Notre regard sur le combat politique de Tshisekedi

Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo
Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

« Le slogan laissé par Etienne Tshisekedi, c’est le peuple d’abord et non Katumbi d’abord ». Ainsi parla Jean Pierre Lisanga Bonganga, le coordonnateur de la coalition des alliés d’Etienne Tshisekedi (CAT), au lendemain de son exclusion du Rassemblement proche de Félix Tshisekedi. Cet homme connu pour son franc parlé s’insurgeait ainsi contre le fait que « depuis le décès du Sphinx de Limete, c’est Moise Katumbi qui donnait des ordres au sein du Rassemblement ».

« Le peuple d’abord ». Tel est le slogan de l’UDPS, parti ou « ligablo » de la famille Tshisekedi. Aujourd’hui que cette formation politique et son nouveau chef, Félix Tshisekedi, vient de trahir le peuple en concluant un pacte avec le diable, c’est-à-dire le despote Joseph Kabila que la vérité des urnes a mis officiellement hors d’état de nuire mais que Félix Tshisekedi a ressuscité d’entre les morts de par sa félonie; aujourd’hui que ce parti peine à convaincre en justifiant l’injustifiable; aujourd’hui que des Congolais semblent surpris qu’une trahison d’une aussi rare et grave ampleur vienne de la fille ainée de l’opposition, il est sans doute intéressant de revenir sur le regard que nous avons porté, in tempore non suspecto, sur le combat politique d’Etienne Tshisekedi. In tempore non suspecto, car ce regard reste gravé dans notre deuxième ouvrage coédité par L’Harmattan à Paris et L’Harmattan Inc. à Montréal en 1999.

Dans l’introduction de cette brique de 284 pages, « L’Ajustement politique africain. Pour une démocratie endogène au Congo-Kinshasa », nous écrivons entre autres ce qui suit: « Notre texte se structure en trois parties. La première, qui va du premier au cinquième chapitre, porte sur la colonisation des cerveaux, telle qu’elle est vécue dans une Afrique dite indépendante, et les confusions qu’elle entraîne dans l’esprit de l’élite tant politique qu’intellectuelle. Ce phénomène explique que, plusieurs décennies après les indépendances, les élites africaines ne soient pas en mesure de porter un jugement lucide sur les réalités de leurs sociétés, et que, dans la construction de la démocratie, la révérence pour le modèle des ex-colonisateurs l’emporte sur le souci de conception et d’explication. Cet état d’esprit, handicap majeur à la prise en charge du continent par lui-même, constitue le socle sur lequel est assise la deuxième partie. Elle fait de l’ethnicité et/ou de la régionalité le(s) facteur(s) le(s) plus important(s) de l’équation politique, cette dernière consistant en une permanente recherche d’équilibre entre le tribalisme et le nationalisme. Notre étude aurait été vaine et incomplète si elle ne formulait des propositions concrètes face au désenchantement qui a déjà gagné tout le continent et surtout face au drame du Congo, pays devenu démocratique avant même qu’il ne soit démocratisé. Tel est le contenu de la troisième partie ».

Intitulé « Conférences ou confusions nationales? », le chapitre cinq traitait les points suivants: (i) « l’opportunisme occidental », pour montrer que ce n’était pas par humanisme mais par simple opportunisme que les puissances occidentales invitaient les Etats africains à se démocratiser; (ii) « la démocratie, un objet politique non identifié », car partout en Afrique, on parle de la démocratie sans se soucier de définir clairement le contenu de ce lexème; (iii) « le vertige démocratique », tel que vécu lors des conférences ou, mieux, confusions nationales; (iv) « l’esquive des professionnels de la pensée » qui, lors de la conférence nationale dite souveraine dans le Zaïre de Mobutu, se sont comportés exactement comme le petit peuple; et ( v) « les hérauts de la libération » qui met en lumière le déficit conceptuel dans le chef de Tshisekedi, baptisé « Moïse sauveur », Kabila, proclamé « Libérateur » et des « Redresseurs de torts » du RCD.

Nous écrivons alors ce qui suit au sujet du « Moise sauveur », les guillemets qui suivent étant placés dans le cadre de cet article: « On m’opposera certainement la figure emblématique du lider maximo de l’opposition pour soutenir que, dans le jeu social contre toute forme de dictature et pour la démocratie, les Congolais détiennent un joker, la carte gagnante, mais que les forces du mal, hier incarnées par Mobutu et aujourd’hui par Kabila, les empêchent de jouer. L’une des illusions contemporaines est en effet de croire qu’on a besoin d’un sauveur ou d’un homme providentiel pour sortir d’une catastrophe humanitaire tel que le régime Mobutu. La transition n’a-t-elle pas adapté des cantiques religieux proclamant que le Bon Dieu a choisi Tshisekedi pour le servir? Dieu t’a choisi, (pour que) tu le serves. De tout ton corps, de tout ton cœur. Dieu t’a choisi. Lis dans la Bible comment Jésus a choisi ses apôtres. Dieu t’a choisi (pour que) tu le serves » (Ndaywel, La société zaïroise dans le miroir de son discours religieux (1990-1993), Bruxelles, Les cahiers du CEDAF, n° 6/1993, p. 63).

« La lutte politique de Tshisekedi, commencée en 1980 dans une fronde parlementaire, menée avec continuité de l’intérieur et ponctuée d’arrestations, tortures et autres humiliations force certes le respect. On comprend aisément qu’un tel opposant soit crédité d’un grand capital de confiance et de popularité. Mais il faut reconnaître que Tshisekedi et les autres grands formats de la politique congolaise s’abreuvent au même point d’eau; que comme le MPR, l’UDPS et tous les ‘partis du changement’ sont des enfants bâtards issus d’une même union: le couple belgo-congolais, c’est-à-dire des produits de l’aliénation mentale ».

« Il ne s’agit pas ici de minimiser l’apport de la lutte de Tshisekedi. Aidé par la dimension émotionnelle de la démocratisation, son goût très prononcé pour le défi et les heurts sans objet avait indiscutablement descendu Mobutu de firmaments dans lesquels le folklore du recours à l’authenticité l’avait placé. Il était redevenu un homme parmi les hommes. Et les Congolais avaient appris à ne plus avoir peur de lui ».

« Ce rôle a son importance, surtout là où le chef s’imagine qu’il n’a des comptes à rendre à personne. Imbu d’honneurs et fort du soutien des Occidentaux, Mobutu annonçait sans ambages: ‘Ce peuple me doit tout; je ne lui dois rien’, pendant que les indicateurs socio-économiques du pays viraient au rouge les uns après les autres ».

« Les Romains étaient conscients de cette maladie: la folie des grandeurs. Pour la prévenir, quand ils rendaient hommage à leurs héros, ils plaçaient un homme derrière chacun d’eux pour lui répéter sans cesse: ‘Memento te hominem esse’ (Souviens-toi que tu es un homme). L’Afrique précoloniale en était également consciente, car l’un des rôles du griot dans la cour royale consistait à rappeler au roi qu’il était un homme. C’est sans doute le même rôle que les concepteurs des Guignols de l’info des chaînes de télévision occidentales assignent à leurs étranges créatures ».

« L’action bénéfique du combat de Tshisekedi se lit également dans sa quête d’une légitimité qui émane non pas de soi-disant pays amis du Congo mais du peuple congolais. Il faudrait qu’un hommage vibrant lui soit rendu à ce titre, surtout quand on sait combien les indépendances africaines ont été perverties. En lui ressuscite Patrice Lumumba, dans la mesure où il montre, une fois de plus, la direction que doit prendre l’émancipation du continent ».

« Mais il ne suffit pas d’indiquer la direction à prendre. Encore faut-il se doter des idées-outils pour tracer le chemin. Entre chanter la démocratie et bâtir une démocratie, il y a un pont que Tshisekedi et son parti n’ont pas construit, pour n’avoir pas eu l’audace de se placer en travers des diktats du mimétisme. De même que Lumumba et Mobutu se sont contentés de magnifier l’unité nationale sans savoir comment la construire, Tshisekedi glorifie la démocratie sans dire comment l’actualiser durablement dans un pays comme le Congo. Un vide conceptuel dangereux, car susceptible de transformer le meilleur des Moïse sauveur en bourreau. L’histoire de l’Afrique contemporaine est riche en sauveurs de cette nature ».

« Le peuple d’abord ». Tel est, il faut le répéter, le slogan de l’UDPS. Que Félix Tshisekedi, son chef actuel, le trahisse sans le moindre état d’âme; que les élites du parti se remuent dans tous les sens pour nier, contre toute évidence, une forfaiture pourtant aussi visible que le nez au milieu du visage; que les militants se réjouissent de leur arrivée au pouvoir dans un reniement aussi criant, cela ne peut surprendre que les Congolais n’ayant aucune capacité d’anticipation. Car, tout était clair dès l’amorce officielle du deuxième processus de démocratisation du pays, le 24 avril 1990, que comme lors du premier processus au lendemain de l’indépendance, les partis politiques congolais, l’UDPS compris, seraient des fossoyeurs de l’idéal démocratique. A cet égard, à l’entrée de chacun de nos partis, on devrait inscrire cette phrase que « La divine comédie » de Dante place à l’entrée de l’enfer: « Toi qui entre ici abandonne toute espérance »… sur la bonne gouvernance.

 

Par Mayoyo Bitumba Tipo-Tipo

11 thoughts on “Notre regard sur le combat politique de Tshisekedi

  1. Le président de la république doit être élu avec plus de 50 % de voix.
    En 2011, un système électoral à un tour où 36 candidats peuvent s’affronter, a été instauré et dont la conséquence majeure c’est l’élection du président de la république avec moins de 50% de voix. C’est ainsi que le 30/12/2018, nous avons assisté à un spectacle lamentable organisé par Kabila et son objet fétiche la CENI, pour l’intérêt de Kabila. Avez-vous la réaction du monde ? La terre entière était pliée en deux, secouée par un immense rire devant cette mascarade électorale organisée par des médiocres. Qui peut se lever et démontrer les avantages de ce système de 2011 ? Qui peut se lever et démontrer que les élections du 30/12/2018 étaient crédibles, transparentes, traçables?
    Avec le départ de Kabila, le temps est arrivé pour mettre en place un système électoral nouveau qui ne servira pas seulement à désigner X au poste de député et Y au poste de sénateur et Z au poste de président de la république. Ce système nouveau permettra de restructurer le paysage politique tel que nous le connaissons pour nous mener à un Congo nouveau où les Congolais ne parlent plus que d’économie.
    Le Congo compte plus de 600 partis politiques et on sait que plus de 95% sont des partis à base ethnique. Au 21ème siècle quel pays peut se développer avec des centaines de partis ethniques, en sachant que ces partis n’ont même pas un projet de société.
    Le système électoral nouveau mènera à la disparition des partis ethniques et nous amènera DES GRANDS PARTIS À IMPLANTATION NATIONALE. Ces grands partis nationaux feront disparaître le vote ethnique et cela va créer la cohésion nationale et la stabilité politique. Cette stabilité politique va pousser les investisseurs étrangers à investir au Congo pour soutenir l’économie. Les Congolais ne se préoccuperont plus que de l’économie et cela va amener les Congolais expatriés de rentrer au pays pour investir et apporter des expériences multiples acquises à l’étranger.
    Ayant exercé mon métier d’ingénieur dans des pays très divers, et immergé dans ces pays j’ai vu comment ces pays s’organisent. C’est la synthèse de ce que j’avais vu et vécu que j’ai fait publier en octobre 2015 dans ces pages. A l’élection présidentielle, il faudra seulement deux candidats pour que le président de la république soit élu avec plus de 50% de voix. Comment y arriver ? Par le système électoral nouveau dont voici le résumé :
    1- Le cycle électoral commencera par les élections provinciales. A l’issue des élections provinciales, les deux partis (ou les deux groupements de partis) ayant obtenu le plus d’élus sur l’ensemble des assemblées provinciales vont désigner chacun son candidat à l’élection présidentielle. Les élections provinciales serviront ainsi d’élection primaire à l’élection présidentielle.
    Comment faire pour obtenir le plus d’élus dans les assemblées provinciales ? Dès le lancement du processus électoral, différents partis vont s’associer, se rassembler, se regrouper, fusionner,… Est-ce qu’on n’assiste pas aujourd’hui à la création des plateformes politiques ? C’est ce que j’avais déjà écrit en 2015 dans ces pages. C’est la preuve que mon texte n’est pas de la politique fiction, mais c’est une vision prospective et une vision constructive.
    2- Le cycle électoral se poursuivra par l’élection présidentielle. L’élection présidentielle opposera uniquement les deux candidats désignés à l’issue des élections provinciales, et le président de la république pourra ainsi être élu avec plus de 50% de voix. En outre le contrôle nécessaire sera facile à réaliser. Aujourd’hui, peut-on contrôler l’élection présidentielle ?
    3- Le cycle électoral se terminera par l’élection législative. L’élection législative servira à donner au président élu une majorité à l’assemblée nationale et au sénat. Et cette majorité ne sera pas constituée par un patchwork de petits partis ethniques, mais par des grands partis à implantation nationale.
    Conclusion : Dix ans après l’instauration du nouveau système électoral, le Congo comptera une dizaine de grands partis nationaux. Le coût des élections sera réduit car le nombre de partis sera réduit, et la machine à voter ne sera pas nécessaire. Autre avantage important : la séparation des différentes élections va faciliter le contrôle des élections et rendra ces élections crédibles, transparentes, traçables. Dès lors le centre d’intérêt des Congolais ne sera plus la politique, mais les Congolais s’occuperont essentiellement de l’économie et de l’emploi.

  2. De prime abord, le correct intitulé de l’article aurait dû être « Notre regard sur le pseudo combat politique de Tshisekedi ».
    Que de larges littératures sur un personnage qui de lui-même, et sa vie durant, n’a daigné laisser un seul écrit sur ses pensées, sa vision politique. Tout sur ce Monsieur n’est qu’élucubration.
    Loin d’une analyse intuitu personae, les faits qui restent de facto les seuls éléments de jugements, dévoilent qu’aucune des grandes personnalités politiques internationales ne s’est préoccupé pour au minimum sa sépulture. De même qu’en formation académique nous sommes des nuls mais par contre maîtres en gesticulation, Monsieur Tshisekedi au réel reste relégué au rang des nains politiques à côté par exemple d’un Mandela qui, malgré ses imperfections, aura entrepris une lutte pour son peuple sans duplicité.
    Puisque nous ne pouvons que nous mouvoir dans le domaine des faits, Monsieur Tshisekedi aura été le cerveau-moteur du régime du MPR, dont seulement plusieurs années après, il tenta de s’éloigner par une sophistiqué duplicité avec Mobutu. Le MPR, régi par un manifeste, et tenez-vous bien, à deux siècles de l’émergence de l’ère constitutionnel, fut une fidèle copie d’une grande dictature de l’humanité, celle du Général Franco d’Espagne. Pour notre mémoire, tout ce que nous avons vécu sous le régime du Partit-Etat n’a été qu’une transposition de la dictature Franquiste au style zaïrois: manifeste en lieu et place d’une constitution approuvée par le peuple, Franco considéré « caudillo » et Mobutu lui, timonier, moyi,…, les « JONS » c’est-à-dire la jeunesse franquiste, rebaptisée JMPR sous le Maréchal Mobutu, ami de sang de Tshisekedi. Les « ba Mama ya MPR, o tumoli ba mama otumoli Mobutu » avaient existé aussi sous Franco, etc. La particularité reste que pendant que Franco a veillé sur l’éclosion scientifique et surtout économique de son pays qui se trouve être aujourd’hui l’un des membres solvables de l’Union Européenne, Mobutu et son ami Tsisekedi ont laissé dilapider par la corruption, la megestion et l’égoïsme, le patrimoine congolais, acquis par le sang de nos ancêtres.
    Faut-il juger du Monsieur après la mort de son inséparable ami Mobutu? N’est-ce pas qu’encore de son vivant, il a pactisé avec les tueurs tutsis pour leur péréinité sur notre sol? Ibiza, Genval, Saint Sylvestre sont-ce fiction? Est-ce un fait spontané que des membres remarquables de son simulacre de Parti politique soient aujourd’hui des fervents partenaires des assassins tutsis rwandais? Les actions de son rejeton TSHILOMBO-SHOW aujourd’hui nommé Président par les rwandais sont-elles un effet du hasard ou plutôt l’exécution d’une ligne de conduite tracée par son père dont, à l’allure des évènements, le cadavre ne trouvera tôt, un enterrement digne en sa terre natale de Kabeya Kamwanga?
    Si l’UDPS se révèle effectivement étre un « ligablo » d’enrichissement et d’accomplissement des projets personnels sans plus, gangrenant tout l’échiquier politique, n’en déplaise les partisans d’une utopique théorie de configuration politique « non conflictuelle »ou « non-partisanne », nous sommes en train de passer une étape de l’histoire qui aura son adéquate dénomination, étape d’occupation, de traîtrise, de duplicité, etc. Point final, end, mfoko, suka. Que les partenaires des tutsis veuillent bien me compléter en kinyarwanda.

  3. « … . Aidé par la dimension émotionnelle de la démocratisation, son goût très prononcé pour le défi et les heurts sans objet… »
    Ça résume assez bien le personnage. Dommage qu’il n’ait pas jugé utile d’écrire ses mémoires.
    Je me demande toujours comment cet homme prétendu père de la démocratie au Congo est sorti bredouille de Sun City où les 2 postes les plus importants ont été confiés aux rwandais (Kanambe et Ruberwa).
    Cet homme restera pour moi un mystère !!!

  4. Tout ce qui est excessif est insignifiant. Dans votre laïus, vous vous évertuez à donnez des leçons à tout le monde. Tshisekedi n’était qu’un Mobutiste repenti qui a crée l’UDPS que vous qualifiez vulgairement et avec mépris de ligablo uniquement pour se venger de son mentor. Lumumba, un rêveur qui prônait l’unité nationale sans savoir comment la construire. Par paresse intellectuelle, vous passez sous silence le contexte dans lequel la lutte pour l’édification de cette unité était menée. Les différentes rébellions et le rique de voire ce pays partir en lambeaux dès son accession à l’indépendance ne sont que péripéties à vous yeux sans aucune importance. Un peu de modestie cher monsieur Tipo Tipo. Si vous demandez à Felix de couper les têtes ou de remplir les prisons, dites le clairement. Dans ce cas, il ne faut plus parler d’Etat de droit. Mon frère, si vous voulez vraiment contribuer à l’apaisement et à l’unité de ce pays continent, quittez cette attitude qui consiste à rabaisser les autres.

    1. Cher Elombe,
      Si l’UDPS est plus qu’un ligablo, à vous de me le démontrer. Il se pourrait bien que votre regard soit plus juste. Si Lumumba nous a laissé une stratégie pour construire politiquement l’unité nationale, allez droit au but et édifiez-moi à ce sujet. J’ai beau relire mon texte, je ne me vois pas demander à a F. Tshisekedi de couper des têtes. D’où sortez-vous une telle idée ?

  5. Chers Compatriotes,
    Que vaut une analyse du Capitalisme mené par un Communiste ? Ce regard porte des lunettes solaires de la révolte, de la frustration et du sentimentalisme. Que peut-il valoir ? Un regard d’un ancien élève des Jésuites, universitaire de Lubumbashi, originaire du Kwilu, très irrespectueux de tous les tricheurs, revendiquant la vérité des urnes que détiendrait l’Eglise Catholique Romaine du Congo, soutenue par les médias occidentaux (dont nous sommes bien conscients de leur déontologie professionnelle), mes oreilles. Ce regard vaut pour celui qui l’a couché sur toile, étant donné le regard qu’il porte sur lui-même. Vous n’avez qu’à parcourir ses écrits « Evangile démocratique »… Eh oui, lui qui connaît les auteurs latins et l’histoire de la Rome Antique n’a pas oublié qu’un des dirigeants le plus cruel s’était exclamé: « quel artiste le monde va perdre ». Quand on a été frustré au point où on dit du n’importe quoi sur les autres, je me demande comment on peut, raisonnablement, lancer un regard objectif sur une activité politique d’un être humain et surtout d’une personne qui a été aussi complexe qu’Etienne Tshisekedi. Car, même si MBTT n’est pas précis en parlant de Tshisekedi, j’ai eu l’impression qu’il s’agissait plus du père que du fils. Alors, ne nous lançons pas à décortiquer ce regard d’une personne révoltée. Quand il se calmera avec le temps, on pourra alors probablement discuter du texte, qui est une organisation d’idées et préjugés pour pouvoir atteindre une conclusion très négative sur les activités politiques des politiciens Congolais. Et cette conclusion heureusement ne peut pas se limiter uniquement à Tshisekedi. Si l’auteur n’a pas vu cette dimension, quelqu’un d’autre le lui rappellera prochainement. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Cher Elili,
      Oui, je suis révolté que notre pays s’engage dans des élections couteuses pour qu’au finish, le despote décide seul qui doit se retrouver à tel ou tel autre poste soumis à la compétition. Il est facile de soutenir que j’écris n’importe sur les autres. Seriez-vous capable de le démontrer ? Je suis frustré ? Bien sûr que oui. Frustré comme devrait l’être toute personne qui attend que les résultats des élections soient proclamés comme le veut la loi électorale du pays. Comment voulez-vous que quelqu’un me rappelle que la médiocrité soulignée dans mon texte ne se limite pas à E. Tshisekedi alors que le texte est clair sur la phrase qui devrait être inscrite à l’entrée de chaque parti politique congolais ? Elili, omoni ? Elili, ata eza ya likwangola, ezokisaka te. C’est juste une blague. Et c’est Koffi Olomide qui la lance dans son album « Force de frappe ».

  6. Chers Compatriotes,
    Je remercie la réaction digne de MBTT. Je ne veux pas me lancer dans une querelle de démonstration herméneutique. Je vous respecte tellement que j’aimerais que vous fassiez une lecture de certains écrits de votre part sur effet de la révolte. Je vous remercie, et vous invite à regarder le problème que nous avons en face. Vous aviez écrit que le problème du pays, avec le changement d’acteurs politiques, tel que nous l’avons vécu est que le Raïs non seulement il ne va pas s’expliquer sur son bilan, mais il ne va pas partir du pays, et j’ajoute avec ce que nous voyons, qu’il ne reste pas pour se tenir tranquille dans son coin comme beaucoup pouvaient l’imaginer, mais pour tirer en coulisse les ficelles du pouvoir dont il tient le secret. C’est ici que se trouve une partie très importante du défi que nous devons affronter. Elili ekoki kozokisa te, mpo mosala na elili ezali kozokisa te. Oyo ya yo etikaka yo ? se elandaka yo kaka. Elili etikaka mukolo na yango te. MBTT, nous avons un défi pour le Congo, réfléchissons, et surtout, exhortons nos compatriotes à quitter le terrain de la trahison du pays. Ce que nous voyons au sommet est l’éclatement de ce qui se passe en coulisse. Avons-nous un parlement pour le peuple ? Avons-nous l’armée pour la protection du pays et des citoyens ? Avons-nous une police au service du peuple ? Si le Raïs avait dit que pour quitter le Congo, il lui faudra une balle dans la tête, cela risque d’être une prophétie à son endroit. Que Dieu nous vienne en aide.

    1. Cher Elili,
      A l’instar de tous les autres dictateurs, Joseph Kabila n’est pas invincible. Notre peuple l’a rejeté massivement à travers l’élection présidentielle du 30 décembre dernier. Mais par égoïsme, un fils du pays, F. Tshisekedi, l’a réhabilité en faisant de lui un partenaire. N’eut-été cette haute trahison, il aurait été aisé pour le président élu par le peuple, qu’il s’appelle Songolo ou Mpakala, de se servir de cette victoire du peuple pour amorcer la descente aux enfers de Joseph Kabila, avec le concours des puissances planétaires d’autant plus que ce despote n’était plus en odeur de sainteté auprès de ces puissances. F. Tshisekedi n’avait certainement pas bien mesuré l’ampleur de sa forfaiture. Il a deux choix devant lui : être le président de la république ou la marionnette de Joseph Kabila. Le premier choix présente des risques. Kabila peut initier une campagne de déstabilisation contre Tshisekedi qui pourrait aller jusqu’à la mort politique voire même physique.

  7. Chers Compatriotes,
    Je suis d’accord avec tout ce que MBTT écrit ici. Il avait réagi à ma première réaction lorsque les résultats ont été publiés. J’étais et reste encore conscient de ce qu’il souligne. Pourquoi est-ce que je ne m’attarde pas sur le choix opéré par Félix, c’est parce que cela ne peut pas nous avancer dans la lutte contre le redressement du pays. Il faut plutôt penser dans le sens où une grande déstabilisation doit être évitée et le redressement du pays engagé. Cela ne veut pas dire que ceux qui ont commis des crimes seront oubliés. Car, les crimes contre l’humanité ne sont pas prescrits et tout le monde le sait. Pour l’instant les efforts de tous nos compatriotes doivent converger vers une lutte pour le redressement du pays. Martin peut jouer un rôle important dans l’opposition. C’est au moins l’occasion de prouver qu’il peut passer outre ses frustrations pour initier une opposition constructive. Nous avons assisté à des oppositions d’injures, maintenant assistons au moins à l’opposition qui ne discuterait que sur les programmes en présentant des alternatives. C’est ici que notre maturité politique pourra être démontrée. Visons la paix, la stabilité et le redressement du pays. Que Dieu nous vienne en aide.

Comments are closed.