Patrick Yogo: « Les membres du gouvernement donneraient un signal fort en déposant leurs déclarations de patrimoine… »

Belge d’origine congolaise, cadre dans une entreprise belge spécialisée dans le secteur chimique, Patrick Yogo Mazando n’est plus à présenter aux lecteurs de Congo Indépendant. Depuis l’investiture de Felix Tshisekedi à la tête de l’Etat, il suit avec attention de la situation politique au Congo-Kinshasa. Il fait partie des observateurs qui estimaient que l’alternance n’avait pas eu lieu. Et ce dans la mesure où la mouvance kabiliste est restée majoritaire après les élections du 30 décembre 2018. Après le basculement de la coalition majoritaire intervenu dans le cadre de l’Union sacrée de la nation, Yogo reste sceptique sur la pérennité du nouvel « attelage politique ». Il s’explique. INTERVIEW.

« Le Coronavirus a infligé à l’espèce humaine une belle leçon d’humilité », a pu dire un médecin belge. Qu’en pensez-vous?

La pandémie est très intéressante dans la mesure où elle frappe tout le monde de manière indistincte. On pourrait effectivement parler de leçon d’humilité du fait que nous sommes tous logés à la même enseigne. Comment lutte-t-on contre le Covid-19 à travers le monde? C’est ici que l’on perçoit les inégalités. Ce qui est sûr ce que l’économie en a souffert énormément. Nous entrons dans une nouvelle façon de vivre où l’hygiène et la solidarité seront beaucoup plus présentes qu’avant.

Les vaccins contre le Covid-19 sont au centre d’une controverse. C’est le cas notamment au Congo-Kinshasa. Il y a de la méfiance. Selon vous, pourquoi assiste-t-on à cette polémique autour de ces vaccins?

Tout est lié aux effets secondaires ou « dégâts collatéraux » provoqués par certains vaccins. D’ailleurs, tous les vaccins ont des effets « fâcheux » voir fatals. D’après tous les experts – dont ceux de l’Union européenne -, le nombre de décès parmi les personnes vaccinées est infinitésimal. Reste qu’une vie perdue est toujours une vie de trop…

Devrait-on conclure qu’il s’agit d’une crainte injustifiée?

C’est ce qu’on appelle les « inconnus, inconnus ». Nul ne sait ce qui va arriver. On peut y remédier par un suivi des personnes vaccinées.

Notre précédent entretien a eu lieu au lendemain de la passation de pouvoir entre « Joseph Kabila » et Felix Tshisekedi le 24 janvier 2019. Vous aviez déclaré, à raison d’ailleurs, que « l’alternance n’a pas eu lieu ». Quelle est votre lecture de la situation après le basculement de la « coalition majoritaire »?

C’est une prouesse! Il reste que ce bouleversement n’a pas beaucoup de sens. La question est de savoir la motivation qui a animé les députés de l’ancienne coalition majoritaire. Ont-ils agi par convictions idéologiques ou par « autre chose »? Nous avons toujours prôné de poussé le Front commun pour le Congo dans l’opposition. Il y a eu beaucoup de transfuges. Cette flopée de dissidents laisse pantois. En fait, il n’y a pas eu de véritable alternance. Les mêmes acteurs sont toujours là. C’est la forme qui a changé. Seule la dissolution de l’Assemblée nationale aurait permis l’avènement d’une véritable alternance.

La dissolution de l’Assemblée nationale implique l’organisation de nouvelles élections dans un délai minimum de 60 jours. Il faut de l’argent…

L’argent est un faux problème. Les scandales se sont multipliés depuis que cette fameuse passation du pouvoir a eu lieu. La preuve est ainsi faite qu’il y a de l’argent. Le problème est de savoir l’utiliser à bon escient. Un Etat défaillant peut toujours compter sur ses partenaires.

Selon un criminologue, la criminologie se garde de diviser les êtres humains en « bons » et « mauvais ». Au motif que l’homme a tendance à s’adapter à son environnement. Ne pensez-vous pas qu’une telle mutation soit possible pour les femmes et les hommes qui ont travaillé sous « Joseph Kabila »?

Tout est question d’état d’esprit. Si votre état d’esprit a toujours été animé par l’appât du gain ou la sauvegarde que quelques intérêts privés, le changement sera difficile. Que voit-on? Les parlementaires ont pour suppléants des membres de leur famille biologique.

La loi ne l’interdit pas…

Ce n’est pas une raison pour transformer une institution publique en une affaire privée. C’est de l’utopie de croire que les gens vont changer du jour au lendemain. Ces mêmes personnes ont voté une loi pour assurer un grand train de vie aux anciens présidents de la République ainsi qu’aux autres animateurs des institutions. Je considère, pour ma part, que les gens ne changent pas parce qu’il y a un nouvel état d’esprit ou un nouveau gouvernement. L’homme est foncièrement patriotique ou on ne l’est pas. C’est ça tout l’enjeu.

La composition du nouveau gouvernement est connue. Que pensez-vous du « casting »?

Je reste sur ma faim faute de disposer de tous les éléments d’appréciation pour une bonne analyse. J’estime néanmoins que le nombre de membres du gouvernement reste pléthorique. Cette situation démontre que nous restons toujours dans la logique de partage du pouvoir. Et non pas d’une émanation du peuple. On partage un « butin de guerre » en perspective du prochain cycle électoral. L’exercice du pouvoir renvoie à l’idée de se mettre au service de la collectivité et non pas seulement d’être aux affaires et d’y e rester le plus longtemps possible.

Avez-vous parcouru le programme de gouvernement présenté par le Premier ministre Sama Lukonde Kyenge?

Je l’ai parcouru en biais. Un gouvernement fonctionne normalement durant une législature entière. Nous nous trouvons devant d’une équipe qui arrive à mi-mandat de l’élection présidentielle. Le budget a déjà été voté par le gouvernement précédent. Il faudra trouver les moyens pour financer les grands secteurs que sont: la sécurité, l’économique, l’enseignement, la santé et les réformes institutionnelles.

Le Premier ministre a annoncé l’élaboration imminente d’une loi de finances rectificative. Il s’agit, selon lui, de combler le gap. Il a chiffré son programme à 36 milliards de dollars pour trois ans…

Tout le monde sait lancer des chiffres. Opérer des réalisations, c’est une autre paire de manche. La loi de finances rectificative en préparation ne risque-t-elle pas de coïncider avec la fin de la session actuelle le 15 juin prochain? C’est du rafistolage! On semble travailler avec des bouts de chandelle.

Qu’aurait dû faire le gouvernement?

Au lieu d’aller chercher des crédits ou des emprunts à l’extérieur, nous devons commencer par balayer devant notre porte…

C’est-à-dire?

Les membres du nouveau gouvernement ont-ils déjà déposé, devant la Cour constitutionnelle, la déclaration écrite de leur patrimoine comme l’exige l’article 99 de la Constitution? Nous attendons voir. Ils donneraient un signal fort en se conformant à la loi. On dira la même question pour les membres de la précédente équipe. Il faudra qu’on scrute le train de vie des ministres sortants par rapport aux émoluments perçus. Il s’agira de voir s’il n’y a pas eu d’enrichissement indu. S’il n’y a rien à signaler, c’est tant mieux. On devrait, par contre, signaler les cas de détournement.

A propos de détournement, devrait-on considérer la condamnation de l’ancien ministre Willy Bakongo comme un bon signe?

Ce ministre a peut-être été attrapé pour avoir franchi les frontières nationales. Il aurait pu échapper à la justice s’il était resté au pays. Nous devons être rigoureux avec nous-mêmes. Les quatre institutions de la République doivent être irréprochables dans leur administration. Il est inconcevable qu’un ministre soit trouvé en possession d’argent liquide destiné au financement d’un projet gouvernemental. Il n’appartient pas au ministre de décaisser et dépenser l’argent public. Il faut qu’on nettoie à l’intérieur pour que nous ne ressemblions pas à des tombes blanchies remplies des ossements. Il faut mettre de l’ordre dans le fonctionnement des institutions.

Le président de la République a proclamé, lundi 2 mai, l’état de siège dans les provinces de l’Ituri et du Nord Kivu. Un commentaire à chaud?

C’est bien d’essayer quelque chose qu’on n’a jamais essayée. Je constate, à nouveau, que nous recourons à des solutions ponctuelles pour résoudre des problèmes systémiques. En 2014, une vidéo circulait sur Internet. Un individu nous invitait à fermer les yeux un instant en imaginant que dans votre chaumière arrivent des gens non-identifiés en armes qui tuent les membres de votre famille avant de repartir comme ils étaient venus.

Les premières tueries ont commencé en octobre 2014 dans le Territoire de Beni…

La situation n’a guère changé. On a vu la photo d’un enfant à côté de sa mère décapitée. Etat de siège d’accord. Il s’agit d’une situation ponctuelle, limitée dans le temps. Je doute fort qu’on puisse éradiquer, en un total de quarante-cinq jours, ce mal qui dure depuis des années à nos frontières orientales.

Devrait-on reprocher au gouvernement d’avoir levé une option qui n’a jamais été essayée?

Non! Je reste convaincu qu’on ne peut pas résoudre les problèmes. On pourrait faire appel à toutes les armées du monde. Il sera difficile de trouver la solution sans identifier le véritable problème. Les véritables causes sont à rechercher à la racine. Comme je l’ai dit précédemment, le temps imparti est court. On voit ce qui se passe au niveau de la bande du Sahel.

Comparaison n’est pas raison…

Comparaison n’est pas raison mais il faut avoir des référents pour la force qui est déployée au Sahel. On dit qu’il y a des « groupes armés » au Congo-Kinshasa. En vérité, des officiers des Forces armées de la RDC sont impliqués dans l’insécurité ambiante. Sans omettre des notables. Qui approvisionnent ces groupes armés en fusils automatiques AK 47 et en matériels de télécommunication et des treillis? Y a-t-il un marché où l’on peut se procurer ces matériels dans notre pays? La vérité est têtue. Elle risque de nous exploser sur la figure.

 

Propos recueillis par Baudouin Amba Wetshi

17 thoughts on “Patrick Yogo: « Les membres du gouvernement donneraient un signal fort en déposant leurs déclarations de patrimoine… »

  1. <>.
    Il n’y a pas que ça. Dans toutes les institutions: Présidence de la République, la Primature, les deux Chambres du Parlement, la magistrature, les cabinets ministériels, les cabinets des gouverneurs et des mandataires des entreprises publiques. Les membres qui y travaillent, sont les fils/filles, des neveux-nièces, beaux-frères/belles -soeurs, cousins/cousines, copains/copines du collège/université ou de quartier. Ou ils sont les frères de tribu ou de région. Ainsi, ces services publics sont devenus les entreprises familiales pour résoudre le problème d’emploi des membres de familles des animateurs de nos institutions. Les dirigeants du pays et leurs proches tiennent à y rester le plus longtemps possible, si pas ad aeternam.
    Le népotisme, le clanisme, le régionalisme et le favoritisme sont des tares chez nous. Ca ne choque personne. Personne ne s’en indigne. Un congolais bardé des diplômes obtenus dans les meilleures université du monde ou ayant vécu dans des pays de vielle démocratie reste génétiquement et culturellement un minable tribaliste.

  2. Cette génération ne doit en aucun cas laisser la classe politique du Congo-Zaïre dévier de sa mission;
    Celle de redistribuer de manière équitable les richesses nationales et de garantir le droit au développement de chacun.
    Tous les Congolais, oui, TOUS LES CONGOLAIS ont le droit de jouir des richesses nationales!!!!
    Bon courage au Gouvernement!

  3. C’est plutôt au président des Warriors (alias war-war) de prêcher par l’exemple en allant déposer devant la Cour constitutionnelle, la déclaration écrite de son patrimoine.
    Mais comme le numéro un est lui-même grand défenseur de la politique de ˮCOOPˮ̏ il ne faut attendre d’une telle démarche.

  4. Le népotisme existe à travers le monde. La Belgique pays de mon adoption n’y échappe pas. La différence devrait résider dans les structures de contre pouvoir et prévention des conflits d’intérêts.
    L’existence des structures de sauvegarde de la transparence fait que les belges ne s’indignent pas de la gouvernance actuelle sous  » De Croo  » fils d’Herman De Croo. Il en était de même de Charles Michel , fils de Louis Michel. Il existe de nombreux dossiers de déni d’initié et de conflits d’intérêts en Belgique . La justice Belge mise parfois en mal par les libéraux et socialistes affairistes a généralement du pain sur la planche. Ce n’est pas toujours évident pour les magistrats belges de dire le droit dans certaines affaires touchant même au secret d’Etat.
    Au Congo, les politiques devraient donc travailler dans le sens de l »émergence des structures de contrôle, de justice et d’équité. C’est d’ailleurs le bon début suscitant de l’espoir avec l’IGF et les OPJ . Il faudrait aussi que la Cour de comptes entrent dans la danse. Mon point de vue est que l’on est déjà dans la bonne direction ….N’en déplaise aux pessimistes en panne d’informations fiables.

    1. @armand.
      Le népotisme existe partout dans le monde. Mais pas de la même manière comme chez nous. Ailleurs, c’est un peu discret. Chez nous, on ne s’en cache pas. Les bénéficiaires de ce système affichent un triomphalisme arrogant.
      J’ai vu dans les réseaux sociaux une photo de la fratrie du Ministre JL Busa, qui se partage les mandats électifs; avec cette inscription: « La Famille BUSA au service de la nation ». Une honte.
      Pour l’instant, le peuple congolais est encore dans l’euphorie du déboulonnement de la kabilie et l’espoir d’une fin de l’insécurité à l’Est. Après il risque de se tourner vers ce tribalisme qui fait de nos dirigeants non pas des citoyens, des patriotes mais des minables crétins qui ne voient que leurs ventres et ceux de leurs proches biologiques et politiques.
      Je ne vois pas le maire d’une métropole française laisser son siège au parlement à sa femme, confier la gestion des finances de la mairie à sa fille, les contrats des travaux publics à son fils ou à son neveu. Il sera à la une des médias locaux et il n’ y a pas meilleure manière de mettre fin à sa carrière politique.
      Par contre un avocat, un médecin, un médecin-vétérinaire peut embaucher dans son cabinet ses proches: son épouse, son fils, sa fille, ses neveux ou son beau-frère. Il leur paie un salaire et les déclare au fisc. Il en est de même d’autres entreprises : concessionnaire des voitures, garages, promoteurs d’auto-écoles, commerçant, propriétaire des restaurants… L’Etat les encourage parce que ces chefs d’entreprises contribuent à la lutte contre le chômage.
      En aucun cas personne n’accepte qu’une famille ou un groupe d’amis soient les seuls à se nourrir de l’argent du contribuable.

    1. Armand, tout professeur d’université qu’il est, et pratiquant l’ironie à froid, dit: “Le népotisme existe à travers le monde”. En d’autres termes, “laissez ces nullards-là faire toutes les bêtises du monde possibles, pourvu que moi et les miens on s’y retrouve “. L’intellectuel congolais est unique en son genre et vraiment à plaindre!

      1. @KUM,
        Ndeko NKUMU,  » Armand  » serait professeur d’université  »… De quelle université s’agit-il ? Toyeba…
        Est-ce un secret d’être professeur d’université ?

      2. @Jo Bongos,
        Ndeko, moi j’ai connu Armand comme ancien de l’université de Kinshasa, où il avait distingué et fut retenu comme prof assistant. Il a ensuite obtenu une bourse de la Belgique où il évoluera en devenant “doc” et “professeur” (à vérifier).
        Mais franchement voir un universitaire de son rang défendre ce qui est de plus nul me laisse perplexe et pantois. Soit, EZA MODÈLE YA MBOKA NA BISO!

  5. A côté de l’existence des structures de sauvegarde de la transparence il faudra pour bien commencer une bonne dose d’exemplarité dans un Congo habitué jusque-là à la corruption en panne de transparence dans sa gestion publique. Laissons donc les pessimistes à leurs affaires, ce n’est pas de leur côté que viendra le blocage. Les informations fiables révèlent en effet que même l’IGF si entreprenante, même là Cour des comptes butent parfois à des zones encore intouchables surtout au sommet de l’Etat. Le devoir d’exemplarité réduira toutes ces aires réservées pour plus de transparence. A ma connaissance en effet nous ne sommes pas tant dans la bonne direction, notre Président actuel n’a pas encore déclaré publiquement et officiellement son patrimoine. A verifier…

  6. YOGO S’EMMÊLE LES PINCEAUX !
    D’accord avec Yogo sur l’importance et la nécessité de la lutte contre l’enrichissement indu et donc pour une redistribution équitable des richesses nationales. Mais les problèmes ici s’appellent le ton, l’irréalisme, voire l’incohérence des affirmations de Yogo.
    1. „Seule la dissolution de l’Assemblée nationale aurait permis l’avènement d’une véritable alternance“ : Pas si évident. Rien ne le garantit. Il n’ y a qu’à se demander „qui organise ?“ et „qui vote et comment il vote ?“ pour atténuer ce genre d’affirmations de Yogo. La dissolution peut aussi être la source d’une grande crise ou de plusieurs problèmes à cornes. (Problème de ton de l’affirmation!).
    2. „Le problème est de savoir l’utiliser à bon escient. Un Etat défaillant peut toujours compter sur ses partenaires“ : Yogo pense que l’argent n’est pas le problème pour l’organisation de nouvelles élections parlementaires et ne voit pas qu’il justifie par là les réserves émises sur l’option de la dissolution de l’AN (Illustration de son irréalisme). Utiliser à bon escient ? QUI va l’utiliser ? Un État défaillant peut compter sur ses partenaires, mais ce ne sont pas ces derniers qui vont gérer. QUI fait ou constitute l’État ? Une fois de plus, on revient à la question d’hommes, d’acteurs en présence. Yogo émet des avis, exprime de bons voeux, sans regarder ou prendre en compte la réalité.
    3. „Si votre état d’esprit a toujours été animé par l’appât du gain ou la sauvegarde que quelques intérêts privés, le changement sera difficile“ : Difficile, mais pas impossible. Par ailleurs, Yogo, en avançant cette affirmation remet en question la certitude de son affirmation selon laquelle „seule la dissolution de l’Assemblée nationale aurait permis…“ (Point 1). L’appât du gain ou la sauvegarde que quelques intérêts privés ne concernent pas que les parlementaires et leurs familles, mais les Congolais (donc les votants!) de manière générale.
    4. „Ce n’est pas une raison pour transformer une institution publique en une affaire privée. C’est de l’utopie de croire que les gens vont changer du jour au lendemain“ : Que Yogo tire lui-même les conclusions de sa propre critique de l’utopie et les applique sur ses propos sur la dissolution de l’AN (point 1). Quand on sait que les gens ne changent pas du jour au lendemain, on doit alors être réaliste, voire réservé dans ses affirmations. Temps et patience doivent conseiller. Un énorme travail de conscientisation s’impose, surtout quand on connaît ce peuple avec ses contestations „nous les ressortissants de…“ et autres.
    5. Sur les questions relatives au nouveau gouvernement et à l’état de siège, le contraste entre la clarté des questions de BAW et la nébulosité des propos de Yogo est très manifeste :
    A/ Yogo parle du rafistolage sans présenter une alternative claire et pertinente. Oubliant qu’il venait de brandir l’importance de la contribution des partenaires, il répond à BAW : „Au lieu d’aller chercher des crédits ou des emprunts à l’extérieur, nous devons commencer par balayer devant notre porte…“ Ce qui signifie pour lui déclaration écrite des patrimoines par les nouveaux ministres et examen du train de vie des ministres sortants. Mais est-ce que ceci s’oppose à cela ? D’où vient tout d’un coup cet optimisme de Yogo, lui, qui est „foncièrement“ pessimiste sur les parlementaires ? Et quand est-ce que le nouveau gouvernement va commencer à agir, sachant „que les gens ne vont pas changer du jour au lendemain“ ?
    B/ Yogo, le prétendu défenseur de la justice, se met à divaguer sur la question précise de BAW au sujet de la condamnation de Willy Bakongo : „Bon signe?“. Ni un oui ni non clair de la part de Yogo. À la place, c’est des considérations floues au moment où on sait que Willy était déjà attendu à la Justice avant sa fuite. Yogo affirme que „nous devons être rigoureux avec nous-mêmes“, sans l’être lui-même dans son raisonnement.
    C/ Yogo n’est pas contre l’état de siège , mais il ne se montre pas non plus content, il „doute fort“ et surtout ne propose pas une alternative claire et convaicante. Et quand il ajoute „Je reste convaincu qu’on ne peut pas résoudre LES problèmes“, il ne dit même pas lesquels exactement. Sa critique selon laquelle „le temps imparti est court“ montre qu’il ne considère pas d’autres aspects importants de la question, entre autres celui de l’atteinte aux droits FONDAMENTAUX dans une situation d’état de siège. L’État congolais est plus sérieux que Yogo ici, car il est conscient de cette atteinte et souhaiterait que les objectifs de l’état de siège soient vite atteints pour que la question des droits fondamentaux soit vite ‘normalisée’. C’est pourquoi il se donne une limite avec possibilité de prolongation. Et une évaluation des résultats sera utile avant d’autres décisions. Je ne vois aucune expertise de Yogo sur les questions sur lesquelles il se prononce de manière un peu prétentieuse.
    Sur l’implication des officiers des Forces armées de la RDC, des notables, Yogo ne dit rien qui ne soit pas connu de Kinshasa, mais il conclut quand même comme dans une sorte de monologue d’un sceptique : „la vérité est têtue. Elle risque de nous exploser sur la figure“. Drôle d’affirmation de la part de quelqu’un qui, ni dans le diagnostic, ni dans la solution, n’a dit quelque chose de plus consistant que les gouvernants.
    6. „Je considère, pour ma part, que les gens ne changent pas parce qu’il y a un nouvel état d’esprit ou un nouveau gouvernement. L’homme est foncièrement patriotique ou on ne l’est pas. C’est ça tout l’enjeu“: NON ! Ce n’est pas tout (?) l’enjeu. Le patriotisme, ça se cultive aussi. Donc, ce concept de „foncièrement patriotique…“ est vague et très peu convaincant. Une société a besoin d’un système des SANCTIONS avec leurs aspects aussi bien répressif que pédagogique.

    1. > Identifier et couper les sources de financement du terrorisme, c’est le début de la solution. J-44 et nous saurons si le terrorisme est bien rentré d’où il est venu.
      > Des Congolaises et Congolais, patriotes, il en existe. Aussi peu soient-ils, ils servent l’intérêt commun, quoi qu’il arrive, à leurs postes respectifs, voire au-delà.
      Grâce à eux, et je les en remercie, la République est en train de ‘faire ses anticorps’; Elle extirpera ainsi d’elle-même en son sein celles et ceux qui servent uniquement des intérêts individuels (se privant ainsi des structures dont ils auraient eux-mêmes pu bénéficier pour servir légitimement leurs intérêts privés)
      > Cette génération verra la redistribution équitable des richesses nationales. Sommes-nous de cette génération 😉

  7. Cher Kum,
    Merci d’avoir répondu à Bongos qui a souvent tendance à « psychanaliser » sur les identités des personnes là où il faut juste débattre sans passion. En Belgique, je suis chargé des cours (J’ai le statut d’un fonctionnaire prioritaire en voie de nomination dans les hautes écoles comme professeur.C’est Dieu qui fait grâce ).J’enseigne les cours de stratégie, management des organisation , comptabilité des pouvoirs locaux, laboratoire de comptabilité, socio-économie, statistiques appliquées aux RH, outils de contrôle, marchés publics..
    En Belgique, le professeur est chef d’un département. Ce n’est pas encore mon cas.Ce n’est donc pas non plus comme chez nous au Congo.
    Par ailleurs, cher Kum, je ne peux défendre le népotisme qui est un vice observable même dans les pays de vieilles démocraties. C’est similaire à la copinocratie.J’essaie d’indiquer qu’il faut des structures de lutte contre ces genres d’opacité. C’est pareil en Belgique , en France ou en Grande Bretagne avec l’affaire de surfacturation liant la fiancée de l’actuel premier ministre. (A vérifier.. )
    Cordialement, ndeko Kum

    1. Cher Armand,
      Savez-vous ce que « psychanaliser » signifie ?
      Si quelqu’un me dit qu’il est professeur d’université, je m’attends à connaitre l’université en question. Est-ce un problème ?
      A propos de vous, êtes-vous certain de débattre sans passion ? Il suffit de lire vos positions pour constater le contraire. Si vous voulez savoir la vérité, c’est en fait ce point qui me titille de la part d’un professeur d’université. Des professeurs d’universités ne sont pas des denrées rares dans mon entourage le plus proche.
      Cordialement, ndeko Armand.
      Jo Bonobo

      1. Limbisa ngayi ndeko Bongos.
        Où que vous soyez, je vous souhaite une excellente journée.

  8. Vous avez raison cher Kolomabele.
    C’est à la fois triste et grave pour notre pays.Mon seul espoir est que les congolais puissent un jour vivre le changement tant attendu depuis 1960.
    Votre analyse est non seulement pertinente mais également
    complète.

  9. YOGO
    Vous avez eu du mal à argumenter rationnellement face à BAW. Un scepticisme sans une argumentation solide, c’est du négativisme abject.
    C’est bizarre qu’un membre de famille s’adresse aux autres au moment d’une délicate opération chirurgicale que doit subir leur maman : « J-44, tokotala ». On peut avoir eu des opinions différentes sur cette OP, mais dès qu’elle commence, on cesse de jouer au prophète des malheurs.
    Avec une telle phrase (J-44), on voit ce qui se cache derrière la prétendue proclamation de patriotisme.
    Au fait, vous ne racontez rien que les deux nouveaux gouverneurs militaires ignorent ou n’aient dit. Les vrais patriotes se battent, sont engagés dans un processus de lutte qui peut s’avérer long et n’ont pas besoin d’un JURY SANS QUALITÉ qui les attend pour leur dire qu’ils ont échoué après un délai.
    En plus, affirmer, sur base d’une photo, que « la situation n’a guère changé », c’est mal présenter (intentionnellement?) la réalité. Comme si les milices gardent sous contrôle le même nombre de villages… Négativisme abject, ce n’est pas du patriotisme.
    Petit rappel – Vous vous êtes beaucoup contredit :
    1.
    – « Un Etat défaillant peut toujours compter sur ses partenaires. »
    – « Au lieu d’aller chercher des crédits ou des emprunts à l’extérieur… »
    2.
    – « Les mêmes acteurs sont toujours là. C’est la forme qui a changé. Seule la dissolution de l’Assemblée nationale… »
    – « Les membres du nouveau gouvernement … donneraient un signal fort en se conformant à la loi. »
    N.B. La confirmité à la loi, on peut l’obtenir des ministres, mais pas des parlementaires ? Inutile de jouer au perfectionniste irréaliste.
    3.
    – « … enrichissement indu. On devrait… signaler les cas de détournement »
    – « Ce ministre a peut-être été attrapé pour avoir franchi les frontières nationales »
    (DRÔLE DE RÉPONSE ! Pourtant BAW parle clairement de la CONDAMNATION. C’était l’occasion de confirmer que c’est un bon signe dans le cadre de lutte contre l’enrichissement indu évoqe- Kiadi !)

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