Le combat des ‘combattants’

 

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

Quand on se penche sur la misère du peuple congolais et son contraste avec les immenses potentialités du pays, résultat obligé des décennies de mauvaise gouvernance, on comprend aisément qu’une situation aussi choquante que révoltante puisse donner naissance aux mouvements de rébellion ou des combattants de la liberté et de la justice. Des rebellions, l’Etat congolais en a connu depuis son indépendance. L’une d’elles, celle de l’AFDL qui fut plus une invasion étrangère qu’une rébellion, a même réussi l’exploit de chasser du pouvoir le dictateur Mobutu Sese Seko qui a régné de 1965 à 1997. Sous les applaudissements imbéciles du peuple, car les redresseurs de torts de l’AFDL et de leurs multiples produits dérivés (RCD et M23) ont vite endossé les costumes de nouveaux bourreaux du peuple.

Au sein de la diaspora congolaise, il est né à Londres depuis 2006 un mouvement dit des ‘combattants’. Celui-ci a étendu ses tentacules dans presque tous les pays occidentaux, surtout en Belgique et en France. Les ‘combattants’ s’illustrent dans des actions radicales contre le pouvoir congolais depuis l’ascension fulgurante d’un objet politique non identifié au sommet de l’Etat, à savoir Joseph Kabila. On peut signaler certains de leurs coups d’éclat fortement médiatisés. En octobre 2006, peu avant le deuxième tour de l’élection présidentielle, Léonard She Okitundu, le directeur de cabinet du président Joseph Kabila, Henri Nswana, l’ex-ambassadeur du pays au Royaume-Uni, et Placide Mbatika, le président du PPRD, le parti politique ou, mieux, la chose ou le ‘ligablo’ de Joseph Kabila, étaient molestés alors qu’ils s’apprêtaient à faire leur entrée dans les studios d’une chaîne de télévision londonienne. Des photos d’Okitundu presque dénudé ont même circulé dans les réseaux sociaux. En janvier 2012, au lendemain de l’élection présidentielle de 2011, on pouvait lire dans certains médias français que Léon Kengo wa Dondo, président du sénat en visite privée à Paris, « a été agressé en gare du Nord par les bandes de ceux qui s’appellent les ‘combattants’ proches d’Etienne Tshisekedi ». En juin 2017, les ‘combattants’, qui ont lancé une véritable fatwa contre les productions scéniques des musiciens congolais en Occident, ont réussi à faire annuler le concert de Fally Ipupa à La Cigale. La préfecture de Paris craignait leurs éventuels débordements. Le mois suivant, ce fut le tour d’Héritier Watanabe de voir annulé son concert prévu à l’Olympia de Paris. Fin février 2020, les ‘combattants’ ont menacé la tenue du concert de Fally Ipupa à l’Accor Hotels Arena toujours à Paris. Le concert a eu lieu. Mais les scènes de violence des ‘combattants’ ont fait sortir du silence plusieurs personnalités politiques françaises dont Marine Le Pen. La présidente du Rassemblement National (ex-Front National) a réagi en ces termes dans son compte Twitter: « Heurts à propos du concert d’un chanteur congolais, incendie de la Gare de Lyon, racailles empêchant les pompiers de travailler: quelle image notre pays donne au monde? Comment le gouvernement peut-il laisser se produire un tel CHAOS?!? « .

Les agressions des ‘combattants’ contre les dirigeants congolais n’ont jamais réussi et ne peuvent réussir à améliorer tant soit peu le climat politique au Congo-Kinshasa. Cependant, elles ont modifié le comportement de ces jouisseurs qui, en séjour en Occident, avaient la fâcheuse tendance à étaler leurs richesses insolentes au regard de la misère du peuple. Désormais, les hommes politiques congolais rasent les murs quand ils se retrouvent en Occident. Que des satisfaits qui affligent leur propre peuple soient à leur tour affligés, cela peut sans doute se comprendre. Mais il convient de noter que les agressions des ‘combattants’ s’inscrivent dans une démarche révolutionnaire dont ils n’ont pas les moyens. Non seulement elles ne peuvent apporter de changement sur place au pays, mais en plus, l’incarnation de la honte nationale contre laquelle ils se dressent, le dictateur Joseph Kabila qui se cache aujourd’hui derrière le président Félix Tshisekedi, se moque éperdument de ces agressions qui ne l’atteignent jamais. Comme il l’a une fois déclaré, « le chien aboie, la caravane passe ». « Parfois, [avait-il alors ajouté du haut de sa médiocrité et de son arrogance], la caravane peut écraser le chien ».

On l’a vu plus haut, les hommes politiques congolais ne sont pas les seules cibles du combat des ‘combattants’. Depuis plus d’une décennie, ces derniers ont décrété l’embargo contre les productions scéniques en Occident des artistes musiciens restés au pays. Ce combat vaut-il la peine d’être menée pour sortir un jour le Congo-Kinshasa (ex-Zaïre) des marais? Pour répondre à cette question, il faut s’en poser une autre. Qu’est-ce que les ‘combattants’ reprochent à leurs compatriotes musiciens? Deux choses: leur ‘proximité’ avec les affameurs du peuple et le fait qu’ils puissent exercer leur profession alors même que le pays serait sous occupation rwandaise. Ces explications tiennent-elles la route?

Dans mon livre « Migration Sud/Nord: Levier ou obstacle? Les Zaïrois en Belgique » (Bruxelles, Institut Africain-CEDAF, Paris, L’Harmattan, 1995), je consacre la première partie aux causes de l’émigration zaïroise. Celles-ci tournent autour de l’échec de l’indépendance et de l’appel de l’Occident. Parmi les facteurs qui constituent la fascination du monde occidental figure entre autres l’action des médias et de la musique zaïroise. Au sujet de la musique, j’écris que plusieurs raisons expliquent qu’elle soit devenue un moteur de l’émigration: « la faiblesse du marché intérieur du disque, le manque d’infrastructure dans l’industrie du show-biz et la façon singulière dont la musique zaïroise moderne a renoué avec le passé, en faisant de l’artiste musicien un griot ». Je poursuis: « L’exploitation de la musique dans le culte de personnalité du dictateur Mobutu fut une aubaine pour l’artiste musicien. A la fin des années 70, la crise économique aidant, celui-ci a de plus en plus exploité sa vocation de griot. Un griot agissant parfois comme un quémandeur impénitent et effronté ». On paie le musicien pour qu’il compose une chanson entière à sa gloire. Quand on n’a pas suffisamment de moyens financiers, on se contente d’un extrait ou simplement d’entendre citer son nom comme celui d’un produit dont on vanterait les mérites. Pendant les concerts, les mélomanes montent au podium, glissent un billet de banque dans la main du chanteur et lui chuchote à l’oreille le nom à « lancer » ou immortaliser.

Aujourd’hui, cette quête éhontée de célébrité, héritage empoisonné des années Mobutu exacerbé par la médiocrité de l’ère Kabila, a atteint des sommets inimaginables. Aucune catégorie sociale ne la rejette. Hommes politiques, intellectuels voire avocats et professeurs d’université, prêtres, officiers des services de sécurité et de défense, Congolais de l’intérieur comme de la diaspora, tout le monde veut entendre son nom chanté par les musiciens. Quand ceux-ci sont invités dans une émission télévisée, ils déroulent des listes de personnes qu’ils doivent nommément saluer. L’émission terminée, ils les appellent les uns après les autres pour toucher le salaire. Les présentateurs vedettes de ces émissions, qui ont également du mal à nouer les deux bouts du mois, ont également leurs listes à eux. Il en est de même des acteurs de théâtre dans le contenu même de leurs pièces.

En réalité, les musiciens congolais ne sont pas proches des hommes politiques. Ils se prostituent tout simplement auprès d’eux comme auprès de leurs compatriotes issus des autres couches sociales du pays dans lesquelles, abâtardissement du peuple sous les régimes Mobutu et Kabila oblige, les Congolais en quête d’une immortalité éhontée sont légion y compris au sein de la diaspora. Si cette prostitution révulse les ‘combattants’ comme elle a toujours indigné l’ancien élève des Jésuites que je suis, ils devraient cependant commencer à faire le ménage au sein de la diaspora au lieu de s’en prendre aux productions scéniques des musiciens en Occident. Car, l’embargo contre ces productions ne constitue pas une solution. Il n’est même pas un levier sur lequel on devrait s’appuyer pour trouver la solution à l’incurie des dirigeants congolais. Par ailleurs, il est curieux de constater que les ‘combattants’ ne boycottent pas la musique congolaise moderne. Dans leurs voitures, dans leurs domiciles et lors des fêtes qu’ils organisent ou auxquelles ils sont invités, ils consomment avec joie et sans modération cette même musique. Peut-on être plus inconséquent?

Les ‘combattants’ accusent également les musiciens congolais d’être proches des hommes politiques médiocres parce que la musique engagée, qui vouerait aux gémonies ces derniers, est presque inexistante. Une telle exigence tient de la lâcheté. Car, il est aisé d’être en Occident, c’est-à-dire à l’abri d’éventuels foudres de ces ‘politichiens’, et d’attendre que la musique engagée soit l’œuvre des musiciens qui vivent au pays. Quand le visionnaire et chantre des temps nouveaux Adou Elenga avait chanté en 1954 les bouleversements qu’allait connaitre le Congo-Belge six années plus tard dans « Ata Ndele mokili ekobaluka » (Tôt ou tard le monde va changer), devançant ainsi la colonisation au point d’être jeté en prison, aucun ‘combattant’ ne lui avait dicté sa conduite. C’est seul devant sa conscience et son inspiration qu’il a composé sa chanson. Les ‘combattants’ doivent laisser cette liberté aux musiciens d’aujourd’hui. Par ailleurs, rien ne leur empêche de devenir musicien, de rentrer au pays et de rééditer l’exploit d’Adou Elenga. Même tout en étant à l’abri en Occident, ils peuvent combler le vide qu’ils déplorent. L’orchestre Los Nickelos dont les mélodies continuent à bercer des millions de Congolais et d’Africains a été créé à Liège en Belgique en 1964 par des migrants congolais, plus précisément des étudiants congolais appelles Belgicains. C’est bien de la Belgique que cet orchestre qui a créé avant le Zaïko Langa Langa un troisième courant musical diffèrent des écoles African Jazz et African Fiesta a composé tout son répertoire. Les ‘combattants’ en mal de musique engagée peuvent marcher sur les pas de leurs aînés de Los Nickelos.

Le Congo-Kinshasa est-il un pays sous occupation rwandaise? Oui, répondent les ‘combattants’, dans ce sens que les services de sécurité, de défense et de renseignement et bien d’autres institutions du pays sont infiltrés par des Rwandais. Cette infiltration, dénoncée à maintes reprises par Honoré Ngbanda, frère tribal et ancien conseiller spécial du dictateur Mobutu, a été facilitée par l’absence de contre-pouvoir effectif au pouvoir du président Joseph Kabila dans un système politique dit démocratique que les ‘combattants’ n’ont jamais remis en cause. Les dirigeants rwandais eux-mêmes ne s’en cachent pas. Dans mon article intitulé « Le péché d’Adolphe Muzito » et publié par ce journal en ligne le 28 décembre 2019, je cite les propos du général Jean Bosco Kazura, petit frère de Paul Kagame et actuel chef d’Etat major de l’armée rwandaise, réagissant aux déclarations de l’ancien premier ministre congolais Adolphe Muzito qui estimait que pour mettre un terme aux tueries récurrentes à l’Est du pays, il faut faire la guerre au Rwanda: « Celui qui a une maison construite avec du verre doit avoir peur de la pierre. J’appelle nos voisins congolais à se regarder dans un miroir avant de tenir des propos nuisibles à la survie de leur pays, [car] l’ONU ne viendra pas toujours vous secourir. Lancer un appel à la guerre avec le Rwanda, c’est chercher un affrontement direct avec l’armée rwandaise. J’appelle les politiciens congolais à réfléchir sur l’état des FARDC qui ne sont qu’une seconde armée de l’armée rwandaise ».

Mais quelle corrélation y a-t-il entre l’embargo contre les productions scéniques des musiciens congolais en Occident et l’infiltration des institutions congolaises par des Rwandais, phénomène qui semble s’être étendu à des pays comme le Cameroun, à en croire certaines vidéos circulant dans les réseaux sociaux? Ne pouvant vivre décemment de leurs talents dans leur pays aux populations parmi les plus pauvres au monde, les musiciens congolais empruntent une démarche similaire à celles des migrants dont font partie les ‘combattants’. Mais contrairement à ces derniers qui ont quitté leur pays d’origine en quête d’un ailleurs meilleur, les musiciens vilipendés vivent au pays et vont se produire en Occident pour mieux gagner leur vie. Face à ce qu’ils considèrent comme une occupation du Congo-Kinshasa par le Rwanda, les ‘combattants’ devraient d’abord s’attaquer à eux-mêmes pour avoir abandonné ainsi leur pays au lieu de rester combattre l’occupation et celui qui l’incarne. Non seulement on ne peut reprocher à quelqu’un d’autre une posture qu’on exhibe soi-même fièrement, c’est-à-dire le fait d’avoir quitté son pays pour un mieux-être ailleurs, mais en plus, on a beau combattre les productions scéniques des musiciens congolais en Occident, cela ne règle aucun problème sur place au Congo-Kinshasa.

Réunis à Kinshasa du 24 au 28 février dernier, le cardinal, les archevêques, évêques et membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo-Kinshasa (Cenco), qui constituent l’unique véritable opposition congolaise, ont tancé la coalition CACH-FCC. Ils ont noté que « des crises multiformes surgissent et font planer des inquiétudes sur le changement social vivement attendu ». Ils ont évoqué « une tension préoccupante qui couve au sein de la coalition au pouvoir, se répercute sur la gouvernance et entame le fonctionnement de l’Etat ». Pour eux, « les alliés semblent plus préoccupés par leur positionnement politique que par le service à rendre au Peuple qui continue de croupir dans la misère » et « il est inacceptable que le pays soit pris en otage par un accord qui, du reste, est occulte ».

La prise de position de la Cenco indique clairement que pour sortir du statu quo actuel au Congo-Kinshasa, les ‘combattants’, comme du reste tous les Congolais épris de paix et de justice, devraient militer soit pour l’élimination politique de Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, soit pour soutenir le premier, qui accomplit lentement et difficilement son devoir d’ingratitude à l’égard du second, à neutraliser ce dernier. Le combat des ‘combattants’ contre les productions scéniques des musiciens congolais en Occident ne peut d’aucune manière permettre à atteindre un seul de ces deux objectifs. S’il est légitime que des Congolais se positionnent comme des ‘combattants’, leur combat ci-dessus demeure cependant une fixation qui n’a pas sa raison d’être. Il s’agit là d’un défoulement collectif plutôt que d’un combat politique. Un défoulement empreint d’une bonne dose de lâcheté.

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

59 thoughts on “Le combat des ‘combattants’

  1. L´article traite d´un sujet important et pose de bonnes questions lesquelles n´ont pas été répondues par les combattants ou leurs sympathisants. Comment et en quoi le „combat“ des combattants contre les musiciens CHANGE-t-il quelque chose sur la situation du/au Congo ? LA RÉPONSE N´EST PAS VENUE !
    Des „Nègres des champs“, mais brillamment absents/loin des champs. Des combattants, mais qui attendent que ce soit les autres qui se comportent en combattants sur le champ de bataille à leur place. Pourquoi s´être alors affublé du nom de „combattant“ ? Elengi? Mukusa ? Visibilité (seulement) quand un musicien de Kin est de passage en Europe (sinon ils sont d´ordinaire dans des réseaux sociaux) ? Par ailleurs, s´ils estiment qu´ils ne peuvent pas chercher à parler avec Félix ni intéresser Fally sur leur vision pour faire passer leur message sur Beni à travers son concert, ils sont libres et ne peuvent être condamnés pour cela. Mais qu´ils aillent alors organiser des actions, la mise en oeuvre de leur vision sur le terrain eux-mêmes (Ils peuvent ici prendre Félix au mot au sujet de la liberté de mouvement).
    Combattants ou Nègres sans champs. Kombo (le nom) problème, cible mpe problème ! Car en quoi Fally est traitre, plus dangereux que Boketshu, Suzuki, Aimelia et co. qui se produisent sans problème (parce qu´ils habitent en Europe) ? Ils livrent chaque semaine des concerts par-ci par-là auxquels participent avec un énorme plaisir les combattants pourtant CÉNSÉS ÊTRE EN DEUIL pour Beni. Ces soirées de réjouissance finissent de fois par des pugilats à cause de l´argent, de la femme ou d´une consommation excessive du whisky (De bouteilles de whisky, certains combattants-jouisseurs en avaient même dans leurs poches au moment où ils protestaient contre le ‘prétendu indifférent’ Fally qui pourtant – et mieux qu´eux – fait des dons à diverses personnes démunies ou victimes d’ injustice et de violence au Congo… Fally est-il aussi plus dangereux que Muzito qui venait de séjourner en Europe sans être confronté aux questions sur la mort de Chebeya, Tungulu… et sur les vaches ‘de’ Kwilu ? Y a-t-il vraiment absence d´“idéologie politique“ chez les combattants ?).
    Comparer la démarche réfléchie des activistes qui ont révélé la politique criminelle de Leopold II (L’acteur et réalisateur hollywoodien Ben Affleck va produire un film sur ces crimes du Roi belge) aux manifestations des combattants-casseurs est quand même trop osé. „Le message est passé“, s´écriaient ces derniers. Mais ce cri avait tout l´air d´un mensonge à soi-même. Le fait déjà qu´une foule immense a répondu à l´invitation de Fally plutôt qu’à celle des ‘combattants-messagers’ est un problème. Cela n´a pas échappé à tout observateur sérieux. Le ridicule était bien au rendez-vous ce jour-là : stopper des passants dans la rue et plaquer son nez sur leurs habits (parfumés ?) pour vérifier (conclure) s´ils se rendent au concert de Fally ou pas est d´une stupidité sans pareil. Brûler voitures et motos et filmer des blanches scandalisées et éplorées en criant – toute honte bue – „regardez comme ces femmes derrière nous sont en train de pleurer; bana ya Beni, vous voyez comment nous nous battons pour vous ?“ est un mélange d´idiotie, d´inconscience et de lâcheté. Comment peut-on chercher à sensibiliser les autres sur Beni en se montrant soi-même insensible ? On dit à ces blanches en d´autres termes : „Les femmes de Beni sont plus importantes que vous“. Rien de surprenant que les victimes de la gare du Nord – contemplant les dégâts (ils ne perdent pas seulement des engins, mais aussi des documents importants, la joie d´un rêve réalisé – cela aurait pu être pire, si un parent avait laissé pour quelques minutes son enfant dans la voiture brûlée par la suite) – ont clairement et avec colère affirmé au micro qu´ils souhaitaient ne pas entendre parler du Congo.
    Certains entretiennent l´idée que des intellectuels pourraient aider ou sauver ce monstre ‘groupe sans organisation’ des combattants. Natuni kaka : Ces intellectuels, ce sont les MAMALE que nous lisons ici ?

  2. @Mayoyo,
    Je suis globalement en désaccord avec votre papier. Sans vouloir rentrer dans une polémique inutile, je vais essayer de vous donner mon opinion et quelques faits. Nous partons sur des positions tellement diamétralement opposées que la moindre convergence me semble hors de portée.
    ***1 On parle de combat des combattants comme si c’était un groupe de gens et un sujet qui ne nous concernent pas directement. Ils ne sont pas outillés intellectuellement, leur combat ne sert à rien, ils doivent faire différemment , faire autre chose… mais ba combattants yango ba nani ? Ba Ndeko nayo, ba ndeko nangayi,… donc ba Ndeko nabiso !
    Les intellos congolais (les diplômés et les surdiplômés ) sont tout simplement incapables de créer un mouvement qui pèse financièrement et qui influence autant que faire se peut les affaires du Congo. Alors, sous nos oripeaux de donneurs de leçons, calmons nous.
    ***2 Quelle est la situation du pays?
    Une catastrophe qui dure depuis plus de 20 ans. Viols, massacres et pillages se poursuivent dans l’indifférence générale. Le congolais est devenu une qualité ô combien négligeable. La chosification du congolais est telle qu’on peut le massacrer et le jeter dans une fosse commune sans qu’aucune voix ne se lève. Alors que faire ?
    ***3 les actions de la diaspora
    La diaspora congolaise envoie tous les ans l’équivalent du budget national pendant que les autres pillent. Elle a dont un mot à dire et les combattants font partie de la diaspora. Seuls ceux qui ne font rien et regardent tout ça de loin, font des boucans. Il ne faut pas se déclarer combattants pour entreprendre des actions. Je travaille dans un groupe de 7 personnes depuis 2008. Nous avons déposé des mémos (CPI, des multinationales, UE, parlement Français, UK et USA) sur différents sujets. Minembwe, BENI, Djugu, les déplacés internes, les fosses communes, le projet transaqua qui allait tuer le congo… nous faison beaucoup de choses. Nous rencontrons des parlementaires… et d’autres congolais font de même voire plus. À chaque fois, on nous dit « mobiliser les vôtres, alerter l’opinion publique… ».
    Quand l’Espagne a bloqué une résolution de l’UE condamnant la kabilie, nous sommes allés discuter avec les espagnols à Bruxelles (je parle espagnol) avec un mémo pour attirer leur attention. Beaucoup de donneurs de leçon qui habitent Bruxelles ne font rien kaka makelele.
    ***4 le blocus des concerts
    Quand la maison brûle, on attend que tous les enfants participent à éteindre le feu. Un Congo prospère résoudra aussi le problème de misère de nos musiciens. Les ndulistes font partie de cette société qui est plus bas que terre. Ils font partie de ce peuple chosifié… alors ils ne peuvent pas, en leur qualité de leader d’opinion, regarder cela de loin et se contenter de nous chanter des insanités (lelo okomata nga, muana sima ekoli…) et participer à l’abrutissement de masse, au lieu d’aider la masse à prendre conscience, à se réveiller, à dresser le front, à réclamer des comptes… En l’état où se trouve le Congo aujourd’hui, parler de combat des combattants est un non sens voire une ineptie. C’est le combat des CONGOLAIS pour la survie du CONGO !!!
    Le blocus existe en occident. Ce n’est pas une invention des Congolais. Le blocus des salles de spectacle (allez demander à Dieudonné et autres artistes), des autoroutes, des dépôts de carburant, des universités, des centres commerciaux… le blocus économique des certains pays par les occidentaux (embargo). Aucun blocus ne touche directement ceux qui sont visés, AUCUN! C’est un moyen de pression pour infléchir une position, attirer l’attention, faire entendre la voix…
    La musique est devenue un instrument d’abrutissement des congolais pendant que la maison brûle. Quoi de plus normal qu’on s’attaque au centre d’interêt de cette masse, au point de cristallisation… lors de la réunion G7 à Biarritz, nos combattants sont les seuls à être allés sur place pour distribuer des tracts. Nos savants sont restés muets et les bras croisés.
    Le blocus des concerts n’empêche personne de faire des actions plus intelligentes et plus percutantes. Faites les, nous allons applaudir.
    ***5 Les propositions faites dès le départ
    J’ai personnellement discuté avec King Kester (c’était un ami de mon cousin). Je lui ai dit pourquoi ne pas donner 10 minutes après la 1ère chanson et autant avant la dernière chanson pour que les combattants passent le message. Sa crainte était de s’attirer les foudres de Kinshasa. D’autres, comme Koffi, ont répondu par des insultes. Résultat: blocus!!! Je ne connais pas la situation des combattants en Belgique. Beaucoup de ceux que je connais en France sont nés ici. Bana ya ba côté oyo. Arrêtez avec le cliché du combattant voyou, sans papier, écervelé et qui ne comprend rien. C’est ridicule de généraliser.
    Sachez que l’un des arguments utilisés pour maintenir la réunion controversée au sénat français sur les pays des grands lacs était l’incendie de la Gare de Lyon. Regardons cela de près avant que cela nous explose au visage avait dit un sénateur. Vous même, avez vous créé ou participez vous à un groupe d’intellos pour réfléchir sur les actions à mener pour le Congo? Si vous avez des bonnes idées, appelez vos frères combattants de Belgique et faites des propositions. Les congolais semblent pleurer pour 27 scooters et voitures brûlés à la Gare de Lyon que pour des dizaines de villages incendiés chez eux. Incroyable !!!
    Nous sommes tous contre la violence que nous condamnons avec la dernière énergie à commencer par la violence faite au peuple congolais.

    1. Muana ya mokolo lopango écrit :
      – « Les ndulistes font partie de cette société qui est plus bas que terre. Ils font partie de ce peuple chosifié… alors ils ne peuvent pas… participer à l’abrutissement de masse » : DE QUELS NDULISTES ? Pourtant, ceux qui résident en Europe jouent de la même musique chaque semaine pour un public FIDÈLE ET COMBLÉ dont font partie les combattants. Le ridicule, c´est qu´ils interprètent même les chansons de Koffi et autres à la grande satisfaction du même public.
      – « En l’état où se trouve le Congo aujourd’hui, parler de combat des combattants est un non sens voire une ineptie » : Prétendre que les Congolais forment un tout homogène avec une vision unique, c´est de l´INEPTIE.
      – « Le blocus existe en occident. Ce n’est pas une invention des Congolais. Le blocus des salles de spectacle (allez demander à Dieudonné et autres artistes)… Aucun blocus ne touche directement ceux qui sont visés, AUCUN! » : Et alors DIEUDONNÉ que vous avez vous-même cité , il n´est jamais visé ?
      – « La musique est devenue un instrument d’abrutissement des congolais pendant que la maison brûle. Quoi de plus normal qu’on s’attaque au centre d’interêt de cette masse… » : ON, C´EST QUI ? Boketshu a le droit d´empêcher Fally de se produire ? Alors que lui-même Boketshu – pour ne citer que ce nom – organise de grandes fêtes et se produit comme si en ce moment-là il n´y a plus de morts à Beni.
      À la gare de Lyon à Paris, les combattants ont fait la HONTE. Une bande d´excités s´est crue en droit de DICTER à tout le monde son discours et sa vision (étriquée, du reste !) et d´agresser d´autres Congolais (surtout des femmes alors qu´ils prétendent défendre la femme à l´exemple de celle de Beni). Votre prétendu droit d´imposer le blocus vous vient du ciel, du peuple… ? SIA, BILOBELA ! B´ILLUSIONS EBELE BOYE. STAGE YA DICTATURE ? LES AUTRES, BAYUMA NA BINO KAKA !
      – « Arrêtez avec le cliché du combattant voyou… » : C´est avant tout à ces combattants d´arrêter avec le comportement des voyous (Le cliché vous fait plus peur que le comportement ?). Ne renversez pas les choses. Les images de la gare de Lyon ont montré des voyous repoussant des pompiers, vérifiant l´odeur des habits des passants comme si on n’utilise le parfum que pour aller au concert (Vraiment ! QUELLE HONTE !), comme si les passants étaient même obligés de leur dire leur destination… N´est-ce pas « ki ÉCERVELLÉ » wana ? N´est-ce pas « ki MAL ÉDUQUÉ » wana ? Oyoka bilamba ya ba passants solo, vérifier s´ils se sont parfumés, si oui, conclure qu´ils se rendent au concert de Fally, c´est être aussi bien zoba (idiot) que mal éduqué. QUELLE HONTE !
      – « Les congolais semblent pleurer pour 27 scooters et voitures brûlés à la Gare … Nous sommes tous contre la violence que nous condamnons avec la dernière énergie à commencer par la violence faite au peuple congolais » : Un Français qui voit sa voiture – le rêve de sa vie, le couronnement de ses durs labeurs – brûlée si facilement par des « gens inaptes à la réflexion et à la discussion » n´a aucune raison de dire d´abord Beni (COMMENCER par BENI), puis ma vie et celle de ma famille. Le jour où vous comprendrez que les autres peuples du monde ne sont pas obligés de répéter comme vous ce fameux « à COMMENCER par la violence faite au peuple congolais », vous aurez fait un pas dans la contrée appelée la raison. Pas étonnant que depuis 2008, on vous répond avec vos memos de la même manière.
      RAPPEL POUR CONCLURE : Chaque semaine, il y a de la musique dans des boîtes, des concerts dans diverses villes européennes. Des musiciens congolais résidant en Europe se produisent, exécutent leurs chansons et interprètent les chansons de Koffi, Fally, Werra, J.B., Josky… à la grande satisfaction du public au sein duquel il y a beaucoup de PRÉNTENDUS COMBATTANTS, Vous avez dit que le Congo est en deuil ?

  3. @Prorwanda,
    Vous êtes un vrai rigolo qui manque de tact, de finesse et d’idéal, Victor Hugo a dit «La vie, le malheur, l’isolement, l’abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros, héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres»… @Prorwanda comme d’habitude vous délirez, vous divaguez, vous déconnez, vous êtes complètement à côté de la plaque, vous défendez très très mal l’Occupation étrangère Banyarwanda, le Rwanda, l’Ouganda, Kingakati, Kigali et leur poulain Félix Antoine Tshisekedi wa Banyarwanda… Avez-vous très bien lu ce que MALCOLM X dit sur les « Nègres de Maison » qui habitent le grenier ou la cave des Impérialistes Esclavagistes et les »Nègres des Champs » ?… Si oui choisissez votre appartenance à un de 2 côtés, si non relisez encore très très bien… Apparemment vous n’avez rien pigé, un lecteur oublieux, taciturne, négligent est toujours brouillon, parcimonieux, évasif… Si nous (Combattant Résistant de l’Ombre) comprenons très bien, les champs pour @Prorwanda c’est la RDC (Kinshasa) où les Combattants Résistants sont actuellement absents, mais ce n’est pas vrai, vous êtes complètement à côté de la plaque c’est votre vision étriquée des écrits de Malcolm X, l’idéologie de la pensée de Malcolm X est vaste surtout très éclectique, c’est une vision panoramique, il faut élargir les champs, car l’esclavagisme peut-être Physique, Intellectuel, Mental, Spirituel voire Moral, il en est de même pour les « Nègres de Maison » des Impérialistes, il faut étendre cela sur tous les plans, ne vous (Prorwanda) bornez surtout sur vos petites sensibilités partisanes, vous (Prorwanda) aurez tout faux, plusieurs esclaves et nègres Africains Noirs qui habitent le grenier ou la cave de la Maison Impérialiste [le Grand Domaine ou l’État Profond] écument les salons huppés, climatisés de New York, Bruxelles, Paris, Berlin, Pékin, Londres, Washington, Moscou où se jouent les enjeux géopolitiques, géostratégiques, économiques pour vendre leurs frères et sœurs en utilisant le larbinisme, le collaborationnisme, la traîtrise comme fouets des Maîtres Esclavagistes Décideurs du Monde afin de punir, de remettre dans les rangs les esclaves et nègres de champs qui dépassent les bornes fixées par leurs chefs qui le soudoient, le paient gracieusement pour effectuer ce sale boulot de « Nègres de Maison »… En 1998, quand nous (Combattant Résistant de l’Ombre) Lumumbistes Mulelistes Panafricanistes avions officiellement commencé notre Combat de la Résistance, notre sacerdoce et devise est cette parole de Isaïe Tasumbu Tawosa aka Patrice Emery Lumumba « « Je sais et je sens au fond de moi-même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur », ce n’est pas en restant dans un pays sans État de Droit que cela sera possible car l’auteur dedites paroles a été tué, dilué dans un tonneau d’acide en plein Congo Indépendant… C’est plutôt à l’extérieur de ce grand mourroir, cette grande prison à ciel ouvert qu’est la RDC (République des Caïds, Criminels, Cimetières) que cet idéal Lumumbiste Muleliste est totalement possible… Si Nicolas Machiavel a dit « Celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes.», il est écrit bibliquement parlant « Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, sans avoir auparavant lié cet homme fort; alors il pillera sa maison » , c’est-à-dire pour contrôler un homme ou une femme, il suffit de contrôler son âme [esprit et corps] pour le (la) maîtriser, Tshilombo-Pétain president protocolaire nommé par l’imposteur Rwandaus Kanambe alias Joseph Kabila est un homme très faible contrôlé par un homme plus fort que lui, comment peut-on sur le terrain prendre Félix BIDON au mot au sujet de la liberté de mouvement des Combattants Résistants sous prétexte qu’il a l’imperium (effectivité du pouvoir) ? Lui (Félix Antoine Tshisekedi wa Banyarwanda) qui ne dirige rien ne maîtrise rien ne contrôle rien… Enfin sur Ben Affleck qui s’apprête à produire et réaliser un film basé sur le livre « Les Fantômes du roi Léopold II. Un Holocauste oublié » du journaliste américain Adam Hochschild, l’avez-vous déjà lu, connaissez-vous Edmund Dene Morel le journaliste politicien Franco-Anglais qui a mis le Roi Génocidaire Léopold II hors d’état de nuire, son activisme contre le drame Kongolais au 18e siècle ne diffère en rien à celui du mouvement prophylactique ou prophétique des Combattants Résistants Kongolais, le nier c’est de la malhonnêteté intellectuelle, c’est de l’ignorance exacerbée ou simplement de la mauvaise foi digne d’un pro Occupation étrangère Banyarwanda… Pigé

  4. @Muana ya Mukolo lopangu,
    Je venais de faire quelques descentes au pays tout récemment, et je trouve que votre intervention a tout son sens. J’ai eu même à m’entretenir avec quelques profs de l’Unikin très outrés par ce qui se passe au pays. Mais voilà qu’il y a d’autres soi-disant intellectuels qui pensent que nous n’avons pas le droit de nous indigner face à l’indifférence de nos artistes musiciens qui contribuent à l’abrutissement de la jeunesse qu’ils font trémousser à longueur des journées. Allez-y comprendre quelque chose!

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