C’est en cela que résidé la fébrilité de vos publications. Votre livre datant des années 90 ne comporte aucune partie empirique traitant d’entrevues , témoignages , interviews d’acteurs centraux et périphériques de la scène politique congolaise de 1885 à ce jour. Il y a aussi les données des archives royales belges sur le Congo. Cette partie devrait aider à faire émerger une théorie ancrée sur les faits. Je vous comprends. Il y a très longtemps que vous avez été aux études. La méthodologie que je vous propose peut en mon sens aider à améliorer la qualité de votre ouvrage en ce qui concerne l’objectivité (limitée) de vos conclusions . Cette méthodologie a fait ses preuves dans les écoles doctorales belges. Il n’est donc pas question de détecter les erreurs de qui que ce soit.Les hommes politiques auront toujours un actif et passif dans leur bilan. Et parfois , un actif net négatif bénéficie du concordat judiciaire. Des logiciels tels que « Observer XT » ou « N-VIVO » aident les chercheurs dans l’analyse des « Big Data ». Renseignez-vous sur ces logiciels au lieu d’exhiber honteusement votre ignorance sur l’évolution des méthodologies scientifiques de traitement des données en sciences humaines. Sinon, vous êtes dans la propagande de votre égo(l’égocratie) et non dans la science. Bien à vous

  5. Pour tous les Lumumbistes Mulelistes aguerris, purs et durs exit tous les faux Lumumbistes (Mende Omalanga, alias Kabila, les adhérents de Palucifer…), cet article est un « révisionnisme de l’histoire » du Kongo qui est passible d’une peine pénale… Vivement l’avènement de l’État du Droit au Kongo avec une justice indépendante, il y aura sans aucun doute des procès en cascade pour tous les révisionnistes de la vraie histoire du Kongo, pour tous les criminels pilitico-économiques même à titre posthume afin de fixer les nouvelles bornes qui serviront de ligne de conduite civique à la prochaine génération…
    En outre, l’auteur de l’article pratique aussi le « négationnisme » sur la mort de Lumumba car personne ne peut contester en aucune manière dans cette ère du Verseau où tout se sait rien n’est caché que les Américains, les Belges impérialistes capitalistes et leurs laquais Kongolais de l’époque ont assassiné Patrice Émery Lumumba né Tasumbu Tawosa Isaïe durant la période de la Guerre froide soi-disant qu’il était communiste pro URSS…
    En plus réviser l’histoire de l’héroïsme de Lumumba qui a su faire face aux décideurs imperialistes avec ses armes intellectuelles élémentaires (Bomuntu) « d’autididacte primairien » consiste à donner raison à ses tortionnaires et à ses ennemis politiques intérieurs et extérieurs. À force d’avoir des aventuriers politiciens comme dirigeants successifs (1965-2019), l’élite politico-intellectuelle-religieuse Kongolaise perd le nord…
    En lieu et place de dénoncer l’Occupation étrangère Tutsi Power qui dure déjà 23 ans, elle « l’intelligentsia Kongolaise » s’éparpille, frappe comme battant l’air dans le vide oubliant le vrai combat qui consiste a donner à leurs compatriotes les armes offensives et défensives pour combattre l’impérialisme (la main noire)…
    À propos, Tasumbu Tawosa Isaïe aka Patrice Émery Lumumba déclara solennellement « L’histoire du Kongo ne s’écrira ni à Bruxelles, ni à Paris, ni à Washington, mais au Kongo », autodidacte ou primairien qu’il était, il a su se projeter dans 60 ans pour voir ce qui allait se passer au Congo-Kinshasa… Nous (Combattant Résistant de l’Ombre) dirons même plus notre histoire ne s’écrira ni à Kigali, ni au Rwanda…
    Pour le Kongolais lambda, il (Lumumba) peut-être un héros national ou ne peut pas l’être c’est selon mais pour les puristes « Lumumbistes Mulelistes », Lumumba est un prophète Noir de la trempe de Simon Kimbangu, Martin Luther King, Malcolm X, Kwame Nkrumah, Thomas Sankara dont les pensées pieuses pour la cause noire Africaine inondent encore et toujours les cœurs de leurs descendants à travers toute la planète Terre… [« Nul n’est prophète en son pays »]…
    Une question simple à notre Frère et Compatriote « Mayoyo Bitumba Tipo Tipo ». Après avoir brossé le parcours politique de Étienne Tshisekedi wa Mulumba sans des hauts avec beaucoup des bas, qui traita Lumumba de crapeau, cet ultime article est un peu contradictoire ou c’est un récital du « révisionnisme en histoire » pour plaire aux 0,01 % des néo Tshilombistes jadis Tshisekedistes devenus bêtement pro Rwanda, pour plaire aussi aux Occupants Nomades faux Lumumbistes Kabilistes-Kanambistes ou surtout pour plaire aux assassins Blancs Aryens Indo-européens qui ont trucidé publiquement Isaïe Tasumbu Tawosa ?… Rappelons-nous que Lumumba est sans sépulture dont le corps a été dilué dans un tonneau d’acide. Pour tuer le mythe ou pour perpétuer le mythe à la peau dure ?
    Samora Machel disait « Le jour où vous entendrez les Blancs parler de moi en bien, ce jour là, ne partagez plus vos secrets avec moi, car cela voudra dire je vous aurais déjà trahis » Fin de citation…
    [« Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. Moi donc, je cours, non pas comme à l’aventure; je frappe, non pas comme battant l’air. Mais je traite durement mon corps et je le tiens assujetti, de peur d’être moi-même rejeté, après avoir prêché aux autres’1 Corinthiens 9 :25-27 et « Combats le bon combat de la foi en la vérité sur le Kongo » 1 Timothée 6 : 12]… Ainsi soit-il. Ingeta

  6. Cher Bitumba Mayoyo,
    En réponse à mon interrogation, vous posez ironiquement la question oyo nini ? pour peut être me faire remarquer que je n’étais pas dans le sujet. Mais c’est vous qui êtes passé de Tshisekedi à Lumumba sans prendre la moindre précaution dans votre analyse. Vous vous êtes livré à un amalgame détestable pour justifier votre aversion sur la personne de Lumumba a qui vous attribuez injustement l’origine de la descente aux enfer de notre pays. Que Ndaywel ait écrit ce que vous affirmez, je peux le comprendre, il a fait son travail d’historien qui peut être aussi critiqué de la même façon, car, l’histoire n’est que le récit des événements vus rétrospectivement, ce qui peut prêter au controverse et au parti pris. Comme un bulldozer, vous vous attaquez bille en tête à la mémoire de cet illustre compatriote qui a donné sa vie pour les idéaux auxquels il a cru jusqu’au bout.
    Je trouve votre démarche trop facile. Si Mulele, Kizenga etc… et même le cousin de votre père ont cru à ce noble combat, c’est parce qu’ils y étaient attachés à juste titre. Alors, mon frère un peu de modestie et de mesure.

    1. Elombe@
      Si vous êtes « Elombe » la même que celle de Congo2000-CongoDiaspora.. Lol
      > Lumumba et tous nos pères de l´indépendance portent une lourde responsabilité « historique ».
      Leurs choix, leurs decisions, leurs options politiques influencent encore le devenir de la RDC en ce moment precis.
      Tant que nous allons fermer leus yeux en faisant d´eux des héros qu´ils ne sont pas. le devenir de notre pays sera comme le passé.
      > « Avant l´indépendance= après l´indépendance » Boutade d´un officier de la Force Publique qui semble être une « prophetie » au Congo. Ce que sur le plan militaire, les casernes et les bases militaires vetustes héritées du Congo-Belge sont toujours en usage pour les FARDC.
      La configuration des ces infrastructures militaires qui repondait au besoin de la repression des citoyens congolais depuis l´EIC est la même quand l´armée congolaise continue avec la même philosphie militaire qui fait croire que l´ennemi du pouvoir c´est les congolais!
      Mulele que vous citez ici devrait figurer parmis les « terroristes » qui ne s attaquait qu´á ses frères et detruisant le peu des écoles héritées des Belges quand les congolais avaient grandement besoin de se faire éduquer.
      Gizenga devrait aussi figurer sur cette liste des terroristes car les massacres contre les civils congolais dans la « République Populaire du Congo » proclamée á Stanley-ville (Kisangani) reste une page de notre histoire sombre á écrire.
      Connaissez-vous l´histoire de la reserve d´or de la Banque centrale emporté par le « gouvernement Gizenga » dont les traces indiquent qu´on le retrouve au Soudan ?
      > Ndaywel peut écrire ce qu´il souhaite, mais la réalité ultime est que la RDC n´allait jamais avoir Mobutu comme dictateur si Lumumba n´avait pas de lui son « sécretaire particulier » en l´introduisant á la Table Ronde et plus tard faire de lui un « colonel » dans l´ANC.
      Lumumba qui humilie les Belges et destabilise ainsi la diplomatie et la sécurité du Congo porte sa part de responsabilité.
      Lumumba qui ne comprend pas le texte de la Constitution et revoque Kasavubu sans consulter le Parlement porte sa part de responsabilité dans la crise politique qui va faire le lit des dictatures et des guerres interminables au Congo.
      GHOST ex membre des forces de sécurité au Congo a une lecture sans complaisance de ces « faux » nationalistes qui n´ont jamais compris où se trouvait l´intérêt des congolais et du Congo comme État. Depuis 1960, nous continuons á voir ces fameux « nationalistes » se pavener en parlant de leur « nationalisme »..Mais le bilan démontre le contraire de leurs discours… Mende ou Okitundu seraient sans doute des « nationalistes » ? Kie kie kie

    2. Cher Elombe,
      Je m’attendais à ce que vous me démontriez que dans votre ethnie ou dans celle de Lumumba, mettre son invité mal à l’aise lors d’une célébration constitue une grande qualité politique. Comme vous ne l’avez pas fait, pour moi cette discussion n’a pas lieu d’être. Votre silence sur le sujet que j’ai abordé prouve bien que vous êtes conscient de l’énorme boude de Lumumba à cette occasion-là, tout héros national sera-t-il proclamé plus tard.

  7. BILAN D´UN HEROS
    Héros? Mais pourquoi pas mais quel bilan ? Héros par rapport á quoi exactement ?
    Lumumba n´a été premier ministre que moins de 3 mois.. quel est le bilan politique, économique, diplomatique ou sur le plan de la sécurité pendant ses fonctions comme chef du gouvernement et ministre de la Défense de la RDC?
    Ceux qui parlent du « revisionisme » devraient nous aider á retrouver le bilan de Lumumba.
    MYTHE DE L´INDEPENDANCE
    Contrairement á l´Angola, Mozambique, Algerie ou Kenya, les congolais n´avaient jamais eu á se « battre » pour obtenir l´indépendance. L´indépendance a été accordée par la Belgique pays membre de l´OTAN sur pressions des USA dont la politique pendant la Guerre Froide était menacée par l´URSS.
    La Belgique avait accordée l´indépendance très rapidement. Ce n´est pas quelques manifistation du 4 janvier qui pouvaient menacer la puissance militaire Belge, pays membre de l´OTAN dont les officiers commandaient la Force Publique.
    Il suffit d´observer la configuration des casernes et bases militaires héritées de la Force Publique dont les FARDC utilisent encore de nos jours pour admettre que la Belgique pouvait faire face á une guerre civile du genre d´Algerie.
    Ceux des historiens congolais qui font croire que nous devons notre indépendance á l´ABAKO ou á Lumumba devraient revoir leur lecture.
    LE MYTHE LUMUMBA
    C´est un mythe comme celui de Gizenga dont on nous racontait pendant l´enfance qu´il avait emporté avec lui « Le Livre d´Or de l´indépendance ».. Et pourtant, premier ministre pour la seconde fois, baba Gizenga faisait dodo pendant les reunions du gouvernement.. son bilan est mediocre si mediocre qu´il a fait venir Muzito pour faire son travail.
    Lumumba est un « mythe » dont l´unique partie de son histoire est son assassinat par les Belges.. Et pourtant il ne sera pas le seul congolais assassinés depuis 1885..quand l´histoire des massacres de Léopold 2 est disponible. Son seul bilan est un speech le jour de l´indépendance.
    Observez une chose étrange au Congo: les congolais aiment les discours ! Ils ne font pas attention aux actions mais se perdent dans des discours.
    Croyez-vous sincerement quelqu´un qui possedait ses facultés intellectuelles pouvait faire un discours visant á « humilier » les belges quand son pays ne possedait pas un seul medicin, un seul pilote, un seul officier dans l´armée, un seul ingenieur ect…?
    Ce que Lumumba ne savait pas que la RDC était encore sous admnistration Belge quand il faisait son speech.. Tous les officiers de la FP (ANC) étaient Belges, tous les ingenieurs dans les mines étaient Belges, tous les medecins étaient Belges…
    RECOLONISATION ?
    À quoi pouvait servir l´indépendance si les congolais sont (toujours) incapables de défendre l´intégrité territoriale du Congo ? Ce que l´histoire continue de nous apprendre que sans l´ONU, le Congo n´allait plus existe comme un État dans les frontières de l´ex EIC.
    ONUC dans les années ´60, MONUC/MONUSCO depuis 20 ans..
    Si Lumumba avait accepté la proposition de l´ONU où on demandait aux congolais de « dissoudre » la Force Publique.. car on ne « réforme pas une armée qui fait une mutinerie ».. Lumumba serait encore vivant..
    Dès la Table Ronde, Lumumba y compris tous ces leaders congolais qui avaient participés á ces negociations n´avaient jamais compris le rôle important d´une armée dans un État digne de ce nom.
    Mobutu est tombé une fois que les FAZ ont fait les pillages et ont cessés de défendre son pouvoir.. LD Kabila est mort parce que lui aussi n´a jamais compris le rôle de l´armée.. Joseph Kabila est resté au pouvoir parce que l´ONU assure la « dissuasion » et la protection de l´État au Congo.
    RELIRE LES PAGES DE L´HISTOIRE…SANS EMOTIONS ?
    Lumumba « héros », LD Kabila « héros », Yerodia « héros », Tshitshi « héros »… même un certain Mulele ex ministre de l´éducation qui une fois dans la rebellion avait pour cible principale les enseignants et mettait le feu aux écoles au nom de la révolution est un « héros »..
    Lumumba n´est qu´un mythe..ceux qui disent le contraire n´ont qu´á nous presenter son bilan..

    1. Cher GHOST,
      Merci d’avoir enfoncé le clou en affirmant que « contrairement á l´Angola, Mozambique, Algérie ou Kenya, les Congolais n´avaient jamais eu á se « battre » pour obtenir l´indépendance. L´indépendance a été accordée par la Belgique ». Mieux, ce faisant, la Belgique s’était arrangée pour ne rien perdre des avantages que lui procurait ce qui était désormais son ex-colonie. Laissez donc les Congolais qui adorent les mensonges qu’ils fabriquent sur leur pays continuer à y croire. Et on verra ou cela mènera bien. Moi personnellement, je ne vois pas ce que je dois aux fameux pères de l’indépendance dans la mesure où nous n’étions pas prêts pour cela le 30 juin 1960 et que la suite n’a été qu’une succession des drames pour notre pauvre peuple. Cependant, je comprends que pour ces pères de l’indépendance, il n’était pas facile de ne pas la demander car cela était dans l’ère du temps. Merci aussi pour le rappel du mythe Gizenga si répandu au Kwilu même chez mes frères Bambala qui ont bêtement composé des chants á sa gloire. Pour finir, je voudrais saluer votre observation o combien judicieuse des Congolais qui « ne font pas attention aux actions mais se perdent dans des discours ». J’ai toujours été scandalisé de voir des intellectuels y compris des professeurs d’université participer à des émissions où il n’est question que de discuter ou débattre sur le slogan de tel ou tel autre homme politique ou parti. On trouve génial le « Ne jamais trahir le Congo » (Laurent-Désiré Kabila. « Le peuple d’abord » (Tshisekedi wa Mulumba. « Peuple eh ? Vaincra ! » (Antoine Gizenga). Parfois, je me demande s’il ne vaudrait pas mieux que ce pays n’existe plus tellement nous sommes nuls. Au moment où nous attendions de prendre nos distances de tout culte de la personnalité, un autre commence à voir le jour, celui du Josué Tshilombo.

      1. Faux cher Monsieur Mayoyo,
        l’ordre fut intimé aux belges par la CIA de céder le Congo au gouvernement américain en vue du contrôle de l’uranium. (source: archives royales belges).A cause de l’UMHK , Sibeka et autres compagnies stratégiques appartenant à la famille royale belge , la Belgique d’en haut ne voulait pas de l’indépendance du Congo en 1960. Vous dites que vous êtes fonctionnaire international. Renseignez-vous sur les conclusions « cachées » du crash de l’avion transportant Monsieur « H » à Ndola (Zambie). Au fait, qui a tué le secrétaire général de l’ONU en 1961? Pourquoi cet apôtre de la transparence(gouvernance) de la situation socio-institutionnelle du Congo avait été tué? Je vous rappelle que Lumumba est également mort en 1961.Voici cher Mayoyo, le chaînon manquant explicatif de l’héroïsme de ce digne fils du pays nommé Patrice Emery Lumumba. Paix à son âme.

  8. Mr Mayoyo,
    Il faut savoir assumer ses opinions, tous ceux qui ont lu votre diatribe anti-Lumumba ont fait la même lecture que moi. J’ai souvent remarqué qu’à chaque fois que vous êtes coincé, vous devenez condescendant, voire arrogant. Je suis désolé, je ne suis pas seul à avoir été choqué par votre texte. Encore une fois, je vous demande de faire preuve de modestie. Chaque fois que vous vous attaquerez à notre héros national, le vrai, je n’hésiterai pas à vous répondre. Pour ce qui est de mon incapacité à lire correctement un texte, je préfère le mettre sur compte de votre égocentrisme qui ne vous honore pas. Dommage.

    1. Cher Elombe,
      J’admire votre grande capacité à mentir et à croire à vos propres mensonges. Vous m’écrivez : « Tous ceux qui ont lu votre diatribe anti-Lumumba ont fait la même lecture que moi ». Mensonge. Les écrits de GHOST et la toute première intervention signée Mitshabu sont pourtant là pour vous prouver le contraire. Quant à ceux qui s’agitent comme vous, ils se comportent exactement comme vous. Ils ne parviennent pas à démontrer que le discours de Lumumba le 30 juin 1960 était une idée géniale et non une faute politique.

  9. MBTT VOUS M ‘EXCUSEREZ POUR CE SENTIMENT MAINTENANT JE SUIS RASSURE JE VOUS LIS BCP ET APPRECIE VOS ANALYSES.
    COMME VOUS JE PENSE QUE LE VIEUX GIZENGA FUT UN FAUX POLITICIEN ET NOUS A FOUTU DANS LE CANIVEAU ET IL DOIT ETRE COMPTE PARMIS CEUX QUI DONNE LE POUVOIR AU TUTSHI KANAMBE JE L’AVAIS FAIT SAVOIR A MON VIEUX DEFUNT PERE QUI FUT PALU ET FANATIQUE AVEUGLE DU FAUX DETENTEUR DU LIVRE D’OR.J AI HONTE DE NOS HOMMES POLITIQUES DE TOUT BDD CONFONDU. TOUT EN VOUS REMERCIANT POUR VOTRE ECLAIRCISSEMENT.

    1. Cher Zorino,
      Il ne faut surtout pas vous laissez aller par le courant de la médiocrité généralisée, sur le plan de la réflexion et de l’action politique, que l’on peut observer dans la société congolaise. Si notre indépendance n’a été qu’une succession des malheurs, c’est parce que nous n’avons jamais eu un seul homme d’Etat parmi tous les grands noms de la politique de notre pays. On a beau élever certains d’entre eux au rang d’héros et cela pour certaines dimensions spécifiques de leurs personnalités respectives, une chose est certaine, sur le plan de la réflexion et de l’action politique, tous les politiques congolais sont des nains, en commençant par Lumumba.

  10. Chers amis de CI et d’ailleurs,
    # Je ne sais comment le dire sinon cracher tout de go que c’est au-dessus de mes forces et de mes capacités de comprendre que certains d’entre nous se limitent à juger Lumumba sur ses défauts et erreurs ou sur je ne sais quel bilan défaillant. Pour moi, Lumumba est d’abord cette figure emblématique incontournable du combat pour notre liberté et sa mort le fruit d’abord d’un complot occidental. Un mythe bien vivant, méritant et bénéfique pour le Congo et l’Afrique !
    # Je ne peux non plus comprendre cet argument selon lequel les Congolais seraient moins méritants par ce qu’ils n’ont pas arraché leur indépendance par les armes. Comme si les morts infligées par les forces coloniales le 4 janvier 1959 et bien avant (au moins depuis Kimbangu) et après pour leurs revendications de liberté n’étaient que du folklore.
    Comme si on oubliait que quelques mois avant l’indépendance la Belgique n’entendait pas encore se retirer de sa chère colonie…
    C’est dire que sans avoir pris les armes les Congolais ont bel et bien poussé la Belgique à quitter leur pays à un moment où elle ne l’avait pas planifié à l’avance. Si mérite il y’a du côté belge, c’est d’avoir accéléré l’indépendance du Congo devant la revendication pressante des Congolais en comprenant que celle-ci épousait le sens de l’histoire. Et Lumumba y a joué une part appréciable.
    # Ailleurs malgré la mort de l’éphémère Premier Ministre, un « météore au firmament africain » (dixit JP Sartre), ses meurtriers n’ont pu éteindre son étoile comme ils le voulaient.
    Lumumba n’a en effet pas disparu aussi vite qu’il est apparu, il reste cette figure tutélaire particulière du Congo indépendant, une source active d’inspiration pour l’Afrique et le Tiers Monde d’autant que sa tâche reste en grande partie encore à accomplir.
    Aujourd’hui quelques centaines de livres ont été écrit et s’écrivent sur lui, des témoignages, des récits sur sa vie, des analyses sur son action et sur les espoirs qu’il avait inspirés, et cela au Congo, en Afrique, en Occident, en Asie. Les circonstances de sa mort, ses commanditaires et exécutants et leurs motivations, ont provoqué des multiples analyses.
    # Sinon, point de doute : son assassinat annoncé avait été écrit dans les salons et bureaux officiels de Bruxelles, de Washington et de New-York (ONU), exécuté par des officiers et diplomates belges avec leurs complices Congolais. Ses véritables auteurs étaient d’avis que la liquidation de Lumumba était indispensable pour sauvegarder les intérêts des compagnies qui exploitaient la colonie comme leur pays conquis. Pour eux, avant l’indépendance devrait correspondre à l’après indépendance s’agissant de la gouvernance du jeune Congo indépendant dans lequel les Occidentaux devraient continuer à tirer les ficelles. Ce à quoi l’embryonnaire mouvement nationaliste largement mené par Lumumba s’opposait. Néanmoins répétons-le, celui-ci et ses collaborateurs ont commis des fautes politiques mais Lumumba était quand même le PM légalement et largement élu et désigné du Congo et le combat pour la liberté qu’il menait exigeait bien plus, des sacrifices et témérités pour le réussir.
    # Bref, je suis retourné qu’un Congolais ne voit en lui comme jadis ses assassins « un homme qui, sans vision claire ni plan d’action très net, emporté par un anticolonialisme, a déclaré la guerre à l’Occident et a sombré assez rapidement dans le chaos de la crise Congolaise qu’il a en grande partie engendrée lui-même ». Lumumba était bien plus et autre que ce décret orienté d’un homme isolé et faible qui n’aurait eu aucune chance de réussir sa revendication d’indépendance totale. Rien n’est plus léger ; la preuve, Bruxelles, Washington et New York n’auraient pas mis sur pied une opération minutieuse pour l’éliminer si il n’était qu’un dirigeant politique isolé et sans avenir.
    Son héritage politique au Congo (voir fût-ce le gouvernement de Stanleyville et les rébellions nationalistes qu’il a inspirées), en Afrique et dans le monde est réel ; l’effet négatif de sa mort sur le nationalisme africain encore incapable d’orienter les masses et leurs dirigeants vers la libération du continent du joug néocolonial en témoigne. Le 30 juin son discours certes peu diplomatique s’adressait d’abord à ses Concitoyens en relevant leur histoire coloniale mitigée et prônait un nationalisme progressiste tourné vers l’avenir. Il continue à manquer à juste titre l’imaginaire et l’espérance des Congolais et des Africains. Lumumba reste pour eux ce combattant intrépide et crédible pour l’indépendance à laquelle aspirent encore quelques milliards des « Damnés de la Terre » à travers la planète et dont la victoire de Lumumba aurait changé leur destin…

    1. ERRATUM
      « …Il continue à MARQUER à juste titre l’imaginaire et l’espérance des Congolais et des Africains…. »

    2. « Semeki” Nono,
      Semeki puisque mon épouse est une aimée fille Muntandu. Pour vous, Lumumba est « un mythe bien vivant, méritant et bénéfique pour le Congo et l’Afrique ». Pouvez-vous me citer un seul bénéfice que le Congo et l’Afrique tirent de ce mythe ? Notre indépendance est un échec. Jusqu’à ce jour, elle ne bénéficie qu’à ceux qui sont au pouvoir. Ce sont eux qui doivent remercier les pères de l’indépendance. Pas notre peuple qui n’a rien gagné de cette indépendance. Au contraire, le peuple doit maudire les pères de notre indépendance. Car, à l’époque coloniale, le peuple vivait mieux que tout au long des années d’indépendance. Cela signifie que quand vous mentez à vous-même en écrivant que Lumumba est « une source active d’inspiration pour l’Afrique et le Tiers Monde », je voudrais bien savoir ce que cette source d’inspiration a donné comme résultat au Congo et ailleurs dans le Tiers Monde. Vous poursuivez : « Son héritage politique au Congo, en Afrique et dans le monde est réel ». Un héritage, c’est quelque chose dont on jouit. Concrètement parlant, comment jouissez-vous de l’héritage de Lumumba ?

      1. Cher Mayoyo,
        L’héritage de Lumumba ?!?
        # Je ne crois pas que nous ayons dans notre histoire récente un personnage autre auquel presque tous nous nous référons, duquel les politiques de tout bord se précipitent a se reclamer. Comme tous les mythes, la figure de Lumumba vaut pour eux non pas tant par ce qu’il a fait nommément mais par ce qu’elle représente pour eux. Et justement la lecture populaire et nationale de sa geste a transformé son personnage en un mythe fondateur bienfaisant. Son héritage essentiel c’est alors celui de représenter le combat et le combattant de la liberté, l’espoir accessible des lendemains meilleurs.
        # « L’homme, la société ne vivent pas que de pain, mais de toute parole de sens », nous avons besoin de symboles et des gages d’espoir.
        Notre peuple admire le courage de Lumumba et loue son sacrifice ; ses voeux, son ideal ni lui ni ceux qui sont venus après lui ne les ont encore accomplis mais avec son souvenir nous croyons davantage leur réalisation possible et son héroïsme sera tôt ou tard le nôtre…

  11. ADDENDUM
    « …Si mérite il y’a du côté belge, c’est d’avoir accéléré l’indépendance du Congo en comprenant que celle-ci épousait le sens de l’histoire devant la revendication pressante des Congolais…. »
    J’ajouterais que si début 1960 le gouvernement belge décide d’un pas accéléré la date de l’indépendance pour le 30 juin alors qu’un an plutôt début 1959 il était toujours convaincu de pouvoir la retarder de plus de 10 ans, c’est aussi pour couper court à tout processus de radicalisation des masses Congolaises et écourter la période de formation des forces politiques qui au Congo s’organisaient à pas forcés. Ainsi il pourra asseoir au pouvoir des politiciens congolais encore plus inexpérimentés et faibles à qui il peut continuer à imposer plus facilement ses diktats et à tirer de ce fait les ficelles dans les coulisses.

  12. @ Cher Compatriote Ndeko Nono,
    Mokako swa ! Béni soit le jour où vous êtes né ! Que jour où votre mère vous enfanta soit béni ! Béni soit l’homme qui annonça à votre père cette nouvelle : « Un fils, un garçon t’est né ! » et le combla de joie…
    Vos paroles justes sans complaisance aucune, votre lucidité votre courage de dire ces vérités contenues dans votre post nous éblouissent dans cet océan des contre-vérités qui plaisent aux assassins de Lumumba tapis à Bruxelles, Paris, Washington… Merci beaucoup du fond du cœur… La Véritable Parole Divine Authentique décrit que le Psalmiste dit ceci au Chapître 37, verset 25 [« J’ai (David prénom francisé ou « Tondo » en Sawa Ancien l’ancêtre de Lingala) été jeune, j’ai vieilli; et je n’ai point vu le juste abandonné, ni sa postérité mendiant son pain »]… Ainsi soit-il…
    Notre aïeul à tous les Bantous, Patrice Émery Lumumba n’est plus là pour se défendre en chair et en os mais ses émules (dignes descendants) que nous sommes le feront pour lui avec humilité, courage, Amour Agapé et détermination, n’en déplaise à ses détracteurs…
    Ils (les imperialistes Blancs Aryens Indo-européens et leurs laquais dirigeants Kongolais de l’époque) n’arriveront j’amais à tuer l’état d’esprit du combat contre l’impérialisme qui l’animait, hérité de nos aïeux (Kimpa Vita et Kimbangu), réincarné ensuite en son digne disciple Pierre Mulele, qui anime aujourd’hui ses dignes descendants « Combattants Résistants Mai Mai Yakutumba et Coalition » gardiens sacrés de la Terre Kongo sans qui la RDC (Rép à démocratiser) serait déjà balkanisée depuis longtemps par les Occupants Tutsi Nilotiques Rwando-Burundo-Ougandais, les sous-traitants des imperialistes commanditaires de la guerre de basse intensité qui détruit notre pays depuis 1996 jusqu’à ce jour ; et surtout cet état d’esprit disions-nous habite indéfiniment dans plusieurs petits « Lumumba » éparpillés à travers le monde, vous y compris car vos écrits sur ce site CIC le prouvent amplement… Ainsi soit-il. INGETA

  13. P.S.
    Votre critique categorique de Lumumba suggere en creux un manque qui rehabilite en fait son illustre figure. Imaginez en effet qu’aujourdhui les Congolais et tous les Damnés de la Terre s’unissaient véritablement pour mettre en pratique son idéal d’indépendance sur nos pays, nous ne serions plus là à nous attarder sur la recherche d’un modèle endogène de démocratie comme vous le faites si bien tant il est corollaire aux principes de son programme, nous ne serions plus à nous offenser des ingérences occidentales car son idéal d’indépendance nous en aurait déjà éloigné.
    Il y’a toute une autre vie derrière son exécution que nous n’integrons pas dans notre réflexion. Voilà pourquoi je répète qu’il aurait gagné, et cela était possible déjà si nous n’avions pas succombé à la division que l’Occident nous a infligée, la face de l’actuel Tiers Monde aurait changé.
    Voilà le sens de mes hommages envers notre Héros et de mon infini regret pour sa disparition et celle notable du camp nationaliste qu’il représentait ! Helas Guerre froide oblige ce dernier a été facilement récupéré par le camp socialiste en face alors qu’il était, qu’il devrait d’abord être nôtre propre…

  14. L´article de Mayoyo est facile à lire et j´ai apprécié le respect des règles d´accord du participe passé. Soit dit entre parenthèses que le ‚h‘ du héros est aspiré. Par conséquent, il est correct d´écrire : „… élevé au rang de héros national“ et non „… d´héros national“ (cf. la fin de l´article). Je partage la signification de l´assassinat de Lumumba (« l’assassinat pour servir les intérêts politiques et économiques de nations étrangères d’un Premier Ministre démocratiquement élu et désigné constitue un crime contre l’humanité »). C´est pourquoi j´avais critiqué le texte de Monsengwo devant le Sénat belge en février dernier. Il y mentionnait le coup d´État de Mobutu de 1965 comme premier cas de démantèlement des bases de l´avenir du Congo et omettait ‚superbement‘ l´assassinat de Lumumba.
    Cependant, il y a de sérieux PROBLÈMES LOGIQUES dans le texte de MAYOYO qui finit par le même péché qu´il a prétendu corriger au départ : Réagissant à la généralisation d´ELOMBE, MAYOYO souligne que c´est faux de croire qu´AUCUN Congolais ne critiquerait ce moment historique incarné par le discours de Lumumba. Curieusement, il conclut lui-même son article par une généralisation: „D’ailleurs, si on devrait interroger les Congolais … PERSONNE ne répondrait qu’il a besoin d’un héros national.“ « Une phrase à portée universelle, qui signifie que l’on ne peut pas trouver un seul Congolais qui ne réponde par l´affirmative. Wow, Mayoyo a parlé au nom de tous les Congolais !!!
    Bien avant sa conclusion audacieuse, Mayoyo balance : „Il est CLAIR que s’il était resté au pouvoir pendant autant d’années que Mobutu … il n’allait [n´aurait] pas … “ : Alors que nous sommes en plein monde des possiblités (Lumumba étant déjà mort), Mayoyo parle impétueusement de CLARTÉ. Mayoyo poursuit : „Il y a même fort à parier que l’hégémonie Tetela aurait été plus sanguinaire que celle des Ngbandi.“ Sur base de quoi ? Pour toute base, Mayoyo nous fournit un seul et faible exemple qui puisse supporter toute l´ampleur de son affirmation outrecuidante. On ne sait pas si Elungu avait soudoyé ces étudiants. Et il est difficile de comprendre comment on peut passer ‚automatiquement‘ d´un tel cas à l´Université de Lubumbashi à celui de Lumumba en tant que Premier Ministre. Mayoyo renchérit sans se gêner de ses passages ‚automatiques‘ : „Imaginez ce que cela aurait donné s’il s’agissait de défendre le pouvoir d’un Premier ministre.“ Comment peut-on avoir même dans ses imaginations une lecture réductrice et faire fi de la complexité des réalités humaines (voire du caractère dynamique des êtres humains) ? Ce simplisme indispose.
    Je m´interroge même sur l´opportunité d´une telle affirmation („l’hégémonie Tetela aurait été plus sanguinaire que celle des Ngbandi“) injuste à l´égard des NGBANDI et des TETELA (Beaucoup n´avaient et n´ont rien à voir avec les acteurs politiques auxquels des analystes comme Mayoyo tiennent absolument à les rattacher). Je déteste la fixation des identités ethniques et son influence dans des débats, car les individus ont des identités hétérogènes et plurielles. Les propos d´un intellectuel comme Mayoyo donne la becquée à ‚l´homme de la rue‘ avec ses „ba Ngbandi kaka boye“ ou „ba Tetela kaka boye“.
    MAYOYO utilise souvent avec légèreté les quantificateurs logiques et ne voit pa ses problèmes des généralisations (abusives), de causalité et corrélation … Il sied d´être très prudent avec le langage courant, dans lequel il arrive, par exemple, que des « tous / aucun », « partout », « toujours / jamais » ou encore « tout le temps » prennent la place des « il existe », « certains », « parfois », etc. Il faut de la rigueur dans le raisonnement pour ne pas s´accommoder d´amalgames identitaires et éviter de passer, par exemple, de l´affirmation „cinq personnes d’une certaine communauté ont commis des actes criminels“ (un certain nombre de personnes a adopté un comportement observable à un moment donné) à l´affirmation „toute cette communauté est criminelle“.
    Quand MAYOYO se demande „s’il ne vaudrait pas mieux que ce pays n’existe plus tellement nous sommes nuls“, je me demande pourquoi il voudrait faire payer à tout un pays les les bêtises de son étroitesse d´esprit. Le penser déjà est l´indice d´un égo démesuré dont les pères de l´Indépendance/les politiciens n´auraient pas le monopole. N´y a-t-il pas de couteau dans votre cuisine ? Miboma yo moko, les Congolais qui ne sentent pas nuls dans l´histoire vous enterreront et poursuivront leur lutte … Sur ce chemin, ils sont heureux d´hériter des idéaux, des idées des uns et des autres. Quand Mayoyo souligne que „notre indépendance N’a été QU’une succession des malheurs“, je me dis soit Mayoyo ne comprend pas le NE… QUE, soit il veut faire rire ses lecteurs, ou alors … Quelle drôle de manière de LIRE l´HISTOIRE et de définir les choses ! Mayoyo commentait une fois ici les verbes émerger’, ‘apparatître’ et ‘exister’. Il (prenant son goût du ‘tranchant’ pour trait de grandeur) expliquait: Quelque chose apparaît là où IL N´Y A RIEN. Mayoyo ne remarquait pas que le papillon, par exemple, qui émerge de sa chrysalide, souligne les limites de sa conception. Les affirmations outrecuidantes de Mayoyo sont entre autres les résultats de l´étroitesse de sa vision, de sa lecture simpliste de l´histoire. « Ce que la chenille appelle la fin du monde, le sage l’appelle le papillon. » (Richard Bach)

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