Minembwe: Des hauts officiers des FARDC « mis en accusation »

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Une conférence de presse aura lieu, vendredi 10 décembre, de 15h00 à 17h00, au Press club Brussels. Coordonnée par un certain Jean-Pierre Mujyambere, elle aura pour orateur un « collectif d’avocats« . Des avocats inscrits aux Barreaux de Bruxelles et de New York.  Thème: Informer l’opinion nationale congolaise et internationale sur les « procès engagés » contre certains hauts officiers des FARDC sur la situation au Sud Kivu. Qui sont les plaignants? Mystère!

L’invitation adressée à la presse est chapeautée par un message liminaire: « Justice pour les victimes des atrocités commises dans les hauts et moyens plateaux des territoires de Fizi, Mwenga et Uvira dans la province du Sud Kivu (…) ».

L’assistance aura à écouter des témoignages sur « la situation » au Sud Kivu. Les orateurs – dont la nationalité reste mystérieuse – auront à évoquer « les discours de haine et les levées de fonds pour soutenir des rébellions armées au départ de la Belgique« .

Ils entendent, par ailleurs, « rappeler aux autorités congolaises, aux pays partenaires de la RDC ainsi qu’aux organisations tant nationales qu’internationales oeuvrant dans le domaine de la justice en RDC, qu’ils doivent accompagner les victimes dans leur quête de justice en vue de leurs assurer un procès équitable« .

Ceux qui suivent les débats sur les médias congolais diffusés sur You Tube n’ont pas manqué d’entendre, à maintes reprises, des commentateurs lancer cette réflexion: « Le Congo-Kinshasa est entouré de neuf voisins. Il n’y a qu’un seul qui lui cause du souci: le Rwanda« . Un parlementaire kinois de marteler: « Depuis le mois de juillet 1994, le pays frère qu’est le Rwanda est dirigé par un régime belliqueux aux velléités expansionnistes« .

« AFFAIRE MINEMBWE »

Une manifestation à Minembwe

De quoi s’agit-il? Vous avez compris qu’il s’agit de la fameuse « affaire Minembwe« . Un conflit foncier qui oppose des autochtones bafuliiro et bembe – qui sont chez eux – avec des anciens immigrés Banyarwanda dits « Banyamulenge« . Ceux-ci y mènent une sorte de « guerre de conquête territoriale » en prétendant qu’ils se trouvaient au Congo bien avant l’arrivée du colonisateur belge. Problème: aucune tribu ou ethnie « Banyamulenge » n’a jamais été recensée dans l’ex-Congo belge.

Pour la petite histoire, les Bafuliiro et les Bembe avaient accordé l’hospitalité aux immigrés Banyarwanda qui fuyaient le Rwanda secoué par la « révolution sociale » des Hutus dans les années 1959-1960. « Les populations du Sud-Kivu, comme partout au Congo, ne demandent rien d’autre que de vivre en paix avec les étrangers en général et les Banyarwanda en particulier. Et ce dans le respect mutuel« . L’homme qui parle est un natif d’Uvira. « Les Banyarwanda dits Banyamulenge ont l’habitude de parler de ‘communauté’. En République démocratique du Congo, il n’y a pas de ‘communautés ». Il y a des tribus et des ethnies. Celles-ci sont englobées dans la communauté nationale ou communauté congolaise« , ajoute-t-il.

Dans une interview citée par l’Agence congolaise de presse (ACP) en date du 28 mai dernier, le Mwami de la collectivité de Bafuliru, Ndare Nsimba Kalingishi, invitait les Bafuliiru et les nommés « Banyamulenge » « de se réconcilier afin d’asseoir la paix dans le Territoire d’Uvira« . D’après lui, ces populations coexistaient jadis dans une harmonie totale « mais les ennemis de la paix ont fait que cette cohabitation puisse être paralysée« . Qui sont ces ennemis de la paix?

« GUERRE DE CONQUETE TERRITORIALE?« 

Depuis le mois de juillet dernier les combats font rage sur les hauts plateaux de Minembwe dans le Territoire de Fizi, en pays Fulliro et Bembe. L’armée congolaise affronte des miliciens appartenant à des groupes armés « Makanika », « Twiganeho » et « Ngumino ». Ces milices seraient coordonnées par deux officiers déserteurs des FARDC d’origine rwandaise. Il s’agit des colonels Michel Rukunda, alias Makanika et de Charles Sematama. Inutile de dire que la méfiance est de rigueur entre les Congolais de souche et ceux qui se disent Congolais d’origine rwandaise. En cause, la loyauté flottante. 

Azarias Ruberwa, ancien ministre de la Décentralisation

Comment en est-on arrivé là? Il y a, comme on peut le voir, des responsabilités de part et d’autres. Il faut espérer que les orateurs de ce vendredi – dont les identités ont été soigneusement éludées – auront le courage historique d’en parler. Sans omettre de relever les « dégâts » causés aux rapports entre les peuples congolais et rwandais. Et ce depuis la prise du pouvoir à Kigali par le Front patriotique et la « guerre de Banyamulenge » devenue la « guerre de l’AFDL« .  

Une chose paraît sûre: les Bafuliiro et les Bembe paraissent décidés à faire échec à ce qui ressemble bien à une « guerre de conquête territoriale ». Les Banyarwanda dits « Banyamulenge » sont  relayés à Kinshasa par Azarias Ruberwa et Moïse Nyarugabo. Ces deux politiciens ne prennent la parole que pour défendre non pas la nation congolaise mais uniquement les membres de leur « communauté« . La manipulation fait rage sur la Toile. On a vu des jeunes filles anglophones clamer, sans rire, qu’elles appartenaient au « Banyamulenge tribe« .

Ministre de la Décentralisation d’alors, Ruberwa – qui se dit natif de Minembwe – a usé de manœuvres frauduleuses pour élever la localité de Minembwe en « commune rurale« . Il fut proprement chahuté lors d’une interpellation à l’Assemblée nationale. C’était en octobre 2020. Eve Bazaïba Masudi, alors députée, avait eu ces mots: « Après avoir obtenu la nationalité, les Banyarwanda dits ‘Banyamulenge’ exigent la terre. Que vont-ils demander demain? L’autodétermination et l’indépendance? ». Et de conclure: « Nous risquons d’avoir un Lesotho en RDC« .

Rendez-vous est pris pour vendredi 10 décembre à 15h00. Ce sera l’occasion de connaitre non seulement les identités des « hauts officiers » des FARDC « incriminés » mais aussi les faits mis à leur charge. Il en est de même de la légitimité de la plainte.     

Baudouin Amba Wetshi

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7 thoughts on “Minembwe: Des hauts officiers des FARDC « mis en accusation »

  1. La Souveraineté selon le Jurisconsulte, Économiste, Philosophe et Théoricien politique français « Jean Bodin » consiste à établir La loi et à l’annuler c’est-à-dire la souveraineté est la puissance absolue et perpétuelle d’une République; Aucun pouvoir n’est supérieur à la puissance souveraine qui ne peut être anéantie… En RDC occupée par les Occupants Banyarwanda qui détiennent l’IMPERIUM (Effectivité du Pouvoir) et ont nommé Tshilombo-Pétain président protocolaire, le Rwanda,
    l’Ouganda, la Monusco du machin ONU, les Multinationales prédatrices piétinent impunément la Souveraineté du KONGO-ZAÏRE jadis État Souverain et Indépendant, le Territoire de Minembwe faisant partie de l’intégrité territoriale RDCienne sous la férule de l’État Souverain si l’on considère la Souveraineté comme étant le principe de l’Autorité Suprême d’une Nation est militairement infiltré par la Soldatesque de l’Empire Hima Tutsi car en matière de politique, la Souveraineté est le droit absolu d’exercer une Autorité (Législative, Judiciaire et Exécutive) sur une Region, un Peuple ou un Pays, l’arrêtéministériel de Minembwe comme commune rurale ne peut-etre commué, annulé verbalement par FATSH IBIDON… Tout Kongolais « conscient » Patriote Nationaliste qui n’est pas fanatique aveugle ni collabo doit savoir que la Dictature Tshilombiste juxtaposée sur l’Occupation Rwandaise brade notre Souveraineté Nationale, que des pans entiers de notre Territoire National sont sous l’autorité militaro-administrative des Rwando-Ougando-Onusiens, qu’au delà de nos querelles intestines, partisanes fomentées par les faux leaders Politichiens vendus aux Occupants Banyarwanda, le seul idéal qui doit primer n’est pas les 4 ème Élections truquées d’avance organisées par la CENI pro Rwanda de 2023 mais le Rétablissement de notre Souveraineté Nationale bradée par les Politichiens (1997-2021) qui est notre priorité et leitmotiv avant l’échéance 2023 car Kagame,
    Museveni et la Communauté Internationale établissent leur Loi en RDC occupée qui a perdu toute sa Souveraineté Nationale depuis 1997 ou 2001… »Quittez les Institutions d’Occupation Rwandaise » dixit Honoré NGBANDA… Ainsi soit-il… INGETA

  2. Cher BAW,
    Faut-il vraiment en vouloir au Mwami de la collectivité de Bafuliru, quand on sait que le « garant » de la Nation a lui-même déclaré: « BA BANYAMULENGE BAZA BA CONGOLAIS […] BA BANYAMULENGE BAZA BANDEKO NA BISO ».
    Il faudrait donc commencer par apprendre à notre « Maréchal Pétain », M. Tshilombo Félix (qui fait semblant de l’ignorer) que les Banyamulenge sont en réalité d’anciens immigrés Banyarwanda.
    Et chaque Congolais aujourd’hui doit choisir son camp: celui de la Nation ou celui des ennemis de la République.

  3. Bonjour.
    Je souhaiterais échanger avec vous sur cet article. Voudriez-vous m’en donner l’occasion ?
    D’avance merci.

    1. @RUTHIRIRIZA NKANIKA
      Scuzi ! Loin de me mêler des prérogatives et du fonctionnement de congoindependant.com je vous conseillerais juste d’échanger en direct sur le site avec eux et avec tous les lecteurs et intervenants en nous livrant vos avis directement sur le Site.
      A l’avance merci !

  4. @ Une conférence d’avocats pour le moment non autrement identifiés pour « informer l’opinion nationale congolaise et internationale sur les ‘procès engagés’ contre certains hauts officiers des FARDC sur la situation au Sud Kivu. Qui sont ses hauts officiers des Frdc ici accusés et de quoi les accuse-t-on exactement ? II est aujourd’hui de notoriété publique que les fameux « Banyamulenge », immigrés de fraiche ou de longue date au Sud Kivu dans les alentours de Mulenge et ailleurs se sont organisés pour imposer des droits de propriété contestables sur ces terres arguant une présence « ancestrale » – ils y seraient venus bien avant la création de l’État indépendant du Congo par les colons.
    @ Au passage quelques questions : pourquoi 61 ans après l’indépendance du Congo/Zaïre sont-ils les seuls Congolais qui se définissent en « communautés » – en l’occurrence tutsi comme les tutsi du Rwanda, du Burundi – et non en tribus comme partout ailleurs au Congo ; pourquoi sont-ils les seuls immigrants d’un pays voisin de neuf autres à revendiquer de force leur « congolité », pourquoi un procès contre des officiers Fardc et pas aux milices banyamulenge bien actives, pourquoi seuls les Banyamulenge seraient victimes alors que les autochtones Bafuliro, Bembe… en souffrent aussi dans leurs corps, leurs esprits et leurs cœurs, pourquoi pactisent-ils avec un Rwanda coupable d’abominables crimes physiques, économiques au Congo, pourquoi, pourquoi … ?
    @ En vérité question avocats sus-cités, ce sont des représentants de ces Banyamulenge qui n’ont pas trouvé d’arguments avouables pour imposer des droits de congolité automatique qu’ils n’ont pas dans un pays pourtant hospitalier qui a accueilli sans dommage des milliers d’immigrants voisins, ils auraient donc pu négocier pacifiquement leur cohabitation avec les autochtones mais ils ne le peuvent parce que leurs revendications telles que formulées ne prêtent qu’à une invasion:occupation de force des terres des autochtones qui ont encore la sagesse, la dignité et la responsabilité de le leur refuser même à coté d’autorités nationales qui ont affaibli le Congo par naïveté, cupidité et traitrise en complicité avec le Rwanda et l’Ouganda.
    @ Attendons ce qu’ils vont venir nous dire loin de nos terres à Bruxelles – ça ne sera pas autre chose qu’un plaidoyer diabolique dans ce sens – et surtout réservons leur énergiquement un droit de non-recevoir ! Croyez-vous que si le Congo disposait d’un pouvoir fort et malin que l’actuel les Banyamulenge engageraient-ils cette défense ? Pauvre Tshisekedi…

  5. Je viens de lire ailleurs qu’il s’agit en fait d’un collectif d’avocats piloté par Bernard Maingain qui n’est pas inconnu dans la banyamulengesphère qui représente 70 victimes d’actes criminels dans les Plateaux du Sud Kivu qui a déposé des plaintes auprès de la justice Congolaise. « Une épuration ethnique » contre les banyamulenge y est en cours comme avant le génocide au Rwanda, dit-il ; rien que ça. Dans leur viseur deux généraux Fardc, Dieudonné Muhima et Akili Mundos convaincus selon eux de collaboration avec les tueurs. Ils avaient avec eux deux femmes victimes qui ont témoigné des atrocités que subissent les populations banyamulenge. Un lobbying en règle comme ils savent le faire mais hélas en face pas de pareil pour conter les souffrances des autochtones. Ne comprendront-ils jamais que les autochtones fuliro, bembe, rega… de ces hauts plateaux n’aspirent qu’à vivre en paix et pourquoi pas en bonne intelligence avec les immigrants pourvu que ces derniers respectent leurs droits des premiers occupants ???

  6. 1. Le Président de la république est le commandant suprême des FARDC.
    2. Les Hauts officiers des FARDC exécutent les ordres donnés par le commandant suprême.
    3…………………………………………………………………………………………………

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