La hiérarchie des FARDC, une bande des criminels à démanteler…

Pourrait-il s’étonner du fait que la situation sécuritaire de la République Démocratique du Congo ne s’améliore jamais depuis plus de deux décennies? Absolument pas, si on est averti de ce qui se passe dans la gestion de l’armée gouvernementale congolaise. La trahison s’étale au niveau de tous les échelons du commandement.

Est-ce que le président Felix Tshisekedi connait bien le rouage de l’armée dont il est le chef suprême?

Le scandale au sujet de l’effectif fictif qu’a mentionné le chef de l’Etat durant son passage éclaire à Beni ne pourrait qu’être considéré comme une goute d’eau dans l’océan. Toutefois, même s’il fallait d’abord s’arrêter à cet unique fait, il y a lieu de souligner que c’est déjà un crime très grave. Prendre plaisir à distraire les opinions et même le gouvernement qu’il y aurait 21.000 militaires déployés dans l’opération Sokola 1 à Beni, au moment ou il n’y en a qu’à peine 9.000, pour détourner de la caisse publique la solde et la ration destinées à 11.000 soldats! Une question importante reste de savoir quelle action le chef de l’Etat envisage engager pour punir sévèrement un tel sadisme tirant profit du flot de sang d’une multitude de population innocente, dont la souffrance ne peut être stoppée à cause d’une poignée de personnes mal intentionnées? Et, comme si cela ne suffisait pas, même le salaire des 9.000 militaires supposés réels en opération est souvent détourné ou accumulé en arriéré de paiement, malgré la souffrance de ces patriotes qui n’est non plus nullement moins que celle des civils qu’ils tentent de protéger. On comprend facilement que ce n’est plus dans la volonté de la hiérarchie militaire congolaise de mettre fin à la tragédie qui lui fait profiter énormément en argent s’amassé au prix des sacrifices des pauvres soldats de rang et au prix du sang des civils massacrés quotidiennement au gré des assaillants.

Une bande de criminels qui s’étale de l’échelon national à la base

Au niveau national, l’opération retour de cette magouille réserve une part considérable entre autres au Ministre de la Défense, au chef d’Etat-Major général et ses collaborateurs ayant un droit de l’œil sur ce détournement organisé. Le réseau comprend même le chef du centre supérieur militaire de Kinshasa. Au niveau provincial, le commandant de la région militaire reçoit sa part sans négliger quelques collaborateurs de première main et les agents de paie; ainsi se ramifie le gangs de ces détourneurs jusqu’aux chefs militaires qui encadrent les opérations directement sur terrain.

Davantage de crimes dans tous les domaines

Les soldats de rang des FARDC en opération ne sont pas seulement trahis par le détournement de leur maigre solde ou de ces effectifs fictifs, mais il y a encore bien d’autres crimes dans le chef de leur hiérarchie, dont la loyauté et le patriotisme sont susceptibles d’être remis en cause.

Vente de renseignements militaires aux assaillants

Insatiables de l’argent détourné sur la caisse du trésor public, beaucoup d’officiers FARDC commandant les opérations à Beni et en Ituri n’hésitent pas de vendre les renseignements militaires et le plan de guerre des troupes du gouvernement aux assaillants. Ceci a souvent aidé les assaillants à connaitre au préalable l’effectif des militaires en cours de déploiement, le type d’armement dont ils disposent, l’itinéraire qu’ils doivent prendre etc.

Commandements antipatriotiques

De nombreux témoignages des militaires en opérations dénoncent qu’il leur a été plusieurs fois refusé de poursuivre les assaillants, même lorsqu’ils massacrent les civils dans le rayon de la périphérie des campements des FARDC. Ceci rappelle les ordres que jadis le président Joseph Kabila donnait lui-même pour protéger le CNDP, quand les FARDC les traquaient vers Runyoni au point de les déverser sur le territoire rwandais. Souvent les soldats en opération sont délibérément dotés par leur hiérarchie d’un moyen logistique largement inférieur par rapport à ceux dont disposent les assaillants. Le résultat fâcheux en est toujours le carnage de ces vaillants soldats véritablement patriotes tel qu’on l’a enregistré très fréquemment dans la région de Beni depuis 2014, spécialement au niveau du triangle de la mort. En effet, le gouvernement congolais devrait avoir le courage de l’avouer: dans la région de Beni, les militaires ont péri autant que les civils suite à ce genre de trahison.

Vente de la logistique militaire du gouvernement aux assaillants

Le crime de la hiérarchie militaire des FARDC ne s’arrête pas là. Il va jusqu’à la vente des armes, des munitions de guerre et des uniformes militaires du gouvernement aux assaillants et aux différents groupes armés. Bien plus, ce sont des officiers des FARDC qui favorisent l’infiltration des assaillants non seulement dans certaines localités ou agglomérations ciblées par leurs attaques, mais également au sein de l’armée officielle même, en vue de favoriser la protection des égorgeurs restés en brousses et faciliter leurs opérations de massacre contre les civils.

Vaudrait-il la peine de rappeler qu’en beaucoup de cas, il y a eu des preuves que des FARDC se passionnaient aux pillages des biens de la population, tel qu’on l’a vu récemment à Loselose et à Lume en secteur de Ruwenzori, après des mises en scène qui faisait croire à l’irruption des assaillants. Voila pourquoi la population de Beni, détenant des faits tangibles de ce genre, n’a pas tardé à surnommer l’armée gouvernementale en ADFARDC, pour signifier que ceux que l’on croit être des assaillants ADF sont plutôt au sein des FARDC. En outre, beaucoup de salive a coulé et continue à couler pour dénoncer le trafique du cacao du sang dans la région de Beni. A priori, le doigt pointe toujours droit sur les ADF. Cependant, de nombreux témoignages indiquent que les ADF s’occupent moins du cacao que de l’occupation de terre elle-même. En revanche ce sont des officiers FARDC dont Tipi Zero-Zero, qui organisent la cueillette et le convoi de Cacao qui est acheminé illicitement vers l’Ouganda par la frontière de Nobili (dans Batalinga) et Kasindi (dans Ruwenzori)… Les officiers militaires des FARDC en opération sont aussi plutôt des trafiquants du bois et des minerais ou d’autres produits de commerce.

Le chef de l’Etat devrait faire preuve de grand sens de responsabilité

Les enquêtes de BLO ont recueilli une banque de preuves et de témoignages considérables sur les différents faits ci-dessus évoqués et qu’on ne doit pas hésiter de qualifier de grands crimes, dont le détail est réservé aux enquêteurs indépendants qu’on espère entrer en action tôt ou tard. Le chef de l’Etat n’en aura relevé qu’un. Peut-être c’est l’unique fait auquel il a pu accéder lors de son passage éclaire. BLO estime qu’il est important d’étaler tous ces crimes à l’intention des opinions pour que l’on sache que les militaires congolais ne sont pas une armée faible et incompétente comme beaucoup le pensent, mais qu’on comprenne qu’ils échouent aux opérations parce qu’ils sont trahis par leur hiérarchie corrompue jusqu’à la moelle des os. N’est-ce pas que les soldats congolais sont les seuls parmi les africains dont les exploits et la bravoure ont été vantés au niveau mondial à l’occasion des deux guerres mondiales, et plus spécialement en face des fascistes italiens à Abyssinie au cours de la guerre de 40-45? En outre, qui pourra oublier en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest la terreur que les commandos parachutistes zaïrois ont imposée aux troupes Lybiennes en plein désert, quand Mobutu décida de venir au secours au Tchad dont une partie du territoire venait d’être envahie par la Lybie du colonel Kadafi?

Le chef de l’Etat congolais a intérêt à prendre sérieusement en considération la réalité de crimes organisés dans l’armée de son pays s’il tient honnêtement à relever le défi de l’insécurité dans le pays en général et dans l’Est du pays en particulier. Sinon l’état de siège qu’il a instauré au Nord-Kivu et en Ituri tournera en pire de dérision.

 

Christian Lukinga | Beni-Lubero Online.

3 Commentaires on “La hiérarchie des FARDC, une bande des criminels à démanteler…

  1. Il faut excuser Son Excellence Monsieur le Président de la république. Il n’était pas au courant de tout ça. Ses 1080 conseillers spéciaux et moins-spéciaux ne lui ont rien dit. Maintenant qu’un élève de Beni lui a tout révélé, il sait tout. Vous allez voir qu’il va chicoter ces macaques qui détruisent nos vies. Sinon, on dira qu’il n’est qu’un …….

  2. Que notre Président ait eu besoin de près de trois ans de pouvoir pour découvrir enfin que son armée fonctionne en mafia alors que son infiltration organisée ne souffre d’aucun doute pour nombre d’observateurs et de Congolais démontre le fond d’amateurisme qui baigne sa vision et sa gestion. L’affirmer est-il alors un crime de haine, de jalousie et de tribalisme ? Que nenni bien sûr et vaut mieux tard que jamais, il reste maintenant à observer ce qu’il fera de ses précieuses informations, espérons pas seulement des proclamations sans lendemains…

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