Kinshasa: Le général Faustin Munene, revoilà!

Selon des sources kinoises, le général Faustin Benoît Munene, ex-chancelier des ordres nationaux, est rentré au pays, vendredi 13 novembre, après plusieurs années passées en exil au « Congo d’en face ». Deux années avant l’élection présidentielle du 28 novembre 2011, cet officier supérieur qui a fait l’essentiel de sa carrière militaire dans l’armée angolaise a été victime deux agressions armées. Des « hommes en uniformes » identifiés comme étant des éléments de la garde prétorienne de « Joseph Kabila » ont attaqué ses résidences situées dans les communes de Bandalungwa et de la Gombe. C’est le début d’une traque impitoyable par les janissaires du régime. Les parents et amis du « fugitif » poussèrent un « ouf! » de soulagement en apprenant sa réapparition à Pointe Noire. Les gouvernants congolais « d’en face » ont opposé une fin de non-recevoir aux demandes d’extradition formulée par le pouvoir kabiliste.

Les oreilles de « Joseph Kabila » n’ont pas manqué de siffler samedi 14 novembre. Des informations parcellaires laissaient entendre que le général Faustin Munene a regagné le pays. Il provenait de Brazzaville où il a vécu un exil forcé durant une dizaine d’années. Dimanche 15, il n’y a plus de doute. « L’ancien chancelier des ordres nationaux qui est un des meilleurs ennemis de Joseph Kabila se trouve bel et bien dans la capitale », confirmait une source kinoise bien informée.

Accusé de préparer un « coup d’Etat », cet officier, formé en Albanie du temps de la Guerre froide et en Angola de José Edouardo dos Santos – où il avait atteint le grade de colonel -,  a été victime d’une cabale suivie de deux attaques armées en octobre 2009 et septembre 2010. Des « hommes en uniformes » identifiés comme étant des éléments de la garde prétorienne de « Joseph Kabila » ont pris d’assaut sa résidence dans la commune kinoise de Bandalungwa. L’attaque aurait duré de 21h00 à 3 heures du matin. Munene n’aura la vie sauve que grâce à sa formation de commando. Comme à l’accoutumée au « Congo libéré », aucune enquête ne sera ouverte sur ce qui ressemble à un attentat. Une seconde attaque a eu lieu en septembre 2010. La résidence de Munene dans la commune huppée de la Gombe est littéralement pilonnée.

A l’extrême droite, on voit le général F. Munene et « J. Kabila » en compagnie des officiers angolais. La photo a probablement été prise entre octobre 1998 et début 1999.

Fort heureusement, quelques minutes avant la seconde attaque, le Général reçoit un appel. Le correspondant lui dit de ne pas se rendre à la Gombe où des membres de la garde présidentielle étaient occupés à « perquisitionner » sa maison. Plusieurs membres de la famille Munene trouvés sur le lieu furent raflés. Au moment des faits, un des fils Munene prénommé Fabrice confia à l’auteur de ses lignes que des témoins ont reconnu « Zoé » et « Jaynet » sur le lieu. « Le général Munene a échappé à un double attentat », clamaient les amis et proches de cet officier présenté, à tort ou à raison, comme « l’homme des Angolais ». C’est le début de la traque par des « tueurs de la Kabilie ».

ELIMINER UN « RIVAL POTENTIEL »

Le 11 novembre 2010, un communiqué attribué à Faustin Munene est lu sur les ondes de la « radio Bendele », un média de la diaspora congolaise proche de l’Apareco (Alliance des patriotes pour la refondation du Congo) que dirige Honoré Ngbanda Nzambo ko Atumba, ancien conseiller spécial du président Mobutu en matière de Sécurité. Pour la première fois, on entend parler de l’ARP (Armée de Résistance Populaire). En janvier 2011, on apprenait l’arrestation de Munene à Pointe Noire, au « Congo d’en face ». Il est transféré à Brazzaville.

Intervenant sur radio Okapi le 18 janvier 2011, Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et des médias, annonce la « prochaine extradition » du général Munene. « Il est recherché par la justice militaire de la RDC en vue de répondre à de nombreux griefs mis à sa charge », précise-t-il. En fait, il s’agit d’éliminer un « rival potentiel ».

Qui est Fautin Munene? En octobre 1996, les provinces du Kivu sont secouées par la guerre dite des « Banyamulenge ». Selon la première version, il s’agit des Banyarwanda dits « Banyamulenge » – du nom d’une montagne du Sud-Kivu – qui ont pris les armes pour reconquérir leur citoyenneté zaïroise. Fin octobre de cette même année, on assiste à une seconde version. Ce qui n’était qu’une « jacquerie » se mue en un mouvement insurrectionnel. Objectif: renverser Mobutu Sese Seko. C’est la naissance de l’AFDL (Alliance des forces politiques pour la libération du Congo-Zaïre). Le « porte-parole » n’est autre qu’un vétéran de l’opposition anti-mobutiste. Nom: Laurent-Désiré Kabila.

Le colonel-médecin Luc Mayolo

Pour rejoindre la ville de Goma où était installé le siège de l’AFDL, les Zaïro-Congolais devaient « transiter » par Kigali, au Rwanda. C’est le cas notamment du colonel médecin Luc Mayolo Mokede Akaso qui a connu LD Kabila au début des années 60 à Belgrade, en Yougoslavie.

Dans une interview accordée à notre journal, Mayolo dit qu’il a été emmené chez le colonel Patrick Karegeya, alors chef du service de contre-espionnage du Rwanda. Celui-ci l’a « longuement interrogé » sur les gens qu’il connaissait à Goma. « Je lui ai expliqué que j’ai connu Laurent-Désiré Kabila quand il était stagiaire à l’agence de presse yougoslave Tanjug ». Au chef-lieu du Nord-Kivu, « Luc » fut stupéfait par la présence envahissante des hommes au « look rwandais ».

On imagine que tous ces faits furent rapportés à Mzee Kabila. Malin, pour desserrer l’étau, celui-ci proposa à ses parrains ougandais et rwandais d’associer, dans cette lutte, les ex-gendarmes katangais ou leurs descendants qui servent dans l’armée angolaise. C’est dans ce cadre que le colonel Munene, natif du Kwilu, a rejoint Lubumbashi en avril 1997 avant l’arrivée triomphale des « troupes de l’AFDL » le 17 mai de la même année.

Dans la première équipe gouvernementale formée le 1er juillet 1997, Munene est nommé vice-ministre de l’Intérieur. Le 16 novembre 1998, il est promu chef d’état-major général de l’armée congolaise. Le numéro deux n’est autre qu’un certain « Joseph Kabila ». Les deux hommes auraient entretenu des relations exécrables à l’image des rivalités nées entre la « Légion Tutsi » et les « Tigres » venus d’Angola. En septembre 1999, Munene prend le commandement de la Force aérienne.

ACCOMMODANT A L’EST, « JOSEPH KABILA » IMPITOYABLE A L’OUEST

La poignée de mains entre Mzee Kabila et le général-major « Joseph K. »

Le 16 janvier 2001, le président Laurent-Désiré Kabila meurt dans des circonstances non élucidées. Le 26 janvier, « Joseph » est investi à la tête de l’Etat. Dans son allocution d’investiture, le nouveau président prend l’engagement de « faire toute la lumière » sur la disparition de son prédécesseur. Une promesse non-tenue.

Les « malheurs » du général Faustin Munene ont commencé dès le lendemain de la mort de Mzee Kabila. Il est nommé en 2006 chancelier des ordres nationaux. Une mise à l’écart qui ne dit pas son nom. Pour tromper l’ennui, le « général Faustin Benoît » s’occupait d’une fondation. La « Fondation Mulele ». Et ce jusqu’à l’attaque de ses résidences précitées.

L’affaire Munene a eu le mérite d’attirer l’attention des observateurs sur la « partialité » de « Joseph Kabila ». Accommodant à l’Est, celui-ci est impitoyable à l’Ouest et au Centre. « Kabila » mobilise des moyens colossaux lorsqu’il s’agit de traquer ou de réprimer toute forme de « contestation » vraie ou supposée impliquant des Congolais du Centre et de l’Ouest. En 2009-2010, il y a eu le précédent « Enyele » à l’Equateur. « Kabila » est descendu en personne à Mbandaka. En 2012, le colonel John Tshibangu a été pourchassé tel un « gibier » par des troupes armées jusqu’aux dents. Etrangement, lorsque des originaires de la « partie orientale » du pays sont impliqués dans une rébellion ou mouvement insurrectionnel, le même « Kabila » devient accommodant. Le « dialogue » ou l’intégration dans l’armée ou la police est vite proposé comme voie de règlement du conflit. Pas de chasse à l’homme. Le cas de Laurent Nkunda et Bosco Ntaganda sont patents. On pourrait dire autant de Sultani Makenga et de Jean-Marie Runiga. Il en est de même des ex-combattants du M23. Plusieurs centaines de ces « pistoleros » ont été envoyées « en recyclage » à la Base de Kamina. Deux poids, deux mesures. Tout a une fin.

Et revoilà, le général Faustin Munene!

 

Baudouin Amba Wetshi

19 thoughts on “Kinshasa: Le général Faustin Munene, revoilà!

  1. Oui, revoilà Faustin Munene, de retour dans sa patrie. AKOTUMOLA MOTO TE. Mais celui qui osera porter la main sur lui le fera à ses dépens. Gare à toi Félix ; sache-le bien, Munene fait partie de quelques pièces rares qui nous restent, toutes les autres ayant été décimées par les fameux « libérateurs » . Mais ce pays-là n’appartient pas aux Rwandais. Finie donc la récréation !

    1. A KUM,
      Qui est l’acteur facilitateur du retour de ce général? Arrêtez de réfléchir par les émotions et la haine à l’endroit de celui-là même qui est en train d’œuvrer pour le retour des exilés . C’est quand même étonnant.

      1. @Armand,
        Je sais que c’est Félix qui l’a fait revenir au pays. Et je sais de quoi je parle. Félix est tenu d’assurer la sécurité tous azimuts à Munene, je crains qu’il le livre en pature à ses amis rwandais comme il l’a déjà eu à le faire dans le passé: plus d’une vingtaine de ses conseillers ont été sacrifiés et même son propre chauffeur ou garde du corps (si je ne me trompe pas).

      2. eKUM
        electronic Kum
        bassesse na bassesse ! Idiotie na idiotie. La haine étouffe ton esprit. Raisonner ekomi pasi mpo na yo.

  2. Le général Munene serait disponible pour être chef d’état major général ou ministre de la defense de Felix Tshisekedi, à condition que sa securité soit garantit. De toutes les façons, il mérite bien de conduire l’armée. Une armée bourrée des militaires rwandais, comme c’est triste.

  3. Quand le secretaire national de l’udps, Kabuya dit aux kabilistes qu’ils ne se retrouvent pas en exil grace a la protection de l’udps, l’udps avoue en meme temps qu’elle avait trahi notre nation en protegeant des criminels de la trempe de Kanambe qui devraient avoir leurs places en prison. Tant que ce parti des deals, parti tribal, capable de signer des contrats meme avec le diable pour ses interets egoistes sera au pouvoir, rien de bon ne se passera chez nous. Les consultations ne sont pas une reponse a la question de la legitimite au sommet de l’Etat. Notre pays est pris en otage par le mensonge qui ne produira que des fruits amers. Esperer que ce machin d’union sacree va apporter un changement c’est faire preuve d’immaturite sur le champ politique congolais.
    Apres toutes les vies qu’il a brise, je me demande pourquoi Kanambe est libre!! Il y a de quoi condamner plus son protecteur que lui meme.

    1. eRAZ
      eletronic Raz
      HORS-SUJET ! Bemba, Katumbi, Munene… sont rentrés au pays. Tes blablabla ne vont pas occulter cette réalité. Par ailleurs, si les consultations de Félix t´indisposent, concentre-toi sur celles de Fayulu. Esi ebandi ? Si Kanambe est libre, c´est parce que ton président Fayulu s´est épris d´une nouvelle vocation, après celle de danser, à savoir : JONGLER avec un ballon de foot. La légende raconte qu´il continuer de jongler, « il tape le dada 🙂 » jusqu´à présent. Sans arrêt. Sauf qu´il a oublié le masque comme lors de SILIKOTI aux USA.

      1. Procongo alias Abraham Lwakabwanga
        Je crains que vous ayez un problème mental. Je m’inquiète vraiment pour vous. Bien sur, je souhaiterais avoir tort!

      2. @Procongo,
        Et voilà l’Ayatollah de la logique totalement hors sujet. Fayulu aye kosala nini awa ?
        A propos de jongler avec un ballon de foot, je suis certain que vous seriez incapable de faire 3 dada…Vieux jaloux !

      3. Jo Bongos
        La logique ? Il faut la chercher dans les propos antérieurs de Raz. Na réfléchissaka au taux du jour te, oubliant ce qui a été dit. Cohérence ya mutu esengaka mingi.
        À propos jonglage, nalingaki natuna yo : Jalousie eye kosala nini awa ? Bon, natiki. Mais ko pousser nga te na commenter davantage « DADA YA LIKOLO MOKO kiekiekiekie » avec balle ya…

  4. Les plus hauts faits de guerre du general Faustin Munene en 1998 c.est recruter des milliers de jeunes á Masina-Kingasani au stade Kamanyola et sans la moindre formation au maniement dea armes embarquer ces pauvres civils bruts à bord des camions tout droit au front au Bas Congo. Le meme Munene a recidivé cette methode en 2010 quand ses hommes armés des pierres et machettes pretendaient renverser JKK.
    Munene un militaire??? Envoyer au front des civils justes puisqu.ils peuvent chanter » ba nyankalakata » Causant ainsi des massacres en 1998 et 2010.
    Le meilleur des generaux du Congo c.est peut etre Defao !!!!!!
    Munene bien venu au pays.

    1. @ « Nabintu ya Kabila »,
      En comparaison au pseudo-general-major, tueur et voleur connu (donc criminel) tapis a Kingakati, les Congolais acceptent le Gen. F. Munene.

      1. Cher Boniface,
        Ne seme pas la confusion, parler des hauts faits militaires de Munene ne dedoinent aucunement pas le criminel en chef JKK . La dignité des congolais exige mieux qu.entre 2 maux. Sans ces Munene, Numbi, Kahimbi, Mbala, Gizenga, Kyungu …
        JKK ne serait pas aujourd.hui le Phoenix de Kingakati. Ces complices vous reviennent sous couvert des injures contre leur dieu et vous leur donnez tapis rouge? Qui a bu boirra. Faire l.exile n.efface pas les faits. Le Nobel Mukwege appelle a la rupture avec ces creatures de JKK.

  5. Les meilleurs officiers dignes de diriger les FARDC sont en exil : Ex FAZ… Les Mpika , Lusadisu etc … Il ne faut pas se tromper ! Ce Munene n’ est pas diplômé d’ une académie militaire digne de ce nom ; le fait d’ avoir appris la guérilla en Albanie ne fait pas de lui un officier qualifié pour diriger une armée républicaine digne de ce nom en RDC débarrassé de tous les infiltrés rwandais. Posons nous la question ce que valait cet Albanie pendant la guerre froide ? Il ne faut pas accepter n’ importe qui et quoi svp !

    1. @Kimpwanza Dia Kongo,
      Vous n’avez pas forcément tort. Mais l’expérience nous a démontré que ce sont ces Congolais bourrés de diplômes (pas tous bien sûr) qui ont enfoncé ce pays-là dans le gouffre de l’enfer et la damnation où il se trouve en ce moment.
      Munene n’est pas surdoué et surdiplômé, mais le connaissant personnellement, il n’y a pas de doute que c’est un vrai patriote qui a rendu et pourra encore rendre de loyaux services à son pays.

  6. Kum ,
    Je ne sais pas à qui vous faites allusion . Avez entendu parler des officiers de valeurs écarté de l’ armée par Mobutu sous prétextes de faux coup d’ états et autres complots imaginaires ? Le Major Mpika vous connaissez ? Et tous ces jeunes et brillants officiers écarté injustement parce qu’ ils n’ étaient pas de l’ Equateur ? J’ en croise de temps en temps ici à Bruxelles pourquoi Tshilombo ne les réintègre pas dans l’armée préférant garder des énergumènes comme « Tango four » et les infiltrés rwandais … Ce n’ est pas les officiers ex FAZ diplômé des académies occidentales qui ont détruit ce pays mais tous ceux qui chantaient et dansaient le djalelo à la gloire du guide éclairé; en l’ occurrence les pseudos intellectuels de ce pays tous civils . Sans oublier ceux qui gravitent autour de Kanambe depuis son accession au pouvoir jusqu’ aujourd’hui .

    1. @Kimpwanza Dia Kongo
      Parfaitement d’accord avec vous. Moi-même j’en ai été victime : mon nom avait été sélectionné pour passer un concours de formation d’officiers mais il fut rayé sans raison (apparemment pcq je n’étais pas de l’Equateur).
      Je ne pense pas qu’il faille demander trop à Tshilombo en ce net moment, pcq nous savons tous qu’il peine encore à se confirmer comme le seul capitaine à bord du navire Congo. La RDC est encore un non-Etat, d’où la nécessité de mobiliser l’ensemble de notre peuple pour qu’il prenne son destin en mains et conscience de sa situation.
      Patriotiquement

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