Ces forces centrifuges qui déstabilisent le Nord-Est du Congo-Kin

Depuis vingt-quatre ans, les provinces congolaises de l’Ituri, du Nord et Sud-Kivu vivent dans un état de déstabilisation permanente. Une situation qui arrange non seulement certaines personnalités congolaises mais aussi certains pays voisins. Près de 100 groupes armés nationaux et étrangers sèment la terreur et la mort dans cette partie du pays. L’Assemblée nationale a adopté, début avril, la mise sur pied d’une commission spéciale chargée de se pencher sur l’insécurité récurrente. Kinshasa vient d’abriter un « dialogue communautaire » sur la crise au Sud Kivu. Un dialogue de plus qui met à nu l’impuissance de l’Etat à s’imposer face aux forces centrifuges. C’est le cas notamment de ceux qui se font appeler « Banyamulenge ». Dans le Territoire de Beni, les insaisissables « ADF » ont transformé cette contrée en une sorte de « boucherie ».

Bahati Lukwebo/Ph. ACTUALITE.CD
Bahati Lukwebo/Ph. ACTUALITE.CD

L’Assemblée nationale a levé l’option de la mise sur pied d’une « commission spéciale » – une commission de plus – chargée de se pencher sur l’insécurité dans les provinces du Kivu et de l’Ituri. Sans omettre, on imagine, le Bas et le Haut-Uélé.

Echaudé par l’inanité des commissions antérieures du même genre, le député national Juvénal Munubo a « salué », mercredi 7 avril, cette initiative tout en rappelant qu’une première mission du genre fut organisée en 2014. Il espère que les « commissaires » ne se limiteront pas à rédiger un rapport. Et qu’ils veilleront à faire appliquer leurs recommandations.

C’est depuis le mois d’octobre 2014 que les prétendus rebelles ougandais des « ADF » tuent et pillent impunément dans le Territoire de Beni. Cette région sera au centre des préoccupations des membres de ladite commission.

UNE DESTABILISATION QUI DURE DEPUIS DEUX DÉCENNIES

Le président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, a reçu, mardi 30 mars, une délégation des représentants de deux provinces du Kivu et de l’Ituri. « La paix et le développement de la partie orientale » du pays était au centre de l’entretien. Les trois régions font face au même mal appelé « insécurité ». Celle-ci est entretenue par une centaine de groupes armés. Le Congo-Kinshasa compte aujourd’hui plus de cinq millions de citoyens qui vivent dans une sorte « d’exil intérieur », loin de leurs habitations. Que peut faire le Président de la chambre haute du Parlement? Rien. Sauf promettre à ses interlocuteurs « de porter leur voix auprès des autres institutions ».

Les deux Kivu et l’Ituri font face à une déstabilisation qui dure depuis plus de deux décennies. Certains pays voisins bien connus n’ont pas peu contribué à l’exacerbation de l’insécurité qui règne à l’Est.

LA PRÉTENDUE « IDENTITÉ BANYAMULENGE »

Nombreux sont les Congolais qui ont souvent les cheveux hérissés lorsqu’ils entendent parler certains « compatriotes » à la « loyauté flottante ». C’est le cas du sieur Moïse Nyarugabo qui se dit Congolais tout en s’érigeant en défenseur des intérêts d’une certaine communauté. Vous avez compris. Il s’agit des « Banyamulenge ». Une tribu fictive qui n’a jamais été répertoriée, de 1885 et 1908, par les fonctionnaires de l’Etat Indépendant du Congo (EIC). Encore moins durant la colonisation belge (1908-1960).

Moïse Nyarugabo

L’évocation de cette « tribu » constitue en soi un défi lancé aux autorités congolaises. Et pour cause, l’Etat est dépourvu d’une armée forte et loyale lui permettant d’exercer sa compétence exclusive sur son territoire. Conscient de cette impuissance publique, Nyarugabu s’est permis de déclarer qu’il espère que « ces assises sont les dernières » afin de relancer la paix sur les hauts plateaux du Sud-Kivu que convoitent, par ailleurs, les fameux « Banyamulenge ». Nyarugabo ne s’est pas arrêté là. Mercredi 31 mars, il a déclaré, sans vergogne, que « l’identité de Banyamulenge n’est pas négociable ». Selon lui, il en serait de même « de son nom et de sa citoyenneté ». Des propos accueillis dans certains milieux comme une « déclaration de guerre ».

AU COMMENCEMENT ÉTAIT « LUBUMBASHI »

On ne le dit jamais assez mais l’affaire dite du « massacre des étudiants du campus de Lubumbashi » est sans conteste l’acte premier de déstabilisation du Congo-Zaïre. Un mois après le discours du président Mobutu du 24 avril 1990, annonçant la restauration du pluralisme politique, une « nouvelle » tombe: « 50 étudiants ont été égorgés au campus de Lubumbashi dans la nuit du 11 au 12 mai 1990 ». Ce « massacre » est aussitôt attribué à un « commando » qui appartiendrait à la Division spéciale présidentielle (DSP).

L’armée est aussitôt vouée aux gémonies « pour avoir tué des enfants ». Dépendant de ses relations extérieures, le Zaïre est isolé. Les « pays amis » se sont empressés de fermer le robinet de la « coopération ». Et ce y compris au plan militaire. Trente années après, les parents des « victimes » restent introuvables. Ont-ils été tués avec leurs enfants? Les médias occidentaux, relayés par la presse locale, s’étaient-ils égosillés sur une tuerie massive qui ne s’est pas produite?

La longue « transition démocratique », 1990-1997, peut être considérée comme le deuxième acte de déstabilisation. Certaines officines étrangères ont profité de la zizanie au sein de la classe politique pour élargir le fossé séparant les « progressistes » représentés par « l’opposant radical » Etienne Tshisekedi wa Mulumba et les « mobutistes » affublés du sobriquet « mouvanciers ».

En octobre 1990, les combattants du Front patriotique rwandais attaquent le Rwanda. C’est le point de départ de la crise qui va se muer en guerre civile. L’assassinat, le 6 avril 1994, du président Hutu Juvénal Habyarimanaa a servi de détonateur. Plusieurs centaines de milliers des Hutu ont trouvé refuge dans les provinces du Kivu. Au mois de juillet, l’Armée patriotique rwandaise s’est emparé de Kigali. Les nouveaux maîtres du Rwanda vont tenter à maintes reprises de déloger les « exilés ».

Fin octobre 1996, une « tribu » qui n’a jamais été répertoriée dans le pays fait son apparition. Nom: « Banyamulenge ». Qui sont ces prétendus « Banyamulenge »? D’où viennent-ils? Que veulent-ils? Il s’agit d’anciens immigrés Banyarwanda auxquels l’Etat zaïrois avait accordé collectivement la nationalité. C’était au cours des années 70. Les législateurs ont fini par se rétracter en préconisant la demande individuelle. Les « insurgés » se réclamaient de Mulenge, une localité située en pays Bafuliiro et Bavira, au Sud-Kivu. Ils veulent, disaient-ils, reconquérir, l’arme à la main, leur « citoyenneté d’origine méconnue ». Une pure mystification! C’est ici qu’apparait Laurent-Désiré Kabila à la tête d’une prétendue « rébellion zaïroise » appelée AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre). Derrière l’AFDL se dissimulait l’armée patriotique rwandaise. Sans omettre les armées du Burundi et de l’Ouganda.

LD KABILA ET JAMES KABAREBE ONT « LIQUIDE » LE SOCCLE DE L’ARMEE NATIONALE

Arrivée de LD Kabila à Kinshasa après la chute de Mobutu

Le 17 mai 1997, l’AFDL fait son entrée triomphale à Kinshasa. « Vive la libération! », criaient naïvement de nombreux Kinois. Première surprise: le colonel James Kabarebe, un citoyen rwandais, est nommé, par le président Laurent-Désiré Kabila, au poste de chef d’état-major de l’armée congolaise. L’homme est présenté comme un « Banyamulenge ». Deuxième surprise: 43.000 militaires des ex-Forces armées zaïroises sont envoyés à la Base militaire de Kitona, dans l’actuelle province du Kongo central. Cette Base est transformée en une sorte de « camp de concentration ». Outre la malnutrition, les conditions d’hygiènes sont exécrables. « Chaque jour, on déplorait quinze à vingt morts à inhumer ». L’homme qui parle s’appelle Kadate Lekumu. En mai 1997, il portait le grade de colonel. Il était chef d’état-major de la Logistique des FAZ. C’était dans une interview accordée à Congo Indépendant en juillet 2020. LD Kabila et ses alliés rwandais ont liquidé ce qui restait de l’armée nationale.

Aujourd’hui, le Congo-Kinshasa n’a plus d’armée digne de ce nom. L’Etat, en tant que pouvoir politique, a perdu le monopole de la contrainte organisée sur son territoire. Il est concurrencé par des bandes armées nationales et étrangères. Cette impuissance des pouvoirs publics explique cette énième « commission spéciale » autant que le « dialogue communautaire » qui s’est tenu dans la capitale.

Depuis plus d’une décennie, l’Etat congolais consacre l’essentiel de ses ressources à financer la guerre contre des bandes armées et autres forces centrifuges en lieu et place d’impulser l’économie. C’est un secret de Polichinelle: les Forces armées de la RDC sont infiltrées par des éléments étrangers ayant profité de « brassages » et autres « mixages ». Une véritable « cinquième colonne ». « Sans l’épuration de l’armée, le Grand Congo sera toujours un géant aux pieds d’argile. Un géant qui sera défié par certains pays voisins autant que par des individus du genre Nyarugabo », conclut un parlementaire joint à Kinshasa.

 

Baudouin Amba Wetshi

18 thoughts on “Ces forces centrifuges qui déstabilisent le Nord-Est du Congo-Kin

  1. La RDC est déjà balkanisée à 70 %. Seuls les fanatiques aveugles refusent de regarder cette réalité en face. Une nouvelle carte de la RDC amputée circule partout. Ce n’est un secret pour personne, Félix Tshisekedi a choisi de poursuivre l’oeuvre d‘Hipolyte Kanambe, son prédécesseur et même d’aller au-delà de ce que ce dernier n’a pas pu faire. Félix a inauguré son mandat par des déclarations idiotes du genre “Ba Banyamulenge bazali ba Congolais “, mais aussi “Paul Kagame est le seul partenaire fiable pour le Congo”.
    Cher BAW,
    Je vous demanderais d’envoyer cet excellent article à Tshilombo Tshivube, pour lui signifier tout le mal qu’il fait à notre peuple et à notre pays. S’il vous écoute, il sauvera sa peau; mais s’il ne vous écoute pas, tôt ou tard, il répondra de ses actes. Rappelez-lui aussi sa promesse d’aller s’installer à l’Est, pour pour porter secours aux populations meurtries. Autrement, les Congolais se battront contre les ennemis de tout bord et sûrement ils les vaincront avec l’aide du Tout-Puissant. J’ai dit !

  2. Il est assez étrange de constater qu’un groupe terroriste étranger dit ADF perpètre impunément des crimes graves sur un territoire censé être sa base arrière et rien sur le territoire dont il est originaire.
    Quant à ceux qui se font appeler Banyamulenge, se comportant en 5ème colonne, nous devons reconnaitre que ce dossier a été traité avec beaucoup de légèreté. Quel est cet état qui accorde sa nationalité de manière collective ? Vous ne savez même pas à qui vous l’avez accordé, raison pour laquelle les soit disant bénéficiaires s’accrochent à cela sans pour autant détenir les documents leur ayant accordé cette nationalité individuellement. Que faire pendant que nous reconnaissons tous que l’Etat congolais est faible et infiltré de toute part ne pouvant faire face à une énième déstabilisation encouragée par des Etats voisins ? J’ai entendu lors de mon voyage au pays certains encourager l’identification de la population qui mettrait un terme à tout ce désordre. Je n’y crois pas. Quel est le service d’état civil fiable en Rdc ? De nombreuses personnes non congolaises se sont massivement enrôlés lors des scrutins de 2006, 2011 et 2018. Comment allons nous faire pour leur contester cette congolité qu’ils prétendent détenir ? Vous voyez qu’on ouvrirait de nouveau un cycle de tensions.
    Cependant, j’ai été surpris lors de la prise du pouvoir du nouveau régime des 1eres décisions du président Tshisekedi l’ouverture de la liaison Rwandair. Chose que le précédent président s’est interdit de franchir. Soit!
    Il y a tellement de choses étranges dans mon pays que cet espace de commentaire ne suffirait pas. Patriotisme, loyauté, responsabilité, justice doivent être notre boussole sinon nous continuerons de drames en drames.

  3. Que peut on faire quand le president lui meme est complice de la balkanisation car il ne comprend rien? Les congolais qui ne sont plus dupes savent maintenant grace au combat et messages des resistants, specialement aux livres de mr. Ngbanda, a avoir un bon jugement de ce qui se passe et a la capacite de ses dirigeants de sortir la rdc de l’humiliation. A son retour de Qatar Felix a ete insulte et hue par la population en colere, sans eau, nouriture, et courant. Quelle honte pour Felix quand le president sortant du Benin, mr Talon est entrain de battre campagne en se vantant d’avoir electrifie, amener de l’eau partout et en construisant des belles routes pour son pays? Non! Felix et ses bandits, des sans emplois belgicains ne sont pas ce qu’il faut pour la rdc.

  4. @:La question de l’Est semble enfin devenue une priorité du pays, il faut notamment en rendre grâce à Mboso qui depuis quelque temps a décidé de mettre les pieds dans le plat. N’empêche que lorsqu’il dénonce ouvertement les commanditaires étrangers (rwandais, ougandais, burundais et autres occidentaux pardi !) on peut se demander s’il parle le même langage que son PR qui lui file ouvertement le grand amour avec Kagame, l’un de ces grands envahisseurs ? C’est pourtant à eux que Mboso demande de retirer leurs groupes armés, comment alors être crédibles à leurs yeux et ceux de l’opinion internationale si le PR et son Président de l’Assemblée ne parlent pas le même langage ?
    @ Au-delà de ces péripéties le fond du problème est que notre pays n’est pas gouverné : depuis particulièrement plus de deux décennies et même aujourd’hui avec le changement à la tête du pays , il est à la merci de voisins et de leurs parrains. En tête le Rwanda du malin Kagame a profité de son statut d’ancienne victime du génocide et de nos faiblesses pour nous occuper et piller impunément. Comment alors éradiquer l’insécurité endémique de l’Est si nous ne prenons pas à corps notre gouvernance défaillante ?
    @ Comment faire ? Il est capital que nous nous attelons à tous les secteurs de la vie nationale. La CNS l’a fait en son temps, pour aller vite et sans laisser en déshérence certains compartiments, nous serions mieux avisés de nous en inspirer. Des élections générales sont prévues dans moins de trois ans et nous sommes au seuil d’une nouvelle majorité, la fameuse Union sacrée. Voilà des occasions à exploiter pour parler gouvernance : la préparation des élections appelle des réformes radicales et le nouveau gouvernement demande un programme ambitieux ; saurons-nous enfin les exploiter pour refonder notre pays ? Voilà !

  5. L’insécurité dans l’Est de la RDC dure depuis près de 3 décennies. La plus d’une centaines des groupes armés locaux et étrangers est composés des psychopathes. Ces véritables professionnels du crime ont en face d’eux un peuple congolais génétiquement et culturellement inconscient, apathique, indolent.
    Les dialogues et les commissions n’ont jamais résolu ce problème d’insécurité chronique au Nord-Est du Congo-Zaïre. Face aux tueurs, le peuple congolais fait appel à la morale, à la foi en Dieu. Comme si ces buveurs de sang humain avaient une morale ou un sentiment religieux. Le peuple congolais croit qu’on peut convaincre un lion d’arrêter de se nourrir de la viande pour brouter les herbes.
    Aussi longtemps que les congolais n’opposeront pas la force à ces égorgeurs de métier, le fleuve de sang continuera à couler.
    Depuis la chute du dictateur honni, où en est le Congo dans la formation des jeunes dans les FARDC? C’est secteur vital pour la nation souffre comme les autres. Comment un pays de plus 100 M d’habitants peut manquer des jeunes pour sa défense?
    Sous le règne de Kizenga, un député du Nord-Kivu s’époumonait au Parlement pour demander au gouvernement d’alors de changer les militaires qui étaient en service dans l’Est. Il disait que là-bas, l’armée était mono-ethnique; c’est-à-dire composée uniquement des rwandophones. Entre les ex zaïrwa et les rwandais, c’est blanc bonnet bonnet blanc.
    Mboso et son parlement d’union sucré devait interpeler le gouvernement, toutes dents dehors, sur la question des tueries dans l’Est. On sait qu’il ne le fera pas. Il doit son tabouret à Félix.
    Felix comme Kabila, a montré ses limites dans le domaine sécuritaire.
    Qui peut expliquer pourquoi le silence des pouvoirs publics congolais sur le Rapport Mapping?

    1. CHANGER OU RADIER LES OFFICIERS ?
      L´analyse de la CENCO est juste quand ils disent qu´il faut impérativement « changer » les troupes á l´Est.
      Mais nous devons être plus réalistes en disant tout haut qu´il est temps de lancer des sanctions « viriles » . Les officiers superieurs responsables des detournements d´armes et de la logistique devraient tout simplement être « degradés » avant d´être RADIER de l´armée définitivement.
      PEINE DE MORT?
      Nous comprenons que la CENCO ne peut jamais aller si loin en exigeant qu´on puisse rétablir la peine de mort.
      Mais nous devons appliquer des mesures plus radicales afin d´instaurer la discipline au sein de notre armée.
      L´un des options est que le parlement puisse voter une loi qui va rétablir « temporairement » la peine de mort pour les militaires, tous les militaires en mission de combat.
      Si des généraux sont fusillés pour detournement des soldes et primes des militaires, sont executés pour incompetance et fuite devant l´ennemi.. dans moins de 3 mois, la performance de l´armée va progresser sensiblement.
      SANCTION PARLEMENTAIRE?
      Pourquoi la commission de la défense au Parlement ne peut pas faire venir le chef d´état-major de l´armée tous les trois mois afin d´évaluer les performances de l´armée au front?
      Ainsi, les parlementaires peuvent sanctioner rapidement tous les officiers qui sont si incompetants qu´ils ne doivent pas être membres de l´armée.
      ARTEMIS « BIS »
      C´est l´une des propositions « lucides » de la CENCO qui constate avec amertume que nous ne sommes pas capables d´assurer la défense de notre territoire national et recourir á une intervention militaire du genre Artemis est une option réaliste capable de sécuriser l´Est de notre pays.

  6. C’est le pouvoir fantoche de Kinshasa qui déstabilise le Nord-Est du Congo-Kin.
    On doit vous le répéter en quelle langue ?

    1. Jo Bongos@
      Et c´est NOUS les congolais qui ne sommes pas assez engagés pour défendre notre pays.
      Accuser le Rwanda ne suffit pas, accuser un pouvoir « fantoche » ne suffit pas, il est temps de « LIRE » des idées et des propositions réalistes á la place des « accusations » qui ne changent pas la situation sur le terrain.
      Que proposons-nous? C´est la grande question

      1. @GHOST,
        Que voulez-vous que je propose à un pouvoir fantoche ? C’est à moi de proposer à ce  » pouvoir  » par procuration ce qu’il convient de faire pour mettre fin à l’insécurité à l’Est ?
        Boni koo…Ata yo moko vraiment ?

  7. @:Des forces centrifuges qui ont pour noms, ‘groupes armés largement commandités par des voisins’ – ADF & apparentés – , une armée infiltrée, banyamulenge, etc, etc… qui déstabilisent l’Est du pays. « Centrifuges » à terme parce qu’elles s’éloignent, s’attaquent au centre du pouvoir censé nous protéger. Mais loin d’une querelle de vocabulaire convenu, on peut aussi les qualifier de « centripètes » dans le sens où certaines de ces forces sont logées au centre du pouvoir. Passons…
    @ Je me demandais ci-dessus comment les en déloger et ajoute si en pratique nous ne devons pas coller à Mboso devenu militant de la cause de l’Est quitte à provoquer un conflit de sens et de pratique avec son PR mais qui serait salutaire pour le pays. Tshisekedi n’a-t-il pas besoin d’un tel désaccord public qui lui descillerait les yeux ? Ses amours avec Kagame sont bel et bien une lourde faute politique et stratégique !

  8. Jo Bongo@ Au Kivu, la population manifeste depuis des jours pour demander l´EXIT de la Monusco.. Une action populaire que nous souhaitons continuer.. intensivement.
    Ce que ceux de la MONUSCO disent qu´ils sont au Congo sur demande du gouvernement.. entre les lignes, la population doit faire pression sur le gouvernement afin de chasser cette mission militaire de l´ONU qui ne fait que du tourisme !
    Les congolais doivent AGIR, ne fis que manifester devant le Parlement á Kin une fois par semaine

  9. LE MESSAGE DE LA CENCO: L´ÂGE DE LA LUCIDITE?
    Quand la CENCO propose une seconde opération ARTEMIS, le message subtil est si explicite: Nous ne pouvons pas compter sur notre armée nationale pour stabiliser l´Est de notre pays.
    Ceux des congolais qui sont généraux et commandent les FARDC ont démontrés leur limites « professionelles » et ce « deficit de crédibilité » est le sens profond de cette proposition de la CENCO.
    NATIONALISME? LES MEMOIRES DE KENGO.
    Dans son ouvrage « Léon Kengo Wa Dondo; la passion de l´État » (page 238) on trouve une mention precieuse qui peut expliquer (aussi) le message des prélats catholiques congolais.
    Connaissez-vous feu le général Célestin Ilunga? .. Il est le cerveau á la base de la création des services de contre-espionage des FAZ (SARM). C´est l´homme de l´ombre du feu le général Mahele..
    Célestin Ilunga « vrai patron » des SARM avait publié un ouvrage très utile après la chute de Mobutu dans lequel il fait une « autopsie » de la grande défaite des FAZ qui a precipitée l´exit de Mobutu.
    KENGO cite le général C Ilunga Shamanba en disant ceci:
    « .. En outre, durant toute leur existence, les Forces Armées Zairoises n´ont jamais gagné, á elle seules, une guerre ! (sic !)
    Si victoire il y avait, c´était toujours avec l´assistance des autres: soit des mercenaires, soit des partenaires. C´est le cas de la guerre de Kamanyola, celle de 80 jours ou celle de six jours- En dépit de cela, c´était quand-même une armée rédoutée dans le continent. Il y a, á ce sujet, un livre très intéressant- ¤¤ L´EFFONDREMENT DES FORCES ARMEES ZAIROISES¤¤ écrit, par le général Célestin Ilunga, ancien chef de la maison militaire du président de la république, qu´il convient de lire. Ce livre rapporte, presque dans les moindres détails, comment les FAZ ont pu perdre les différentes guerres jusqu´á connaître leur effondrement á partir des années 90-
    NATIONALISME?
    C´est la raison.. primordiable qui avait incitée PE Lumumba de ne pas dissoudre l´ANC comme le demandait l´ONU..quelques mois après l´indépendance. Lumumba premier ministre et ministre de la défense avait preferé donner une « chance » aux militaires congolais en faisant de son sécretaire á la défense et proche membre du MNC, Mobutu « colonel » et chef d´état major de l´armée.. Nous connaissons la suite.
    Ce terme « nationalisme » est aussi á l´étrange decision de Felix.. de garder les généraux des FARDC qui sont parfois sous sanctions internationales car accusés par l´ONU.. en fonction.
    Ces généraux démontrent depuis 2 ans qu´ils ne peuvent ni gagner la guerre á l´Est, ni surtout organiser une armée nationale.
    Nous sommes en train de finir une analyse où nous croyons comme la CENCO qu´il est temps de « renoncer » au nationalisme quand il s´agit de défendre notre territoire national. Demander á l´UE/USA de refaire une seconde opération Artemis n´est qu´une decision lucide et responsable.

    1. @GHOST,
      Je ne suis pas certain de quelle opération Artémis on parle. S’il s’agit de cette mission militaire menée, du 6 juin au 6 septembre 2003 en Ituri par l’Union européenne au titre de la Politique européenne de sécurité et de défense (PESD), sous l’autorité du Conseil de sécurité de l’ONU, selon sa résolution 1484 du 30 mai 2003, je crains qu’on se mord le gros orteil.
      1. Quel a été le résultat pérenne de cette mission ?
      2. D’après-vous, quelle est la place réservée à l’empathie sur l’échelle des valeurs humaines par l’UE et le Conseil de sécurité de l’ONU en ce qui concerne la dystopie cauchemardesque que vivent les congolais ?
      3. Savez-vous depuis quand le rapport Mapping noircit dans les tiroirs du Conseil de sécurité de l’ONU ?
      4. Savez-vous pourquoi les autorités congolaises ne s’intéressent pas à ce rapport ?
      A vous lire, une décision lucide et responsable serait de demander à l’UE/USA de refaire une seconde opération Artemis. Na kamwe.
      Ah oui, peut-être que cette fois-ci, si on obtient l’intervention de Mort-Mort ainsi que le féticheur privé de Bruno Tshibala, celui qui avait retrouvé les 500.000 $ volés dans la résidence de ce dernier. Avec ces deux féticheurs, il est plus que certain qu’Artémis 2 va réussir.
      Dernière question, par pure curiosité, que pensez-vous d’un accord de défense mutuelle avec l’Angola ?
      Haine eza awa te !!!!

      1. Jo Bongos@
        Nous parlons du Congo comme « Etat » et surtout de la vie des millions des congolais qui sont massacrés chaque jour á l´Est.
        Les réferences qu´on trouve sur ARTEMIS indiquent clairement que la première mission militaire de l´UE en Afrique était très positive en Ituri où les milices armées avaient soit deposées les armes soit detruites.
        ARTEMIS nous ramene (curieusement) á l´ONUC de 1960 quand la première mission de l´ONU avait fait… la guerre au Katanga et fait obstacle á l´implosion du Congo souhaitée par la Belgique.
        Je possede deux ouvrages.. en provenance de la France..
        Le premier auteur est un pilote de Mirage 2000 qui raconte les missions en Ituri.. Le second ouvrage est l´oeuvre d´un général francais qui raconte l´effet de l´artillerie.. employée en Ituri..
        En Suède, pays qui intervenait pour la seconde fois au Congo (ayant fait la guerre du Katanga), les informations sont « classifiées ».
        Promis, nous allons poster quelques réferences.. faciles á trouver sur la Net.
        GRANDE QUESTION?
        Comment assurer la protection des congolais á l´Est quand notre pays ne possede pas une armée fiable capable d´assurer cette mision?
        La fameuse « Brigade d´Intervention » de la SADC ayant (aussi) démontrée ses limites, la proposition de la CENCO est sur la table.. pour ceux des congolais qui souhaitent réflechir..et trouver des solutions urgentes

  10. @GHOST,
    En Ituri, des innocents continuent de mourir comme des bêtes, au moment où j’écris ces lignes. Si les ituriens vous lisent, ils vont se demander si vous parlez du même Ituri qu’eux.
    Artémis a été un échec flagrant. Malgré vos références par un… pilote de Mirage 2000 et un…général français…Comme si deux employés de la communauté internationale allaient dire le contraire.
    Papa, soki oyebi mutu na Ituri, benga ye otuna. Ce n’est pas Artémis qui va mettre fin aux massacres de nos compatriotes dans ce coin. Il faut une armée congolaise, puissante et dirigée par des…congolais. Ce n’est pas le cas actuellement. Donc, il faut trouver un allié de taille. Dans le coin, il n’y a que l’Angola. D’un point de vue culturel, historique, ethnique, nous sommes un même peuple avec les angolais. Avec l’Angola, nous avons un atout majeur : Joâo Lourenço, le président, aza un grand vrai mwana mayi !!!!! Si l’armée angolaise est déployée à l’Est du Congo, dans le cadre d’un pacte de défense mutuelle, je puis vous assurer que dans 3 mois, vous n’entendrez plus parler de ces criminels qui massacrent nos parents et pillent nos richesses la-bas. La CENCO devrait penser à des solutions africaines au lieu de rêver sur l’assistance des occidentaux. La solution, c’est l’Angola. Oubliez Artémis.

  11. Jo Bongo@
    Lisons nous la même chose? Artémis n´existe pas en Ituri et l´histoire affirme sans contradiction des congolais de Bunia que Artémis avait mis fin aux massacres inter-ethniques.
    SOLUTION AFRICAINE ?
    Kie kie Quel est ce pays « africain » capable de depenser des millions de dollars par jour pour s´investir dans une guerre au Congo?
    Un peu de « réalisme ».. En ce moment precis, dans la Brigade « Africaine » de la MONUSCO figure des militaires de l´Afrique du Sud, la plus puissante armée africaine car ce pays possede l´unique industrie militaire la plus performante de l´Afrique.
    Depuis la défaite du M23, la fameuse brigade de la SADC croise les bras et regarde les congolais se faire massacrer
    Quel est ce pays « africain » qui peut intervenir au Congo, tout seul en sacrifiant des millions de dollars que son propre peuple a si besoin?
    ANGOLA
    Recement, Felix a fait venir deux avions de chasse de l´Angola..juste pour un show aérien á Kin.. Connaissez-vous le prix en dollars par heure de vol de ces deux avions et combien la RDC a payée pour une simple démonstration?
    Memoire? Pendant l´invasion du Congo á l´Est, Dos Santos avec ses généraux avaient refusés de depasser Kin.. Ce que Jo Bongo@ ne comprend pas est que la logistique pour des troupes angolais qui peuvent se trouver si loin á l´Est est évaluée á des millions de dollars par jour.. surtout quand il faut apporter tout par avion.
    MEMOIRE
    Combien des fois les congolais ont été chassés d´Angola pendant 10 ans avec des actes de torture, des viols, des massacres?
    Ce que Jo Bongo@ ignore est que les généraux angolais ont une memoire longue et se souvienent des destructions causées par Mobutu pendant des années en Angola.
    L´Angola..et surtout son armée ne peut jamais sacrifier des millions de dollars ni la vie de ses militaires pour la RDC.. C´est une question historique… sauf si on connait pas les actions destructives du Zaire envers ce pays.
    « PILOTE ET GENERAL »
    C´est une question de « culture », la lecture est une question de « culture ».. et sans lecture, pas de memoire ni de réflexion individuelle solide.
    La CENCO sait mieux que AUCUN pays africain ne souhaite se retrouver dans une guerre au Congo.
    Pendant les invasions du Congo, verifiez par vous même: AUCUN pays africain n´avait coupé ses relations diplomatiques avec l´Ouganda/Rwanda..Aucun même pas le Zimbabwe qui était au front face aux rwandais..
    Memoire et lecture.. c´est la grande question

  12. @GHOST,
    Mémoire et lecture…c’est la grande question. Ben, oui, en plus, c’est vous qui le dites et vous avez raison.
    Le Zimbabwe était au front avec LD Kabila face aux rwandais en 1998. Il n’avait pas coupé ses relations diplomatiques. Pourquoi, alors, l’Angola n’aiderait pas le Congo, dans le cadre d’un acte de défense mutuelle ?
    Qui vous a parlé d’aller faire la guerre ? Guerre contre qui ?
    Moi, je vous parle d’un déploiement de l’armée angolaise – dans le cadre d’un acte de défense mutuelle avec le Congo- pour sécuriser les frontières de l’Est. Je ne demande pas à l’Angola d’aller faire la guerre à l’Est contre la Suède. Oyoki ?
    Des moyens, des millions ? Vous voulez rigoler ou quoi ? Vous croyez que les millions manquent au Congo ? Avec quoi LD Kabila a payé son ami Mugabe pour arrêter la colonne rwandaise qui menaçait Kinshasa ? Avec quoi la RCA a payé JP Bemba pour envoyer ses troupes à Bangui ? Avec quoi le Tchad avait payé Mobutu pour envoyer les FAC à N’Djamena ? Avec quoi le Rwanda de l’époque avait payé Mobutu pour envoyer le Général Mayele et ses troupes piller les magasins à Kigali ? Vous y étiez peut-être.
    Vous êtes probablement en expert des affaires militaires mais soyez humble. Oyebi nionso te. Pour votre information et je le dis en toute modestie, ma famille élargie a donné des généraux et des colonels à ce pays. Papa, toyebi mwa muke.

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