Quand tirerons-nous des leçons de nos errements?

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Annonçant que le 6 avril 2020, Vital Kamerhe a snobé la justice en ne répondant pas à l’invitation du parquet général près la cour d’appel de Matete, dans le cadre des enquêtes sur l’utilisation des fonds alloués au programme présidentiel des 100 jours, le patron de Congo Indépendant cogite sur la formation politique et les propos réformateurs de Kamerhe. Baudouin Amba Wetshi note dans un premier temps que l’Union pour la nation congolaise (UNC) « écorne son image ». Car, au lieu de laisser la justice faire son travail, ses « cadres ont convoqué une sorte de ‘conseil de guerre’ [et publié] une ‘déclaration politique’ [dénonçant] un ‘acharnement’ autant qu’une ‘campagne de diabolisation’ menés », selon eux, par ‘certaines officines’ contre leur leader. Le parti a par ailleurs « [réaffirmé] son attachement à la coalition Cach-Fcc et à l’accord de Nairobi sans lequel le Cach n’aurait pas vu le jour et ne serait pas par conséquence arrivé au pouvoir ». Quand Kamerhe se présentera enfin au parquet le 8 avril, les militants de l’UNC entreront dans la danse en allant le soutenir massivement, bravant les mesures barrières relatives à la pandémie du covid-19 dont l’interdiction de tout regroupement de plus de 20 personnes.

Baudouin Amba Wetshi éclaire ensuite le profil réformateur de Kamerhe tel qu’il apparaît dans l’ouvrage de celui-ci intitulé « Les fondements de la politique transatlantique de la RD Congo » (Bruxelles, Edition Larcier, 2011). On peut y découvrir la profession de foi suivante: « La refondation de l’Etat passe par la restauration de l’Administration du pays, de la justice, de l’armée, de la police, des forces de sécurité et de la diplomatie qui doivent être républicaines. Les grands services de l’Etat doivent être guéris des maux dont ils souffrent et qui sont essentiellement la corruption, les détournements, le tribalisme, le clientélisme, le népotisme, la démotivation et le sous-équipement. Il faut donc s’attaquer à ces maux en faisant de l’indépendance de la magistrature une réalité en luttant contre la corruption et les détournements des deniers publics. La fin de l’impunité ne doit pas se limiter à des simples slogans, sinon les forts sont immunisés et les faibles sacrifiés ».

Où sont les partis politiques?

Les cogitations du rédacteur en chef de Congo Indépendant mettent en exergue la misère des processus de démocratisation dans notre pays et ailleurs en Afrique, en termes de parti politique et de discours réformateur. La Constitution congolaise consacre trois articles à la réalité dénommée parti politique. Article 6: « Le pluralisme politique est reconnu en République Démocratique du Congo. Tout Congolais jouissant de ses droits civils et politiques a le droit de créer un parti politique ou de s’affilier à un parti de son choix. Les partis politiques concourent à l’expression du suffrage, au renforcement de la conscience nationale et à l’éducation civique. Ils se forment et exercent librement leurs activités dans le respect de la loi, de l’ordre public et des bonnes mœurs. Les partis politiques sont tenus au respect des principes de démocratie pluraliste, d’unité et de souveraineté nationales. Les partis politiques peuvent recevoir de l’Etat des fonds publics destinés à financer leurs campagnes électorales ou leurs activités, dans les conditions définies par la loi ». Article 7: « Nul ne peut instituer, sous quelque forme que ce soit, de parti unique sur tout ou partie du territoire national. L’institution d’un parti unique constitue une infraction imprescriptible de haute trahison punie par la loi ». Article 8: « L’opposition politique est reconnue en République Démocratique du Congo. Les droits liés à son existence, à ses activités et à sa lutte pour la conquête démocratique du pouvoir sont sacrés. Ils ne peuvent subir de limites que celles imposées à tous les partis et activités politiques par la présente Constitution et la loi. Une loi organique détermine le statut de l’opposition politique ».

Quand une Constitution africaine déroule pareilles dispositions, on s’imagine que la compréhension de la notion de parti politique va de soi, qu’il ne faut rien entreprendre dans la loi fondamentale pour encadrer la création et l’existence des partis, et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, suivant la formule tirée de Voltaire. En admettant que le parti politique soit un ingrédient indispensable à la démocratie, ce qui est loin d’être vrai, on peut le comparer, par exemple, à la farine de manioc indispensable à la préparation de la ‘boule nationale’. Mais ceux qui comme moi ont eu la chance de vivre au village le savent d’expérience, il y a farine et farine. La farine des cossettes de manioc encore humides ne donne pas le même résultat que celle des cossettes bien séchées au soleil. La première débouche sur ce qu’on appelle « fufu ya nteba » en lingala ou « fufu ya kuteba » en kikongo. Dans leur chanson « Double Mbonda » (Album Abracadabra-Vol 2), Koffi Olomide et Cindy Le Cœur indiquent clairement la destination du « fufu ya nteba »: la poubelle. Car, il provoque la diarrhée. Il en est de même de ces choses créés par les hommes politiques africains et qui ont l’apparence des partis politiques. Elles déclenchent la débâcle dans la gouvernance à travers les maux tant décriés tout au long des dictatures à la Mobutu et qui restent intacts voire exacerbés dans des régimes politiques dits démocratiques.

On pourrait comprendre qu’à leur accession à la souveraineté internationale, les Etats africains aient importé de l’Occident la notion de parti politique comme ingrédient indispensable à la construction d’un système politique démocratique. Mais peut-on comprendre cela après qu’une telle importation ait débouché sur un désenchantement généralisé? Peut-on comprendre cela aujourd’hui que les idéologies sont en crise en Occident même et que les notions de gauche, droite et centre ne signifient plus grand-chose? Même si ces notions conservaient quelque substance, on constate encore et toujours qu’on n’est pas libéral, socialiste, socio-démocrate, etc. de la même manière. En Occident, il y a toute une histoire derrière chaque idéologie. En Afrique, tout relève de la génération spontanée. On se lève un beau matin. On crée un parti politique avec bien entendu une idéologie toujours importée et tirée des manuels des sciences politiques, c’est-à-dire n’ayant aucun lien avec les conflits et aspirations majeurs des peuples. On commande des écharpes et bien d’autres babioles sur lesquelles sont imprimés les initiaux du parti. On met l’écharpe autour du cou et on se donne l’impression de contribuer à la construction de la démocratie dans son pays. Pourtant, ce faisant, qu’on se proclame de telle ou telle autre idéologie, tout cela n’a aucune importance. Dès l’instant où l’on est perçu comme un porte-étendard au niveau tribal ou régional, on est assuré d’avoir ses ‘frères’ rangés derrière soi. Quand on a la main suffisamment longue pour puiser en toute impunité dans les caisses de l’Etat, on attire au sein de son parti une nombreuse clientèle éparpillée sur toute l’étendue du territoire national. On se donne alors l’impression d’avoir la meilleure des idéologies.

Non, il n’existe aucun parti politique au Congo-Kinshasa et dans la plupart des Etats africains. Des ‘ligablo’, oui. Des choses entre les mains des présidents-fondateurs qu’on se passe de père en fils pour que la famille puisse en tirer un jour des bénéfices sociaux, économiques et financiers. Bien sûr qu’un ‘ligablo’ peut être mieux structuré ou achalandé qu’un autre. Mais cela ne change pas sa nature de ‘ligablo’.

Où sont les discours réformateurs?

Autre miroir aux alouettes de la politique congolaise ou africaine, les discours dits réformateurs. Quand un homme politique entonne des hymnes à la gloire de la démocratie et de la bonne gouvernance, on salue en lui un réformateur. Tel est précisément le cas de Vital Kamerhe dont les propos sont cités ci-haut. Mais à y regarder de près, il n’y a rien de réformateur dans l’ouvrage de Kamerhe. Tous les hommes politiques africains tiennent des discours analogues, surtout quand ils se retrouvent dans l’opposition. Refondation de l’Etat; administration publique, justice, armée, police et forces de sécurité apolitiques; diplomatie républicaine; lutte contre la corruption, les détournements, le tribalisme, le clientélisme et le népotisme; indépendance de la magistrature; la fin de l’impunité; etc. Pourtant, ce qu’on attend d’un réformateur, ce n’est pas un discours de plus dans ce même registre. C’est plutôt comment reformer l’Etat; comment avoir une administration, une justice, une police et des forces de sécurité apolitiques; comment combattre le clientélisme, le tribalisme et le népotisme. On n’attend pas d’un réformateur des propos creux. On attend de lui des stratégies concrètes pour venir à bout ou mitiger les maux qui rongent la gouvernance africaine depuis les indépendances.

Le cas de la lutte contre le tribalisme, qui est en réalité une lutte contre l’aspect négatif du tribalisme, ou celle contre le népotisme est emblématique du statu quo en matière de discours réformateurs. Sur YouTube, on peut découvrir une vidéo intitulée « Mobutu contre le tribalisme« . Il s’agit d’un extrait de son adresse à la jeunesse, en lingala, au cours de laquelle il expliquait ce qu’il entendait par le Zaïre dans sa diversité. Il avait eu l’envolée ci-après devenue célèbre: « Tolingi Zaïre liboke moko, lisanga moko. Tata bo? Moko. Mama bo? Moko. Ekolo bo? Moko. Parti bo? Moko. Mokonzi bo? Moko ». Une copie de l’affiche nazie « Ein volk, ein Reich, ein Führer » (Un seul peuple, un seul Etat, un seul chef). Tout au long de son long règne, Mobutu avait tenu plusieurs discours stigmatisant le favoritisme tribal, allant jusqu’à menacer de révoquer tout haut cadre qui afficherait un tel comportement. Non seulement il n’avait obtenu aucun résultat mais dans les faits, lui-même s’affichait comme le plus grand artisan du mal qu’il dénonçait. Aujourd’hui, un élément sonore attribué à l’épouse de Félix Tshisekedi circule dans les réseaux sociaux. Il pourfend le favoritisme tribal luba-kasaïen au niveau de la présidence de la république. Le covid-19 a quant à lui dévoilé le népotisme au niveau d’un ministère attribué à l’UDPS. La ministre a perdu deux membres de sa famille biologique. Un petit frère assumait les fonctions de directeur de cabinet adjoint tandis qu’une grande sœur exercerait celles de secrétaire particulière, tous les deux emportés par la pandémie. Que fait la caste enchanteresse des hommes du pouvoir face à ce fléau qui a contaminé tous les ministres et tous les autres hauts commis de l’Etat? Au lieu de concevoir et de mettre en œuvre des stratégies permettant aux partis de concourir « au renforcement de la conscience nationale et à l’éducation civique », comme le stipule l’Article 6 de la Constitution, la ‘crasse’ politique continue à se lamenter et à prononcer de beaux discours ou rédiger des diatribes contre le tribalisme et le népotisme. Pourtant, depuis Mobutu, l’Etat congolais a toujours été doté d’une assemblée nationale. Celle-ci peut légiférer de manière qu’à la présidence comme dans les ministères, il n’y ait, par exemple, aucun autre membre de la même tribu que les parents du titulaire de poste ou ceux de son conjoint(e). Une telle disposition peut aussi être bétonnée dans la Constitution elle-même.

Le pouvoir corrompt

Quand bien même un homme politique disposerait d’idées-outils pour reformer un Etat failli comme le Congo-Kinshasa, on ne devrait pas pour autant lui offrir le pouvoir sans pouvoir le contrôler. L’humanité devra toujours garder en mémoire cette pensée de l’historien, politicien et écrivain catholique anglais John Dalberg-Acton (1834-1902): « Power tends to corrupt, and absolute power corrupts absolutely ». Traduisez: « Le pouvoir a tendance à corrompre et le pouvoir absolu corrompt absolument ». Dans son ouvrage « La Guerre du Péloponnèse », récit d’une guerre entre Athènes et Sparte qui se déroula entre 431 et 404 av. J.-C., l’historien et général athénien Thucydide avait déjà énoncé cette vérité éternelle dans cette citation restée célèbre: « Tout homme tend à aller jusqu’au bout de son pouvoir ». De la démocratie athénienne à nos jours, il n’existe qu’un seul remède à cette maladie anthropologique et politiquement mortifère. C’est l’existence des contre-pouvoirs effectifs.

Que conclure? « Errare humanum est, perseverare diabolicum » (L’erreur est humaine, persévérer [dans son erreur] est diabolique). Les faux pas de notre deuxième processus de démocratisation que notre peuple vit dans une immense douleur, notre nation les a expérimentés de la même manière au lendemain de l’indépendance. Auteur et coach de la vie américain, Anthony Jay Robbins enseigne que « le succès est le fruit d’un bon jugement, le bon jugement est le fruit de l’expérience, l’expérience est souvent le fuit d’erreurs de jugement ». A quoi aura servi l’échec de notre premier processus de démocratisation? Les erreurs font inévitablement partie de la nature humaine. En dépit de leur côté amer, ils constituent une précieuse source d’enseignements qui enrichit l’être humain. Quand on reconnait son échec au lieu de l’attribuer à d’autres, on doit en tirer des leçons et s’en faire un nouveau tremplin pour rebondir. Mais qu’il s’agisse de la création des partis politiques ou des discours réformateurs, l’homme congolais ou africain semble être incapable d’identifier et d’analyser les erreurs du passé et de les transformer en opportunités d’apprentissage afin d’éviter qu’elles se reproduisent.

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

5 thoughts on “Quand tirerons-nous des leçons de nos errements?

  1. # Nous retrouvons un peu notre ami Mayoyo sur ses plates-bandes !
    # Sinon, même si ce n’est pas exactement la « fin de l’histoire » que nous prophetisait Fukuyama en 1992 consacrant à la fin de la guerre froide la victoire de la démocratie liberale sur les autres idéologies politiques, même l’Europe championne de l’ideologisme – une gauche dEtat pour la justice sociale et une droite moins etatiste privilégiant la liberté et la propriété – vit la chute des idéologies. En France comme ailleurs en Europe le débat politique a davantage bifurque vers l’identité nationale prenant en froid la construction européenne avec le regain des partis souverainistes et populistes.
    # Ici il est question de notre Afrique qui n’aura décidément rien inventé qui s’est précipitée à adopter servilement la segmentation et le discours europeens sans en respecter dans sa pratique les convictions et le fonctionnement. Nos partis sont vides de conviction, ce sont des proprietes de leurs fondateurs et les membres, des suiveurs de leurs sermons et de leurs origines géographiques. Leurs discours sont des slogans bien creux, le progressisme ou le réformisme n’est nulle part.
    Bon ce n’est pas le lieu ici de discuter de la validité de la notion de gauche ou de droite qui reflètent quelque part les compulsions comportementales profondes de chaque personne mais de dire que nos imitations n’ont rien produit de bon, echecs sur echecs.
    # Le sont-elles parce qu’inadaptées foncièrement à nos sociétés ou ce sont-elles qui ne sont pas encore mûres pour la démocratie (européenne) ? Comme répondrait sans doute notre ami Mayoyo, nous avons brillé par une absence de réflexion sur un modèle qui nous soit plus adapté et génère enfin une gouvernance efficace pour les Africains. Pour le dire autrement, c’est le titre de son sujet ci-dessus : c’est vrai nous n’avons toujours pas tiré les leçons de nos errements endémiques. Jusque quand ?
    ‘LHistoire’ selon Fukuyama, si internationaliste et si naive soit- elle, n’avait en fait jamais commencé chez nous, elle devrait un jour débuter avec nos patrimoines propres. Et notre gauche et notre droite seront peut-être propices à germer différemment sur notre terreau, nos partis politiques loin d’être de pâles copies d’ailleurs sans assises sur nos moeurs et nos besoins auront-ils peut-etre un message utile et serviront-ils peut-être alors de leviers de notre conscience et de nos développements nationaux…

    1. Oui, cher Nono. Je reviens et je vais toujours revenir sur ce thème de la démocratie mal partie, comme au lendemain de l’indépendance. Concernant les leçons que nous pouvons tirer de nos errements, j’ai donné un exemple simple. Depuis l’indépendance, nous nous lamentons au sujet du favoritisme tribal ou régional ainsi qu’au sujet du népotisme. Nous agissons comme si ce fléau était une fatalité. Je démontre ici qu’il ne s’agit-là que d’un problème de gouvernance dont la solution est à notre portée. Pour revenir à la démocratisation irréfléchie, vous posez une question sur laquelle je voudrais revenir. Vous vous demandez si ce sont nos imitations en matière de démocratie qui seraient inadaptées foncièrement à nos sociétés ou ce sont-elles qui ne sont pas encore mûres pour la démocratie (européenne) ». Si déjà en Occident, la démocratie partisane et conflictuelle ne se présente pas de même manière, pourquoi ne peut-on pas imaginer d’autres types de démocratie qui ne seraient pas partisanes et conflictuelles ? Pourquoi les Africains doivent-ils absolument être mûrs pour la démocratie occidentale alors que d’autres types de démocraties peuvent être possibles et imaginables ? Pourquoi ne pas imaginer d’autres types de démocratie quand l’imitation de la démocratie de type occidental déchire le tissu social africain et débouche rarement sur des régimes démocratiques ? Voilà, à mon avis, les questions auxquelles les Africains doivent répondre.

      1. Cher Mayoyo,
        Certes les Africains doivent imaginer d’autres types de démocratie lorsque l’imitation de la démocratie occidentale échoue chez nous encore que pour être plus exact il faut plutot dire qu’elle échoue le plus souvent parce qu’il y’a des pays qui s’en sortent mieux que d’autres, mais encore ?
        Mais encore de façon empirique on voit sur le terrain que nos modèles ont fini sans tout à fait le vouloir à des ‘démocraties’ de leur cru ou plutôt à des « democratures » (=l’apparence formelle des democraties mais le fond, le contenu des dictatures avec des partis tribaux ou sectaires) qui ne sont donc pas tout à fait des imitations de l’Occident mais en même temps il y’a des condamnations quasi-régulières de ces genres de gouvernance qui ne nous apportent pas le bonheur attendu. Les Africains ont non seulement créé leurs propres modèles mais font aussi preuve d’une certaine conscience de leurs échecs depuis plus d’un demi-siècle de souveraineté. Ils ne semblent pas avoir assez réfléchi à un modèle plus adapté à nos sociétés parce qu’ils continuent à échouer mais si c’était parce que l’impulsion pour changer vraiment les moeurs de nos gouvernances qui selon moi devrait être plus politique voire populaire n’est pas au rendez-vous ?
        # Voilà où je reviens à mon antienne : seul un projet politique global plutôt qu’un modèle venant d’une réflexion intellectuelle est à même de mobiliser les Africains pour changer de gouvernance. Pour moi il y’a donc besoin d’une étape ou dun accompagnement pédagogiques de mobilisation qui ne peut être que politique entre un ancien modèle, eût-il lamentablement échoué, et un nouveau modèle. Voilà pourquoi j’ai toujours pensé que la promotion d’un modèle endogène de gouvernance en Afrique tarde à prendre pied depuis qu’on en parle parce qu’on en a fait une excroissance d’une élite qui s’engage peu à mobiliser préalablement les Africains pour ce changement. Cette étape est foncièrement politique, la réflexion intellectuelle ne vient qu’après.
        # Imaginez par exemple un modèle démocratique qui réussit unanimement dans un pays, il est à parier qu’il conquerait alors d’autres pays : voilà la nécessaire étape ou accompagnement pédagogique dont je parle !
        Ou encore tenez : nous sommes aujourd’hui au Congo avec l’affaire Kamerhe devant la preuve de la naïveté et de l’amateurisme de la nouvelle présidence de Tshisekedi et la réponse ne demande pas de prendre congé de la politique pour une réflexion intellectuelle d’un modèle, même si elle a sa place, mais d’agir politiquement par une mobilisation qui condamne le fonctionnement de cette présidence qui manquerait de rigueur et de discipline quotidiennes où les règles ne sont pas respectées sous le regard vigilant de la Loi. La réflexion doit être partout mais les questions auxquelles les Africains doivent répondre sont prosaïquement pratiques. Voilà en vrac comment je pouvais accompagner vos questions et réponses, mais c’est du déjà entendu de ma part !

  2. Merci Mr. Mayoyo de nous conscientiser. Laissez moi partager le sentiment que j’avais eu comme missionaire au Senegal par rapport au Congo. J’avais trouve que le senegalais aime d’abord son pays plus que tout. Son parti politique vient loin derriere. Il aime son compatriote et souhaite son bonheur. Ici il faut comprendre que l’islam a plus contribue a la pacification des citoyens alors que chez nous la multitude des religions a plus divise. Dans le domaine politique, la ou le senegalais se defini d’abord comme senegalais, le congolais voit son parti politique et du coup les autres devienent non des adversaires mais des ENEMIS et ceci est vraiment triste! Au Senegal on ne peut pas s’imaginer avoir un candidat a n’importe quel poste, qui n’a jamais fait l’universite. C’est impensable! Pour pas mal des choses en politique entre Kin et Dakar .c’est comme le ciel et l’enfer ou le noir et le blanc. On ne devient pas politicien pour s’enrichir ou voler a l’Etat. J’avais passe six ans au pays de la teranga et les propos d’Abdulaye Wade sur les politiciens congolais que certains avaient pris pour des insultes n’etaient que de la verite. Pour mener des reformes il faut faire des etudes, il faut son pays et non l’argent de son pays. Le cours de civisme que nous avions a l’epoque existe toujours? Ceci etant, tout n’est pas rose a Dakar mais si on me demande de choisir la ou je voudrais faire de la politique, ce ne sera pas au Congo.

    1. Cher Raz,
      Il est vrai qu’en matière de gouvernance, les pays d’Afrique de l’Ouest ont une longueur d’avance sur ceux d’Afrique Centrale. C’est de notoriété publique. Cela dit, nous devons explorer les voies et moyens susceptibles de nous faire remonter la pente. Car ce que nous vivons n’est pas une fatalité.

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