Félix Tshisekedi l’avait prédit et prophétisé: « S’ils veulent la continuité de la Kabilie, ils feront d’autres choix. Moi je vote pour le changement et le changement aujourd’hui s’appelle Martin Fayulu »

Zeph Zabo

Félix Tshisekedi (Camp du Changement/UDPS), Martin Fayulu (Coalition Lamuka), Jean-Lucien Busa (FCC/CEDR), tous d’accord avec moi (mon article du 18 novembre 2018) sur l’objectif commun et le candidat commun qu’il faut à l’Opposition congolaise: un candidat de la rupture totale et tous azimuts avec la Kabilie et le régime prédateur d’AFDL en place depuis plus de 21 ans.

Dans mon article (Fayulu, le candidat de la rupture totale et tous azimuts avec la Kabilie: questions et plaidoyer à Tshisekedi et Kamerhe) publié le 18 novembre 2018 dans Congo Indépendant, j’avais en effet écrit ceci: « Le candidat commun désigné, l’honorable Fayulu, connu pour son intransigeance et son franc-parler face au régime en place, doit être et se présenter comme le ‘candidat de la rupture totale et tous azimuts avec la kabilie et l’AFDL’ face au ‘candidat de la continuité de la kabilie et de l’AFDL’, le dauphin Emmanuel Shadary ».

Suite à cet article, Martin Fayulu, le 21 novembre 2018, emboîtait le pas sur Twitter et Facebook en déclarant: « Il est temps d’écrire un nouveau chapitre glorieux de l’histoire de notre pays et de tourner la page des années AFDL ».

Félix Tshisekedi emboîtait ensuite lui aussi le pas le 26 novembre 2018, lors d’une interview sur TV5 Monde, en disant: « Nous devons fermer la parenthèse de l’AFDL qui est à la base des millions de morts dans notre pays. Nous veillerons à ce que les congolaises et congolais se réconcilient parce qu’avec les 20 ans de l’AFDL commencée en 1997 jusqu’à nos jours, nous comptons vraiment fermer cette parenthèse ».

Le même jour (le 26 novembre 2018), Jean-Lucien Busa, pourtant du FCC soutenant le dauphin candidat du pouvoir en place, déclarait lui aussi, de manière tout de même très stupéfiante, lors d’une interview sur Top Congo FM, que le dauphin Emmanuel Shadary est lui aussi le candidat de la « rupture totale »: « Shadary, projet [le candidat] de rupture totale avec le passé ».

Or le dauphin concerné ainsi que son parti politique le PPRD et le regroupement politique FCC (qui le soutiennent) contredisent Jean-Lucien Busa en disant et répétant depuis le début que Shadary est le candidat de la continuité: « Shadary, le candidat de la continuité, le choix de la continuité dans le sens du développement, pas le candidat de la rupture mais de la consolidation ».

Pourquoi alors, Félix Tshisekedi, Martin Fayulu, Jean-Lucien Busa, tout ce spectacle désolant que les uns offrent au pauvre peuple congolais, victime, martyrisé et clochardisé qui partage pourtant le même objectif commun (de rupture avec 21 ans de Kabilie et d’AFDL) que chacun d’entre vous et compte sur vous individuellement et collectivement pour atteindre et réaliser cet objectif combien crucial et vital le 23 décembre 2018 prochain?

Alors que vous savez pertinemment bien que l’élection et le vote du Président de la République en RDC se fait à un seul tour, pourquoi faites-vous « en âme et conscience » le choix de vous diviser inutilement, d’émietter les voix de l’opposition le 23 décembre 2018 prochain, de vous faire cette guerre fratricide sans merci les uns contre les autres, de faire le jeu du pouvoir en place et de favoriser le dauphin quand l’objectif commun visé par vous tous (et par la grande majorité du peuple) est le même? Cette guerre ne devait-elle pas plutôt être orientée exclusivement vers l’ennemi ou l’adversaire commun, à savoir le candidat de la continuité (le dauphin Emmanuel Shadary) et non pas vers vous-mêmes les alliés? Pourquoi vous trompez-vous de cible si lamentablement?

Vos démonstrations de force respectives devaient avoir pour cible exclusive l’ennemi ou l’adversaire commun. Or, que voit-on? Tout le contraire! Hélas! Certains d’entre vous seraient-ils en train d’écrire, de manière consciente ou inconsciente, en âme et conscience ou de manière naïve, l’histoire d’une défaite électorale planifiée d’avance par le pouvoir en place avec la complicité de certains d’entre vous les opposants, prophétisée et annoncée d’avance par vous-mêmes?

Félix Tshisekedi, n’aviez-vous pas pourtant déclaré ceci le 11 novembre 2018 à Genève lors de votre interview immédiatement après l’élection et la désignation (y compris par vous-même) de Martin Fayulu comme candidat commun de l’opposition pour l’élection du 23 décembre 2018 prochain, en parlant de votre base politique et des conséquences d’un mauvais choix: « Je vais les convaincre. Ils doivent être d’accord. Il n’y a rien à faire. Nous voulons le changement et le changement passe par le soutien à la candidature de Martin Fayulu. S’ILS VEULENT LA CONTINUITÉ DE LA KABILIE, ILS FERONT D’AUTRES CHOIX. Moi je vote pour le changement et le changement aujourd’hui s’appelle martin Fayulu ».

Doit-on vous appeler Prophète Félix Tshisekedi au lendemain de l’élection présidentielle du 23 décembre 2018 si le dauphin du président sortant Joseph Kabila, en l’occurrence Emmanuel Shadary, le candidat de la continuité de la Kabilie, est élu face à vous-même et à Martin Fayulu? Êtes-vous prêt à en assumer la responsabilité devant Dieu, devant le peuple congolais, devant votre base politique et devant le monde entier? Imputeriez-vous cette responsabilité à votre base politique de l’UDPS? Le sens et la définition du mot  »leader » auraient-ils changé depuis le 11 novembre 2018?

Nous sommes aujourd’hui le 30 novembre 2018. Le 23 décembre 2018 c’est dans trois semaines, mon frère. Il n’est pas trop tard pour bien faire. C’est encore possible de faire le bon choix: d’œuvrer pour l’unité de toutes les forces (la Coalition Lamuka, le Camp du changement, l’ensemble de l’opposition plurielle congolaise, la société civile, des partis politiques du FCC, des personnalités) partageant le même objectif commun (de rupture avec 21 ans de Kabilie et d’AFDL), autour du candidat commun Martin Fayulu que vous aviez vous-même aussi désigné, pour assurer et garantir la victoire de l’opposition, l’alternance démocratique au pouvoir et l’atteinte dudit objectif commun visé.

Le peuple, du moins la grande majorité du peuple, compte sur vous tous. La saga continue…

 

Par Zeph Zabo
Écrivain juriste, auteur des livres Justice corrompue
Volume 1 (Connaître Vos Droits et Savoir Vous Battre pour Rétablir la Justice) et
Volume 2 (Les Juges et Nos Droits, Zabo vs. Système Judiciaire Corrompu. La Saga Continue…)
E: zabo.zeph@gmail.com

8 réflexions au sujet de « Félix Tshisekedi l’avait prédit et prophétisé: « S’ils veulent la continuité de la Kabilie, ils feront d’autres choix. Moi je vote pour le changement et le changement aujourd’hui s’appelle Martin Fayulu » »

  1. Je suis de ceux qui soutiennent qu’avant de prononer parole, il convient de tourner la langue mille fois ou dit d’une autre manière, quand on n’a rien à dire, il faut se taire. A fortiori, quand on se définit comme écrivain juriste et auteur des livres, la rigueur de l’argumentaire devrat être la note caractéristique de ses propos.

    Sinon et de prime abord, comment dissocier le groupe de collabos cités dans le texte dont Tshilombo et Fayulu de leurs alliés occupants tutsis? Peut-il réellement avoir franc parler et en public sous un régime autocratique d’occupation, si ce n’est pure complaisence et diversion? Est-ce fiction que ces « opposants »-collabos sont tous mouillés par la sordide corruption facile par les tutsis et par conséquent conditionnés dans leurs actes? Peut-on parler élections dans les circonstence actuelles au Congo?

    Désolé Monsieur Zabo. A mon humble avis, vous êtes de ceux des congolais qui devraient impérativement se réinscrire à l’écoles des ancêtres sages du Kongo Central qui ont su décrocher l’indépendance du puissant colon belge, tel un ouragan qui fait tomber jusqu’aux fruits pas mûrs.

    Enfin, compatriote Zabo, j’aimerais ne pas trouver cette inconsistence de votre part dans vos ouvrages.

    1. Je ne sais si les élections auront lieu comme prévu ni quelle crédibilité nous offriront-elles alors mais je pressents que ceux qui prétendent détenir le monopole de la vérité parce qu’ayant le monopole du patriotisme par leur dénonciation des occupants et de ses collabos n’en sont pas moins guidés par leurs sentiments que par la raison.
      La bonne critique de Fayulu et de Tshilombo telle que l’a tentée par exemple notre auteur ici s’avère ainsi payante, selon moi, dans tous les cas à même de nous éclairer pour agir dans la situation plutôt confuse d’aujourd’hui. Je ne suis donc pas certaine censure automatique que je lis ici et ailleurs, désolé…
      Il y’a bien une opposition qui est résolue à défendre sa Patrie en dedans du système qui n’est pas une fiction, que nous approuvons ou pas leur approche. Nous serons dans la censure automatique, professionnelle de ceux qui pensent pas comme nous si nous y allons…

  2. A Nono et Zeph Zabo,
    Cette voie s’avère beaucoup plus payante pour Monsieur l’affairiste juif Sorro et le lobby dirigé par Louis Michel via son petit groupe d’affairistes internationaux Bemba et Katumbi . Ils ont intégré l’affairiste pétrolier Fayulu pour régner pendant deux ans. C’est cela l’analyse factuelle. Les bases sociologiques doivent récupérer tous ces processus verticaux en impulsant un vrai pouvoir transversal(horizontal). C’est le schéma du ticket Felix Tshisekedi -Vital Kamerhe. Nous devons en attendre le résultat ce 23 décembre18. C’est en effet le peuple qui demeure le vrai prophète et non le trinôme Louis-Michel+ Soro+ kATUMBI. Wait and see.

    1. Compatriote Armand,

      Libre à vous de vous convaincre de l’existence toute tranchée d’un axe vertical impérialiste qui descend de Louis Michel à Fayulu en passant par Katumbi et Bemba à côté d’un axe horizontal généreux et nationaliste qui concerne le tandem Tshilombo/Kamerhe.
      Au contraire de vous je ne jure de rien, je crains juste qu’il s’agisse là des fables opportunistes peut-être du Kasaï, ici pour applaudir un frère là pour excommunier un rival, la preuve est difficile à faire.
      Tenez :

      1° Si vous vous montrez moins borné, vous admettrez aisément que les puissants impérialistes disposent des moyens pour agir sur l’un comme sur l’autre. A propos vous citez L Michel : aujourd’hui il fait plutôt feu de tout bois pour lever les condamnations européennes des notables kanambistes, le refrain connu pour le régime plutôt que pour le camp Fayulu. Allez donc savoir…
      2° Vous faites preuve d’un surprenant oubli : Kamerhe a toujours été dans la meute Udps non pas toujours sans raison leur ennemi juré, voilà-t-il que vous l’adoptez aujourd’hui convolant en justes noces avec votre Tshilombo. Et pourtant, pas de lapin, Kamerheon souvent varie, sa duplicité est légendaire nourrie par sa folle ambition, un pied dans l’opposition l’autre auprès du régime. Moi je persiste et signe qu’il sera quelque part la béquille du pouvoir au besoin en mission au sein de cette alliance de circonstances. On n’est pas loin d’un deal secret évoqué par plus d’un ‘espion’.

      Moi je reste le naïf qui voulais d’une union de l’opposition qui a échoué pour des dividendes égoïstes plutôt que nationalistes. Je le regrette tant je crois que cette division justifiera davantage les fraudes du régime rendant la victoire de l’opposition plus aléatoire.
      Dans 20 jours nous verrons si Tshilombo gagnera mais d’ores et déjà je ne peux accepter le sévère reproche de traître à la solde des étrangers que vous faites à Fayulu, tout son itinéraire démontre son rôle de « soldat du peuple ». Votre axe impérialiste vs nationaliste est une construction opportuniste de circonstances. L’avenir nous dira si je me suis trompé.

  3. PS
    Quant au peuple vrai prophète et donc seul à décider de l’issue des élections, pas besoin d’aussi grands mots pour n’enfoncer que des portes ouvertes.
    Soyez donc logique avec vous même : ça ne sera certes pas votre trio fantasmé L Michel, Soros, Katumbi qui décidera de l’issue des scrutin mais pas non plus le duo Tshilombo/Kamerhe qui dans votre bouche serait devenu le seul représentant du peuple.
    Le peuple oui mais vous le savez bien à une condition : que le résultat final soit fidèle à son vote pas comme les dernières fois où il ne l’a pas été…

  4. La démocratie nous le savons tous aujourd’hui répond à cette sage définition qu’en fit un père de la démocratie américaine, « le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple ». En pratique elle consiste à déléguer des représentants de ce peuple choisis selon le système à gérer le pays. C’est dire l’élection d’une majorité mais si celle-ci est légitime par le choix du plus grand nombre porté sur elle, il peut arriver qu’elle ne soit pas toujours la plus qualifiée : on en a vu l’illustration avec des dictateurs criminels qui en sont sortis comme par exemple Hitler.

    Mon propos vise explicitement le choix qui va être fait chez nous et plus précisément celui par exemple d’un Tshilombo. Je ne l’ai jamais caché : à part sa popularité (celle de son père et celle de son parti l’Udps) je ne lui trouve bien peu des mérites personnels pour être cet Homme d’État dont notre pays a aujourd’hui besoin.
    Je me trompe peut-etre mais le pense et l’ai dit !

  5. Cher Nono,
    Vos hypothèses auraient été dès le départ infirmées si vous me connaissiez comme un non Kasaïen. Puissè-je douter de vos capacités d’analyse parce que vous êtes plus dans le prisme tribalistique? Vous qui semblez indiquer que Fayulu est un « soldat du Peuple » seriez donc aussi du Bandundu? Peut-on être « soldat du peuple » en percevant les émoluments d’un parlement illégal? L’opportunisme que vous reprochez au binôme Tshisekedi-Kamerhe n’est-il pas aussi reprochable à Katumbi-Bemba-Muzito-Matungulu et Fayulu? Les politiques seraient-ils tous devenus des anges descendus du ciel? Peut-on faire de la politique sans opportunisme? Telles sont des questions qui resteront à ce jour sans réponses sincères dans un Congo souvent troublé par le syndrome du tribalisme et « la politique du gâteau ». Mon souhait est que le Congo reste uni dans ses diversités ethniques. »Parole d’un kinois de naissance « .

    1. Cher Armand,

      Disons que je me suis trompé de ne jamais vous avoir vu critiquer Tshilombo et agiter au quart de tour une haine anti-muluba à chaque fois qu’il l’est. Est-il à ce point exempt de reproches ? Voilà d’où vient quelque soupçon de tribalisme que j’ai pu avoir sur vous, nulle part ailleurs…
      Quant à Fayulu, souffrez que je le trouve à ce stade meilleur leader politique que Tshilombo mais soyez-en rassuré je ne manque pas de critiques à son égard, j’ai eu déjà par exemple à dénoncer sa psychorigidite que je ne trouve pas toujours pratique pour un politique à ce niveau.

      L’opportunisme consubstantiel à l’homme politique ? Pourquoi pas, de nature celui-ci est ambitieux et imbu de sa prétention à faire mieux que l’adversaire ; de bonne guerre, dirions-nous si on limite leur opportunisme à ce jeu. N’empêche que je me permets de constater qu’il y’a opportunisme et opportunisme : celui qui en respect de quelques principes éthiques et ici pour des fins réellement patriotiques va chercher à tirer meilleur parti des opportunités qui se présentent et l’autre qui pour le pouvoir pour le pouvoir va en user d’abord pour des dividendes personnels ou corporatistes. C’est de ce dernier qu’il est question dans ma bouche.
      Fayulu que par commodité j’ai appelé comme une large opinion ‘soldat du peuple’ (à propos il est le seul à ma connaissance à avoir volontairement renoncé à ses émoluments de député national pour hors-mandat constitutionnel, ça semble vous avoir échappé) est-il moins opportuniste que Tshilombo ? A chacun d’en juger, est-il que personnellement je l’ai vu moins brandir son égo pour conquérir le pouvoir que d’autres comme Tshilombo qui change intempestivement de position parce que lui et son parti n’ont pas été choisis et s’associe illico avec un Kamerhe dont l’opportunisme est davantage remarqué.
      Pour le reste, j’ai tout dit dans mes précédentes interventions, je n’en changerai pas un mot et permettez-moi de ne pas spéculer sur l’équipe Bemba/Katumbi/Muzitu/Matungulu/Fayulu, ce ne sont pas des anges – je ne l’ai jamais affirmé – si c’est cela que vous voulez m’entendre dire…

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