Monsieur le ministre de la Communication et des… mensonges

Lambert Mende Omalanga, surnommé « Tshaku national » par « Ya Tshitshi » est pris en flagrant délit de mensonge dans l’affaire relative à l’intrusion des militaires à la base de la Monusco à Kananga. Le très regretté président de l’UDPS a dû s’esclaffer dans sa bière qui est toujours entreposée dans un funérarium à Ixelles, en Belgique. Sept mois après le décès. C’est un autre débat…

Le Tout-Kinshasa politique a suivi, vendredi 1er septembre, les déclarations d’un certain lieutenant Anthony Mualushayi. Ce « sous-off » serait le porte-parole d’un prétendu secteur opérationnel de l’armée congolaise dans le « Grand Kasaï ».

Notre cher « sous-off » a reconnu que des militaires avaient bel et bien pénétré « sans armes » dans les installations de la Monusco. Ils pourchassaient notre Tatu Edouard Diyi Tshitenge, directeur de la Radio TV Kasaï Horizons. « Les militaires n’ont violé aucune loi », s’est écrié le fameux « Anthony ». Bualu bua dikema! Celui-ci porte une parole tellement lourde qu’il n’a pas été capable d’administrer un mandat motivant les faits reprochés à Mukalenge Diyi Tshitenge. En République très très démocratique du Congo, n’importe qui fait n’importe quoi pour plaire à l’imposteur de la République, alias raïs-président hors mandat, alias ex-commandant suprême des Fardc, de la police nationale et de la garde prétorienne basée au Camp Tshatshi.

Soixante-douze heures auparavant, le très zélé et inamovible ministre de la Communication et des… mensonges, Mende Lambert Omalanga, est apparu peu éloquent sur les antennes de RFI. Il s’est mis à raconter sa version romancée des faits: « Il n’y a pas eu d’intrusion. Des témoins affirment que les soldats n’ont pas pénétré dans l’enceinte de la base de la Monusco ».

Selon Omalanga, « des éléments des forces loyalistes poursuivaient un individu présumé auteur de tentative de constitution d’un nouveau groupe armé ». Ouf!

« Lambert » qui prétend être criminologue de l’ULB semble oublier que toute tentative suppose un « commencement d’exécution ». En réalité, Mende a menti pour plaire au raïs aux abois.

Selon mon ami qui sait tout sur tout et presque tout sur rien sur les potins de Kinshasa-lez-Immondices, le sinistre, pardon, le ministre Lambert Mende est un piètre porte-parole. Avec ma naïveté habituelle, je lui ai posé une question: « Pouvez-vous expliciter cette accusation diffamatoire? »

Mon ami prend une attitude doctorale et lance: « Un bon porte-parole doit avoir trois caractéristiques. A savoir: la rigueur, l’humilité et la franchise ». Lambert qui occupe ce maroquin depuis une dizaine d’années ne satisfait à aucune de ces exigences. Il ajoute: « Un bon porte-parole doit se préparer très soigneusement avant de répondre aux sollicitations des journalistes nationaux comme étrangers ».

A en croire mon ami, Mende Omalanga Lambert n’a pas volé son très peu gracieux surnom de « Tshaku ». L’ami de revenir à la charge: « Un bon porte-parole doit raconter la vérité. Pour connaitre la vérité, il doit commencer par s’informer ». Et de poursuivre sur le même ton: « Monsieur Lambert a, à plusieurs reprises, démontré qu’il ne maitrisait pas son sujet ».

Pour mon ami qui est professeur des « Relations presse », notre ministre ne fait que réagir aux injonctions du raïs hors mandat, alias ex-commandant suprême des FARDC, de la garde républicaine et de la police nationale.

Le porte-parole Anthony Mualushayi d’« analphabète diplomatique » en prend également pour son petit grade (« pete moke », disait le truculent général Louis Bobozo) pour avoir prétendu – en méconnaissance de l’article 22 de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques – que les militaires qui avaient pénétré dans la base de la Monusco n’avaient violé aucune loi.

On devrait apprendre à ce « soudard » que cette intrusion viole une convention internationale. Celle-ci tient lieu de « loi » aux yeux des signataires. « La Monusco est assimilée à une mission diplomatique. A ce titre, ses locaux sont inviolables et les agents de l’Etat d’accueil ne peuvent y entrer qu’avec le consentement de Maman Sidikou ou de son délégué », argumente l’ami.

Erudit, mon ami de conclure en citant Emile de Girardin: « Il faut être vrai, car il n’y a de force que dans la vérité ». A bon entendeur…

 

Robert Yuka ea Djema
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